• Dis, Papet, c’est quoi la Paix ?

    Dis, Papet, c’est quoi la Paix ?

    Combien de fois ai-je entendu certains dire

     « il faudrait une bonne guerre... »

    Bonne la guerre ? Quelle horreur !

     

    La paix mon petit, c’est l’infime espace temps

     entre deux guerres !

     

    Le choix a été fait le 11 novembre 1918 de préparer

    encore pire pour vingt ans après

    et maintenant un gaspillage gigantesque

    dans des armements de plus en plus meurtriers,

    destructeurs et ruineux, pour préparer la fin de cette

    probable erreur de la nature que nous semblons être.

     

    Je ne pense pas que nous allons vers une ère de paix

    la raréfaction des ressources va faire qu’il y aura de plus

    en plus de conflits, sans compter les réfugiés climatiques.

    L’homme est capable du pire et du meilleur en même temps

    c’est-à-dire :

    — il peut tuer des millions de ses semblables par la guerre et

    — il peut sauver des millions de ses semblables en créant des hôpitaux.

    Mais il ne sera jamais capable que du meilleur exclusivement

    c’est sa nature. 

     

     

    Dis, Papet, c’est quoi la Paix ?

    Nous voilà dans les commémorations. Celle de la plus aberrante boucherie qu'il soit. Macron et ses illustres invités vont nous faire de beaux discours. Auxquels on peut préférer les paroles d'Henri Barbusse dans « Le feu, journal d’une escouade » : 

    « Plus que les charges qui ressemblent à des revues, plus que les batailles visibles déployées comme des oriflammes, plus même que les corps à corps où l’on se démène en criant, cette guerre, c’est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l’eau jusqu’au ventre, et la boue et l’ordure et l’infâme saleté. C’est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C’est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aiguës, c’est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l’argent, ni le chant du coq du clairon au soleil ! »  

    Pendant la grande boucherie 14-18, les profiteurs et fauteurs de guerre se la faisaient belle. Les grands boulevards de Paris affichaient une vie trépidante ; les théâtres, les brasseries, les cafés concerts, les boites de nuits étaient pleins de fêtards…

    Pendant que les Français Schneider, De Wendel et autres faisaient discrètement la bringue avec leurs homologues, rivaux et… amis allemands Krupp, Thyssen et autres fabricants de choses en aciers bien pointues, bien aiguisés, qui entrent dans les viandes, qui labourent les chairs, qui brisent les os, qui éclatent les crânes, qui arrachent les yeux, qui explosent en beaux feux d’artifices de mort, les sans-dents de la France d’en-bas s’étripaient avec ceux de l’Allemagne d’en-bas. Pour le plus grand profit des précédents.

    La droite la plus bornée, la plus avide, la plus lâche se lâchait, se goinfrait, s’engraissait, se tapissait la tripe de sauces chaudes et onctueuses pendant que les ploucs des campagnes et les manards des villes se faisaient trouer la viande. C’est cette même droite que l’on retrouvera parmi les vichystes, les patrons et les collabos en 40 pendant que les cocos, au coude à coude avec la droite républicaine gaulliste, se battaient. C’est cette même droite sans vergogne, cupide, inculte, avide, pleine de morgue, qui pavane sans vergogne en rêvant de trumpiser le pays.

     La guerre est « l’art » de faire s’entretuer des gens pauvres, qui ne se connaissent pas, au profit de gens riches qui, eux, se connaissent… Cette maxime à la véracité sans cesse renouvelée à travers les époques a été superbement illustrée par cette chanson de tonton Brassens qui par la dérision lucide marque le désespoir, la résignation mais aussi la révolte de ceux qu’on envoyait à l’abattoir pour rien, sinon transcender la connerie humaine, seule approche que l’on puisse avoir de l’infini…

    Eh oui, la guerre, ça pue le sang, la merde, la peur, la mort...

    La guerre, c'est l'ombre omniprésente de la mort. De celle qu'on donne comme de celle qu'on redoute.

    La guerre, ça sent la poudre qui excite, mais ça sent surtout la sueur aigre de la trouille, la merde du camarade qui se chie dessus, l'odeur doucereuse et écœurante du cadavre qui gonfle au soleil puis dont le ventre éclate, libérant la tripaille putride où grouillent les vers.

    La guerre, c'est le désespoir du camarade touché et qui attend des secours qui ne peuvent venir.

    La guerre, c'est l'égoïsme salvateur, primordial qui vous fait penser - lorsque votre voisin d'attaque tombe à côté de vous, haché par une rafale ou la tête explosée par une roquette – qui vous fait crier dans votre pauvre tronche : « ouf, c'est lui, c'est pas moi ! »

    La guerre, ce sont les cris de douleur du camarade touché, les hurlements et les sanglots, les aboiements somme toute rassurants de la vieille bête d'adjudant qui hurle ses ordres.

    La guerre, l'embuscade, c'est le corps qui s'efforce de se rétrécir au-delà du possible, qui voudrait s'infiltrer dans le plus petit interstice, qui voudrait se fondre dans la boue de la tranchée, la caillasse du djebel ou la vase de la rizière.

    La guerre, ce sont les ongles qui se crispent sur la terre à chaque rafale qui vous cherche, qui va vous trouver. C'est la haine de l'autre, de celui qui veut votre peau. C'est le doigt qui ne relâche plus la détente de votre fusil dérisoire.

    La guerre, c'est de la merde.

    La Paix, petit, c'est une belle garce que l'on cherche. Toujours. Mais qu'elle est belle ! Et précieuse...

     

    Pour retrouver quelques espoirs en l’homme visualisons cette vidéo : 

    Source : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dis-papet-c-est-quoi-la-paix-209444 

     

     

    « NI PÉTAIN, NI AUCUN ! Coup de gueule de Daniel MermetCentenaire de l’Armistice marquant la fin du premier conflit mondial Les Algériens de la Grande Guerre ces oubliés de l’Histoire »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    1
    Dimanche 11 Novembre à 11:13

    La paix c'est plus qu'une absence de guerre, c'est l'amitié entre les peuples, la coopération, la solidarité.... Eh non, nous ne sommes pas en paix !

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter