• DISPARITION : L'écrivain Maurice Pons est mort

    Pendant qu’à Béziers l’extrémiste Ménard faisait une nouvelle fois l’apologie de la « Grande France » au cours d’un discours à l’occasion de la commémoration et en hommage des morts de la guerre coloniale de l’ex-Indochine : « Cette guerre, nous l'avons perdue. Et cette défaite sur le terrain, malgré d'innombrables batailles gagnées, bien que le Vietminh soit sorti laminé de Dien-Bien-Phu, cette défaite annonçait d’autres défaites à venir.
    Car si nous avons perdu en Indochine, c'est parce que nous avons fait la guerre à moitié, parce que nous avons demandé à des milliers d'hommes de mourir quand des millions d’autres s'en moquaient.

    Sept ans plus tard malgré, cette fois, une victoire sur le terrain - entière, écrasante, totale -, malgré cette victoire militaire, l'Algérie était abandonnée et un million d'hommes, de femmes et d'enfants étaient livrés au couteau des égorgeurs ou voués à l'exil.

    Voilà la leçon de l'Indochine. Quand on commence moralement à reculer, quand on renonce à la lutte, alors, on lâche tout, on perd tout.

     

    Pendant qu’à Béziers un nostalgique du colonialisme « crachait sa haine éternelle » un anti colonialiste disparaissait : Maurice Pons. 

    DISPARITION : L'écrivain Maurice Pons est mort

    L’écrivain Maurice Pons, auteur du roman "Les saisons", est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 91 ans, dans le moulin normand dans lequel il s’était retiré depuis plus de 50 ans.

    Né en 1925 à Strasbourg, Maurice Pons fait des études de philosophie qu’il finit par abandonner. Il publie sa première nouvelle, "Métrobate" en 1951 puis "La Mort d’Éros" en 1953.

    En 1957, il se retire

     

    Le Moulin d'Andé, en Normandie, un cadre d’exception au service de la création artistique

    Moulin d'Andé (1)

     

    Puis en 1957, Maurice Pons se retire au Moulin d’Andé, situé sur une boucle de la Seine, dans l’Eure. Le bâtiment, qui date du XIIè siècle, est la propriété de Suzanne Lipinska, qui en fait un centre dédié à la création artistique (théâtre, littérature, cinéma...).

    La Nouvelle vague s’en entiche. François Truffaut, Louis Malle, Alain Cavalier viennent y écrire certains de leurs scénarios. Le film «"Jules et Jim" est en partie tourné au Moulin d’Andé.
    En 1958, Maurice Pons écrit un roman autobiographique, "Le Cordonnier Aristote".

    Engagé contre la guerre d'Algérie

    En 1960, il publie «Le Passager de la nuit», récit sur la guerre d’Algérie. La même année, il signe le "Manifeste des 121", déclaration signée de 121 intellectuels français pour dénoncer la guerre d’Algérie.

    En 1965 paraît son plus célèbre roman, "Les Saisons" (Christian Bourgois), qui raconte l’arrivée d’un écrivain dans un village de montagne, battu par la pluie et le vent, et où ne poussent que des lentilles.

    "Ma vie se confond avec mes livres"

    "J’ai beaucoup de mal à parler de ma vie et de mes livres. Parce que ma vie se confond avec mes livres et que dans mes livres - quand je parle de moi - je confonds résolument ce que j’ai vécu et ce que j’ai rêvé et imaginé", écrivait Maurice Pons.

     SOURCE : http//www.dna.fr/actualite/2016/06/08/l-ecrivain-maurice-pons-est-mort

    Le passager de la nuit

    Par Ignacio Ramonet    

    C’est en pleine guerre d’Algérie, en 1960, que parut ce court roman de Maurice Pons, dans une atmosphère de crise et de déchirements, de passions politiques déchaînées, et de censure. Des films, des livres, des journaux étaient en effet alors interdits parce qu’ils défendaient une évidence : le droit à l’indépendance de l’Algérie. Celui-ci ne le fut pas. Maurice Pons, dans une préface inédite et savoureuse, raconte comment son éditeur, René Julliard, pour contourner la censure, lui suggéra de mettre, sous le titre de son récit, «  l’appellation contrôlée de roman  ». Au pays de Victor Hugo, on ne saisit pas les romans.

    Relire aujourd’hui le Passager de la nuit , c’est retrouver soudain, intacte, la ferveur d’une époque, une atmosphère de complicité, de militantisme, de réseau ; la raison d’un combat. Mais c’est, surtout, retrouver un style ; celui, unique, de Maurice Pons : dépouillé, agile, précis, et, comme on disait alors, engagé. Un bonheur d’écriture, une grâce, inégalés, qui font regretter à la secte de ses lecteurs fanatiques que cet auteur laconique n’écrive pas davantage. Pour leur plus grand plaisir.

    Ignacio Ramonet

    Du Monde Diplomatique 

      

    Maurice Pons, signataire

     du "Manifeste des 121"

    « Je ne me prends pas pour Victor Hugo. Mes livres, c’est juste un petit combat pour des choses auxquelles je crois et pour les gens que j’aime. » Maurice Pons. 

    Maurice PONS est né à Strasbourg en 1927. Il entreprend des études de philosophie qu’il abandonne rapidement. Diplômé d’Études supérieurs à la Sorbonne, comédien amateur, il devient journaliste et éditeur d’occasion. Il collabore à la revue Arts tout en travaillant chez Del Duca puis abandonne la vie parisienne et se retire, en 1957, au Moulin d’Andé dans l’Eure : « Le Moulin d’Andé est mon lieu de vie, de travail, de repos. C’est là que j’ai écrit tous mes livres. » (cf. Texte de Maurice Pons sur le Moulin d’Andé)

    Le 6 septembre 1960, il signe la Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie et subit comme la plupart des signataires maintes censures et interdictions. Il publie, la même année, Le Passager de la nuit chez René Julliard. Le livre circule sous le manteau, notamment à Fresnes et à la Santé.

    Maurice Pons a eu le Prix Henry de Régnier pour l’ensemble d’une œuvre en 1999. 

    Résumé : Quand a paru ce Passager de la nuit, la sale guerre d'Algérie battait son plein et commençait à gangréner la France entière. C'était après Palestro, après Charonne, et nous étions peu nombreux alors- à peine plus de 121!- à oser soutenir sur le territoire français le Front de Libération National de l'Algérie. A cette époque, notre général-président et ses ministres s'égosillaient encore :"Algérie française! Algérie française!" Les quelques pamphlets courageux... 

    « Perpignan, 7 juin 2016 : interdiction de célébration du terrorisme (Jean-François Gavoury nous informe) Merci.L'émission de France Inter du jeudi 9 juin 2016 "Juin 2000. La torture pendant la guerre d’Algérie" refait la Une »
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