• Emmanuel Macron écrit au Président Bouteflika et s’engage à assumer ses convictions contre la colonisation

    Emmanuel Macron écrit au Président Bouteflika  et s’engage à assumer ses convictions  contre la colonisation

    Le président français Emmanuel Macron, élu en mai dernier, effectuera prochainement sa première visite en tant que chef de l’État français en Algérie, ont annoncé des sources proches de la présidence française. Selon ces mêmes sources, la visite d’Emmanuel Macron en Algérie est prévue pour le 13 du mois d’octobre prochain, soit presque une année après la visite qu’il a effectuée en tant que candidat à l’élection présidentielle française. La date annoncée attend toutefois la confirmation de la partie algérienne. À noter que si cette date se confirme pour la visite du président français, il est probable qu’il sera le premier dirigeant européen à être reçu par le chef de l’État Abdelaziz Bouteflika depuis l’annulation au début de l’année en cours de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel. 

     

    Cette information est à prendre avec prudence, notamment sur la rédaction de l’article car deux seuls journaux algériens l’ont signalée et bien sûr aucuns journaux français… 

    Emmanuel Macron écrit au Président Bouteflika

    et s’engage à assumer ses convictions

    contre la colonisation

    DIA-02 août 2017: Le Président français Emmanuel Macron s’est engagé dans un message adressé au président de la République, Abdelaziz Bouteflika à «assumer ses convictions contre à la colonisation française» en Algérie, rappelant qu’il avait déjà qualifié cette colonisation de «crime contre l’humanité». 

    Le président français qui avait omis de transmettre un message de félicitation au chef de l’Etat à l’occasion de la fête nationale du 5-Juillet, s’est racheté en, louant la « vision et l’engagement décisif » du Président Bouteflika tout en évoquant avec enthousiasme «le projet de grande visite officielle» en Algérie. 

    En ce sens, Macron a salué la « vision et l’engagement décisif » du président de la République Abdelaziz Bouteflika pour « le développement du partenariat d’exception » qui unit l’Algérie et la France, dans un message de remerciement, suite au message adressé par le chef de l’Etat à son homologue français à l’occasion de la fête nationale de son pays le 14 juillet. 

    « Je vous remercie pour votre courrier à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet et je saisis cette occasion pour vous transmettre, au nom de la France et en mon nom personnel, un message chaleureux d’amitié et de respect », a écrit le président français dans son message. 

    Dans son message Macron écrit: « je salue votre vision et votre engagement décisif dans le développement du partenariat d’exception qui unit la France et l’Algérie. Votre impulsion dans la refondation engagée en 2012 avec mon prédécesseur a permis des avancées spectaculaires dans tous les domaines. Jamais dans l’histoire les liens entre nos deux pays n’ont atteint un tel niveau d’excellence et de densité ». 

    Le président français souhaite renforcer cette dynamique avec son homologue algérien et donner aux relations bilatérales « une dimension supplémentaire ». 

    « Ce travail a commencé dès lendemain de mon élection. Il consiste à assumer notre mémoire commune dans sa vérité et son intégrité. Vous connaissez mes convictions et ma détermination à assumer cet héritage partagé dans un esprit de lucidité et d’apaisement », a encore souligné le Président français. 

    « Il nous faut faire de ce regard sur notre passé le point d’appui d’un nouvel élan vers l’avenir pour notre partenariat bilatéral. Plus que jamais, celui-ci doit se construire sur des projets concrets, structurants et mutuellement bénéfiques, il doit aussi se construire sur la scène internationale alors que nos deux pays sont en première ligne face à la menace terroriste et à l’instabilité régionale notamment au Sahel et en Libye », a-t-il ajouté. 

    Pour M. Macron, « beaucoup de travail a déjà été effectué, et les prochains mois seront marqués par une série de rendez-vous majeurs qui permettront de préparer le projet de grande visite officielle que je serais très heureux et honoré d’effectuer en Algérie, au moment qui vous conviendra ». 

     « Je vous adresse mes vœux de paix et de prospérité pour l’Algérie, le peuple algérien et vous-même et vous prie de croire, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération », a conclu M. Macron dans son message.

    SOURCE : https://dia-algerie.com/macron-ecrit-president-bouteflika-sengage-a-assumer-convictions-contre-colonisation/ 

     

     SOUVENONS-NOUS : ACTE 1

     

    RAPPELONS-NOUS : Sur Médiapart 5 mai 2017, conclusion d'Emmanuel Macron sur la guerre d'Algérie ***

    Emmanuel Macron s’engage, s’il est élu, à porter un « discours fort » sur la responsabilité de la France dans la guerre d’Algérie.

     

    Emmanuel Macron s’engage, s’il est élu, à porter un « discours fort » sur la responsabilité de la France dans la guerre d’Algérie

     

    •   -   samedi, 06 mai 2017 17:3 Juste avant la clôture officielle de la campagne des élections présidentielles françaises, vendredi soir, Emmanuel Macron a répondu durant plus de deux heures aux questions des journalistes de Mediapart.

      Parmi les sujets de fond qui ont été abordés, Edwy Plenel, président de Mediapart, a rappelé les profonds stigmates que la Guerre d’Algérie a laissée dans la société française et a demandé à Emmanuel Macron, s’il est élu ce dimanche Président de la République, s’il s’engage à se prononcer officiellement, à l’image du discours de Jacques Chirac qui avait reconnu officiellement la responsabilité de la France dans la déportation de 13 000 Juifs, suite à la Rafle du Vel d’Hiv, menée en juillet 1942 par la police et la gendarmerie françaises.

      Edwy Plenel : Si vous êtes élu président, quel va être votre acte, votre moment, votre discours solennel pour qu’il n’y ait plus la concurrence des mémoires et que la France se réconcilie en regardant en face tous ses drames ?

      Emmanuel Macron : De fait, je prendrai des actes forts, je porterai des discours forts sur cette période de notre histoire. Parce que ma conviction profonde, au-delà du rapport à la vérité et à l’histoire que Benjamin Stora défend admirablement, il y a une fracture dans la société qui s’est construite sur cet événement. Et qui touche les Français d’origine algérienne, les binationaux, les Algériens vivant en France, qui touche aussi les Harkis, les Rapatriés, les appelés, les anciens soldats, plusieurs millions de personnes, qui nourrissent du ressentiment, et qui structure un ressentiment politique qui aujourd’hui paralyse la France. Et paralyse nos quartiers.

      Si on croit à la diversité d’un peuple et qu’on veut le réconcilier, qu’on veut lutter contre ce qui, dans la notion de multiculturalisme appelle au communautarisme, on doit prendre des actes forts. Donc je le ferai.

    Extrait d'un article de Gilles Manceron  historien

    Extrait d'un article

    de Gilles Manceron

     

    Historien

    Pour la reconnaissance des crimes de la colonisation : questions à Emmanuel Macron. Mais aussi pour la Paix des Mémoires.

    Les déclarations d’Emmanuel Macron qualifiant la colonisation de « crime contre l’humanité » ont suscité de violentes critiques de Marine Le Pen. De fait, ce débat s’est introduit dans le second tour de la présidentielle.

    Le président du Cercle algérianiste national a déposé à Perpignan, le 27 février dernier, une plainte pour « injures » contre Emmanuel Macron.

    En 2017, la principale initiative est un colloque international à Paris, le 2 mai. Une table ronde aborde le problème de la reconnaissance par la France de la répression de mai-juin 1945 et des autres crimes qui ont ponctué son histoire coloniale. Mais, d’abord, des historiens algériens et français tentent de reconstituer les faits. Abdelmadjid Merdaci, de l’université de Constantine, souligne que la répression de mai-juin 1945 a constitué un tournant dans l’histoire du mouvement national algérien, puisqu’il a alors pris conscience qu’une véritable insurrection nationale impliquait une meilleure organisation pour éviter des violences spontanées inadmissibles et contreproductives. Car, le 8 mai 1945 à Sétif, à la répression coloniale initiale du défilé de manifestants arborant le drapeau algérien ont répondu de la part d’Algériens du Nord-Constantinois, ruraux pour la plupart, des meurtres d’Européens qui ne faisaient pas partie des milices de civils armés criminels. C’est le mérite du livre d’un autre intervenant venant d’Algérie, Kamel Beniaiche, responsable du bureau de Sétif du quotidien El Watan, La Fosse commune, massacres du 8 mai 1945 (El Ibriz, 2016), d’aborder pour la première fois ce qui s’est produit précisément dans les différentes localités autour de Sétif, sans occulter ces cent trois morts européens ; il montre aussi que certains Européens ont protégé des Algériens de la répression et que des nationalistes algériens ont empêché que des Européens soient victimes de violences aveugles.

    Ouvrir les archives pour permettre le nécessaire travail des historiens

    C’est le travail des historiens qui, près de trois quarts de siècle après les faits, doivent pouvoir accéder librement à toutes les archives. Et il faut aussi que les programmes et les manuels scolaires français restituent honnêtement cette tragédie. Qu’ils montrent que cette répression de mai-juin 1945 est liée à l’adhésion très majoritaire de la France libre et des principales forces politiques françaises de l’époque, y compris à gauche, au maintien de l’empire colonial.

    Cette question est doublement importante. Pour les relations franco-algériennes d’abord, car la reconnaissance par la France des crimes de sa colonisation est une condition au dépassement du passé colonial et à l’établissement de relations apaisées entre les deux pays. Mais elle est importante aussi pour la société française, afin d’en finir avec toutes les mentalités et les comportements hérités de l’époque coloniale. La reconnaissance de la part d’histoire dont les descendants de l’immigration algérienne sont les héritiers est liée à celle de leur place pleine et entière dans la société française et à la fin des discriminations à leur égard. Elle est indispensable pour que la société française assume, enfin, l’héritage de l’époque coloniale.

    Le fait que, depuis 2015, plusieurs villes françaises ont adopté des résolutions en faveur de la reconnaissance par la France de cette répression de mai-juin 1945 – la Ville de Paris, à l’unanimité de son conseil municipal, plusieurs communes de la banlieue parisienne, les villes de Rennes et de Givors – témoigne d’une évolution de l’opinion par rapport à la question du passé colonial, notamment dans les jeunes générations, qui ont une perception différente de celle de leurs aînés. En atteste également la déclaration d’Emmanuel Macron, qui appartient à une génération regardant cette page d’histoire autrement que les précédentes.

    Les gouvernements de Jacques Chirac et de François Hollande ont fait de petits pas dans le sens de la reconnaissance nécessaire, mais sans oser être clairs ni avoir le courage d’être un pas en avance sur l’opinion moyenne des Français. C’est à la partie anticolonialiste de la société française, aux médias, qui sont avec l’école l’un des principaux moyens d’information de l’opinion, qu’il revient de contribuer aux prises de conscience nécessaires, et de pousser les nouveaux président et gouvernants à prendre courageusement leurs responsabilités. Il ne s’agit absolument pas de « repentance » – vocable imbécile inventé par les nostalgiques de l’ère coloniale pour discréditer les partisans de la vérité historique –, car les Français d’aujourd’hui ne sont pas responsables des crimes des générations qui les ont précédés. Ils n’ont pas à s’en « repentir », mais ils doivent les connaitre, prendre conscience des idéologies racistes qui les ont rendus possibles, les condamner et demander aux responsables politiques de réviser les lois qui font obstacle à cette reconnaissance.

    Dans une vidéo postée le 16 février 2017 sur son site Web, Emmanuel Macron a déclaré à propos de la colonisation de l’Algérie : « Sommes-nous aujourd’hui condamnés à vivre à jamais dans l’ombre de ce traumatisme pour nos deux pays ? Il est temps de clôturer ce deuil. Il faut pour cela avoir le courage de dire les choses et de ne céder à aucune simplification. » En le prenant au mot, nous lui demandons de s’adresser directement aux Français, de préciser ses déclarations d’Alger et d’en tirer toutes les conséquences. En prévoyant, par exemple de faire évoluer la législation.

     
    Colonisation en Algérie : Emmanuel Macron s... par LeNouvelObservateur

     

     

     

    « Le corps d'un soldat argelésien mort en Algérie, rapatrié 61 ans après sa mortC'était en juillet 2015, comme une coïncidence deux amis ont eu la joie d’assister au mariage de leurs enfants… à une semaine d’intervalles »
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