• Etat d'urgence et déchéance de nationalité : des témoignages importants *** ATTENTION DANGER *** MISE A JOUR 27/12/2015

    Etat d'urgence et déchéance de nationalité :

    des témoignages importants

    avec :

    Maître Henri Leclerc

    Christophe Sirugue député de Saône-et-Loire

    David Assouline député de Paris

    Fabrice Riceputi

    Christian Paul, député de la Nièvre

    Jean-Marie Darmian est un pilier du Parti socialiste en Gironde

    Paul Alliès Professeur Emérite à l'Université de Montpellier

     

    *** ATTENTION DANGER ***

     

    Etat d'urgence et déchéance de nationalité : des témoignages importants  *** ATTENTION DANGER


     

    Henri Leclerc "La dernière fois qu’on a

    utilisé durablement l’état d’urgence, cela a

    donné les massacres du 17 octobre 1961

     et du métro Charonne"

    AFP

    Président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, l’avocat pointe les dangers d’un état d’urgence qui deviendrait quasi permanent.

     

    « Je suis très réservé sur le fait d’intégrer à notre loi fondamentale un régime de réduction drastique des libertés, alors qu’on aurait très bien pu se contenter d’en passer par la loi. Cette volonté de l’inscrire dans la Constitution me paraît témoigner de la recherche d’un objectif politique, beaucoup plus que d’une réelle efficacité.

    De mon point de vue, il était plus urgent de sortir de la Constitution l’état de siège ou les pleins pouvoirs prévus par l’article 16. Et si aujourd’hui, on se presse pour modifier la Constitution, c’est aussi parce que dans les réformes prévues, il y en a une qui est totalement contraire à ses principes : la déchéance de nationalité pour les personnes nées en France et condamnées pour terrorisme.

    C’est une atteinte à notre conception républicaine de la citoyenneté. L’exécutif semble hésiter sur le sujet. J’espère bien qu’il va faire machine arrière. Par ailleurs, le projet de révision constitutionnelle prévoit la possibilité de prolonger certaines mesures, hors état d’urgence, pendant une durée de six mois, si la menace terroriste persiste. Mais qui pourra dire un jour que la menace terroriste n’existe plus? On glisserait alors vers un état d’urgence permanent, un état d’exception pérenne. C’est pour le moins préoccupant. L’état d’urgence peut certes être un moyen de se défendre face à une agression, mais il doit être très limité dans le temps

    Quand vous donnez des pouvoirs à la police, elle ne se limite pas aux raisons pour lesquelles vous lui avez donné ces pouvoirs. Certes, les perquisitions menées dans le cadre de l’état d’urgence (2700 – NDLR) ont permis de saisir des armes (187 procédures ont été lancées sur cette base – NDLR) et de la drogue (167 procédures – NDLR), mais cela n’a rien à voir avec le terrorisme. L’état d’urgence n’est pas fait pour ça. Enfin, l’utiliser pour des raisons politiques est encore plus scandaleux. C’est ce qui a été fait avec l’interdiction de certaines manifestations ou l’assignation à résidence de militants écologistes lors de la COP 21.

    Plus on prolonge un état qui donne des pouvoirs considérables à l’exécutif, plus le risque de dérives est grand. Nous avons connu ça lors de la dernière utilisation durable de l’état d’urgence en France : en 1961, après le putsch des généraux à Alger. Cela a produit le couvre-feu pour les Algériens, qui est à l’origine des massacres du 17 octobre 1961. Puis, l’interdiction de la manifestation du 8 février 1962, qui est à l’origine des morts du métro Charonne. Voilà quelles peuvent être les conséquences d’un état d’urgence qui se prolonge exagérément. »

    SOURCE : http://www.humanite.fr/henri-leclerc-la-derniere-fois-quon-utilise-durablement-letat-durgence-cela-donne-les-massacres-du 

     

     

     Imaginons que la peste brune soit

    un jour au Pouvoir ???

     

    Le projet de loi constitutionnelle sur la déchéance de nationalité validé par le pouvoir entérine aussi les thèses de l’extrême droite et que le PS avait toujours combattue.

    Sarkozy y avait pensé mais n'avait jamais osé le faire, Hollande l’a fait !

    Ouvrir ainsi une telle voie royale au FN est une faute morale inexcusable.

    Michel Dandelot

     

    **************************************************************************Je suis content d'apprendre que le député socialiste de ma circonscription ne votera pas la déchéance de nationalité ni la prolongation de l'état d'urgence :

    "Autant que ce soit dit je ne voterai pas la déchéance de nationalité ni la prolongation de l'état d'urgence.
    C'est une question de conviction personnelle profonde".

     

    Merci Cher Christophe Sirugue

    Michel Dandelot

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    Déchéance de la nationalité: «deux catégories... par PartiSocialiste

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    La déchéance de la nationalité était un verrou majeur. Ils l'ont fait sauter. Elle désigne les "postcoloniaux" comme suspects. Une sorte de boucle historique est bouclée. Nous connaissons la prochaine fuite en avant : les camps d'internement pour fichés S, des camps pour suspects, lesquels connaissent déjà les perquisitions brutales et les assignations à résidence avec l'approbation silencieuse des masses terrifiées à point. Valls l'a dit, il est pour. Ce n'est qu'une question de mois et d'opportunités tactiques. Leur cynisme est illimité. Tant qu'un mouvement significatif ne les en dissuadera pas, ils surferont goulument sur la vague de peur et de racisme qui autorise tout. La tâche est colossale. Demain, les sondages, qui sont leur unique boussole, leur seront malheureusement excellents. Dans peu de temps, je le répète, il se peut très bien qu'on débatte doctement en France des avantages et des inconvénients de la torture dans la lutte antiterroriste. C'est une suite logique et déjà vécue il y a un demi-siècle. Marcel Péju appelait cette "gauche" tortionnaire du peuple algérien "la Gauche respectueuse".

    Henri Leclerc "La dernière fois qu’on a  utilisé durablement l’état d’urgence, cela a  donné les massacres du 17 octobre 1961   et du métro Charonne" 

    Fabrice Riceputi

     

     

     

     

    Regardons et écoutons Maître Henri Leclerc interviewé sur France Inter


    Déchéance de nationalité: une figure du PS en Gironde "se met en congé" de son parti

    Jean-Marie Darmian est un pilier du Parti socialiste en Gironde. Adhérent au PS depuis 1975, il a décidé jeudi de "se mettre en congé du parti" jusqu'à ce qu'il connaisse l'issue des discussions sur la réforme constitutionnelle. Ce petit-fils d'immigrés italiens déplore que l'exécutif ait maintenu la déchéance de nationalité pour les binationaux dans son projet de révision de la Constitution.



    Christian Paul, député de la Nièvre : «Ceux qui oublient leurs valeurs perdront leur honneur»

    Etat d'urgence et déchéance de nationalité : des témoignages importants  *** ATTENTION DANGER *** MISE A JOUR 27/12/2015

    Par Rachid Laïreche, Recueilli par — 27 décembre 2015 à 19:34

    Christian Paul, à Paris, le 14 décembre. Photo ERIC FEFERBERG. AFP

    Le débat sur la déchéance de nationalité fait rage. Réagissant aux propos du Premier ministre, qui considère qu' «une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs», le «chef» des frondeurs appelle à une «résistance résolue».

    Le député de La Nièvre, Christian Paul, revient sur les propos de Manuel Valls, ce dimanche dans le JDD, et évoque les actions à venir pour s'opposer à l'extension de la déchéance de nationalité.

    Selon Manuel Valls, «une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte, notre état de guerre»...

    Dire cela, c'est une faute politique majeure, que j'accueille avec consternation. Ceux qui oublient leurs valeurs perdront leur honneur. Pour ma part, je ne méconnais pas un seul instant la permanence de la menace terroriste. Mais parler ainsi, c’est perdre ses repères. Les valeurs, c’est ce qui doit guider l’action face aux périls. Nos valeurs sont nos meilleures armes, celles qui soudent le pays dans un idéal et un élan démocratiques. Le 11 janvier, comme au lendemain du 13 novembre, le pays meurtri retrouvait le courage d’espérer, précisément grâce à ses valeurs. Par ailleurs, et de l’aveu général, la déchéance de nationalité n’aura aucune efficacité contre le terrorisme. Elle ne dissuadera évidemment personne. Mais de manière irresponsable, elle divise le pays, en piétinant le principe d’égalité de tous les citoyens français devant la loi. Les Français binationaux vivent cette régression comme une humiliation. La nationalité est indivisible. Renoncer à ces principes pour des motifs inavouables, c’est tromper les Français.

    Beaucoup d’élus du Front de gauche, d'écolos et de socialistes frondeurs ou non, s’opposent fortement à l’extension de la déchéance de nationalité. Avez-vous prévu des actions pour faire échec à la démarche du Président et du Premier ministre ? Ou la question sera-t-elle réglée au Parlement ?

    Je vois la grande diversité des réactions atterrées, venues de toute la gauche et au-delà. Beaucoup de parlementaires, à gauche mais aussi à droite, ne voteront pas ce projet de révision de la Constitution. Des textes circulent, des rendez-vous se préparent. La fin d’année 2015 ignore la trêve... Le débat aura lieu d’abord dans le pays, avant de se tenir au Parlement. Les Français sont rationnels : ils comprennent déjà que les priorités sont ailleurs : la riposte opérationnelle contre le terrorisme, mais aussi et toujours la lutte contre le chômage. Nous mettrons en pleine lumière le caractère essentiel des idéaux d’une démocratie ouverte. C’est la seule façon de faire du prochain 11 janvier un moment qui échappe à l’imaginaire de guerre civile qui se répand en France.

    Selon vous, la France est-elle dirigée par un gouvernement de gauche ?

    La conversion libérale travaille ce gouvernement de l’intérieur. La réaction conservatrice l’influence de l’extérieur. Mais jusqu’ici, Manuel Valls prétendait au moins au respect de valeurs communes, celles de la République et celles des socialistes. Désormais, le Premier ministre, sur ce sujet comme sur tous les autres, prétend avoir le monopole de la réponse juste. Cette infaillibilité ne l’a pas empêché de vivre en direct, et pour la quatrième fois, un désaveu électoral. Pas plus qu’elle n’a conduit au redressement économique. Les Français qui ont porté François Hollande au pouvoir ne demandent pas au gouvernement d’être toujours plus à gauche. Mais de tenir ferme sur les engagements de 2012, sur les idéaux démocratiques, sur l’égalité et la justice. En désertant le combat contre le chômage de masse, en éludant beaucoup de questions sociales, à commencer par la précarité du travail, le gouvernement se coupe de ses racines et se prive d’avenir.

    Aujourd'hui, vous avez honte d’être socialiste ?

    Mais cette idée indéfendable n’a rien de socialiste ! Elle entame le pacte républicain. Les socialistes doivent s’y opposer avec détermination. La gauche française doit repousser cette idée, qui répond si mal aux désordres de notre époque. Ce n’est pas le moment de la honte, mais le temps d’une résistance résolue. Pour autant, j’éprouverai une grande tristesse si notre pays s’enfermait dans une «union nationale négative», pour «construire du consensus avec les formulations les plus archaïques de la xénophobie», selon les mots de Pierre Rosanvallon quand Nicolas Sarkozy exhumait lui-même la déchéance de nationalité il n’y a pas si longtemps. Oui, il faut l’abandonner sans attendre, car une fêlure irréversible se dessine déjà.

    SOURCE : http://www.liberation.fr/france/2015/12/27/christian-paul-ceux-qui-oublient-leurs-valeurs-perdront-leur-honneur_1423104 

     

    Cet article est cauchemardesque

    mettons-le en mémoire

    Qui vivra verra

    La conversion politique

     de François Hollande ?

    Son dernier « coup » semble vitrifier la scène politique toute entière. Hollande, usant des ressources institutionnelles du présidentialisme, serait en train de réussir une opération de survie pour les Présidentielles de 2017. Et s’il était en train de se reconvertir, de passer à droite tout simplement ?

    Il existe une tradition en sciences sociales et politiques, assez ravageuse : celle de l’explication psychologique et stratégique. Elle s’est appliquée à l’analyse d’un singulier phénomène dans les années 1930, celui de la conversion de nombre de dirigeants socialistes et communistes de premier ordre à « l’esprit » de ce temps. Ils ont ainsi œuvré efficacement à l’avènement de Vichy. Et selon cette tradition explicative, ils le firent en raison de qualités spécifiques : maitrise de la ruse, sens de la manœuvre, qualités de chef, intelligence stratégique des rapports de force... Leurs familles politiques seraient restées elles, intactes ; elles auraient ainsi immunisé la France d’alors contre le fascisme véritable et les convertis n’auraient été que de vulgaires aventuriers.

    Plusieurs historiens et politistes (Paxton, Sternhell, Dobry…) ont fait litière de cette approche à la fois paresseuse et rassurante. Ils ont privilégié l’histoire sociale du politique et les caractères sociologiques de la conversion dans ces années-là. Ils démontrent comment elle se caractérise par un démantèlement de l’appareil d’interprétation de la réalité, de la « conscience discursive » de l’intéressé. Laurent Kestel, au terme d’une analyse de la stupéfiante trajectoire de Jacques Doriot (« La conversion politique ». Editions Raisons d’agir. 2012) en tire, au-delà de son cas et objet d'études,  de contemporaines conclusions; il dit bien que « ni la longévité des partis politiques, ni la persistance d’un système de partis ne sont nécessairement les meilleurs gages d’un solide ancrage des idées dans un camp. Les conversions sont aujourd’hui le fait d’organisations qui, sous l’influence de nombreux facteurs (changement du profil sociologique des cadres, des militants, des adhérents, etc…) réussissent de véritables coups de force idéologique. » Cette histoire a partie liée à ce que Foucault nommait les « rituels de pouvoir ».

    Nous en sommes là. François Hollande use et abuse de deux moyens qui n’existaient pas sous la III° République: la toute puissance du chef de l’Etat et l’élection présidentielle. La première se concentre (voir les ahurissants propos de Manuel Valls et Christiane Taubira) dans la « parole présidentielle » érigée en infaillibilité pontificale par un gouvernement rayé de la carte. La seconde, toujours vantée comme la « reine des batailles»  permet d’imaginer Hollande comme un chef par défaut, le seul à pouvoir gagner contre Le Pen en 2017 malgré un bilan social, économique et culurel désastreux.

    Tout cela se fait au prix d’une révision historique des principes fondamentaux de la République et de la production d’un dispositif militaro-policier sans précédent depuis Vichy. Quelques députés, aussi pathétiques que zélés dans l’accompagnement de ce renversement, proposent déjà de faire ratifier cette « ultime rupture » (comme la qualifie justement Edwy Plenel), par référendum. Nous aurons donc bu la coupe de l’illusion démocratique de la V° République jusqu’à la lie : grâce à elle, François Hollande serait en passe de réussir sa conversion à droite. Il incombe à tous les démocrates, à la société civile et bien sûr à la Gauche de rester fidèles à eux-mêmes en imaginant une autre République.

     

    Paul Alliès

    Professeur Emérite à l'Université de Montpellier. Membre du Conseil National du Parti socialiste. Président de la Convention pour la 6° République (C6R).
    Montpellier - France

     

     

     

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