• Européen d’Algérie et ancien moudjahidine : le destin peu commun de « Momo »

    Européen d'Algérie et ancien

    moudjahidine :

    le destin peu commun de "Momo"

     
     
    Vendredi 26 février 2016, par Michel Berthelemy de l'Association 4ACG

    Le moudjahid Maurice Gyrille Baglietto est décédé à l’hôpital militaire de Ain Naadja à Alger à l’âge de 91 ans, a indiqué lundi un communiqué du ministère des Moudjahidine.

    Européen d’Algérie et ancien moudjahidine : le destin peu commun de « Momo »

     

    Né le 23 mai 1925 à Alger, « Momo » pour ses intimes a grandi avec l’amour de la terre qui l’a vu naître. Dans son livre, Ces français restés en Algérie, Pierre Daum, écrit que « dans le biberon de Maurice Baglietto, il n’y avait ni racisme ni esprit colonial, mais le communisme fervent de son père, comptable d’origine italienne et militant au PCA (Parti communiste algérien) ». Momo, raconte Pierre Daum, « a toujours connu l’égalité avec les Algériens dans son quartier populaire du Ruisseau ».
    « On a grandi ensemble, travaillé, galéré, manifesté ensemble », a-t-il confié au journaliste français venu l’interroger sur son engagement durant la guerre de libération nationale. »Militant lui aussi, engagé auprès du FLN, il fut interné au camp de Lodi (à cent kilomètres d’Alger, on y enfermait les pieds-noirs soupçonnés de sympathie avec le FLN) et expulsé au printemps 1962", lit-on dans le même livre.
    A Marseille, avec femme et enfants, il trépignait. « Dès l’indépendance proclamée, on a pris le bateau pour Alger. A bord, les gens nous regardaient bizarrement. Nous expliquions que nous rentrions chez nous, ils demandaient : mais chez vous, ce n’est pas en France ? Je voulais retrouver ma maison, mon travail à la brasserie, et mes abeilles dans la Mitidja. », explique le défunt à Pierre Daum.
    Ancien apiculteur passionné, Momo, ne sortait plus de sa maison qu’il a occupé jusqu’à son hospitalisation, « toujours la même, avec sa cuisine 100 % Formica, héritage figé de la France des années 1950 », décrit le journaliste qui lui a rendu visite il y a quatre ans.
    « Les gens sont partis effrayés, se souvient-il, parce que l’OAS a fait régner la peur de représailles aveugles. Moi, j’étais connu, tout le monde savait que j’avais soutenu l’indépendance ».
    Momo brandissait fièrement sa carte d’ancien moudjahid. « Un jour, pendant le terrorisme des années 1990, un policier m’a arrêté à un barrage. Quand j’ai montré ma carte, il n’en revenait pas qu’un Français ait combattu pour l’indépendance. Alors, il m’a fait le salut militaire ».
    Momo est donc parti, comme il a vécu, dans la discrétion la plus totale. Il a été inhumé le 23 février au cimetière chrétien de Kouba.

    Article paru dans le « Huffington Post » du 23 février 2016

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