• Fils du peuple en uniforme, les soldats d’Algérie, lassés 
de la guerre, ont défendu leurs familles et la République.

     SOUVENIRS

     Rappelés, « maintenus » et appelés

    contre la guerre d’Algérie

    Nous l'appelons la sale guerre d'Algérie, en particulier parce que la France a une terrible responsabilité qu’elle n’a toujours pas reconnue, ni donc condamnée :
    - Ce sont des crimes d’Etat  : du 8 Mai 1945 à Sétif / Guelma / Khératta les massacres qui ont fait plus de 40.000 victimes, du 17 octobre 1961 au Pont Saint-Michel à Paris où plusieurs centaines d’Algériens ont été massacrés, noyés dans la Seine, assassinés par la police, du 8 février 1962 au Métro Charonne à Paris où 9 militants pacifiques ont été assassinés par le Police
    - Ce sont des crimes de Guerre  : avec l’utilisation des gaz VX et Sarin, avec l’utilisation du napalm (600 à 800 villages ont été rasés : des Oradour-sur-Glane algériens !!!)
    -Ce sont des crimes contre l’humanité : le colonialisme, l’institutionnalisation de la torture, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois, "crevettes Bigeard"…), les essais nucléaires du Sahara, les camps d’internements (pudiquement appelés camps de regroupements qui ont fait des centaines de milliers de morts)….

    SOUVENIRS :  Rappelés, « maintenus » et appelés contre 
la guerre d’Algérie

    Fils du peuple en uniforme, les soldats d’Algérie, lassés 
de la guerre, ont défendu leurs familles et la République.

     

    Mais vous les rappelés, « maintenus » et appelés il n'y a qu'un seul épisode de cette sale guerre d'Algérie dont vous pouvez être fiers "Vous avez été des lions car vous avez maté les paras"

    Le contingent contre les généraux putschistes. 21 avril 1961, un « quarteron de généraux en retraite » déclenche le dernier baroud des partisans de l’Algérie française. Les insurgés menacent la métropole. L’attitude résolue du pouvoir, la mobilisation des forces démocratiques, la grève générale, contribuent à l’écrasement du putsch factieux. Mais les soldats du contingent, dans les bases et les casernes, ont joué un rôle décisif, contrant l’action des insurgés. Un officier loyaliste pouvait téléphoner à un putschiste : « J’ai dix-huit bataillons avec moi et les gens du contingent ne sont plus les boy-scouts que vous avez connus. Ce sont des lions, je ne peux plus les tenir, ils veulent manger du para à tout prix. » Fils du peuple en uniforme, les soldats d’Algérie, lassés de la guerre, ont défendu leurs familles et la République. 

      

    Dans la nuit du 6 au 7 octobre 1955, encerclés par des gendarmes et des CRS, 600 jeunes réservistes de la caserne Richepanse de Rouen refusent d’embarquer à bord de camions, direction l’Afrique du nord. Photo : Keystone-France

    Dès mai 1955, un peu partout en France, le refus des rappelés d’embarquer pour l’Algérie se généralise. À Paris et dans de nombreuses villes du pays, se produisent des manifestations, le plus souvent violemment réprimées, et donnant lieu à des poursuites judiciaires.

    Il y a tout juste soixante-deux ans, dans la nuit du 6 au 7 octobre 1955, 600 jeunes réservistes rassemblés dans la caserne Richepanse de Rouen refusent de la quitter pour rejoindre l’Algérie. Le point d’orgue d’une série de manifestations, qui, depuis mai, traduisent le mécontentement de nombreux réservistes rappelés pour participer à une sale guerre coloniale. Depuis qu’a éclaté l’insurrection libératrice en novembre 1954 dans les Aurès, les effectifs de l’armée française en Algérie passent de 50 000 hommes à 65 000, fin novembre, et à 80 000 début 1955. Sous le gouvernement d’Edgar Faure, les réservistes sont rappelés à partir de mai 1955. La durée du service militaire est prolongée jusqu’à atteindre trente mois en 1957, sous le gouvernement Guy Mollet. Ainsi, à la fin de 1961, presque un million cent mille hommes seront sous l’uniforme, dont 500 000 en Algérie.

    Alors que la guerre d’Indochine vient de s’achever, laissant un terrible traumatisme dans l’armée, conséquence de la défaite de Diên Biên Phu, que les gouvernements Mendès France puis Edgar Faure sont contraints de laisser Maroc et Tunisie prendre le chemin de l’indépendance, le pouvoir se raidit en Algérie. Répression, misère, humiliations, élections truquées ont conduit les Algériens à la lutte armée, unique solution pour leur émancipation. En métropole, la dimension que prennent les opérations militaires inquiète. Le fait que, contrairement au corps expéditionnaire d’Indochine, le pouvoir fasse appel aux rappelés provoque, un large mouvement de révolte chez les jeunes qui débutent leur vie familiale et professionnelle.

    Dès mai 1955, un peu partout dans le pays, le refus des rappelés d’embarquer pour ­l’Algérie se généralise. Gare de Lyon à Paris, à Grenoble, Firminy, Saint-Nazaire, Angers, Port-de-Bouc, Voiron, Brive se produisent des manifestations, le plus souvent violemment réprimées, et donnant lieu à des poursuites judiciaires.

    La révolte des réservistes du 406e régiment d’artillerie antiaérienne de la caserne Richepanse à Rouen est la plus spectaculaire. Dans un bel article publié dans l’Humanité en octobre 2011, Roland Leroy, en rappelle les faits et le contexte. 600 jeunes Normands viennent de villes et d’entreprises où la lutte anticoloniale est vive. Un meeting entre jeunes chrétiens et jeunes communistes vient de se tenir au Havre pour exiger l’ouverture de négociations. À noter que l’organisation ­départementale de la SFIO alors dirigée par Pierre Bérégovoy exclut tout contact pour une action commune.

    Les soldats refusent d’embarquer dans les camions. Ouvriers des usines proches et population rouennaise se rassemblent. Roland Leroy prend la parole devant le mur de la caserne, avant une charge violente des forces de police. Les poursuites judiciaires qui suivirent seront dénoncées, et l’amnistie ­réclamée par le député fraîchement élu en janvier 1956.

    Certains ont le courage de dire non au service, avec toutes les conséquences qui en découlent...

    Dans le même temps se mettait en place la propagande, forcément clandestine, en plus des journaux Soldats de France et Marins de France, déjà diffusés, une équipe animée par Fredo Gerson édite sur le sol algérien, avec le concours du PCA, la Voix du soldat, dès septembre 1955. Dix-sept numéros seront distribués. Fredo Gerson sera arrêté en 1957 par les parachutistes du 1er REP, torturé, puis condamné et emprisonné. Depuis la métropole, des responsables de la JC, Jacques Grosman, François Hilsum, Claude Lecomte, Georges Troubat et quelques autres, organisent l’action dans le contingent, sous la direction expérimentée de Raymond Guyot.

    Jeunes communistes, chrétiens, militants de toutes les gauches ou sans engagement avéré constatent les opérations de r­épression, les souffrances des populations civiles, l’arrogance raciste des ultras. Parfois même, comme Henri Pouillot affecté à la villa Susini, les tortures et les assassinats. Ils lient leur aspiration, « la quille », à la fin de cette guerre injuste et sans issue. Selon les situations vécues et les convictions allant jusqu’à l’objection de conscience, certains ont le courage de refuser de servir, avec toutes les conséquences qui en découlent. D’autres manifestent non moins de courage au sein des unités en ­diffusant l’esprit de résistance.

    Alban Liechti, Léandre Letoquart, Jean ­Vendart, Gilbert Bleiveiss, Marcel Cassan, Serge Magnien, Claude Voisin, Daniel ­Vernhettes et tant d’autres forment cette modeste phalange des jeunes « qui servent l’intérêt de la France » en refusant d’accepter la guerre faite au peuple algérien.

    Leur activité pèsera quand viendra le temps du combat contre les putschistes d’avril 1961. De Gaulle, qui fut prisonnier, avait pu observer la désintégration de l’armée allemande à l’automne 1918, et voudra aussi en terminer pour cela avec l’affaire algérienne, afin de remettre de l’ordre dans les casernes.

     

     

     

    « Olivier Le Cour Grandmaison : La France reste dans un refus obstiné de reconnaître l'ampleur des crimes coloniaux en AlgérieVictimes de l'OAS - Journée du souvenir - Compte rendu de la cérémonie du 6 octobre 2017 au cimetière parisien du Père-Lachaise. »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    5
    Lundi 27 Novembre 2017 à 19:37

    Message de Paul Hairault

    Bonsoir Michel,

    Tu trouveras quelques pages de mon dernier ouvrage, "Les Bagnards d'Assi Bou  Nif". Ces pages concernent, mon vécu du putsch: instants inoubliables.

    J'ai lu les derniers articles de ton blog  sur ce sujet : félicitations!!

    Bonne soirée.

      Le putsch du 21 avril 1961 

             Dans les « Dernières nouvelles du jour » j’ai consacré plusieurs chapitres au putsch du 21 avril 1961. Ce putsch est un événement majeur de la guerre d’Algérie. J’ai raconté mon vécu durant cette période. Il est évident que pour mes camarades, pour toute la grande famille de la 701ème, pour ceux qui m’ont rejoint pour écrire notre histoire, le vécu du putsch est certainement différent du mien.

    En 1961, tous mes amis de la confrérie des anciens de Bou-Nif étaient sur le sol algérien. De Gaulle est au pouvoir depuis trois ans, depuis un premier soulèvement : celui du 13 mai 1958. Ce sont les partisans de l’Algérie française qui ont organisé ce retour aux responsabilités. Le 4 juin 1958, depuis le balcon du gouvernement général à Alger, le Général va s’adresser à la foule des pieds-noirs venue l’accueillir. En levant les bras au ciel, il clamera: « je vous ai compris », la phrase essentielle de son discours. Ce fut alors une ovation et une explosion de joie. La phrase était suffisamment ambiguë pour faire plaisir à tout le monde sans prendre réellement position. Par contre deux jours plus tard, à Mostaganem, près d’Oran et donc près d’Assi-Bou-Nif, dans un autre discours, de Gaulle sera bien plus explicite, il lancera pour la première et la dernière fois sa célèbre formule : « Vive l’Algérie Française ».

     En avril 1961, trois ans plus tard, il y a déjà un bon moment que les français ont compris que le général avait changé de politique et qu’il ne refuserait pas l’indépendance au peuple algérien. Les pieds-noirs et une partie de la classe politique française se sentent alors victimes d’une véritable trahison. C’est dans ce contexte qu’à Alger, le 21 avril 1961, Challe, Zeller, Jouhaud puis Salan, quatre généraux français partisans d’une Algérie française vont tenter de prendre le pouvoir. J’étais au Corps d’Armée d’Oran et dans mon premier ouvrage, j’ai décrit l’effervescence qu’il y avait à l’état major : il fallait choisir entre les hommes du coup d’état et la fidélité au général de Gaulle. Chez les officiers et les sous-officiers, le choix était délicat, beaucoup d’entre eux étaient favorables au putsch. S’agissant d’appelés comme nous, des gamins de vingt ans habitués à obtempérer, personne n’avait envisagé que nous puissions désobéir, quelle erreur !!

     André Hérault, mon homonyme est un membre très présent de la confrérie des anciens de Bou-Nif. Au moment du putsch, il était « chiffreur » à Château-Neuf. Dans la nuit du 21 au 22 avril, le putsch débuta et André s’en souvient : « Lors de cette nuit historique où tout commence à Alger, avec Guichard, j’étais de perma-nence « au chiffre » du C.A.O.  La nuit fut anormalement calme et au petit matin nous fûmes très surpris d’apprendre le soulèvement d’Alger. En réalité durant toute la nuit les officiers de l’état major avaient été alertés et dans les têtes tout se bousculait, parfois entre loyauté et rébellion le choix était arrêté, mais souvent ce n’était qu’hésitations ».

     Après sa permanence, André avait espéré pouvoir récupérer d’une nuit sans sommeil. Il n’en fut rien :« Comme de nombreux chiffreurs et télétypistes, j’ai reçu l’ordre de revêtir la tenue de combat et de descendre dans la cour. Des camions G M C nous attendaient, nous nous sommes installés et nous avons attendu, nous n’avions aucune information, je me souviens avoir vu le général de Pouilly passer entre nos camions, nu-tête et semblant particulièrement préoccupé. Dans la soirée, l’ordre de partir pour Tlemcen nous fut donné, de Pouilly avait choisi de Gaulle et fuyait Château-Neuf où les putschistes, sous les ordres de Gardy et Argoud étaient bien en place.»

     A la radio, Gardy déclara : « Poursuivie depuis trois ans, une politique de démence a mené l’Algérie au seuil de sa perte. Le gouvernement, reniant ses promesses les plus formelles, se préparait à pactiser avec l’ennemi Ferhat Abbas. L’armée, refusant la trahison de sa parole, a décidé de dire non ».

     Tlemcen est à 130 kilomètres d’Oran ; de Pouilly et le convoi qui emmenait André furent donc vite arrivés. Pendant le putsch, Tlemcen sera une ville stratégique. Auparavant, à Mers El Kébir, le samedi 22 avril lorsque de Pouilly et l’amiral Querville accueillent le général Olié et Joxe, les émissaires de Paris. Tout avait déjà commencé. Une décision avait été prise : « on abandonne Oran aux putschistes et l’on fait de la résistance à Tlemcen ». Pour ma part, à Oran, après avoir connu, avec mes camarades, la tentative avortée pour rejoindre Mers El Kébir et la métropole nous avons vécu des moments difficiles. La cohabitation avec les putschistes nous était insupportable et nous avons sans arrêt fait de la provocation pour déstabiliser ceux qui étaient devenus nos adversaires. Sans penser aux conséquences, nous avons pris des risques. Si le putsch avait réussi, il est difficile d’imaginer quelles auraient été les représailles envers ce contingent rebelle. A Tlemcen, André et ses camarades transmetteurs passeront les journées du putsch dans un cocon gaulliste, ils n’auront pas à commettre d’acte de désobéissance. Roland Carrias un autre membre de la confrérie de Bou-Nif était aussi parmi eux.

     A Tlemcen, André était bien plus tranquille qu’à Oran. Je connais son caractère car, pendant son séjour en métropole, il nous avait habitués à des actes de désobéissance ; à Château-Neuf il se serait certainement attiré les foudres des hommes de Gardy et d’Argoud.  

     La guerre civile fut évitée, mais les tentatives pour prendre Tlemcen furent nombreuses. Gardy et Argoud restèrent optimistes un bon moment. Sidi Bel Abbès était à mi-chemin entre Oran et Tlemcen et dans l’esprit de nos deux putschistes, cette ville, fief de la légion ne pouvait qu’obéir à Challe et son équipe.

     Les putschistes n’avaient pas pensé à l’effet « transistor », ils avaient aussi oublié que le général de Gaulle était un homme qui savait utiliser les médias. Le dimanche 23 avril, il est 20 heures. Dans les chambrées, à Assi-Bou-Nif, dans ces écuries qui servent de dortoir, tous les appelés sont réunis autour des transistors. De Gaulle va parler et cinquante ans plus tard, personne n’a oublié les phrases majeures du discours : « Le quarteron de généraux en retraite »…. « J’ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer, partout, la route de ces hommes-là, en attendant  de les réduire »….. « J’interdis à tout Français, et d’abord à tout soldat d’exécuter leurs ordres »…. « Françaises, Français, aidez moi !»

     Après ce discours historique, à la tombée de la nuit, tous les transmetteurs de Château-Neuf ont été rassemblés dans la grande cour, puis nous sommes montés dans des camions : nous devions ensuite rejoindre la base de Mers El-Kébir, une base fidèle au général de Gaulle. C’était une décision de notre colonel, le colonel Ribadeau-Dumas un pur loyaliste. Les camions n’ont jamais quitté Château-Neuf car notre colonel parti en précurseur a été arrêté après avoir été dénoncé par son adjoint, un pied-noir.

     Dès 2004, lors de notre premier rassemblement, puis les années suivantes, nous avons parlé de ces moments historiques passés ensemble. Claude Lafourcade membre de notre confrérie des anciens de Bou-Nif se rappelle très bien de ce faux départ. Cet après-midi-là, lui et son copain basque étaient sortis en ville, le repas au Foyer Lyautey s’était prolongé et ils étaient rentrés tardivement. Dans les camions en attente du départ pour Mers El-Kébir, nous étions déjà tous en tenue de combat, les armes à la main ;  Claude et son copain « le Basque » nous ont alors rejoints dans la précipitation.   

     Lors de nos rencontres annuelles j’ai appris que le même soir, à Assi-Bou-Nif, les copains avaient tenté, eux aussi, dans les mêmes conditions, un départ vers la base Mers El-Kébir. Roger Darme s’en souvient très bien :     « Comme vous à Oran nous avons passé une bonne partie de la nuit dans les camions. Autrement, nous avions peu d’informations, heureusement il y avait les transistors. Nous nous réunissions entre appelés et nous étions surtout tous très impatients de savoir quelle était,  face au putsch, l’attitude prise par notre capitaine, le capitaine Sigrist. Lors d’une réunion, le 24 avril au soir nous avions décidé que le lendemain matin une délégation irait poser la question au capitaine, nous voulions savoir s’il était putschiste ou gaulliste ; la délégation devait être conduite par le sous-lieutenant Benasser. Le lendemain, l’information devint officielle, Challe venait de se rendre, le putsch venait d’échouer. La question ne fut jamais posée à Sigrist, ce chef tant redouté. Etait-il du côté des putschistes ? Etait-il du côté des gaullistes ? Nous n’avons comme réponse que des supputations, aujourd’hui encore, les avis sont divergents ».

     Les réactions du contingent face au putsch n’ont jamais fait la une des journaux. Nous avons pourtant sauvé la République, j’ose le dire. Seuls, quelques journalistes et écrivains nous ont rendu hommage. Dans son livre « les feux du désespoir », Yves Courrière a relaté notre projet de fuite vers Mers El-Kébir : « Sont-ils tous communistes les hommes de la compagnie de transmission du Corps d’Armée d’Oran, qui ont tenté (colonel en tête) de quitter Château-Neuf pour gagner Mers El-Kébir, base du fidèle amiral Querville ? ».

     Avant le putsch, je voyais tous les jours notre colonel, le colonel Ribadeau-Dumas. Je n’ai pas été étonné de son attitude face aux événements. Bernard Rabaté lui aussi n’a pas été surpris. Bernard est l’un des membres de notre confrérie, c’est aussi l’un des animateurs les plus fidèles de nos rassemblements annuels et il a bien connu le colonel.

    4
    Dimanche 26 Novembre 2017 à 19:47

    Pour remercier Germanicus de nous avoir apporté l'info concernant le rôle du Général Ailleret :

    Général du contingent - En Algérie, 1960-1962

    Le général Ailleret rejoint l'Algérie en mai 1960, quelques jours après le succès de la première explosion atomique française au Sahara. Il y reste jusqu'au printemps 1962. Pendant presque deux ans, il est le " patron " de quelque quatre cent mille officiers, sous-officiers et soldats, qui mènent une guerre sans nom, sans visage : la guerre d'Algérie.
    C'est donc un témoignage exceptionnel que nous publions aujourd'hui, une page de notre histoire retrouvée trente ans après la mort d'un de ses acteurs principaux. Le général Ailleret fait revivre ces années de sang et de larmes, depuis sa nomination dans le Constantinois, comme commandant de la Zone Nord, jusqu'à l'arrêt des combats. Il ne nous cache rien de ses doutes, de ses difficultés, de ses angoisses. Il évoque aussi ses succès, les nuits sans sommeil, le contingent qui le soutient contre les putschistes, la guerre des rues, les ordres de Paris, l'arrestation des factieux... Deux années épuisantes, exaltées. Car les généraux se font rebelles, les rebelles agents secrets, et les agents secrets... terroristes.
    Le général Ailleret mêle avec talent ses réflexions stratégiques personnelles, des anecdotes tragiques, drôles parfois, l'évocation des combats. C'est toute une époque qui renaît sous nos yeux, des années de souffrance et de malentendus.
    Général du contingent est un témoignage historique hors du commun : quand un soldat se fait chroniqueur.

    Polytechnicien et docteur en droit, héros de la Résistance déporté à Buchenwald, le général Ailleret, chef d'état-major des Armées françaises, s'est tué en avion en mars 1968. Il dirigea les deux premières explosions atomiques françaises (Aventure atomique française, Grasset, 1968).
     
     
     
    3
    Dimanche 26 Novembre 2017 à 19:14

    C'était en avril 1961. Nous ne le savions pas encore, mais une agitation anormale prenait naissance. On signalait des mouvements imprévus des véhicules de groupes de transport. Il était une heure du matin et les légionnaires du 1er REP, commandés par le Commandant, Hélie Denoix de Saint-Marc, fonçaient sur Alger.

    Mon secteur était sous les ordres du Général Ailleret, arrivé comme moi en mai 1960, commandant la ZEC (Zone Est Constantinois), qui était venu nous voir sur nos pitons.Pour anecdote, il était reparti avec ma jeep.

    Le Général Gouraud nous a envoyé des légionnaires depuis Constantine pour nous mettre au pas. On les attendait de pied ferme, et les officiers d'active refusaient l'aventure comme nous, fidèles à la République. Finalement ils sont allés se perdre dans le désert, et leur régiment a été dissous le 30 avril !

    Mais si le félon Denoix de Saint-Marc est mort très âgé dans son lit, Charles Ailleret est mort dans un "accident" d'avion en 1968.

    Il avait écrit un livre :  Général du contingent: en Algérie, 1960-1962   (éditions Grasset). Ce polytechnicien était quelqu'un de bien...

     

    2
    Dimanche 26 Novembre 2017 à 09:43

    Et malgré l'échec de la tentative de putsch des généraux factieux la guerre va se poursuivre pendant encore presque un an. C'est vrai cependant que l'état d'esprit des appelés du contingent avait changé. Au leitmotiv "La quille bordel !" s'ajoutait la perception de plus en plus évidente qu'il fallait la paix laquelle passait nécessairement par l'engagement dans le processus d'indépendance de l'Algérie.

    Mais un an c'était long ! Et avec la question de la fin de la guerre se posait celle de l'institution militaire qui n'avait rien de démocratique.

      • Dimanche 26 Novembre 2017 à 19:18

        Je souligne par ailleurs le rôle du Général Ailleret dans ce processus. Certains ne le lui ont jamais pardonné...On n'a jamais su ce qui était arrivé à son avion ...

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter