• Fontoy : regards croisés sur un Noël particulier, passé en Algérie

    Fontoy : regards croisés sur un Noël particulier, passé

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    Fontoy : regards croisés sur un Noël particulier, passé en Algérie

    André Bany a passé deux Noëls en opération. Photo Philippe NEU

    Fontoy : regards croisés sur un Noël particulier, passé en Algérie

    Nicole Roulet et sa famille ont vécu de 1936 à 1948 à la caserne des gardes mobiles, à Alger. Photo Philippe NEU

    Tous deux ont connu des Noëls en Algérie. Lui, seul pendant la guerre, l’autre quelques années plus tôt, dans la chaleur d’un foyer. Nicole Roulet et André Bany, aujourd’hui résidants à l’Âtre du Val de Fensch, racontent.

    Ils sont de la même génération mais ont eu des destinées différentes. Lui était au front, fusil sur l’épaule, dans les montagnes algériennes, à Souk-el-Arba. Elle sur les hauteurs de la ville d’Alger, « à la caserne des gardes mobiles », se souvient Nicole Roulet, 83 ans. C’était avant la guerre. « On y a vécu, avec mes parents et mes quatre frères et sœurs, pendant douze ans. Nous sommes partis de Sarre-Union en 1936. J’avais quatre ans. » Jusqu’en 48, la famille d’expatriés célébrera Noël « comme [elle] l’avait toujours fait en France. Je me souviens qu’on faisait toujours un arbre de Noël », raconte celle qui intégrera l’école catholique, « chez les sœurs ». «Finalement à l’époque, nous n’avions pas vraiment de contacts avec la population locale musulmane», croit-elle se souvenir.

    « Les fêtes, mieux valait ne pas y penser »

    Autre période, autre contexte. André Bany a passé deux Noëls en Algérie. 1er novembre 1954 : proclamation du Front de libération nationale (FLN), pour l’indépendance nationale. Une vague d’attentats contre les Français en Algérie marque le début de la guerre. André Bany débarque en mai. Il avait 21 ans et travaillait jusqu’alors à la mine de Tucquegnieux, en Meurthe-et-Moselle. Son départ, « c’était juste après les trois mois de classe en Allemagne », précise l’octogénaire. Il passera son premier Noël loin de la chaleur du foyer familial, à Sancy. « J’y ai encore ma maison, insiste le résidant de l’Atre du Val de Fensch, arrivé à Fontoy voici six mois.

    De ces fêtes "en opération", cet homme au regard perçant murmure « qu’il n’y a pas grand-chose à raconter. On faisait de la surveillance pour que personne ne nous attrape, résume rapidement André Bany, alors brigadier-chef. Mes Noëls 1954 et 1955, je les ai passés en montant la garde. On était une douzaine comme ça, au campement. C’était mon boulot. On le faisait parce qu’il fallait le faire mais moi, je n’aimais pas ça. Le côté militaire, c’était pas mon truc. »

    Les cartes que lui envoient ses parents lui permettent de donner quelques nouvelles «quand c’était possible d’écrire ». D’avoir une pensée pour ses proches au moment des fêtes. « On n’a jamais été bien riche, Noël, chez nous, c’était pas la grosse java. Mes parents étaient paysans, ils avaient quelques bestioles alors pour la fin d’année, ma mère tuait une volaille. » En terres algériennes, en plein conflit, il faudra se contenter d’une gamelle. André ne se souvient plus de ce qu’elle contenait. « Ça ne devait pas être bien bon, murmure-t-il avec une petite moue. Mais je ne me plains pas, répète-t-il. À l’époque, on partait pour 19 mois. Lui, assure-t-il, ne pensait pas aux fêtes. « On ne pensait qu’aux permissions, on prenait les jours comme ils venaient. Notre préoccupation, c’était de ne pas se faire flinguer. On se remontait le moral en buvant un coup. Moi, j’avais toujours le moral, j’aimais rigoler. Comme maintenant en fait. » André Bany ne s’apitoie guère sur sa condition. « Nous, on a été assez préservés », estime-t-il. D’autres, en revanche… » Les ressentis sont balayés. Mais pas oubliés. «Quand j’étais là-bas, même les 24-25 décembre, on ne pensait pas vraiment à la fête. C’est aujourd’hui que j’y pense davantage, à la misère dans les gourbis. Vous savez, moi, j’ai toujours pu casser la croûte. Il m’arrivait de donner mon repas aux civils qu’on croisait et qui crevaient de faim. C’était comme ça. On était partis, on était partis.»

    J. M.

    SOURCE : http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2015/12/19/noel-fusil-a-l-epaule

     

    « Ces "Algériens" qui sont l'honneur de la FranceChutes de neige féériques sur les dunes du Sahara et à Aïn Sefra... c'est sûr impossible de skier mais ce ne sont pas les Alpes ou les Pyrénées... »
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