• France-Algérie : le vrai tabou n'est pas la guerre d'Hubert Huertas

    Sur ce blog les extrémistes nostalgériques qui se prennent encore et toujours pour une race supérieure comme du temps de la France coloniale, de leur regrettée Algérie française, sont rejetés. Qu’ils aillent cracher leur haine ailleurs… 

     

     

    France-Algérie : le vrai tabou  n'est pas la guerre

    Hubert Huertas a grandi en Algérie dans la région d'Alger qu'il quitta à neuf ans. Enseignant de formation, il décide rapidement de se consacrer au journalisme. Il fait alors ses premiers pas dans la presse écrite dans des quotidiens comme Le Matin de Paris, Le Provençal ou encore l'hebdomadaire L'Express. Puis il s'oriente vers la radio et intègre Radio France en 1983. Rédacteur en chef des stations décentralisées d'Avignon, puis d'Aix-en-Provence, il est aujourd'hui grand reporter à France Inter et France Info, en poste au bureau de Marseille. En parallèle, il n'a jamais vraiment quitté l'enseignement : directeur de l'antenne du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) à Montpellier de 1990 à 1993, il est responsable de l'enseignement de la radio à l'Ecole de journalisme de Marseille depuis 1999. Nous jouerons quand même ensemble est le premier roman d'Hubert Huertas. De sa jeunesse passée au Maghreb, il tire son goût des voyages et une passion pour ses racines sudistes. Après avoir analysé les blocages et les rejets qui travaillent la société française dans un essai publié aux éditions Autres Temps, FN made in France, il avait envie d'exprimer une sensation cent fois ressentie au cours de ses reportages : malgré les brûlures de l'histoire, les violences passées et présentes, les incompréhensions, les barrières, les méfiances, le fil ne s'est jamais rompu entre les deux rives de la Méditerranée.
    Sur le thème Orient-Occident, il a également publié aux Presses de la Cité La Passagère de la Struma. Son dernier ouvrage, L'Orque de Magellan, paru en 2004 dans la collection Sud Lointain, fait voyager le lecteur en Patagonie.
     

    France-Algérie : le vrai tabou

    n'est pas la guerre 

    C’est un divorce qui s’est mal passé et dont les plaies ne sont pas fermées, cinquante ans après. La preuve : la simple évocation de la date du 19 mars, anniversaire du cessez-le-feu des accords d’Evian provoquera des indignations.

    Les fils de harkis raconteront comment leurs pères ont été abandonnés par la France puis massacrés par les algériens, les pieds-noirs ou leurs enfants décriront les jours de terreur du printemps 1962, notamment les tueries à Oran en juillet, au moment de l’indépendance, et les algériens raconteront la terreur infligée à leur communauté par l’OAS…

    A cela s’ajoutent des rancunes plus ou moins fermentées, qui renvoient d’une manière obsédante à cette guerre, et à ses atrocités, comme si toute évocation de la relation franco-allemande devait être accompagnée de rappel des massacres d’Oradour-sur-Glane ou des bombardements sur Dresde.

    Mais c’est comme ça… L’histoire occupe une place obsédante dans les motifs de discorde franco-algérienne. Elle est brandie par les uns et les autres comme une revendication, parce qu’on l’aurait falsifiée. Les Français d’Algérie, né là-bas, se sentent dépossédés d’un droit du sol auquel on droit les algériens de France, et veulent réhabiliter leur vie d’avant, pas forcément le colonialisme, mais leur vie personnelle, faite de travail et de volonté de vivre honorablement, mais en face les Algériens d’Alger, comme ceux de Marseille et de plus loin, peuvent aussitôt s’indigner d’un projet de loi sur « les aspects positifs de la colonisation ».

    Tout ramènerait à cette période de 54 à 62, comme si elle résumait les cent trente ans qui précédaient, et les cinquante ans qui suivent, et cette période est présentée comme un tabou : la guerre serait encore occultée, on nierait encore la torture, même si plus personne n’ignore sa pratique, d’ailleurs déjà dénoncée dans l’Express de Françoise Giroud en 1956.

    La guerre, la guerre, la guerre.

    La guerre et la séparation. Depuis 1962 la France serait en France et l’Algérie en Algérie, chacun chez soi. Comme si cette vision des choses tenait un quart de seconde en se promenant en France, et en se promenant à Alger. Comme si les paraboles de Paris n’étaient pas tournées vers Alger, et celles d’Alger pas tournées vers la France.

    Comme si, après la séparation politique des Etats, les Algériens accédant naturellement à leur indépendance, les peuples n’avaient pas continué, tout bonnement, à se côtoyer, à vivre ensemble, bon an mal an, avec ou sans préjugé, avec ou sans méfiance, mais continué vaille que vaille.

    Comme si les problèmes étaient ceux d’une vieille guerre d’antan, et pas ceux d’une cohabitation d’aujourd’hui. Comme si le pseudo tabou de la guerre ne cachait un tabou plus radical, et plus contemporain :

    Ce tabou, c’est que cinquante ans après leur divorce, la France et l’Algérie n’ont pas pu se séparer.

    Marseille 50 ans après ... Témoignage Hubert Huertas 

     

    Marseille 50 ans après... nous jouerons

    quand même ensemble 

    Il y a cinquante ans, les Etats français et algériens se séparaient. Mais cinquante ans plus tard les Français et les Algériens continuent de vivre ensemble, bon an, mal an.
    Hubert Huertas et Timo Ebermann sont allé à la rencontre de la ville la plus algérienne de France, Marseille. (Avec accord de Pascal Delannoy)
     

     

    Le témoignage Bachir Ouazenne 

     

     

     

    « LES COULISSES SUISSES DE LA GUERRE D’ALGÉRIE (dernière émission)Des victimes civiles et innocentes paient le prix d'une guerre qu'elles n'ont pas voulue »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter