• Guerre d'Algérie : la France a choisi le 19 mars comme "jour du souvenir" en mémoire des victimes… mais il était temps…

    Guerre d'Algérie : la France a choisi le 19 mars comme "jour du souvenir" en mémoire des victimes… mais il était temps…

    De Gaulle annonce le cessez-le-feu, du 19 mars 1962. © AFP

    Aujourd’hui 28 septembre 2014 le Sénat est renouvelé et, sauf énorme surprise, la droite redeviendra majoritaire… alors, n’oublions jamais que ce qui s’est passé en 2012 n’aurait jamais pu se réaliser… en 2014.

    Après un débat houleux et une attente de dix ans, le Parlement français  avec la loi du 6 décembre 2012 a enfin tranché en faveur du 19 mars comme jour pour honorer la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie. Une date aux relents de repentance et de défaite pour une droite nationaliste parfois nostalgique des colonies, mais qui reste, aux yeux de la gauche, celle de l'armistice de 1962, de la paix, et de l'espoir pour tout un peuple.

    Dix ans. C’est le temps qu’il aura fallu – entre deux majorités de gauche à l’Assemblée nationale française – pour que le Parlement adopte définitivement, jeudi 8 novembre 2012, une loi instituant le 19 mars comme «journée nationale du souvenir » en mémoire des victimes de la guerre d'Algérie. Un débat qui a provoqué des passions, la droite fustigeant un texte symbole d’une repentance intolérable, à ses yeux, de l’État français vis-à-vis de sa politique coloniale... Comme l'a d'ailleurs montré le bras d'honneur choquant fait par Gérard Longuet, ancien ministre français de la Défense, sur un plateau de télévision.

    La loi avait déjà été votée en janvier 2002 par l'Assemblée nationale. Mais elle n’a été définitivement adoptée qu’après une ultime navette entre la chambre haute et la chambre basse du Parlement, dominée par les socialistes. Les sénateurs l’ont ainsi validée par 181 voix contre 155, mais l’opposition de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) a aussitôt indiqué – avec force gesticulations - que le Conseil constitutionnel serait saisi du texte… Mais on sait que le Conseil  constitutionnel a confirmé comme conforme le projet de loi adopté… et promulgué par le président de la République qui est devenu la loi du 6 décembre 2012.

    Ladite loi institue en deux courts articles que chaque 19 mars est une journée du souvenir « à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Pour la gauche, il s’agissait avant tout de la défense d’un texte qui, selon elle, «rassemble » : « le 19 mars est un moment de recueillement pour toutes les victimes qui ont œuvré dans le respect des lois de la République », a plaidé le rapporteur socialiste Alain Néri.

    François Hollande s’est rendu en Algérie fin 2012 

    Le plus difficile était de trouver une date crédible pour « la troisième génération du feu » : celle qui s'est battue en Afrique du Nord. Car celle du 19 mars reste, pour de nombreux anciens combattants nostalgiques de l’Algérie française, synonyme de défaite. D’où une légère réticence d’un certain nombre d’élus de gauche et la franche colère des élus de droite, et de l’UMP en particulier, qui a dénoncé un texte de « division », accusant la gauche d'instrumentaliser l'histoire à la veille du voyage de François Hollande en Algérie.

    « Le président de la République s’est rendu en Algérie fin décembre 2012, il semble que c‘était pour faire un usage diplomatique de ce texte qu'il en brusque l'examen », a affirmé Joëlle Garriaud-Maylam (UMP). Kader Arif, le ministre délégué chargé des Anciens combattants, a toutefois souligné que le président avait fait savoir que, lors de sa visite en Algérie, la position de « la France ne serait pas celle de la repentance». Il faut reconnaître au président français une certaine lucidité, après qu'il a officiellement reconnu le massacre d'Algériens à paris le 17 octobre 1961.

    Pour défendre sa position, la droite a invoqué les propos de l’ancien président socialiste François Mitterrand, selon qui la date du 19 mars n’était pas bonne, « car il y aura confusion dans la mémoire de notre peuple ». De son côté, la gauche a rappelé que le général de Gaulle avait soumis les accords d'Évian à un référendum qui leur avait donné plus de 90% de voix favorables.

    Rapprochement franco-algérien 

    Le 19 mars est la date du cessez-le-feu établie au lendemain des accords d'Évian. Elle devrait permettre un certain rapprochement entre Français et Algériens, en mémoire de toutes les victimes, quelle que soit leur nationalité et leur camp pendant les combats de la décolonisation au Maghreb. Mais au-delà d’être un sujet de crispations politiques, elle est aussi un motif de tensions entre associations d'anciens combattants et de rapatriés d'Algérie.

    De fait, la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie (FNACA), qui compte 325 000 adhérents, militait depuis de nombreuses années pour une journée d'hommage à cette date. Mais une quarantaine d'autres associations, qui revendiquent plus d'un million de membres, défendaient en revanche celle du 5 décembre, officiellement retenue depuis 2003 pour rendre hommage aux victimes du conflit. Mais celle-ci ne correspond à aucun événement de la guerre d'Algérie. Nous savons aujourd’hui que cette date a été aussi conservée pour, sans doute, ne pas froisser les associations (extrémistes, nostalgériques, pro-colonialistes).

    Guerre d'Algérie : la France a choisi le 19 mars comme "jour du souvenir" en mémoire des victimes… mais il était temps…

    Bras d'honneur : Longuet et Collard avaient été assignés pour «injure publique»

    http://www.leparisien.fr/politique/video-bras-d-honneur-longuet-et-collard-assignes-pour-injure-publique-14-12-2012-2407337.php 

    Parce qu'ils avaient fait un bras d'honneur en évoquant les crimes du colonialisme, Gérard Longuet et Gilbert Collard ont été assignés en justice pour «injure publique». «C'est un acte de mépris injurieux envers les personnes d'origine et/ou de nationalité algérienne», estiment plusieurs associations qui demandent au tribunal de condamner les deux hommes à 50 000 euros de dommages et intérêt chacun.

    Le 30 octobre 2012, pendant le générique de fin d'une émission politique de Public Sénat, l'ancien ministre de la Défense Gérard Longuet avait effectué ce geste après avoir été interrogé sur une demande du gouvernement algérien exigeant que la France reconnaisse les «crimes» du colonialisme. L'extrait avait été coupé au montage mais les images avaient fuité sur le internet.  Malgré la levée de boucliers en Algérie, le sénateur de la Meuse avait alors assumé son geste, repris le 1er novembre à l'antenne par le député FN Gilbert Collard sur le même thème et sur LCI.

    Marine Le Pen "soulagée" par le bras d'honneur de Gérard Longuet

    http://www.zinfos974.com/Marine-Le-Pen-soulagee-par-le-bras-d-honneur-de-Gerard-Longuet_a49159.html 

    Interrogée par BFMTV sur le thème de la repentance de la France après la guerre d'Algérie, la présidente du Front National, Marine Le Pen, a estimé qu'avec "les réclamations faites par le président algérien Abelaziz Bouteflika, on ne peut pas se réconcilier".
     Elle a confié avoir regardé avec "un peu de soulagement" le bras d'honneur de l'ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, à une demande d'un ministre algérien d'une reconnaissance franche des crimes perpétrés par le colonialisme français. Ce geste, filmé par la chaîne Public Sénat en toute fin d'une émission politique, avait créé la polémique en France comme en Algérie.
    "Enfin un peu de franchise et de spontanéité dans la vie politique", a-t-elle ajouté avant de reprendre : "Il y a quand même quelques responsables politiques hors du Front National qui ont de temps en temps le courage de leurs opinions"

    La présidente du FN a également déploré que François Hollande ait reconnu la répression du 17 octobre 1961 : "À partir du moment où M. Hollande mettait un genou à terre devant l'Algérie, l'Algérie, avec M. Bouteflika à sa tête, exigerait qu'il se mette à plat ventre"

    La demande du président algérien serait pour elle un moyen de masquer les réalités économiques et sociales de l'Algérie. "L'Algérie aujourd'hui, c'est la censure, c'est l'absence de démocratie, ce sont des exactions, c'est le chômage de masse, c'est la pauvreté de masse", conclut-elle.

    ***

    Mme la Jeanne-d’Arc du XXIe siècle

    comme vous a appelé

    votre patriote et amie Brigitte Bardot

    la France républicaine n’a pas besoin

    d’une extrémiste comme vous !!!

    Car ce bras du « déshonneur »

    que vous aviez approuvé en son temps

      vous avait discrédité

     

    « Béziers : quand le préfet corrige le discours de Ménard plus extrémiste que l'extrême droite« L’escalade du crime » L’Edito d’Henri POUILLOT »
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