• Guerre d’Algérie : les actions criminelles des services secrets français révélées

     

    Guerre d’Algérie : les actions criminelles des services secrets français révélées

     

    Jacques Foccart était, en 1958, conseiller technique du général De Gaulle. D. R.

     

    Un article publié dans le quotidien Le Monde fait état d’un document tiré des archives de Jacques Foccart qui était, en 1958, conseiller technique du général De Gaulle. Il évoque les assassinats ciblés dans le cadre d’opérations clandestines menées en Algérie et partout dans le monde visant des personnes connues pour leur soutien actif à notre lutte de libération nationale.

    Pour justifier la préparation et l’exécution de ces crimes, en violation du droit français et international, le prétexte a été le même que celui utilisé durant toute la période d’occupation française en Algérie : la menace sur les intérêts coloniaux de la France. Ce sont «des centaines d’assassinats ciblés, attentats, avertissements sous forme d’agressions» qui ont été opérés, rapporte le journal, citant Constantin Melnik, coordinateur des services de renseignement de 1959 à 1962.

    C’est à travers l’histoire d’un ingénieur allemand du nom de Schulz-Lesum, résidant à Tétouan au Maroc, placé dans la mire du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), que Le Monde révèle comment étaient donnés des ordres pour supprimer ceux qui étaient considérés comme «ennemis» par le gouvernement français. Cette histoire est tirée d’«un document unique dans le fonds d’archives de Jacques Foccart, l’homme des services secrets et des basses œuvres du gaullisme, également connu comme le père de la Françafrique». Le document donne les détails de la condamnation à mort de Schulz-Lesum, et dévoile les identités des «complices» de cette opération criminelle clandestine.

    Cela se passe sous le régime du pouvoir gaulliste qui comptait, au départ, poursuivre la guerre menée au peuple algérien en lutte pour son indépendance. Le but de De Gaulle était de maintenir par la force la présence coloniale française en Algérie. «La France n’entend négliger aucun moyen, même les plus illégaux, pour mener une guerre qui va encore durer quatre ans», lit-on dans l’article du journal Le Monde qui poursuit «si certaines forces françaises ont recours à la torture sur le sol algérien, le dernier gouvernement de la IVe République, dirigé par le général de Gaulle, ordonne, de son côté, des opérations clandestines dans le reste du monde contre ceux qui menacent ses intérêts en Algérie».

    Ces opérations ont «l’accord du chef d’état-major de la défense nationale attaché au général de Gaulle à la présidence du conseil». Pourquoi la France a-t-elle cherché à tuer Schulz-Lesum? Il est au cœur de «l’action d’un réseau germanophone de soutien au FLN, qui a organisé la désertion de plus de 4 000 légionnaires, via Tétouan, au Maroc».

    Ce réseau a le soutien de la République fédérale allemande (RFA, Allemagne de l’Ouest à l’époque) dans une guerre secrète livrée à la France qui voit son empire colonial s’effondrer. Le cas de «Winfried Müller, devenu officier de l’Armée de libération nationale (ALN) sous le nom de Si Mustapha Müller», qui joua un rôle décisif dans le rapatriement des légionnaires, est longuement évoqué.

    L’article du Monde confirme que «le Sdece a fait croire qu’un groupe armé appelé La Main rouge opère de manière autonome et mène, seul, des actions contre les soutiens actifs au FLN». Effectivement, la Main rouge qui avait beaucoup fait parler d’elle durant la lutte du peuple algérien, a été une organisation fictive qui a servi à couvrir les crimes commis par les agents du «service action» du Sdece.

    Après l’article paru dans le média électronique Mediapart sous le titre «Bugeaud : bourreau des ‘indigènes’ algériens et ennemi de la République», écrit par l’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison, le document tiré des archives de Jacques Foccart prouve jusqu’où sont allées les autorités françaises pour tenter de conserver l’Algérie sous domination coloniale.

    H. A.

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2017/09/09/document-darchives-confirme-actions-criminelles-clandestines-services-francais-guerre-algerie/

     

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    Un légionnaire déserteur

    Un témoignage personnel de Jacques CROS

    Source : sur le site de Jacques Cros

     
    Un légionnaire déserteur

    Un article mis en ligne sur le blog de Michel Dandelot concernant l’organisation de la désertion des Légionnaires par l’Allemagne au temps de la guerre d’Algérie m’a rappelé un épisode qui s’est passé dans mon secteur.

    Il y avait au Kreider, un douar situé à une dizaine de kilomètres de Bou-Ktoub où j’étais cantonné, un détachement de la Légion étrangère qui occupait et gérait une ferme. Je n’avais bien sûr aucun contact avec les légionnaires encasernés au Kreider.

    L’un de ceux-ci, trouvant peut-être insupportables les conditions de vie qui étaient les siennes, avait déserté. Il n’avait aucune chance d’aller bien loin. On fit appel pour le retrouver à un maître-chien du régiment avec lequel j’avais fait le stage de Mostaganem et que je retrouvais régulièrement lors des re groupements que nous effectuions à Saïda.

    Il s’appelle Roger Bertomère et son chien, un chien pisteur, Faro. Faro et son maître furent amenés à Bou-Ktoub pour leur hébergement. Je m’occupai d’eux, en tant que copain de Roger.

    Celui-ci avait retrouvé le légionnaire déserteur qui fut ramené au Kreider où m’a raconté Roger, il fut copieusement « tabassé » par ses camarades. Je n’en sais pas plus que ce que je viens de dire.

    Roger Bertomère ? Il était agriculteur dans les Landes, à Sainte-Marie-des-Gosses plus précisément. J’ai eu l’occasion de passer chez lui en avril 2000. Nous allions à côté de Partenay, fêter les 60 ans d’un autre maître-chien du nom de Roland Moreau. Le chien de celui-ci s’appelait Emolf.

    Roland Moreau avait eu une activité professionnelle en rapport avec la fonction qu’il avait exercée pendant la guerre d’Algérie. Il a dressé des chiens de chasse et je crois qu’il a réussi dans ce registre.

    Roger était venu me chercher à la gare de Biarritz et m’avait amené chez lui dans sa ferme à Sainte-Marie-de-Gosses. Il y avait 39 ans que nous ne nous étions pas revus ! Mes cheveux avaient blanchi, les siens s’étaient raréfiés. Il y avait un chien dans sa niche, il s’appelait Faro !

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    Jacques Cros

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