• Guerre d’Algérie : une loi pour fixer la "journée du souvenir" ? Elle est datée du 6 décembre 2012, mais avant qu’elle soit votée le nom de Fillon était déjà cité.

    Guerre d’Algérie : une loi pour fixer la "journée du souvenir" ? Elle est datée du 6 décembre 2012, mais avant qu’elle soit votée le nom de Fillon était déjà cité.

    Guerre d’Algérie : une loi pour fixer la "journée du souvenir" ? Elle est datée du 6 décembre 2012, mais avant qu’elle soit votée le nom de Fillon était déjà cité. 

    Le Sénat examinait fin octobre 2012 une proposition de loi visant à faire du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en Algérie en 1962, une "journée nationale du souvenir" en mémoire des victimes du conflit.

    Après la reconnaissance de la "sanglante répression" du 17 octobre 1961, le discours de François Hollande sur la responsabilité de la France dans le massacre des Juifs sous Vichy, une nouvelle intervention mémorielle était donc prévue au Sénat.
    Un débat sur un sujet sensible, qui avait ravivé les polémiques entre associations d'anciens combattants et de rapatriés d'Algérie.
    Une série de reconnaissances qui avait agacé à droite notamment François Fillon qui avait ainsi fustigé : "J'en ai assez que tous les quinze jours la France se découvre une nouvelle responsabilité, qu'elle mette en avant sa culpabilité permanente."
    Des propos condamnés par Serge et Arno Klarsfeld dans une tribune du journal Le Monde.

     

    Guerre d’Algérie : une loi pour fixer la "journée du souvenir" ? Elle est datée du 6 décembre 2012, mais avant qu’elle soit votée le nom de Fillon était déjà cité.

     

    Les trous de mémoire de François Fillon

    Algérie, Shoah : la vérité

     et non la repentance

    Le discours historique de Jacques Chirac au Vél' d'Hiv le 16 juillet 1995 a été salué par la droite classique comme une rupture avec le jugement d'un président socialiste, François Mitterrand, selon lequel dans cette tragédie la France n'était pas en cause ; ne l'était que le gouvernement de l'Etat français de Vichy. Il s'agissait en fait d'une rupture avec les prédécesseurs de François Mitterrand, à commencer par le général de Gaulle. Seuls alors les gaullistes dits "archaïques" le soulignaient ainsi que Philippe Séguin et ses amis, dont François Fillon.

    Quant aux socialistes, ils hésitaient, partagés entre l'adhésion pour la plupart au discours de Jacques Chirac, favorisée par leur répulsion de l'amitié entretenue par François Mitterrand avec René Bousquet, silence prudent et une violente critique des chevènementistes.

    Ce discours qui condamne l'antisémitisme d'Etat de Vichy, sa complicité active avec la Gestapo, qui proclame que la culpabilité de Vichy entraîne celle de la France qui "ce jour-là accomplissait l'irréparable" tout en affirmant qu'il y avait d'autres France, celles des résistances intérieure et extérieure et surtout celle des Justes français qui ont contribué à la survie de trois quarts des juifs de France, ce discours est entré dans l'histoire et dans la conscience publique. Ce rôle salvateur de la population française, ces Français qui sont intervenus lorsqu'ils ont compris que les familles juives arrêtées étaient envoyées vers la mort a été mis en avant par Jacques Chirac et rappelé par François Hollande.

    Le discours de François Hollande, le 22 juillet, au Vél' d'Hiv, a réveillé les opposants au discours de Jacques Chirac, qui ont vu le président issu de la gauche classique renforcer la ligne du président de la droite classique. Ils se sont insurgés contre l'implication de la France dans l'événement qu'a constitué la décision par un maréchal de France, chef de l'Etat de fait mais aussi de droit, et par son chef de gouvernement, plusieurs fois chef de gouvernement sous la IIIe République, d'arrêter des milliers de familles juives et de les livrer à l'occupant nazi avec le concours de l'administration préfectorale et des forces de police régulières. Ils se sont élevés aussi contre le droit des présidents de la République d'indiquer aux citoyens quel peut être leur jugement sur un événement historique et les conséquences qu'il peut entraîner sur la morale politique.

    Les opposants de juillet ont été peu nombreux, M. Guaino et M. Chevènement, mais le communiqué de l'Elysée sur les événements du 17 octobre 1961 a suscité des protestations remontant jusqu'en juillet 1942, comme si la coupe de l'histoire était pleine ; en particulier, François Fillon, qui a déclaré sur Europe 1 :

    "J'en ai assez que tous les quinze jours la France se découvre une nouvelle responsabilité, qu'elle mette en avant sa culpabilité permanente. J'ai déjà été choqué des déclarations de la France responsable des crimes commis pendant l'Occupation sur son territoire. Il y a une sorte d'escalade, au début c'était le gouvernement de Vichy, qui est le vrai responsable, Jacques Chirac est allé un peu plus loin en parlant d'Etat français. L'Etat français, je veux bien, à la rigueur, l'admettre même si dans l'Etat français il n'y avait pas que des gens coupables de ces crimes ou qui les approuvaient, mais pas la France ! C'est pas au président de la République de faire en permanence ce discours de culpabilité. On lui a toujours dit la vérité, au pays. C'est aux historiens de parler de ces sujets, pas aux responsables politiques."

    Ces déclarations témoignent de la volonté de certains à droite de revenir sur le discours de Jacques Chirac en 1995 et de revenir sur ce qu'ils ont eux-mêmes déclaré quelques années plus tôt, puisque, le 22 juillet 2007, cinq ans avant le discours de François Hollande qu'il critique aujourd'hui, François Fillon déclarait au Vél' d'Hiv devant son gouvernement :

    "Ici même, le 16 juillet 1995, Jacques Chirac déclarait : "Ce jour-là, la France, terre d'asile, patrie des Lumières, a accompli l'irréparable." Il fallait cet acte de courage et de lucidité pour regarder en face le passé de notre nation et pour décider d'en assumer les responsabilités. Oui, la France avait prêté la main aux actes commis par Vichy contre les juifs en particulier, aux arrestations menées par la police française..."

    Quant à la répression sanglante qui a entraîné la mort de dizaines d'Algériens, elle est une réalité historique incontestable, même si les uns minorent et les autres exagèrent le bilan. Que la République, par son président, reconnaisse cette tragédie et la culpabilité de ceux qui étaient aux commandes, dont le préfet de police Maurice Papon (1910-2007), est nécessaire, bien qu'il faille rappeler aussi les dizaines de policiers assassinés par les indépendantistes algériens et les attentats sanglants aveugles commis en Algérie et dont le pouvoir redoutait qu'ils se produisent aussi en France.

    Entre 1942 et 1995, il s'est écoulé cinquante-trois ans ; entre 1961 et 2012, cinquante et un ans. C'est sans doute nécessaire pour qu'une société, une nation, un pays reconnaissent leurs errements et leurs mauvaises actions. Les historiens eux ne cesseront d'interpréter l'histoire et de l'expliquer chacun à sa manière et, parmi eux, pour les départager, il n'y a aucun arbitre. Le seul à jouer ce rôle dans un pays comme la France, c'est le président de la République, élu démocratiquement.

    Il est bon que les deux présidents qui se sont exprimés sur ces questions, celui de droite et celui de gauche, soient sur la même ligne, non pas sur la ligne de la repentance - on ne se repent que de ce dont on est personnellement coupable -, mais sur celle de la vérité afin de faire en sorte que les fautes du passé ne se renouvellent pas dans l'avenir car, comme le disait avec justesse naguère François Fillon, alors premier ministre, au Vél' d'Hiv : "Notre pays doit célébrer ses jours de grandeur et reconnaître ses heures de honte, car la mémoire d'un grand peuple ne se divise pas. C'est dans la pleine reconnaissance des lumières et des ombres du passé que la nation s'instruit et se grandit."

    Serge Klarsfeld et Arno Klarsfeld, respectivement président et avocat de l'Association des fils et filles des juifs déportés de France.

    L'Elysée a publié un communiqué, dans lequel le président de la République "reconnaît" que les Algériens de Paris ont été "victimes", le 17 octobre 1961, d'une "tragédie"

    SOURCE :  http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/10/23/les-trous-de-memoire-de-francois-fillon_1779703_3232.html#gESRMzB3L10A0uLp.99

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