• HOMMAGES AUX VICTIMES DU TERRORISME DE L’OAS LE 6 OCTOBRE 2019 Cimetière du Père-Lachaise Paris

     

     

    HOMMAGES AUX VICTIMES

    DU TERRORISME DE L’OAS

    LE 6 OCTOBRE 2019

    Cimetière du Père-Lachaise

    Paris

     

    HOMMAGES AUX VICTIMES   DU TERRORISME DE L’OAS LE 6 OCTOBRE 2019  Cimetière du Père-Lachaise  Paris

     

    Le huitième anniversaire de la première stèle dédiée par une institution publique à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France a donné lieu à des cérémonies tant à Paris (cimetière du Père-Lachaise) qu’à Alençon (place de la Résistance).

     

    Rappel de notre article concernant la cérémonie d’Alençon : http://www.micheldandelot1.com/alencon-la-stele-en-hommage-a-alfred-locussol-deplacee-devant-la-gare-a173597914 

     

    C’est donc le même jour à la même heure qu’ont eu lieu les hommages d’Alençon et de Paris.

     

     

    HOMMAGES AUX VICTIMES   DU TERRORISME DE L’OAS LE 6 OCTOBRE 2019  Cimetière du Père-Lachaise  Paris

     

    Le président de l’association "Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons" Jean-Philippe Ould Aoudia a pris en charge l’organisation du rassemblement parisien et prononcé le discours reproduit ci-après :

     

    Chères amies,

    Chers amis,

     

    Nous nous réunissons devant cette stèle tous les ans, depuis le 6 octobre 2011, date de son inauguration par l’ancien maire de Paris, Monsieur Bertrand Delanoë.

    L’aide de Madame Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de la Mémoire et du Monde Combattant, a été déterminante dans l’édification de ce mémorial.

    Qu’ils soient l’un et l’autre chaleureusement remerciés.

     

    Plusieurs personnes m’ont chargé d’excuser leur absence :

    ·      M. François Vauglin, maire du 11e arrondissement.

    ·      M. Guy Le Néouannic, ancien membre du Conseil d’État et ancien président de l’association Marchand-Feraoun.

    ·      M. Guy Basset, directeur des publications de la Société des Études camusiennes.

    ·      M. Michel Lambart, qui a fini par tenir compte des raisons de santé.

    ·      plusieurs adhérents, dont Mme Monique Stengel qui réside à Metz ou M. Henri Bosch très âgé.

     

    Aujourd’hui, à la même heure, une stèle à la mémoire d’Alfred Locussol, assassiné par l’OAS à Alençon, est inaugurée en présence des autorités. Sont présents Jean François Gavoury, président de l’ANPROMEVO, et Françoise Nordmann, qui représente l’association Marchand-Feraoun, et qui ne peuvent donc pas être avec nous.

     

    J’ai dit stèle, mais pour être plus précis, je devrais dire la sixième stèle car depuis son inauguration en 2012, ce monument a été profané à six reprises, si ce n’est davantage ! Ce qui m’amène à exprimer quelques observations.

    Sous couvert de neutralité, un courant de pensée prospère insidieusement autour de la guerre d’Algérie. Il est devenu de bon ton d’affirmer que deux mémoires symétriques s’affronteraient aujourd’hui :

    ·       d’une part celle des défenseurs de l’Algérie française même dans son aspect le plus brut, à savoir celle des criminels de l’OAS ;

    ·      et symétriquement celle des descendants de victimes de cette organisation-là.

     

    Lors d’un colloque tenu l’an dernier à la mairie de Paris, un orateur, se prévalant d’impartialité, a mis clairement sur le même plan la mémoire de ceux qui ont utilisé la force des armes pour imposer leurs idées, et la mémoire de ceux qui en ont été les victimes. Et les représentants de ces deux mémoires, selon cette personne, se livreraient aujourd’hui un combat mémoriel.

     

    Ce type d’argumentation, qui renvoie dos à dos l’agresseur et sa victime, est toujours largement utilisé pour tenter de justifier les crimes de la répression française pendant la guerre, parce qu’ils constitueraient des réponses légitimes aux crimes commis en premier par le FLN. C’est oublier, bien sûr, que la violence venait d’abord de la guerre de conquête particulièrement barbare, mais aussi de l’inégalité du Statut de 1947, et du double collège et de la fraude électorale et de toutes ces discriminations racistes auxquelles l’insurrection algérienne fut la seule réponse possible.

     

    Renvoyer aujourd’hui dos à dos la mémoire des anciens de l’OAS et celle de leurs victimes ressort d’un même refus de voir qui étaient les vrais responsables de la révolte des Algériens et qui sont aujourd’hui les vrais responsables de la guerre mémorielle.

    Trois exemples suffiront à le démontrer

     

    Alfred Locussol est assassiné le 3 janvier 1962 à son domicile d’Alençon. Le tueur de l’OAS est venu spécialement d’Alger pour commettre son forfait, à la demande de Jacques Achard, l’ex sous-préfet des Ouadhias et dont on sait aujourd’hui que c’est lui qui a maintenu le nom de Feraoun sur la liste des hommes à abattre à Château royal le 15 mars 1962.

    Le 10 janvier 1962, une semaine après le meurtre, la tombe est déjà profanée : les rubans sont arrachés et les bouquets de fleurs encore fraîches piétinés. 

    Cinquante ans plus tard, en 2012, inauguration d’une stèle à la mémoire de la victime. Eh bien, six années de suite, le monument est cassé.

    Qui sont les premiers agresseurs de la mémoire des victimes de l’OAS ?

    Ceux qui hier comme aujourd’hui approuvent les crimes de ces terroristes-là.

     

     

    Deuxième exemple

     

    À l’occasion du décès de l’un des six participants au massacre du 15 mars 1962, et qui fut pendant deux mandatures adjoint au maire de Cagnes-sur-Mer, l’hommage de cet individu est publié dans une revue subventionnée et on lit parmi ses mérites :

    « …en mars 1962, il neutralisa six fonctionnaires dont Max Marchand, suppôt notoire du FLN…qui avec quelques autres indicateurs signalaient aux terroristes FLN les victimes européennes qu’il convenait d’éliminer ».

    Six fonctionnaires de l’Éducation nationale sont ainsi ouvertement accusés de « complicité d’assassinat par fourniture de renseignements ».

    Qui sont les agresseurs de la mémoire des victimes ?

    Ceux qui hier comme aujourd’hui approuvent les crimes de l’OAS.

    Parce que les descendants des six victimes défendent la mémoire diffamée de leur père lâchement assassiné, ils participeraient à un combat mémoriel.

    Que les nostalgiques de l’OAS ne salissent pas la mémoire de leurs innocentes victimes et il n’y aura pas de conflit de mémoire !

     

    Dernier exemple

     

    Sur un site Internet d’anciens partisans de la colonisation, on a pu lire le texte suivant : « Monsieur GAVOURY fils, s'il était un homme d'honneur, ferait mieux de rester dans l'ombre et de laisser oublier qu'il est le fils d'un traître à la patrie. Il est patent et parfaitement établi que Monsieur GAVOURY était convaincu de complicité avec le FLN en accord naturellement avec le pouvoir de l'époque ».

    Ces faits sont constitutifs du délit de diffamation publique dirigée contre la mémoire des morts, prévus et réprimés par la loi. Les prévenus ont d’ailleurs été finalement condamnés après avoir interjeté appel jusqu’à la Cour de Cassation.

    Qui sont les agresseurs de la mémoire de victimes de l’OAS ?

    Ceux qui, hier comme aujourd’hui, approuvent l’organisation terroriste et ses procédés terroristes.

    On ne peut pas, surtout lorsqu’on prétend faire preuve d’objectivité, mettre sur le même plan le combat :

    ·      de ceux qui profanent les mémoriaux,

    ·      de ceux qui diffament la mémoire des morts,

    ·      de ceux qui insultent leurs enfants,

    ·      et ceux qui tentent de répondre à ces agressions d’une rare violence en faisant appel à la justice, ce qui est le moindre des devoirs filiaux, pour obtenir la juste condamnation de ceux qui profanent, diffament et insultent.

    Mettre sur le même niveau de responsabilité les revanchards de la colonisation et les descendants des victimes de l’OAS :

    ·       c’est refuser de désigner les assassins d’hier pour ce qu’ils étaient, et qu’ils sont toujours malgré les lois d’amnistie : à savoir  des criminels ;

    ·      c’est refuser d’admettre qui sont aujourd’hui les vrais et les seuls responsables  de ce conflit mémoriel : à savoir les extrémistes de l’Algérie coloniale.

    Je vous remercie.

    Jean-Philippe Ould Aoudia

     

     

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  • Commentaires

    2
    BAKHA
    Jeudi 10 Octobre à 16:49

    Le relativisme est un sous marin du révisionnisme. Le combattre est un impératif pour ne pas trahir les victimes de la barbarie mais c'est surtout un impératif pour ne pas léguer aux générations futures des valeurs en friche

    1
    Mercredi 9 Octobre à 10:01

    Eh bien merci à Jean-Philippe Aoudia pour cette rétrospective. Peut-être faudrait-il ajouter que l'idéologie du colonialisme avec son volet raciste connaît un regain inquiétant dans le contexte de crise socio-économique  que nous vivons

    Quant à l''OAS et ses crimes nous étions dans la continuité des exactions commises par l'armée française au temps de la conquête de l'Algérie et plus tard pendant la guerre menée pour tenter de perpétuer le colonialisme. 

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