• Il y a 20 ans s'ouvrait le procès de Maurice Papon

     

    Il y a 20 ans s'ouvrait le procès

     de Maurice Papon

    Montage de deux photos de Maurice Papon, l'une en 1998, l'autre datant de l'époque où il occupait les fonctions de secrétaire général de la préfecture de la Gironde.

     

    Il y a 20 ans, le 8 octobre 1997, le procès de Maurice Papon pour crime contre l'humanité s'ouvrait à Bordeaux devant les assises de la Gironde.

    "L'affaire Papon" avait éclaté le 6 mai 1981, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Le Canard enchaîné publiait ce jour-là un article intitulé "Quand un ministre de Giscard faisait déporter des Juifs".

    La révélation, qui vise le ministre du Budget de Valéry Giscard d'Estaing, est un coup de tonnerre. Préfet, maire, député, ministre, Maurice Papon, grand serviteur de l’État, a connu durant des décennies les honneurs de la République.

    Il est demeuré près de neuf ans (1958-1967) à la tête de la préfecture de police de Paris, en particulier durant la guerre d'Algérie. C'est lui le "patron" lors de la répression des manifestations d'Algériens les 17-20 octobre 1961 (des dizaines de morts) et de celle au métro Charonne, le 8 février 1962 (9 morts).

    L'hebdomadaire satirique récidive les 13 et 20 mai 1981, reproduisant des documents signés Papon, qui tendent à prouver sa responsabilité dans la déportation de 1.690 Juifs de Bordeaux à Drancy (Seine-Saint-Denis), et de là vers Auschwitz, entre 1942 et 1944.

    - Jury d'honneur -

    Une première plainte est déposée le 8 décembre 1981 pour "crimes contre l'humanité" au nom de la famille Matisson-Fogiel, concernant huit personnes, arrêtées et internées à Bordeaux, exterminées à Auschwitz.

    Un Jury d'honneur composé d'anciens résistants rend cependant le 15 décembre une sentence plutôt favorable à Maurice Papon. Il lui reproche d'avoir contribué à des arrestations et déportations, et de ne pas avoir démissionné en juillet 1942, mais conclut qu'il a participé à la Résistance par une attitude "courageuse".

    Après de nouvelles plaintes et l'ouverture d'une information judiciaire en juillet, Maurice Papon est inculpé en janvier 1983 de "crimes contre l'humanité".

    Deux ans plus tard, une expertise confiée aux historiens Jacques Delarue et André Gouron, ainsi qu'à l'ancien préfet Roger Bellion, penche aussi en faveur de Maurice Papon: il a évité des déportations en opérant "130 radiations" dans le fichier des Juifs.

    Une erreur de procédure du juge d'instruction provoque l'annulation, en février 1987, de toute l'instruction. La chambre d'accusation de la cour d'appel de Bordeaux est désignée pour reprendre l'affaire.

    En 1988, nouvelle inculpation. Recevant à l’Élysée l'association Résistance-Vérité-Justice qui soutient Maurice Papon, le président François Mitterrand qualifie l'affaire de "règlement de comptes politique" et la longueur de l'instruction d'"attentatoire à la démocratie".

    - Six mois de procès -

    En 1996, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Bordeaux renvoie Maurice Papon devant la cour d'assises pour complicité de crimes contre l'humanité, contre l'avis initial du procureur général.

    Le 8 octobre 1997, s'ouvre à Bordeaux le plus long procès criminel de l'après-guerre. Historiens et résistants s'opposent sur le rôle de l'accusé et de Vichy, avant les témoignages, souvent poignants, des familles des victimes.

    "Nous sommes des survivants, nous espérons de ce procès d'être des vivants", lance Maurice Matisson, dont huit proches ont été déportés dans un convoi organisé par Maurice Papon.

    L'ex-préfet, notamment défendu par un ténor du barreau, Jean-Marc Varaut, "reste droit dans ses bottes, obstiné", se rappelle un avocat des parties civiles, Gérard Boulanger. "Je veux bien me repentir, mais de quoi? De quelle faute?" lance-t-il.

    Après six mois d'intenses débats, le 2 avril 1998, Maurice Papon est condamné à 10 ans de réclusion criminelle et au versement de l'équivalent de 700.000 euros aux parties civiles.

    Le 21 octobre 1999, la Cour de cassation refuse d'examiner son pourvoi parce qu'il s'est enfui en Suisse au lieu de se constituer prisonnier la veille de l'audience. La condamnation devient dès lors définitive.

    Maurice Papon est arrêté, extradé de Suisse le jour même et interné à la prison de Fresnes. La justice le remettra en liberté le 18 septembre 2002 en raison de son état de santé. Il meurt le 17 janvier 2007.

    SOURCE : http://www.lavoixdunord.fr/225594/article/2017-09-29/il-y-20-ans-s-ouvrait-le-proces-de-maurice-papon 

    L’historien Jean-Luc Einaudi

    Photo Topaloff/AFP 

    Son livre «La Bataille de Paris, 17 octobre 1961» avait mis la sanglante répression des manifestations d'Algériens dans le débat public. 

    L’historien Jean-Luc Einaudi, auteur de nombreux ouvrages sur l’Algérie, dont «La Bataille de Paris, 17 octobre 1961», est décédé le 22 mars 2014 à l’âge de 62 ans. 

    Né le 14 septembre 1951, il avait notamment témoigné lors du procès de Maurice Papon, en 1997, devant la cour d’assises de Bordeaux, sur la répression sanglante de manifestants algériens en 1961 à Paris. 

    Attaqué en diffamation par l’ex-préfet de police de Paris en 1999, l’historien avait eu gain de cause.

     

    Il y a 20 ans s'ouvrait le procès  de Maurice Papon

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  • Commentaires

    3
    Vendredi 29 Septembre à 23:25

    Exact , ce que tu dis  ami et frère Jacques mais , ce que je trouve bizarre,  c'est que personne ne s'attarde sur sa présence quand il était Préfet de Constantine.

    Ce sinistre n'est plus de ce monde, tant mieux,  mais il y a un témoin encore vivant  en France qui pourra nous expliquer (encore faudrait-il lui tirer les vers du nez !!!)  sur le rôle de la milice qu'il avait créé pour faire des ratonnades et achever à coups de barre de fer et de crosse , les malheureux qui se trouvaient sur leur passage ?

    L'ex- Préfet , et/ou  son fils adoptif,  n'était-il  pas complice dans l'assassinat de Paul Leyris où 2 agents du Mossad , dépêchés sur les lieux, abattirent avec un revolver muni d'un silencieux , le vieux Leyris qui avait promis de  rester et de finir ses jours à la ville des ponts ?          

    nota: juste une précision de taille : Le FLN n'a jamais utilisé ce type d'arme 

    Sitôt abattu,  tous les juifs de Constantine  plièrent bagage et c' était CET OBJECTIF QUI ÉTAIT VISE par les 2 agents du Mossad . Et c'était pour cette raison que Leyris avait été abattu puisqu'il avait catégoriquement refusé d'exercer une pression sur les Juifs de Constantine  pour émigrer  vers Israël.

    N'y a t il pas un journaliste courageux qui oserait poser la question à celui qui larmoient comme une fille pour apitoyer les gens ? 

    Le_Canari_de_retour

    Blida le 29*09*2017 - 23h19

     

     

      • Samedi 30 Septembre à 09:47

        Rectificatif :

        Au lieu de :

        L'ex- Préfet , et/ou  son fils adoptif,  n'était-il  pas complice dans l'assassinat de Paul Leyris ....

        Lire : 

        L'ex-Préfet et le fils adoptif du vieux Paul Leyris , n'étaient-ils  pas complice dans l'assassinat de celui qui allait être froidement abattu au moyen d'une arme munie d'un silencieux par deux agents du Mossad dépêchés sur les lieux ?             Le vieux Leyris avait promis de  rester et de finir ses jours à Constantine où il repose actuellement .          

    2
    Vendredi 29 Septembre à 16:10

    Deux aspects dans l'affaire Papon : 1- son comportement au temps de l'Occupation ; 2- son action pendant la guerre d'Algérie et plus précisément dans le massacre du 17 octobre 1961. Les deux aspects participent de la même logique la loi du plus fort sur les plus faibles ! 

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