• Il y a 40 ans, la France exécutait le dernier condamné à mort

    Il y a 40 ans, la France exécutait

     le dernier condamné à mort

    Le 10 septembre 1977, la France procédait à ce qui allait être la dernière exécution à mort de son histoire. Mais la peine de mort n'a pas été abolie à ce moment-là.

     

    Il y a 40 ans, la France exécutait  le dernier condamné à mort

    Il s'agit là d'une mesure forte, emblématique du double mandat de l'ex-président de la République française, François Mitterrand. Pourtant, la dernière fois où fut prononcée la peine de mort à l'encontre d'un homme ne fut pas sous sa présidence. H. Djandoubi fut condamné à mort en 1974 pour le meurtre d'une femme. Durant trois ans, il végète en prison, aux Baumettes, à Marseille. La veille, le 9 septembre 1977, ses avocats s'étaient vu refuser la demande de grâce par le Procureur de la République de Marseille. Le 10, il se présente face au bourreau. Décapité au moyen d'une guillotine, il fut le dernier homme au monde à être tué de la sorte. Et en France (comme en Europe de l'Ouest), l'ultime à subir cette peine capitale. Sachez toutefois que d'autres peines de mort furent prononcées à l'égard de plusieurs criminels, mais aucun ne fut à nouveau tué. La plupart virent leurs sentences réduites en cassation, ou bénéficièrent de la grâce présidentielle.

    Il y a 40 ans, la France exécutait  le dernier condamné à mort

    La "Une" du journal Libération le jour où le texte de loi pour l'abolition totale de la peine de mort est présenté au Parlement. Crédit- Libération   

    Une promesse de François Mitterrand 

    Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, l’exécution du militant communiste Fernand Iveton pendant la guerre d'Algérie, serait, entre autres, à l’origine de l’engagement de François Mitterrand  pour l’abolition la peine de mort.

    En 1981, quelques semaines après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République française, la peine de mort est officiellement abolie. Il s'agit là, unanimement, d'un progrès humaniste sans précédent dans l'histoire de France. La majorité de gauche à l'Assemblée ainsi que 37 députés de droite ou de centre-droit (dont Jacques Chirac) valident la proposition du président. Cela clôt un vieux débat qui opposait, dès la Révolution, les partisans de la fin de la peine capitale (comme Victor Hugo) et ses détracteurs, nombreux. Aujourd'hui, en Hongrie ou en Turquie, les chefs d'Etats extrémistes semblent souhaiter une réintroduction de la peine de mort. Cependant, la non-pratique de celle-ci constitue un préalable indispensable pour accéder à l'Union Européenne. En France aussi, de récents sondages montraient que le peuple n'était pas hostile à un retour de cette sentence irrévocable. Jacques Chirac a entériné définitivement le débat en inscrivant l'abolition de la peine de mort dans la Constitution française. 

    Algérie : Fernand Iveton retrouve sa rue 

    après une grande mobilisation 

    Il y a 40 ans, la France exécutait  le dernier condamné à mort

    La rue Fernand Iveton © DR/Capture d'écran Facebook 

    En débaptisant la rue Fernand Iveton, la municipalité d’Oran ne s’attendait pas à une forte mobilisation des réseaux sociaux et des élus de gauche. L’ancien militant indépendantiste du Parti communiste algérien (PCA), guillotiné en 1957, a été réhabilité.  

    La plaque a retrouvé sa place sur le mur de la ruelle. Il a fallu des pétitions, une mobilisation des internautes et la montée au créneau des élus de gauche. En débaptisant deux rues, la mairie d’Oran ne s’attendait pas à un tollé médiatique. Ce sont les habitants de la rue Fernand Iveton qui avaient donné «l’alerte». Ils ont refusé le changement de nom. «Ils veulent guillotiner la mémoire de notre peuple», s’indigne un représentant du parti Mouvement démocratique et social.   
    L’initiative des autorités locales irrite les médias qui exigent la réhabilitation de Fernand Iveton. «La bêtise se conjugue à la honte, mais ceux qui ont commis le véritable sacrilège qui consiste à enlever à un chahid (martyr, NDLR) le nom de «sa» rue sont-ils conscients de ce que signifie cet acte? Apparemment, non. De plus, ils se sont lourdement trompés en pensant que l’indignité avait gagné tout le monde dans notre pays», ne décolère pas Algérie patriotique. 

    Il y a 40 ans, la France exécutait  le dernier condamné à mort

    Ouvrier, communiste et militant de l'Algérie indépendante, Fernand Iveton fut le seul Européen condamné à mort pour «terrorisme» pendant la guerre d’Algérie. Il a été guillotiné le 11 février 1957, après le refus du président René Coty, du président du Conseil Guy Mollet et de… François Mitterrand, alors Garde des Sceaux, de le grâcier. Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, l’exécution du militant communiste serait, entre autres, à l’origine de l’engagement de François Mitterrand  pour l’abolition la peine de mort. 

    Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, les autorités avaient débaptisé certaines rues (comme les deux grandes artères de la capitale, Michelet et d’Isly) en leur donnant des noms de héros nationaux, figures de la guerre (Larbi Ben M’hidi, Didouche Mourad...) et internationaux (Che Guevara, Kennedy...). L’une des plus grandes places d’Alger porte le nom d’un autre militant communiste, Maurice Audin, arrêté le 11 juin 1957 par l’armée française et longtemps porté disparu avant que le général Aussaresses ne reconnaisse avoir donné l’ordre.
    Sur le plan littéraire, De nos frères blessés, de Joseph Andras (Actes Sud), livre consacré à Fernand Iveton, a reçu cette année le prix Goncourt du premier roman, un prix refusé par l’auteur. 

    SOURCE : http://geopolis.francetvinfo.fr/algerie-fernand-iveton-retrouve-sa-rue-apres-une-grande-mobilisation-118495 

     

    Il y a 59 ans, le 11 février 1957, Fernand Iveton

    était guillotiné 

    Fernand Iveton est né à Alger le 12 juin 1926, et meurt guillotiné pour la cause algérienne,  le 11 février 1957 . Il vécut dans un quartier populaire d’Alger, le Clos Salembier (aujourd’hui El Madania), et suivit l’exemple de son père, en devenant employé de l’usine à gaz d’El-Hamma au Ruisseau. En 1943, il adhère à la section de la redoute des jeunesses communistes et milite aux côtés d’Henri Maillot et Ahmed Akkache. 

    Il intègre par la suite l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne qui rassemblera dans ses rangs des jeunes communistes et nationalistes et d’autres patriotes. Iveton militera également au sein des syndicats d’Algérie affiliés à la CGT de France (Confédération Générale du Travail) puis à l’UGSA (Union Générale des Syndicats Algériens) organisation syndicale algérienne qui demeurera affiliée à la CGT. Il sera désigné par les travailleurs de l’usine à gaz d’El Hamma comme délégué syndical. 

    Iveton considérait la cause algérienne comme la sienne, et en juin 1955 il s’intègre dans les groupes armés des Combattants de la Libération au côté de Abdelkader Guerroudj, Félix Collosi, Mohamed Hachelaf, Yahia Briki, Georges Accampora et d’autres camarades communistes. Après avoir participé à plusieurs actions (sabotages de wagons sur le port, incendie des Bouchonneries Internationales) il sera chargé de placer une bombe à l’usine à gaz d’El Hamma. Elle est déposée le 14 novembre 1956 et  tout prouve qu’il a pris toutes ses précautions pour que la bombe ne cause que des dommages matériels. Il sera dit  à ce propos, que le militant : « Iveton ne voulait pas d’une explosion-meurtre. Il voulait une explosion témoignage. » 

    Arrêté le 14 novembre 1956, avant même que la bombe ne soit installée, il fut d’abord torturé pendant trois jours par des policiers : décharges électriques sur le corps, supplice de l’eau…  Le 25 novembre 1956,  il passe  devant le tribunal militaire d’Alger, soit 11 jours seulement après son arrestation, « en application de la procédure expéditive permise par « les pouvoirs spéciaux », accordés par les députés français au gouvernement de Guy Mollet ». Le procès se passe « Dans une atmosphère de pogrom » tel que le précise l’ouvrage écrit sous la direction d’H. Alleg . Il est condamné à mort au cours d’un sombre procès « dans un prétoire où montaient des cris de haine et de mort ». 

    Dans cette vidéo vous allez reconnaître 

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