• Il y a 60 ans, du 21 avril au 25 avril 1961 : le putsch des généraux

     

    Il y a 60 ans, du 21 avril au 25 avril 1961

     le putsch des généraux

    Il y a 60 ans, du 21 avril au 25 avril 1961 : le putsch des généraux

    Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, quatre généraux de l'armée française s'emparaient du pouvoir : Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller, tentaient un coup d'Etat. Retour sur cet épisode clef de la guerre d’Algérie.

    Quelques jours après les faits, ce résumé en images des Actualités Françaises nous plonge au cœur du drame. Le récit est haletant, la musique omniprésente. Il présente les faits du point de vue du gouvernement et délégitime l'entreprise des généraux qualifiés ironiquement de "triomphateurs d'un jour". Le général de Gaulle y est présenté comme le seul représentant de l'autorité : "Les hommes du contingent restés fidèles au commandement légitime". Les caméras filment les soldats du contingent qui embarquent pour le continent pour ne par se mettre aux ordres du gouvernement provisoire à Alger. Au cœur du reportage, il est question de la population algéroise : "égarée par les craintes et les mythes", selon de Gaulle et présentée ici comme saisie d'une "fièvre". Une population "qui souffre toujours d'une plaie mal fermée, celle de l'Algérie française". Au terme du sujet le Général de Gaulle est présenté comme le véritable sauveur de la situation. Tout est bien qui finit bien. "L'épreuve a été dure (…) Mais la France a gagné".

    L'origine du putsch

    Pour comprendre cette tentative de rébellion, il faut revenir brièvement sur sa genèse qui provient de l'accélération de la politique gaullienne de décolonisation. Le 11 avril 1961, dans une conférence de presse, le chef de l'Etat avait justifié, sur un ton jugé désinvolte par certains, la décolonisation de l'Algérie parce qu'elle coûtait au pays. Le 22 avril 1961, un "quarteron de généraux en retraite" s'empare d'Alger. Mais cette tentative de refaire le 13 mai 1958 tourne court. Les quatre militaires postés à Alger entendent s'opposer par la force à la politique algérienne du général de Gaulle. Leur objectif : maintenir l'Algérie à l'intérieur de la République française avec l'appui du 1er régiment de parachutistes.

    Alors qu'en métropole la panique gagne les esprits après l'appel, lancé le 23 à minuit par le Premier ministre Michel Debré, à se rendre sur les aéroports pour empêcher une action éventuelle des parachutistes. Le 23 avril, revêtu de son uniforme, le général de Gaulle décide d'assumer les pleins pouvoirs prévus par l'article 16 de la Constitution. Il en informe la Nation dans un célèbre discours tout en encourageant la désobéissance des soldats du contingent aux officiers putschistes et en intimidant les hésitants.

    "Ce pouvoir a une apparence : quarteron de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques"  

    "Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie par un pronunciamiento militaire. Les coupables de l'usurpation ont exploité la passion des cadres de certaines unités spéciales, l'adhésion enflammée d'une partie de la population de souche européenne, égarée de crainte et de mythes, l'impuissance des responsables submergés par la conjuration militaire. Ce pouvoir a une apparence : quarteron de généraux en retraite ; il a une réalité : un groupe d'officiers partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir faire limité et expéditif.Mais ils ne voient, ils ne connaissent la Nation et le monde que déformés au travers de leur frénésie.Leur entreprise ne peut conduire qu'à un désastre national.Car l'immense effort de redressement de la France entamé depuis le fond de l'abîme le 18 juin 1940, mené ensuite en dépit de tout jusqu'à ce que la victoire fut remportée, l'indépendance assurée, la République restaurée ; repris depuis 3 ans afin de refaire l'Etat, de maintenir l'unité nationale, de reconstituer notre puissance, de rétablir notre rang au dehors, de poursuivre notre oeuvre outremer, à travers une nécessaire décolonisation ;tout cela risque d'être rendu vain à la veille même de la réussite par l'odieuse et stupide aventure d'Algérie". 

    "Et par qui ? Hélas ! Hélas ! Hélas !"

    "Voici que l'Etat est bafoué, la Nation bravée, notre puissance dégradée, notre prestige international abaissé, notre rôle et notre place en Afrique compromis. Et par qui ? Hélas ! Hélas ! Hélas ! Par des hommes dont c'était le devoir, l'honneur, la raison d'être de servir et d'obéir. Au nom de la France, j'ordonne que tous les moyens, je dis : tous les moyens, soient employés partout pour barrer la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire.J'interdis à tout Français et d'abord à tout soldat d'exécuter aucun de leurs ordres.L'argument suivant lequel il pourrait être localement nécessaire d'accepter leur commandement sous prétexte d'obligation opérationnelle ou administrative ne saurait tromper personne. Les chefs civils et militaires qui ont le droit d'assumer les responsabilités sont ceux qui ont été nommés régulièrement pour cela et que précisément les insurgés empêchent de le faire. L'avenir des usurpateurs ne doit être que celui que leur destine la rigueur des lois. Devant le malheur qui plane sur la Patrie et devant la menace qui pèse sur la République, ayant pris l'avis officiel du Conseil constitutionnel, du premier ministre, du président du Sénat, du président de l'Assemblée nationale, j'ai décidé de mettre en oeuvre l'article 16 de notre Constitution. A partir d'aujourd'hui je prendrai, au besoin directement, les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances. Par là même je m'affirme en la légitimité française et républicaine qui m'a été conférée par la Nation, que je maintiendrai quoiqu'il arrive jusqu'au terme de mon mandat ou jusqu'à ce que viennent à me manquer soit les forces soit la vie, et que je prendrai les moyens de faire en sorte qu'elle demeure après moi.Françaises, Français, voyez où risque d'aller la France, par rapport à ce qu'elle était en train de redevenir.Françaises, Français, aidez-moi !"

    Le putsch durera quatre jours et sera finalement mis en échec le 25 avril 1961. Mais cet échec ne découragera pas les jusqu'au-boutistes civils et militaires qui rejoindront l'OAS pour continuer le combat.

    Echec du putsch des généraux à Alger - réactions à Paris

    dans la rue (nuit)

    Edition spéciale au matin du 22 avril, non diffusée : réactions recueillies à Paris, au lendemain de la fin du "putsch des généraux" à Alger, et diffusion d'une fausse nouvelle selon laquelle le général Raoul SALAN, en fuite, se serait suicidé. Document muet au début sur le plateau présenté par Georges BORTOLI. Maurice SEVENO interroge des passants sur la nouvelle de la mort de Raoul SALAN. Danièle BREEM fait le point en plateau sur la nuit du 20 au 21 avril 1961, Gilbert LAUZUN fait un microtrottoir auprès des passants, pour la plupart favorables à De GAULLE. Sur le marché des Halles, au petit matin, Claude Henri SALERNE prend le pouls des travailleurs.

     

    Attention le document est MUET au début. Mais audible à partir de 3 mn 15’’. Incroyable la FAUSSE nouvelle du suicide du général Salan qui est mort le 3 juillet 1984 à Paris.

    L'arrestation de l'ex Général Salan

    « La France a répandu l'analphabétisme en Algérie, affirme un conseiller présidentiel« L’état d’urgence démocratique » »
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  • Commentaires

    2
    Yvon Priou
    Mercredi 21 Avril à 09:40

    Je viens d'apprendre l'assassinat d'un militaire lors de ce putsch 

    <<Tué pendant la tentative de putsch à Alger - Dans la nuit du 21 au 22 avril, le 1er R.E.P. sous les ordres du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, commandant par intérim du régiment, s’empare en trois heures des points stratégiques d'Alger, notamment du Gouvernement général d'Alger, de l’hôtel de ville, de la radio et de l’aéroport d'Alger.

    La seule victime de l'opération est le maréchal des logis Pierre BRILLANT, abattu en défendant le transmetteur radio d'Ouled-Fayet" - Non armé et alors qu'il refusait de laisser abattre le soldat musulman qui gardait le poste avec lui, il est assassiné d'une balle dans la nuque.>>

    ( Il faut rappeler que le commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, a une plaque en son nom sur une rue à Béziers, plaque qui a remplacé  celle du 19 mars 1962 ) 

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