• Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

    Ils n'étaient pas des soldats 

    de métier. Juste des appelés...  

    dans une guerre de "Malgré eux"  

    disent beaucoup. La honte d'avoir  

    appartenu à une armée salie par  

    les exactions de certains...  

     

     Ils avaient vingt ans, ils racontent « leur » Algérie

     

     

    Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

    Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

    Ils n'étaient pas des soldats de métier. Juste des appelés... dans une guerre de "Malgré eux" disent beaucoup La honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains

     Les patrouilles sur terrain accidenté, un danger permanent

    pour de jeunes soldats.

     

    Et c'est dans le fracas de la guerre qu'ils sont devenus des hommes, mobilisés dans une guerre qui ne disait "pas son nom" 55 ans après, ils témoignent.


    Son grand-père était « le héros de la famille ». Sa photo, en tenue de poilu, trônait dans le salon. Et sa médaille militaire, bien rangée dans une boîte qu'on ouvrait de temps à autre, le souvenir de batailles terribles qui alimentaient les conversations des repas dominicaux. « Pour notre génération, 39/45 était aussi très présent puisque nos parents l'avaient vécu. Des guerres justes, des victoires, des souvenirs qu'on s'appropriait ».
    Rien de tel avec cette guerre d'Algérie qui allait propulser Lucien Delobel de l'autre côté de la Méditerranée, à 19 ans. Sa guerre à lui, sa guerre de « malgré lui », comme il dit, n'a jamais alimenté la mémoire familiale. « Quand je suis rentré, je ne voulais qu'une chose, reprendre ma vie où je l'avais laissée en partant. Oublier. Et personne ne m'a vraiment posé de questions. Tout le monde voulait passer à autre chose » . Lucien retrouve son boulot de garagiste, tente d'enfouir ses souvenirs. Peine perdue. « Cette histoire est inscrite en moi, comme un tatouage. Je n'oublierai jamais la terreur quand on patrouillait, l'odeur des cadavres, les corps suppliciés, les copains disparus, les Algériens massacrés dans des conditions tout aussi atroces. Par des militaires français ou par d'autres Algériens » égrène l'ancien appelé en Grande Kabylie entre 1958 et 1960.
    Pour Lucien, pas de distinction dans l'horreur. « Des deux côtés, ce fut terrible. Tous ces massacres, toutes ces souffrances, la honte d'avoir appartenu à une armée salie par les exactions de certains » poursuit son ami, Pierre Lumet, onze mois de guerre du côté de Batna.
    Et la conviction d'avoir participé à une « guerre immorale et sale ». Pierre est sans illusions. « Toutes les guerres sont sales, bien sûr, mais là, on était les occupants. En débarquant en Algérie, il était évident qu'on arrivait sur une autre planète.
    Un monde auquel nous ne connaissions rien. Un bout de France nous disait-on mais où certains avaient des droits et pas les autres. Un système colonial inégalitaire. Injuste. ».


    Embuscades et attentats


    C'est aussi cela qui a frappé Marcel Jean, à son arrivée en Algérie en juillet 1960. Plus de cinquante ans plus tard, il se souvient encore d'une réflexion qu'il s'était faite dans le trajet en train qui l'emmenait d'Oran à son régiment de Vialar. « Je regardais les villages par les fenêtres, et je me suis dit que c'était pas étonnant qu'ils demandent leur indépendance. C'était la misère ».
    À cette époque, Marcel est affecté au 5e bureau du 110e RIM. Celui de l'« action psychologique ». « Le but, c'était de rallier le monde rural à l'Algérie française. Les gens étaient extraits de leurs villages, regroupés, "resserrés" on disait, dans des camps, pour éviter tout contact avec le FLN ». Les paysans ne sont guère convaincus. Les bidasses non plus d'ailleurs. « On savait parfaitement qu'on allait finir par lâcher, alors... ». Ambiance fin de règne.
    À partir de mars 1961, changement d'affectation pour Marcel qui rejoint un poste isolé, pendant deux mois. Deux mois de contact avec la réalité de la guerre. « Le risque, c'était de tomber dans une embuscade pendant les patrouilles. On s'est fait canarder plusieurs fois ». Les violences se radicalisent dans cette dernière année de présence française. « À Mostaganem où j'ai fini mon service, j'ai échappé de peu à une grenade lancée en plein centre-ville. Après il y a eu les plastiquages de l'OAS. Le danger était partout, tout le temps ». De tout ça, mais aussi des « corvées de bois », ces exécutions sommaires, et des arrivages de suspects pour des interrogatoires qui viraient en torture, Marcel n'a que peu parlé à son retour en France au moment de reprendre son poste à l'usine Peugeot de Fives. Comme si ces 28 mois de conscription, dont 14 en Algérie, n'avaient été qu'une parenthèse.


    « Impossible à assumer »


    Pierre Lumet, issu des mouvements de jeunesse ouvrière chrétienne, s'est aussi replié sur son silence. Une mémoire en miettes.
    Refoulée. « Impossible à assumer, au fond » constate-t-il aujourd'hui, à la recherche d'une mémoire enfin apaisée.
    « On était vus comme des tortionnaires par les uns, et les témoins d'une défaite honteuse d'une France qui avait abandonné les Pieds-Noirs par les autres » résument Lucien et Pierre. « On était juste des gamins d'à peine 20 ans, projetés dans un conflit dont nous étions le bras armé et qui ne comprenaient pas ce qui se jouait politiquement. Ni héros, ni ordures. Des pions », lâche Pierre dans un soupir lourd de cette amertume qui ne l'a jamais quitté.
    Heureusement, Lucien avait Pierre pour en parler et Pierre avait Lucien. Ces deux-là ne se sont jamais quittés. Unis par un passé commun, « incommunicable à qui ne l'a pas connu. Au moins, ensemble, on peut se parler sans se sentir jugés ».
    « Qu'est ce qu'on est allés faire là-bas ? », s'interroge encore Marcel Jean, qui parle « d'une guerre coloniale honteuse dans laquelle la France s'est déshonorée. Un gâchis humain, des morts pour rien du tout... ».
    Parmi les anciens de l'Algérie, Marcel a conscience de porter une voix minoritaire. Sa pension, il la reverse à des associations. Cet argent, il n'en veut pas. « Mes décorations, tout ce qui était militaire, j'ai tout balancé. J'étais trop dégoûté ». Et d'ajouter : « si au départ on avait su négocier, donner les mêmes droits à tout le monde, on aurait pu vivre ensemble ». La guerre est finie depuis 55 ans. Mais la mémoire n'est toujours pas pacifiée. « Tourner la page, ça voudrait dire que le France reconnaît ses torts », conclut Marcel Jean, plongé dans les quelques photos sépia ramenées de là-bas. « Mais j'ai bien peur que ça n'arrive jamais »...

    Dans la vidéo ci-dessous témoignages de : 

    Marcel Jean, originaire de Nomain (59) a été appelé en juillet 1959. Il intègre l' "action psychologique".

    Alain Hernandez est né en Algérie Française (pro-OAS). Il doit la quitter à 17ans, en 1962, avec sa famille.

     

    « "Honte à Emmanuel Macron qui insulte la France à l'étranger : 'la colonisation de la France était un crime contre l'humanité'" Gérald Darmanin le 15 février 2017Les soldats du refus »
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