• Interview de Jacques Pradel *** Les extrémistes de tous poils, à coups de communiqués hurlent leur réprobation quant à la présence de François Hollande à la Commémoration du 19 mars 1962

    Jacques Pradel : « Christian Estrosi a toujours été dans la volonté de complaire aux nostalgiques du système colonial »

    Interview de Jacques Pradel ***

    Pour Jacques Pradel, commémorer le 19 mars ouvre la voix au rapprochement des peuples français et algérien. Photo Archives Robert Terzian

    Jacques Pradel, le président de l’Association nationale des pieds-noirs progressistes réagit au refus de Christian Estrosi de commémorer le 19 mars.

    Le président de Région (LR) a annoncé son refus de participer aux cérémonies de la journée nationale du souvenir commémorant les accords d’Evian qui marquent la fin de la guerre d’Algérie. Jacques Pradel, président de l’association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis, livre son sentiment à la Marseillaise.

    Êtes-vous surpris par cette prise de position ?

    À vrai dire non, quand on connaît le passé de Christian Estrosi, on sait qu’il a toujours été dans la volonté de complaire aux groupes nostalgiques du système colonial en se situant à ce point de rencontre entre la droite et l’extrême-droite. La question est plutôt « pourquoi le fait-il aujourd’hui ? » en contradiction avec tous ces engagements d’entre-deux tours des Régionales.

    Christian Estrosi invoque les violences qui ont suivi le 19 mars 1962 pour justifier son refus de participer aux commémorations, est-ce pour vous un motif légitime ?

    Le 19 mars 1962, c’est le lendemain du 18, date de la signature des accords entre la France et le FLN. C’est incontestable et dans la mémoire collective, c’est la fin de la guerre d’Algérie. De plus, le 19 mars a été consacré journée nationale en 2012 par une loi votée par le Parlement français. Oui, il est vrai qu’après le cessez-le-feu, des violences, des massacres de populations ont eu lieu. Je n’oublie pas que c’est d’abord parce que l’OAS a déchaîné sa folie meurtrière. C’est en ce sens que je trouve particulièrement indécent qu’aujourd’hui ce soit justement des nostalgiques du passé colonial et l’extrême-droite qui utilisent les violences d’après le 19 mars 1962 pour contester la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie à cette date.

    En quoi est-il important pour vous de commémorer les accords d’Evian ?

    Le 5 décembre avait un temps été mis en avant par Jacques Chirac pour contourner la contestation. Mais cette date ne correspond à rien pour la guerre d’Algérie et ce débat est derrière nous. Nous pensons, à l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis qu’il est important de marquer cette date anniversaire. Nous le faisons aux côtés d’autres forces progressistes, d’associations d’Algériens vivant en France ou de Français d’ascendance algérienne car la cause essentielle que nous défendons est un rapprochement de nos deux peuples. Il est important de se réunir. Nous partageons cette vision de notre histoire commune pour pouvoir tisser des liens d’amitié et de fraternité.

    Propos recueillis par Léo Purguette

    SOURCE : http://www.lamarseillaise.fr/bouches-du-rhone/politique/46963-une-volonte-de-complaire-aux-nostalgiques-du-systeme-colonial 

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    Vent debout, les extrémistes de tous poils, à coups de communiqués  hurlent leur réprobation quant à la présence de François Hollande à la Commémoration du 19 mars 1962 samedi 19 mars 2016 citant même François Mitterrand (vidéo ci-dessous), mais concernant ce dernier par rapport à la guerre d’Algérie, nous pouvons lui reprocher deux faits importants :

    (1) Guerre d'Algérie : Mitterrand rattrappé

    par son passé

    Interview de Jacques Pradel ***

    François Mitterrand reste le symbole de l'abolition de la peine de mort. Avant 1981 pourtant, son avis sur la question semblait moins tranché. François Malye et Benjamin Stora dévoilent en effet dans un ouvrage le passé obscur de l'ancien président, lorsqu'il était le ministre de la Justice de Guy Mollet. Exerçant ses fonctions pendant la guerre d'Algérie, François Mitterrand aurait refusé la grâce de 45 nationalistes algériens, tous guillotinés. 

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    (2) La réhabilitation des généraux putschistes

    en 1982

    Pardon contesté pour les putschistes 

    Amnistier des généraux félons ? Jamais... A la fin de 1982, alors que François Mitterrand et les socialistes sont au pouvoir depuis un an et demi, leur première crise sérieuse va opposer le premier aux seconds. Huit anciens généraux putschistes de 1961 sont au coeur de la très violente controverse qui amènera les députés socialistes conduits par leur président de groupe à l’Assemblée nationale, Pierre Joxe, à amender le projet de loi présenté par le gouvernement de Pierre Mauroy. Le Premier ministre devra finalement faire appel, pour la première fois du septennat, à l’article 49.3 pour faire passer le texte de loi dans son intégralité. En laissant d’un côté quelques cicatrices douloureuses sur les députés socialistes, mais en donnant de l’autre un gage de bonne volonté à l’armée pour laquelle l’épisode algérien reste une source, désormais tacite mais toujours lancinante, de rancune.

    Ci-dessous une vidéo mise en ligne est "manipulée sur la fin" par des nostalgiques de l'Algérie française, presque tous adhérents de l'extrême droite :

     

    CONCLUSION

    Le 19 mars 1962 est le tournant symbolique qui marque la fin d’une guerre coloniale où la France s’est affaiblie dans un conflit perdu d’avance et anachronique, un conflit colonial déchirant qui a fait tomber une République et où notre jeunesse a fait son devoir (souvent contre sa volonté) en participant à une sale guerre. 

    « Christian Estrosi refuse de participer aux commémorations des accords d’Evian et pourtant sans le retrait des socialistes il aurait été battu par le FNLes accords du 18 mars 1962 à Evian décryptés par l'historienne Sylvie Thénault "Après le 19 mars 1962, l'OAS s'est lancée dans une explosion de violences sans limite" »
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