• Issoudun (Indre). La veuve d'un vétéran exposé aux radiations obtient réparation *** Le témoignage de Guy Monichon, un habitant de Bourgogne

    Issoudun (Indre). La veuve d'un vétéran exposé aux radiations obtient réparation

    Jean-Louis Camuzat, trésorier national de l'AVEN, ici sur un bateau, lors d'un essai nucléaire en 1970, en Polynésie. - (dr)

    http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2014/12/30/Issoudun-Indre-.-La-veuve-d-un-veteran-expose-aux-radiations-obtient-reparation-2170254 

    Pour la première fois en région Centre, l'exposition aux rayonnements d'un vétéran des essais nucléaires, menés en 1962, en Algérie, a été reconnu comme maladie professionnelle par le Tribunal des affaires de sécurité sociale de Châteauroux. Sa veuve touchera une rente de la Caisse primaire d'assurance maladie.

    Après quatre ans de bataille juridique, la veuve de Michel Barrat, un habitant d'Issoudun (Indre), décédé le 17 septembre 2010 d'un cancer du poumon, vient de faire reconnaitre l'exposition de son mari aux radiations comme une maladie professionnelle. Un jugement a été rendu en ce sens par le Tribunal des affaires de sécurité sociale de Châteauroux. Madame Barrat touchera une rente de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Indre.

    Michel Barrat était l'un des vétérans des essais nucléaires menés par la France, entre 1962 et 1963 sur le site d'In Ekker, dans le Sahara (Algérie). A l'époque, il travaillait pour la société Schneider électrique dans les galeries souterraines. Il avait assisté aux essais "Beryl", "Emeraude" et "Amethyste".

    "Beaucoup sont déjà morts" 

    Cette reconnaissance est une première dans la région Centre pour un vétéran des essais nucléaires. C'est une petite victoire pour l' Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) qui a assisté Madame Barrat dans cette bataille juridique menée par les avocats du cabinet parisien Tessonnière, spécialisé dans la reconnaissance des maladies professionnelles.

    "L'histoire de la reconnaissance de notre exposition aux radiations continue, note Jean-Louis Camuzat, trésorier national et référent juridique de l'AVEN, créée en 2011. Mais ce n'est une goutte d'eau. Notre association compte 6.000 adhérents. Mais le nombre de personnes contaminées au Sahara et en Polynésie par les essais nucléaires dépasse les 150.000. Et beaucoup sont déjà morts."

    Jusqu'à présent, le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), créé dans la foulée de la loi du 5 janvier 2010, dite "Loi Morin", n'a indemnisé que 16 vétérans, dont douze polynésiens. Les vétérans militaires s'épuisent à faire reconnaître par l'Armée l'exposition aux radiations nucléaires. Les civils bénéficient des tableaux de reconnaissance de maladies professionnelles établis par la Sécurité sociale. La demande d'indemnisation faite par Madame Barrat auprès du CIVEN est d'ailleurs toujours en bataille devant les tribunaux.

    La France a mené dix-sept essais nucléaires en Algérie, entre 1960 et 1966, dont treize souterrains, dans le massif du Hoggar.


    VIDEO. Vétérans des essais nucléaires : “L... par lanouvellerepublique

    Issoudun (Indre). La veuve d'un vétéran exposé aux radiations obtient réparation  *** Le témoignage de Guy Monichon, un habitant de Bourgone

    Côte-d'Or (Bourgogne) - Témoignage Guerre d'Algérie : «J’ai vu la montagne blanchir au moment de l’explosion»

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     Guy Monichon, 74 ans, n’a porté aucune protection quand il a manipulé le matériel irradié par les essais nucléaires. Photo N. R.

    http://www.bienpublic.com/edition-de-beaune/2014/03/19/j-ai-vu-la-montagne-blanchir-au-moment-de-l-explosion

    Un habitant de Labergement-lès-Seurre revient sur la guerre d’Algérie telle qu’il l’a vécue. Loin des combats, mais au plus près des essais nucléaires.

    «Le jour du 19 mars, on parle avant tout des combattants de la guerre d’Algérie. On parle très rarement, voire jamais, des soldats qui ont œuvré dans le cadre des essais nucléaires qui ont eu lieu au sud de l’Algérie, dans le Sahara. »

    S’il veut à tout prix éviter de se mettre en avant, Guy Monichon, 74 ans, se fait aujourd’hui le porte-parole des oubliés du conflit algérien. Il poursuit : « Il ne faut pas oublier que les essais nucléaires qui ont eu lieu pendant la guerre d’Algérie ont permis de disposer d’une arme dissuasive ».

    Des ennemis, en Algérie, le retraité n’en a « jamais vu ». Il raconte : « En 1957, je travaillais dans une entreprise américaine, la compagnie géophysique Rogers. Après un passage en France, Je suis revenu à Reggan en 1959, pour les premières explosions. Je faisais partie du 11e régiment du génie saharien, qui préparait notamment les pistes d’accès ou d’atterrissage. Tous les civils de la région ont été déplacés, pour laisser la place à l’armée et aux essais nucléaires. »

    Guy Monichon poursuit : « On a assisté aux premiers tirs à l’air libre, à Reggan, avant de gagner In-eker, près de Tamanrasset, pour les tirs souterrains. Là encore, on préparait le terrain pour que les techniciens du nucléaire aient de quoi faire leur travail. Sur aucun des deux sites, on n’a bénéficié de protection. C’était encore plus dangereux à Reggan qu’à In-eker, où nous n’avions pas à réparer les galeries : à Reggan, on a dû ramener aux ateliers le matériel exposé aux radiations lors des tirs sans qu’il soit décontaminé. »

    Alors que le retraité a 70 ans, son médecin part à la retraite. Apprenant son histoire, son nouveau médecin lui conseille de faire des analyses, qui établissent que Guy est atteint d’un cancer du pancréas. Ce dernier précise : « J’ai ensuite été opéré d’un cancer du colon. J’ai demandé des explications à l’armée, car je n’ai pas été le seul à avoir ces ennuis. On m’a envoyé mon livret médical militaire et on m’a répondu qu’il n’y avait eu que 436 individus contrôlés, alors que nous étions des milliers sur place. À l’époque, on ne mesurait pas les risques, on ne nous disait rien. Il nous arrivait de retrouver sur des véhicules des pièces de métal fondues. À In-Eker, j’ai vu la montagne blanchir au moment de l’explosion. On nous a juste conseillé de nous cacher les yeux. »

    Le septuagénaire conclut : « Pour moi, le fait d’avoir participé, d’une certaine façon, à ces essais nucléaires, est important. Il fallait le faire. On n’a pas beaucoup de rapports avec ceux qui ont fait la guerre contre les fellagahs, on n’a pas vécu la même chose. Je suis persuadé qu’on a fait durer la guerre d’Algérie car il y avait beaucoup d’intérêts en jeu. Le pétrole, mais aussi ces essais nucléaires. On aurait pu leur donner l’indépendance sans faire la guerre. »

    « « VIVE ROBERT MENARD » s’est écrié sur un site extrémiste un certain J.-L.M., j’avais eu la chance de lui répondre qu’il « CRIAIT TROP VITE VICTOIRE »Ménard le maire d’extrême droite de Béziers vante dans ses discours honteux « La Grande France »… Un historien algérien explique comment elle est née… »
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