• Jacques Chirac est mort

     

    Jacques Chirac est mort

    Jacques Chirac est mort

    Jacques Chirac n’est pas enterré attends un peu… me dit un internaute, énervé, lorsque je rappelle quelques épisodes honteux de cet ancien président sur Facebook, alors que tous les médias ne se gênaient pas... ce sont d'ailleurs ces derniers qui m'ont rappelé ce que cet ancien président de la République avait fait de bien ou de mal... eh bien, non, ça suffit. Mais respecte le temps du deuil, c’est la tradition, désolé je suis contre les traditions !!! Mais je rappellerais toutefois, par honnêteté intellectuelle quelques épisodes heureux, hélas ils sont rares…

    La profusion des déclarations, communiqués et reportages apologétiques, qui peignent l’ancien Président de la république en champion de la lutte contre la pauvreté, de l’amitié entre les peuples et de la défense des «valeurs de la république», a quant à elle de quoi donner la nausée.

    « Ce n’est pas le moment de faire de la politique, il faut respecter le temps du deuil », disent-ils toutefois, comme si cette déferlante pro-Chirac n’était pas elle-même très politique. Je n’évoquerais donc pas les affaires (emplois fictifs, marchés publics, HLM, faux électeurs, frais de bouche, voyages, etc.), symptomatiques d’une « certaine idée de la politique ».

    Je ne reviendrais pas non plus sur la reprise des essais nucléaires en 1995, aberration écologique, fuite en avant militariste et symbole d’une attitude néocoloniale à l’égard de la Polynésie. 

    À ce dernier propos, je ne rappellerais pas le massacre de la grotte d’Ouvéa, en mai 1988, au cours duquel 19 indépendantistes kanaks furent tués lors d’un sanglant assaut ordonné par Jacques Chirac, alors Premier ministre. 

    Je ne mentionnerais pas davantage la participation active de Jacques Chirac à l’entretien des réseaux de la Françafrique, illustrée notamment par ses belles amitiés avec les dictateurs Omar Bongo, Blaise Compaoré ou Denis Sassou Nguesso.

    Je ne reviendrais pas plus sur ses politiques favorables aux ultra-riches (privatisations de 65 groupes industriels et financiers et suppression de l’ISF en 1986…) et destructrices pour les salariéEs (suppression de l’autorisation administrative de licenciement en 1986, plan Juppé de 1995, réforme des retraites en 2003…).

    Je ne parlerais pas, enfin, de ses ministres de l’Intérieur, Charles Pasqua, Jean-Louis Debré, Nicolas Sarkozy, de leurs politiques répressives et racistes, du sort réservé aux sans-papiers de Saint-Bernard en 1996 ou de l’assassinat de Malik Oussekine en 1986.

    Enfin Jacques Chirac a choisi arbitrairement la date du 5 décembre pour la journée du recueillement de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. On sait que le 5 décembre ne représente rien de précis hors l’inauguration du mémorial du quai de Branly. Une deuxième journée de recueillement que la social-démocratie s’est révélée incapable de supprimer après avoir fait adopter par le Parlement le 19 mars.

     

    * En sa faveur Jacques Chirac a fait partie des rares députés de droite à avoir voté pour l’abolition de la peine de mort.

    * Il faut être reconnaissant à Jacques Chirac de s’être opposé à la guerre en Irak.

    * Il convient d’approuver, la déclaration qu’il a faite sur la responsabilité de la France sous Vichy sur l’antisémitisme qui avait été l’objet de textes législatifs.  

     

    Mais par contre je rappellerais les déclarations de Chirac, le 19 juin 1991, sur « le bruit et l’odeur » des étrangers, illustration précoce de la reprise par la droite dite « républicaine » des thématiques les plus nauséabondes du Front national.

    L’hypocrisie comme le mensonge fait partie intégrante de la vie d’un politique...
    Un politicien ne peut faire carrière sans mémoire, car il doit se souvenir de toutes les promesses qu’il lui faut oublier.

    Jacques Chirac est mort, je n'étais pas de son bord politique, n'attendez pas de moi des paroles hypocrites trop souvent entendues quant une personnalité disparaît, je suis viscéralement anti raciste c'est la raison pour laquelle j'avais remarqué que comme Macron, Chirac a marché sur les plates-bandes de l'extrême-droite pour des raisons électorales et je ne l'ai pas oublié, rappelez-vous :


    "Le bruit et l'odeur"


    On se souvient de cette prise de parole de Jacques Chirac du 19 juin 1991, devant des militants et des sympathisants RPR, comme du Discours d'Orléans. Ce jour-là, alors maire de Paris, et président du RPR, Jacques Chirac se met à évoquer la politique d'immigration française.
    "Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or (...), qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler! Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela", déclare alors Jacques, sous les rires et les applaudissements d'un public conquis.
    Cette déclaration choc amènera le chef du Front national, Jean-Marie Le Pen, à affirmer que "les Français préféreront toujours l'original à la copie".
    A l’époque, je ne savais pourtant pas que « le bruit et l’odeur » était la marque d’un tournant politique. Ces années-là, l’immigration devenait un enjeu électoral bien au-delà de l’extrême droite… Bizarre, vous avez dit bizarre, Macron relance le débat aujourd’hui…

     
     

    Comme l’a écrit Dominique Natanson membre du groupe SORTIR DU COLONIALISME 33 depuis le 20 février 2018 :

     

    Adieu Chirac !


    Nos pensées vont vers... Malik Oussekine.
     

     

     

    Jacques Chirac est mort

     

    « C'est de la faute du président Macron qui a décidé de marcher sur les plates-bandes de l'extrême droite... en ouvrant des débats à l'Assemblée nationale et au SénatFace à Chirac, Lubrizol à Rouen passe à la trappe dans la presse nationale »
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  • Commentaires

    2
    Samedi 28 Septembre à 18:52

    « Les programmes scolaires reconnaissent […] le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord … ».
    Ainsi parlait, en son article 4 (alinéa 2), la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés. 

    « Peuvent demander le bénéfice d'une indemnisation forfaitaire les personnes de nationalité française à la date de la publication de la présente loi ayant fait l'objet, en relation directe avec les événements d'Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d'expulsion, d'internement ou d'assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle ».
    Ainsi, la même la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 exprimait-elle une certaine forme de repentance à l’égard des membres d’une organisation criminelle - l’OAS - condamnés à raison de leur implication dans des milliers et des milliers d’attentats terroristes et assassinats ayant frappé, en Algérie comme en France, des militaires, des civils, des élus, des magistrats, des policiers, des enseignants, des fonctionnaires : une repentance doublée d’une récompense sonnante et trébuchante qui, au moins, ne profita pas à Dovecar, Piegts, Degueldre ni à Bastien-Thiry, lesquels n’échappèrent pas, quant à eux, à la peine capitale.

     Probablement circonvenu par des équipes de nostalgiques de l’Algérie française, aussi présents et pressants au sein du ministère de la défense qu’au Parlement, le Président Jacques Chirac a commis une faute lourde en promulguant cette loi : certes, il en a fait abroger par la suite la partie ô combien controversée de l’article 4, mais il a laissé - par paresse, diraient certains ! - s’appliquer l’article 13, non moins litigieux.

    Dieu sait que j’ai quelques raisons d’éprouver quelque ressentiment à l’égard de ce chef de l’État qui a trahi, au travers de cette loi, ceux qui étaient restés fidèles à la République à un moment de son histoire où elle était plus menacée que jamais : cependant, outre ses initiales, le personnage qu’il incarnait me conduit à lui souhaiter de reposer en paix !

    Jean-François Gavoury

    1
    Vendredi 27 Septembre à 14:33

    Juste analyse des faits à laquelle on pourrait ajouter son programme en 1995 de réduction de la fracture sociale. Inconscience ou escroquerie délibérée quand est pour le maintien d'un système social à bout de souffle, se réjouissant lors de l'effondrement de l'Union soviétique que ce sont "nos valeurs" qui l'emportent ! Eh oui, la Russie de Poutine c'est la liberté pleine et entière pour les oligarques ! Quant aux avances sociales pour le peuple elles se sont effondrées elles aussi !

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