• « Je me souviens» C’est son blog sur Médiapart *** Aujourd’hui… Lény soit qui Malypense : Lény Escudero et l’année 1962…

    « Je me souviens» C’est son blog sur Médiapart *** Aujourd’hui… Lény soit qui Malypense : Lény Escudéro et l’année 1962…

    http://blogs.mediapart.fr/edition/je-me-souviens

    Un pêle-mêle de souvenirs à plusieurs voix. Non pas des tartines de nostalgie à s'en coller les doigts (d'ailleurs ce n'était pas forcément "mieux avant"), mais des clins d'œil, des pensées, l'écho de moments passés, des bouquins lus, des musiques écoutées, des hommages à rendre, des films presque oubliés, des souvenirs de lieux disparus ou des images à partager juste pour ne pas laisser la poussière s'accumuler. Et si possible en polyphonie parce que la plus sûre façon de partager, c'est de jouer la diversité. Si cela ne s'était pas appelé "Je me Souviens", ça aurait aussi pu s'intituler "Grenier commun". Et bien sûr, toutes les générations sont bienvenues, c'est même le but du jeu... On dit souvent que regarder parfois dans le rétro permet d'aller bien plus sûrement de l'avant !

    Par Jonasz

    Pas nostalgique pour deux lires ce je m'souviens. En pleursClin d'œil

    Lorsque "pour une amourette" a fait vibrer les postes du côté de mes dix ans, j'étais fasciné par la chanson et, surtout, la coupe de cheveux de Leny. Je voulais la même, au grand désespoir de ma mère qui dut se faire une raison avec l'arrivée des Beatles quelques temps après.

    Ca me remue plein de choses tout ça.

    Et c'est la fin de la guerre d'Algérie. Mes deux beaux-frères rentrent et retrouvent mes soeurs... Non, non, pas des amourettes. Ça dure encore !

    « Je me souviens» C’est son blog sur Médiapart *** Aujourd’hui… Lény soit qui Malypense : Lény Escudéro et l’année 1962…

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    Par eugénio populin en réponse au commentaire de Mireille Poulain-Giorgi  

    J'ai parfaitement en mémoire les  inscriptions "OAS" sur le chemin de l'école ... sans savoir bien-sur le moins du monde à l'époque ce que cela signifiait.

    Par oublierpalerme en réponse au commentaire de eugénio populin  

    Je me souviens, on rentrait du lycée avec ma copine Babeth, nos pères avaient été menacés par l'OAS, on essayait de se rassurer mais on avait très peur. 

    Par Mireille Poulain-Giorgi en réponse au commentaire de eugénio populin 

    Ce JE ME SOUVIENS est une mine d'or.

    Peut-être n'allez-vous pas me croire, mais l'un de mes deux beaux-frères - plusieurs années après être revenu d'Algérie - a écrit SA guerre. J'en avais un exemplaire chez moi... que j'avais perdu. Je viens de le retrouver à l'instant alors que je cherchais tout autre chose.

    Voici un extrait d'une des dernières pages:

    "Il est 13 heures quand le bateau quitte le quai. Je regarde ALGER disparaître peu à peu. Cette fois, c'est vrai, je rentre chez moi.

    Je redescends, et m'allonge sur mon lit. Que font-ils en ce moment à HASSI BAHBAH ? J'espère n'avoir oublié personne lors de mes adieux. (...) Quelques images traversent mon esprit: l'élevage de dromadaires près des dunes, les lacs salés, à sec en été, le moment où le sel était ramassé, le pauvre diable qui essayait de labourer un morceau de terre avec une espèce de charrue tirée par un dromadaire... 

     Il est 9 heures le lendemain quand je me réveille. J'ai dormi plus de 16 heures... MARSEILLE est en vue, tout le monde est sur le pont. Après quelques heures d'attente, je pose enfin le pied sur le sol français. Du personnel de la Croix Rouge nous distribue des petits sacs platique, avec à l'intérieur, un morceau de pain, et quelques boîtes de conserve. Je salue une dernière fois les copains qui nous quittent, et avec cinq gars qui montent sur LYON, je m'installe dans le train spécial qui stationne près du quai. Après une longue attente, le train prend enfin le départ. On casse une petite croûte. Le paysage défile, c'est presque une découverte. Puis, la nuit tombe.  

    20 heures. Nous arrivons à LYON. Il nous faut descendre, car ce train monte sur PARIS. La correspondance est à 22 h. 30. Nous ne sommes plus que trois. On dépose les valises à la consigne. J'envoie un télégramme à mes parents. Je les attends à 8 h.30 à METZ. on décide de prendre un café. Heureusement que j'ai de l'argent français car le cafetier ne veut pas de notre argent algérien. C'est ma première déconvenue. 

    22 h.30. Me revoilà dans le train, bercé par le roulis. J'ai encore une pensée pour ceux qui sont restés là-bas, pour ceux qui sont morts... Je finis par m'endormir. Premier réveil, le train est arrêté, mes deux ultimes compagnons descendent là. Ils sont presque chez eux. Encore un petit signe de la main, le train repart. Je suis seul dans le compartiment. Je me rendors. 

    Deuxième réveil. Des gens entrent dans le compartiment. Je me sens sale, j'en profite pour aller me passer un peu d'eau sur la figure. Je reste dans le couloir. Le jour s'est levé petit à petit. Je commence à reconnaître le paysage. 

    Le train ralentit, il entre en gare de METZ. Il s'arrête. Je me demande si je ne rêve pas. 

    - METZ. METZ. terminus. Tout le monde descend débite un haut-parleur. Je descends du train, je scrute le quai... Personne. Je suis un peu inquiet. Lentement, je me dirige vers la sortie. Je présente mon ticket au contrôleur, il me le rend en me disant qu'il est valable jusqu'à LONGWY. J'aperçois ma mère, un monsieur l'accompagne. Un voisin, sans doute.

    Tout  au long du voyage de METZ à VILLERUPT, je suis presque resté silencieux. J'étais comme dans un rêve.  

    Je suis chez moi. J'ai la gorge serrée. C'est la rue Pasteur. Je glisse la main dans la poche de mon pantalon. Le petit galet ramassé dans la cour de la caserne GrandMaison roule entre mes doigts. Je suis chez moi!!! 

    (...)

    Le 15 novembre, j'ai repris mon travail. Personne ne m'a questionné sur ce que j'avais enduré. On ne parlait que d'indépendance. Alors, j'ai tout gardé pour moi.  

    Pendant longtemps, l'ALGERIE est restée en moi, encore maintenant, très souvent, elle est présente dans mes rêves, et même dans ma vie de tous les jours. J'ai conservé quelques réflexes : l'observation et la méfiance. 

    (...)

    Jamais on ne demande l'avis d'un simple soldat et jamais on ne parle des atrocités commises. N'avons-nous pas trouvé trois personnes près de ROCHER DE SEL, égorgées, le sexe dans la bouche : le FLN, d'où l'interdiction formelle de prendre des photos ? 

    (...) 

    Plus de 30000 jeunes y ont laissé leur vie. De milliers de blessés, et combien de malades, oubliés, qui errent dans les hôpitaux ? Combien du côté algérien ?  

     (...)

    G.A. Mars 1993

    Je me souviens aussi de Lény Escudero "Demain" :

     

     

     

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