• Je vois, Bouteflika, et je te demande de voir !!! Un article de Meriam Sadat journaliste à El Watan quotidien algérien

     

    Je te vois, Bouteflika, et je te demande de voir !!!

      Journaliste, à Journaliste à El Watan

      Habite à Saint-Denis, Ile-De-France, France

      De Tizi Ouzou 

     

     

    Je vois, Bouteflika et je te demande

     de voir !!!

    J’ai vu tes mains qui tremblaient. J’ai perçu ta respiration saccadée, difficile. Tes yeux éteints et ton regard vitreux. Ta mine hagarde. Je t’ai vu dans ton… pyjama, sur une chaise roulante, amoindri, humilié et délaissé par tous. Je ne me réjouis pas de ton état : c’est inhumain. Mais je n’ai aucune compassion pour toi.

    En regardant tes images, d’autres images s’y sont superposées. Plus douloureuses, celles-là. Atroces. Il y a d’abord l’image de ces jeunes qui chantaient toute la misère, toute la hogra et toute l’humiliation qu’ils ont subies sous ton règne, alors que la mer, déchaînée, ballottait leur embarcation de fortune, ultime moyen vers une vie meilleure. Une vie qu’ils n’auront jamais, puisque les vagues tumultueuses se sont faites tes complices et ont achevé ta sinistre œuvre en leur ôtant leurs maigres espoirs, leurs rêves et… la vie.

    Je te regarde, vieux, décrépi, et les cris et les pleurs de ces mères qui ne reverront jamais leurs enfants engloutis par les océans me vrillent les tympans. Je te regarde, et je pense à ces 129 innocents massacrés sous tes ordres parce qu’ils ont osé te défier en demandant de la justice, de la liberté et de la dignité.

    Tu es là, déchu, isolé, décrié par tout un peuple que tu as excellemment méprisé. Ta face hideuse s’estompe pour laisser place à des jeunes, des chômeurs, des pères de familles, des désespérés s’aspergeant d’essence et s’immolant dans un dernier appel à la vie. Une vie qu’ils auraient dû avoir belle, prospère, riche dans une Algérie encore plus riche. Mais tu en as décidé autrement. Fervent admirateur de Franco, Pinochet et Bokassa, tu étais méprisant, hautain, sourd à tout ce qui n’était pas ton intérêt, et ta soif du pouvoir t’a rendu plus aveugle, imperméable à la souffrance et aux malheurs de ce peuple que tu as traité de médiocre. «Si je n’ai pas un soutien franc et massif du peuple algérien, je considère qu’il doit être heureux dans sa médiocrité, et après tout, je ne suis pas chargé de faire son bonheur bien malgré lui».

    Le soutien du peuple, tu ne l’as jamais eu, mais tu as eu El Mouradia grâce au trucage des élections, grâce aux magouilles, grâce aux manœuvres machiavéliques de ta meute et grâce à la violence et à la manipulation que tu as toujours opposées au peuple. Et ce peuple, tu l’as plongé dans la médiocrité en le méprisant, en l’humiliant, en volant et en violant sa terre. Ce peuple s’est soulevé aujourd’hui pour que toi, tu tombes dans la médiocrité… au crépuscule de ta vie. Je te vois donc médiocre, mais je n’oublie pas que tu es un criminel. Je n’oublie pas que tes mains et ta conscience sont entachées de sang... si tant est que tu aies déjà une conscience !!!

    Je te vois, chef de meute blessé et délaissé par ceux-là même qui ne juraient, vilement, que par toi, et je pense à Mohamed Gharbi, ce grand moudjahid condamné à mort pour s’être défendu contre un terroriste qui le menaçait de mort. Un terroriste amnistié par ta bénédiction, comme tu as amnistié, que dis-je, glorifié ceux qui ont massacré 200 000 innocents. Tu as fait des terroristes des personnalités nationales, et tu as réprimé, insulté et diabolisé les familles des victimes.

    Je te vois, et je vois des médecins tabassés, des enseignants et des étudiants lynchés, des anciens gardes communaux et des retraités de l’armée brutalisés. Je te vois, et je vois ces familles entières vivant dans la précarité la plus absolue, ces femmes, ces hommes et ces enfants cherchant un quignon de pain dans les poubelles au pays des 200 milliards de dollars de PIB, alors que toi et tes acolytes n’avez jamais cessé de brader, de piller et de vous gonfler les comptes en banque en Suisse, en France, aux Etats-Unis, aux Maldives, aux Seychelles,…

    Je te vois sur le point de rendre l’âme. Une âme noire. Et je vois ces jeunes à la fleur de l’âge, sauf que la fleur n’a été pour eux qu’une épine lézardant chaque jour une vie de détresse et de souffrance. Des jeunes dont tu as fait des accros à la drogue, à la violence, à la déchéance, les poussant à sombrer dans les profondeurs abyssales du désespoir. Je te vois, et je vois tout le mal que tu m’as fait, tout le mal que tu as fait aux miens et à ma PATRIE. «Je suis l’Algérie. Je suis l’incarnation de l’Algérie toute entière et aucun général, aussi puissant soit-il, ne peut faire de moi une bouchée».

    Je te vois et je vois que finalement, tu n’es rien. Je te vois, Bouteflika, et je te demande de voir. Ouvre grands les yeux. Plus grands encore. Tu vois ? le peuple tant méprisé, tant humilié, tant lésé, t’a finalement donné un coup de pied et t’a poussé vers la poubelle de l’Histoire. Et les généraux n’ont fait de toi qu’une bouchée.
    Incarnation de l’Algérie ??!! Vois, donc : tu n’es que l’incarnation du mal et de la lâcheté.

    Je ne te pardonnerai jamais, mais je continuerai quand même à prier pour toi : que Dieu te maudisse !!

    Meriam SADAT 

     

    « Après 74 ans, un des enfants du Havre évacué vers l’Algérie en 1941 va retrouver sa famille d’accueilUn amour qui se construit et se lit entre les lignes »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Avril à 18:23

    Questions : que faut-il faite à présent en Algérie ? Remplacer le système et sa logique par quoi ? 

    Au fond ce sont les mêmes interrogations que nous avons en France !

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