• Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

     

     

     

    L'émouvant dernier hommage

    à Jean-Claude Carrière, inhumé

     à Colombières-sur-Orb dans l'Hérault

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    L'église de Colombières-sur-Orb, village natal de Jean-Claude Carrière.

    Jean-Claude Carrière a été inhumé ce vendredi 19 février à Colombières-sur-Orb, son village natal de l'Hérault. Dans la plus stricte intimité, sa famille et quelques personnalités lui ont rendu un dernier hommage.

    Jean-Claude Carrière, l'immense scénariste et écrivain héraultais, mondialement connu, s'est éteint lundi 8 février, à 89 ans, à son domicile parisien. Il a été inhumé ce vendredi 19 février dans son village natal Colombières-sur-Orb.

    Une église pleine de mimosas

    Une cérémonie civile s'est déroulée en début d'après-midi dans l'église du village entièrement décorée de mimosas. Parmi les personnes présentes, une quarantaine au total, la veuve de Jean-Claude Carrière, Nahal Tajadod, et les deux filles de l'écrivain, Iris et Kiara. Cette dernière a retracé avec une grande émotion l'histoire de son père.

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    La cérémonie civile a eu lieu dans la petite église remplie de mimosas. RICHARD DE HULLESSEN

    Une stricte intimité

    Dans une stricte intimité, quelques personnalités étaient également présentes. L'actrice Carole Bouquet a pris la parole, très touchée de rappeler les souvenirs de Jean-Claude Carrière et Luis Buñuel. Puis Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008, et le comédien Louis Garrel ont lu un poème de Rûmî.

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    L'actrice Carole Bouquet parmi les personnalités présentes. RICHARD DE HULLESSEN

    À leurs côtés, Anne-Laure de Villepin et le maire de Béziers, Robert Ménard étaient aussi là pour l'hommage. Et puis Jean Varela, le directeur du Printemps des comédiens de Montpellier.

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    Beaucoup d'émotion pour un dernier au revoir. RICHARD DE HULLESSEN

    Après ce moment simple et recueilli, Jean-Claude Carrière a été inhumé dans le petit cimetière juste à côté de l'église.

    SOURCE : https://www.midilibre.fr/2021/02/19/dernier-hommage-a-jean-claude-carriere-inhume-a-colombieres-sur-orb-dans-lherault-9382885.php#xtor=CS5-1000-[people]-[gratuit]-[dernier-hommage-a-jean-claude-carriere-inhume-a-colombieres-sur-orb-dans-lherault::9382885]-[20210219] 

     
     

    Jean-Claude Carrière, écrivain

    et scénariste, est mort à 89 ans

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    Jean-Claude Carrière a signé une soixantaine de scénarios ainsi qu'environ 80 ouvrages. [PATRICK KOVARIK / AFP]

    L'écrivain, metteur en scène et scénariste Jean-Claude Carrière, qui a travaillé notamment aux côtés de Luis Bunuel, Jacques Deray ou Milos Forman, est décédé lundi soir à l'âge de 89 ans, a annoncé sa fille, Kiara Carrière, à l'AFP.

    L'écrivain, ne souffrant d'aucune maladie particulière, est mort «dans son sommeil» à son domicile parisien, a précisé cette dernière, ajoutant qu'«un hommage» lui sera rendu prochainement à Paris et il devrait être inhumé dans son village natal, à Colombières-sur-Orb dans l'Hérault.

    Se définissant comme un «conteur», Jean-Claude Carrière a signé une soixantaine de scénarios ainsi qu'environ 80 ouvrages (récits, essais, comme ses Dictionnaires amoureux de l'Inde et du Mexique, traductions, fictions, scénarios, entretiens). Il a été aussi acteur, dramaturge et parolier pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot ou Jeanne Moreau.

    Une carrière riche en rencontres et en amitié

    Jean-Claude Carrière a placé sa vie sous le signe des «rencontres, des amitiés et des maîtres de vie», comme le Dalaï Lama avec lequel il a écrit un livre ou le cinéaste espagnol Luis Bunuel, avec lequel il collabora dix-neuf ans, jusqu'à sa mort. Bibliophile, passionné par le dessin, l'astrophysique, et le vin, amateur de Tai-Chi-Chuan (art martial), Jean-Claude Carrière a présidé pendant dix ans la Fémis, l'École nationale supérieure des métiers de l'image et du son.

    Toujours très actif malgré l'âge, il avait écrit en 2018 un dernier essai, «La vallée du néant», et cosigné en 2020 le scénario du film «Le sel des larmes» de Philippe Garrel.

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    Le 10 novembre 2014 je mettais en ligne sur mon blog un article concernant Jean-Claude Carrière en rapport avec sa guerre d’Algérie et j’ajoutais deux articles de Jacques Cros.

    Michel Dandelot

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    Interviewé par www.rfi.fr

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    Vous parlez assez peu de votre expérience pendant la guerre d’Algérie où vous avez passé plus de deux ans.  

    J’ai eu deux expériences. Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le Midi de la France, il y avait des maquisards. Au mois d’août 1944, dans mon village, il y a eu une bataille avec des morts, une bataille à laquelle j’ai assisté. Des maquisards ont tendu une large embuscade à une colonne d’Allemands. Et puis la guerre d’Algérie, beaucoup plus tard. 

    Vous avez fait partie de toute cette génération enrôlée.  

    Oui, j’ai passé 29 mois au service militaire ! Dont une grande partie en Algérie. Sur le moment on a l’impression d’un temps faussement perdu. Qu’est-ce qu’on fait là ? On n’est pas chez nous. Tous ces sentiments ordinaires. Et plus tard je me suis dit : essayons d’en tirer parti. Et j’en ai fait un livre qui s’appelle La paix des braves. Puis j’ai rencontré grâce à Mohammed Lakhdar-Hamina, le commandant Azzedine qui était le chef, et quatre qui étaient les « ennemis », nos adversaires. Nous sommes devenus très amis et nous avons décidé de faire le film de télévision sur la guerre. Le seul film jamais fait sur une guerre, partagé entre les deux pays : deux scénaristes, deux metteurs en scène et deux visions, qui s’appelait C’était la guerre. Diffusé à la télé en deux épisodes, il a eu beaucoup de succès et reçu le Grand prix du FIPA. Mais ce qui est très intéressant, c’est qu’il a totalement disparu ! Des deux côtés ! Il n’est jamais passé à la télé algérienne. Et ici, il n’est plus jamais mentionné dans les listes de films sur la guerre d’Algérie ! Alors qu’il est le seul ! 

    Parce qu’on n’a plus envie de voir le regard de l’autre ?  

    C’est ce qu’on disait dans le film : on n’a pas envie de voir. C’est comme une censure, par omission, [qui] peut s’exercer sur un film relativement récent. C’est un film de 1981-82. Vous voyez ? Et le film ne figure plus sur les listes. Il est rayé de l’histoire du cinéma ! Ce qui est quand même très, très étonnant. On pourrait le refaire aujourd’hui ! 

    Jacques CROS écrit sur son Site : 

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    http://cessenon.centerblog.net/6569651-c-etait-la-guerre 

    Je viens de terminer la première partie d’un livre écrit par Jean-Claude Carrière et le commandant Azzedine. Le titre en est « C’était la guerre ». En fait c’est la réunion en un seul volume de deux ouvrages indépendants « La paix des braves » et « On nous appelait fellaghas ». 

    J’ai juste abordé la deuxième partie mais j’ai tout de suite compris que le vécu n’était absolument pas le même des deux côtés de la barrière. 

    Ce qu’écrit Jean-Claude Carrière ressemble beaucoup à ce que j’ai personnellement connu. Il faut dire qu’il a été libéré en mars 1961 et moi en avril 1962. Nous étions donc à peu près dans la même phase de la guerre d’Algérie. 

    Quelque chose qui confinait à l’absurde et que décrit l’auteur avec talent. Il a choisi je dirai le registre picaresque pour dresser le portrait de quelques appelés, de quelques militaires de carrière ou pour raconter des événements particulièrement cocasses comme l’histoire de la vache tuée par amusement par trois soldats de retour d’opération et que le régiment, responsable de l’acte gratuit, doit remplacer. 

    Dans cette période décrite par Carrière même les militaires de carrière s’interrogent sur l’absurdité de cette guerre : c’est le cas du capitaine Dalément qui déclare « chaque jour je me pose la question : qu’est-ce qu’on fout ici ? » 

    C’est le temps du plastic dans les villes algériennes et l’adversaire de l’armée française n’est plus tout à fait le même ! 

    La « vie » pour les appelés continue cependant avec son cortège d’ennui, de distractions au rabais, de misère affective, d’opérations qui ne donnent aucun résultat… On ne dira jamais assez les conséquences d’une telle situation sur le devenir de jeunes qui avaient alors entre vingt et vingt deux ans et chez certains desquels la bière a souvent produit des effets très négatifs comme chez ce prof d’EPS qui a déjà pris du bide ! 

    Curieusement lorsque Carrière revient en Algérie en 1980 en  raison de ses activités professionnelles il ne trouve pas trace de haine à l’égard des Français après cette guerre pourtant atroce pour le peuple algérien. 

    On nous appelait « fellaghas » 

    Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, est mort à 89 ans

    Le commandant Azzedine au temps de la guerre d’indépendance  

    (Il vient d’être fait prisonnier pour la deuxième fois) 

    http://cessenon.centerblog.net/6569699-on-nous-appelait-fellaghas 

    C’est le titre d’un livre rédigé par le commandant Azzedine que l’on a réuni à celui de Jean-Claude Carrière « La paix des braves », le tout formant un seul volume titré « C’était la guerre » et sous-titré Algérie 1954 / 1962. 

    Azzedine est en fait le nom de guerre de Rabah Zerrari, un Algérien né à Bougie en 1934 qui s’engage dans l’ALN, la branche armée du FLN, en 1955. Il y deviendra officier et tout au long des pages il raconte la vie au maquis. 

    Orphelin à trois ans, Rabah Zerrari a vécu la violence de la répression après les événements de Sétif et Guelma en 1945. Quand il rejoint le maquis il est alors soudeur à l’autogène chez Caterpillar à Alger après avoir exercé divers petits métiers. 

    Azzedine ne tarde pas à gagner galons et responsabilités au sein de la willaya IV. Il décrit le quotidien des djounoud (soldats) à l’armement souvent insuffisant, il fait état des pertes importantes qu’ils subissent face à l’armée française mais des succès qu’ils enregistrent aussi (Bouzegza notamment). Leur lien avec la population rurale est très étroit et celle-ci offre le peu qu’elle a pour restaurer, soigner, permettre le repos après les longues marches et les accrochages meurtriers. 

    La logistique nécessaire à la survie des katibas (les compagnies) est décrite avec précision. Caches, infirmeries de campagne, moyens de propagande, formation des recrues, problèmes relationnels, sans oublier le rôle des femmes… sont l’objet de développements. 

    Le commandant Azzedine sera fait prisonnier deux fois. La première fois il réussit à s’évader avec d’autres détenus de la prison où il a été incarcéré, la seconde il fera semblant de se rallier, feignant d’être sensible à la proposition de « Paix des braves » qu’a faite De Gaulle. 

    On le retrouve un temps en Tunisie où il vient demander des moyens matériels et humains à l’armée des frontières pour l’armée de l’intérieur. On assiste aux purges qui accompagnent la suspicion que la France a su créer et entretenir entre les combattants. 

    Le commandant Azzedine fera partie de la délégation qui se rend en Chine où elle est chaleureusement accueillie par Mao Tsé Toung, Chou en Laï et le peuple chinois. 

    Début 1962 il recréé la ZAA (Zone Autonome d’Alger) pour faire échec à l’OAS. Ses propos à l’égard des responsables politiques qui s’installent en Algérie après le cessez-le-feu du 19 mars de la même année ne manquent pas d’amertume. 

    C’est déjà un autre temps que celui des maquis ! 


     

     

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  • Commentaires

    2
    baya chel
    Vendredi 19 Février à 19:52
    Paix à son âme, dommage que ce film n ' a pas été vu même à Alger. on espère que le cineclub de la télé nous le programme. Je ferais la demande. merci du partage, une belle vie d engagement.
    1
    Mardi 9 Février à 10:14
    Oui bien sûr la contribution de Jean-Claude Carrière au live "C'était la guerre" m'avait profondément intéressé. Mais la lecture de "Le vin bourru" dans lequel il raconte son enfance à Colombières-sur-Orb également. Il faut dire que ce village adossé au Caroux présente des similitudes avec Cessenon-sur-Orb situé dans le Biterrois. Au plan des scénarios je citerai "La controverse de Valladolid" qui m'avait marqué.
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