• Jean-François Gavoury et le rapport Stora

      

    Jean-François Gavoury

    Jean-François Gavoury et le rapport  Stora

     et le rapport  Stora

    OBJET : Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie - Rapport de M. Benjamin Stora au Président de la République (20 janvier 2021).

    Chaville, 21 janvier 2021.

    Le rapport si attendu de Benjamin Stora a été très officiellement remis hier au Président de la République et aussitôt publié sur le site Internet de l’Élysée.

    Vous en trouverez la teneur via le lien ci-après :

    https://www.elysee.fr/.../0586b6b0ef1c2fc2540589c6d56a1ae... 

    Le discours est en phase avec celui, immuable, des services tant du ministère en charge des anciens combattants que de l’un de ses établissements publics, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre :

    - on parle des soldats Morts pour la France en oubliant non seulement certaines victimes civiles mais aussi (sinon surtout) l’ensemble des membres des forces de l’ordre ;

    - on ne dit pas de quelles organisations certains "civils" ont été les victimes, car citer celles de l’OAS reviendrait à les placer au même rang que les victimes du FLN et les rendre par conséquent éligibles à la qualité de Mort pour la France alors que le Conseil d’État ne reconnait admissibles à ce statut que celles d’une seule partie belligérante, le FLN.

    Je retiens d’une lecture cursive des 157 pages du rapport de M. Benjamin Stora les éléments ci-après :

    1°) Le mot "victimes" est mentionné huit fois.

    2°) À plusieurs reprises, dans ce rapport, il est question de la commémoration du 17 octobre 1961, en particulier par le maire de Paris en 2001 et 2012, mais celles du 8 février 1962 à Charonne sont occultées.

    3°) À nul endroit, il n'est fait état de l'initiative de Bertrand Delanoë concrétisée le 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise (première stèle d’une institution française érigée en hommage et à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France).

    4°) Le président de la Maison des agriculteurs et des Français d'Afrique du Nord (MAFA), ami des nostalgiques de l’Algérie française et des anciens activistes de l’OAS, a pu échanger avec - et recevoir les remerciements de - Benjamin Stora ... à propos de qui Jean-Félix Vallat déclarait en novembre 2020, dans le bulletin d'information de son association : « Si ce chargé de mission est naturellement libre des conclusions qu'il formulera, dont on peut imaginer qu'elle reflètera son tropisme anticolonial, il ne saurait dénaturer sa démarche en ignorant la mémoire douloureuse des vaincus politiques de la guerre d'Algérie ».

    5°) Une note de bas de page (n° 25 en pages 32 et 33) comporte une allusion aux victimes de l’OAS ainsi libellée :

    "Ce « monde du contact » a été brisé par les exactions commises, notamment à la fin de la guerre d’Algérie, par certains commandos extrémistes de l’OAS, comme l’assassinat le 15 mars 1962, de l’enseignant Mouloud Feraoun et ses compagnons des centres sociaux fondés par Germaine Tillion. Voir sur ce point d’histoire, L’assassinat de Château-Royal, par Jean-Philippe Ould Aoudia, Paris, Ed. Tirésias, 1992. Et aussi, les initiatives de Jean-François Gavoury, son article dans L’Express, « Le dernier combat de l’OAS », le 7 novembre 2005 à propos d’une stèle érigée à Marignane en faveur de l’OAS."

    Le combat pour la célébration de la mémoire de nos victimes est plus que jamais d’actualité à la veille du soixantième anniversaire de la création de ce groupe armé insurrectionnel.

    Bien cordialement,

    Jean-François Gavoury

    Président de l’Association nationale pour la protection

    de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

     

    Jean-François Gavoury et le rapport  Stora

    anpromevo.com 

    ANPROMEVO – Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

    Le huitième anniversaire de la première stèle dédiée par une institution publique à l’ensemble des victimes de l’OAS en Algérie et en France a donné lieu à des cérémonies tant à Paris (cimetière du Père-Lachaise) qu’à Alençon (place de la Résistance).

    Commentaires

    Michel Dandelot 

    Merci cher Jean-François Gavoury. 

    Je vais relayer votre article sur mon blog car je connais très bien votre histoire, vos combats et vos victoires judiciaires contre les extrémistes, nostalgiques de l'Algérie française, je me souviens de ce 6 octobre 2011, j'étais présent, le jour de l'inauguration de la stèle en hommage des victimes de l'OAS... Il y a en effet des occultations dans le rapport de Benjamin Stora, c'est très dommage, mais de toute façon que va en retenir le président Macron, ce sera à l'approche de l'élection présidentielle de 2022 en guise de propagande pré-électorale comme en 2017 lorsqu'il avait déclaré "La colonisation est un crime contre l'humanité" mais depuis il n'en n'a plus fait allusion.

     

    Benjamin Stora a occulté la commémoration du 8 février 1962

    de Charonne

    Jean-François Gavoury et le rapport  Stora

    - pour information,  le texte d’une intervention remarquée lors de la cérémonie d’hier en fin de matinée au Métro Charonne, en présence d’un nombre particulièrement élevé de participants, 

    - de la part et avec les salutations les meilleures de Jean-François Gavoury (ANPROMEVO). 

     

    Paris, le 8 février 2016 

     

     Commémoration Charonne - Discours Émilie Lecroq[1]  

     

     

    Chers amis, Chers camarades, 

    « Ils n'étaient pas nés pour cela et pourtant ils ébranlèrent le monde ». 

    Jean-Pierre ; Fanny ; Daniel ; Anne-Claude ; Édouard ; Suzanne ; Hippolyte ; Maurice ; Raymond. 

    Leur histoire, c'est celle de femmes et d'hommes qui ont répondu par un mouvement pacifique à la violence et à la haine propagées par l'OAS. 

    Nous nous réunissons aujourd'hui pour commémorer une manifestation non violente, ensanglantée par une répression d’État qui a fait 9 morts.  

    Nous nous réunissons pour commémorer leur combat et le faire désormais nôtre. 

    En 1962, ces hommes et ces femmes se battaient pour permettre l’autodétermination d'un peuple, le peuple algérien.  

    Une liberté que l’État colonial leur refusait avec le soutien d'une extrême droite violente.  

    Se souvenir de l'histoire, de cette période, est d'autant plus important, que cela permet de garder en mémoire, le vrai visage de cette extrême droite qui voudrait aujourd'hui nous le faire oublier. 

    La mort tragique des neuf de Charonne aura au moins permis une prise de conscience en France. Cette guerre, qui ne disait pas son nom, devait prendre fin.  

    Leur mort n'aura pas été inutile, si nous savons nous souvenir d'eux. 

    Bien sûr, l'histoire ne repasse jamais les mêmes plats, mais elle nous montre cependant que les démons d'hier peuvent ressurgir aujourd'hui. 

    En effet, cette commémoration se déroule dans un climat lourd et pesant.  

    Ces derniers mois, nos rues ont résonné de cris qu’on croyait, qu’on voulait éteints pour toujours.  

    L'année 2015 restera marquée dans nos cœurs comme celle d'un véritable désastre.  

    Par deux fois, l'horreur s'est produite sur notre territoire.  

    Par deux fois, des fanatiques, au nom d'une idéologie fascisante, ont frappé.  

    D'abord Charlie et l'Hyper Cacher en janvier 2015, puis le 13 novembre où ils ont frappé aveuglément.  

    Dans de telles circonstances, comment ne pas se rappeler de l'attentat commis par l'OAS sur le train Strasbourg-Paris qui causa la mort de 28 personnes et en blessa 170 autres ? 

    Comment oublier les nombreux attentats de février et mars 1962 qui ont ravagé Alger et les algérois ?  

    Aujourd'hui comme hier, combien de morts, de familles endeuillées par des actes d'une extrême violence, qui alimentent une guerre d'identités supposées. 

    Aujourd'hui comme hier, disons le haut et fort : Qu’elles soient de Paris, Bamako, Tunis ou Alger, les victimes de la barbarie ne se différencient pas.  

    Ni par la couleur de leur peau, ni par leur religion ou absence de religion, ni par leur nationalité.  

    Les drames qui se sont et continuent de se succéder démontrent combien les amalgames et les manipulations, sur fond de racisme, ne protègent personne du terrorisme mais fragilisent la capacité d'y faire face. 

    Aujourd'hui comme hier, pour se souvenir mais surtout pour construire, continuons de dénoncer le colonialisme, les discriminations de toutes sortes, continuons d’œuvrer avec force pour la paix, l'égalité et la liberté. 

    Rendre hommage à nos camarades, c'est exiger l'abandon de « la guerre contre le terrorisme », au profit de coopérations nouvelles entre les peuples pour un règlement politique des conflits, c'est lutter contre toutes les discriminations, les divisions qui minent notre société. 

    Car aujourd'hui comme hier, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, le pouvoir en place tente de nouveau d'imposer les mêmes réponses : diviser et apeurer pour mieux régner. 

    Hier, c'était le couvre-feu pour les Français musulmans d'Algérie. 

    Aujourd'hui, le gouvernement décide de s’attaquer au droit du sol et à la nationalité remettant en cause les fondements mêmes de notre République.  

    54 ans après, ces choix politiques participent à accentuer les divisions, les inégalités, à faire grandir le sentiment d'humiliation et renforcent les idées d'extrême-droite. 

    Rendre hommage à nos camarades, c'est faire vivre, aujourd'hui, l'histoire et les valeurs de ces militantes et militants syndicaux de la CGT, communistes, qui ont multiplié les luttes sociales pour que la liberté, l'égalité et la fraternité, trouvent les voies de leur réalisation concrète sans distinction sociale, de genre, d'origine ou encore de confessions.  

    54 ans après, le gouvernement choisit à nouveau d'instaurer l’état d'urgence. 

    54 ans après, l'objectif est le même : éliminer de la réalité et des consciences la République sociale au profit d'un État de « l'ordre », voire d'un « État autoritaire » sans résultat dans la lutte contre le terrorisme.  

    L'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution, qui a commencé à être discuté à l'Assemblée nationale, est un symbole fort de la société dans laquelle on veut nous enfermer.  

    Au nom du droit légitime à vivre en sécurité, c'est la surveillance généralisée, la suspicion, la restriction des libertés et, singulièrement, en direction de tous ceux qui n'acceptent pas l'ordre établi dans lequel on voudrait nous faire vivre. 

    C’est au nom de ce principe sécuritaire que neuf de nos camarades ont été assassinés à Charonne, sur ordre du préfet Papon, et que ces assassinats ont été couverts. 

    C'est parce que nos camarades portaient avec détermination ces valeurs de liberté, d'égalité, de solidarité et de fraternité que, le 8 février 1962, ils ont été victimes d'un crime d’État.  

    Un nouveau crime après celui d'octobre 1961.  

    Un crime qui fait tant honte à la France que ses dirigeants nous ont refusé, pendant vingt ans, le droit de faire vivre, dans le présent, leur histoire. 

    Et même si parfois la situation actuelle paraît compliquée, même si des doutes existent sur la possibilité de changer la donne, n'oublions pas le courage de ceux qui sont morts à Charonne. 

    La situation actuelle, c'est un peu comme un feu de bois : quand les braises paraissent s'éteindre, soit on laisse faire, soit on souffle dessus jusqu'à ce que la flamme se rallume et de nouveau nous éclaire et nous réchauffe. 

    Je vous propose que nous soufflions ensemble sur les braises, mêmes si elles semblent parfois très faibles, même si elles semblent parfois presque froides. 

    Soufflons avec le plus grand nombre jusqu'à ré-ouvrir de l'espoir, du tous ensemble, de l'en-commun, de la conscience de classe 

    Soufflons pour faire vivre la mémoire et les valeurs de nos camarades morts à Charonne. 

    « Ils n'étaient pas nés pour cela et pourtant ils ébranlèrent le monde. »  

    Nous ne sommes peut-être pas nés pour cela, mais nous ébranlerons le monde. 

    [1]   Membre du Conseil national du Parti communiste. 

    "Charonne" après le "17 Octobre 1961", fut le dernier massacre d’État avant la signature des accords d'Évian, le 19 mars 1962, accords qui mettaient fin aux combats et traçaient, pour l'Algérie, le chemin de l'indépendance.
    Depuis l'insurrection du 1er Novembre 1954, violences, haines, tortures, assassinats, attentats... jalonnent 8 années de conflit.
    Ce film (dont nous n'avons ici que des extraits) est un hommage à toutes celles et ceux qui étaient à Charonne, les victimes, les blessés, dont certains garderont des séquelles lourdes et définitives, à tous les démocrates qui se sont levés pour défendre les libertés.
    Pour comprendre "Charonne", nous devions inscrire cette tragédie dans l'Histoire: l'histoire de la guerre d'Algérie, de la colonisation, plus largement l'histoire du colonialisme. 

    CHARONNE, N'OUBLIONS JAMAIS. 

     

     

    Benjamin Stora occulte l'initiative de Bertrand Delanoë concrétisée le 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise (première stèle d’une institution française érigée en hommage et à la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires de l’OAS en Algérie et en France).

     

    Rappelons-nous que le 6 octobre 2011 fut pour les Républicains, les anti colonialistes, les anti extrémistes, les anti racistes… une date d’espoir, une date de paix, une date historique…

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!!

     

     

     

    « Paris aujourd’hui relève la tête en disant que l’OAS était une organisation idéologiquement criminelle et, dans ses actes, barbare. » Bertrand Delanoë, maire de Paris, le 6 octobre 2011.

     

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011...

    La "Toussaint Rouge", il y a 63 ans !!! Mais une date historique : le 6 octobre 2011...

    Chaque 6 octobre au cimetière du Père-Lachaise est organisé l’anniversaire du dévoilement de la stèle de la Ville de Paris aux victimes de l’OAS le 6 octobre 2011, n’ayant aucunes informations concernant 2020, peut-être que le Covid fera annuler ce rassemblement, cette année encore, comme les 8 années précédentes je tiens à rappeler cette journée du 6 octobre car en 2011 j’étais présent invité par mon ami Jean-François Gavoury fils de Roger Gavoury qui fut le premier fonctionnaire tué par l'OAS, organisation séditieuse qui le choisit pour cible parce que ce serviteur de l’État, « tout entier dévoué à son pays, à son métier et à l’institution policière », incarnait la loyauté et « plaçait l’obéissance à la République au premier rang de ses devoirs " 

    Rappelons-nous c’était le 6 octobre 2011

     

     

     

     

    « Dense et riche, le rapport Stora peut permettre d'aller au-delà du conflit franco-algérienLE rapport qui va permettre la RÉCONCILIATION entre les peuples français et algérien Jean-Philippe OULD AOUDIA, Président de l’Association des Amis de Max Marchand et Mouloud FERAOUN »
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  • Commentaires

    4
    baya chel
    Vendredi 22 Janvier à 14:39
    Bravo à monsieur Gavoury pour son combat Votre père était un JUSTE. Paix à son âme.
    3
    baya chel
    Vendredi 22 Janvier à 14:36
    Ouii les appelés, doivent temoigner , il est temps.
    2
    Vendredi 22 Janvier à 10:46

    Grand merci à M. Michel Dandelot pour cet article très complet.
    Dans la matinée, devrait paraître un commentaire plus circonstancié encore sur le travail de Benjamin Stora.
    L'on y découvrira les bien singulières références de l'historien !

    1
    Vendredi 22 Janvier à 10:27
    Mon sentiment sur l'OAS est que cette organisation terroriste était en cohérence avec le passé colonial de la France, depuis le début de la conquête en 1830 jusqu'à l'occupation du pays et la guerre menée pour tenter de perpétuer le colonialisme. Cette histoire a son prolongement dans la guerre mémorielle à laquelle on assiste présentement. Le rapport de Benjamin Stora soulève certes des questions par ses omissions. Mais le risque est qu'il ne soit pas respecté par celui qui l'a commandé et par ailleurs je considère qu'il faut se saisir de l'opportunité qui se présente pou faire évoluer les consciences en apportant nos témoignages d'appelés du contingent Cette guerre des mémoires pose en fait le problème d'un autre ordre mondial que celui de la domination par les puissances qui ont la suprématie militaire.
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