• Jeunesse perdue...

     

    Jeunesse perdue...

    Oui c'est bien moi, j'avais à peine 20 ans, derrière moi la ligne de chemin de fer Oran-Colomb-Béchar.

    La presqu’île de Tiout à quelques kilomètres d’Aïn Sefra (Sud Oranais), c’est là que j’ai perdu 21 mois de ma jeunesse dans la sale guerre d’Algérie, j’étais dans l’artillerie et ma seule vraie chance c’est de n’avoir jamais eu à me servir de mon arme individuelle, c’est d’ailleurs de n’avoir jamais eu l’occasion d’apercevoir un seul indépendantiste algérien, c’est de n’avoir jamais connu ce qu'a été vraiment cette guerre immonde avec ses crimes de guerre, ses crimes d’Etat et son crime contre l’humanité… J’ai donc tout appris une fois rentré… Comme par hasard je viens de prendre connaissance d'un livre sur la région que j’ai connue... mais pas tout-à-fait à la même période... Je tiens à souligner que je suis toutefois en complet désaccord avec la conclusion de l'histoire qui va suivre...

    Michel Dandelot
     

     

    AÏN SEFRA... « la Perle du désert »


      

    Le Blog des anciens du 8e RIMA en Algerie de 1951 à 1961

     

      André HENRI  

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    " JEUNESSE

    PERDUE "

    (ALGERIE: 1959 à 1961)  

                 Un témoignage éloquent où la sincérité n'exclut pas un certain talent dans l'écriture, l'auteur a voulu raconter son parcours de jeune militaire (de 1959 à 1961) dans un régiment opérationnel en Algérie, le 8è Régiment d'Infanterie de Marine.

              Sans se 'prendre la tête', mêlant souvenirs de franche camaraderie, moments de durs crapahuts où la peur était bien souvent au rendez-vous, et moments de nostalgie du pays, page après page, il nous fait découvrir la triste réalité de ce qui se passait sur les terrains opérationnels, ce que les gouvernements de l'époque appelaient alors 'le maintien de l'ordre'et nous fait part de son sentiment sur cette guerre qui, à l'époque, n'osait pas avouer son nom mais qui fit cependant des milliers de victimes civiles et militaires dans les communautés engagées.

              Affecté à la 2è Compagnie du 1er Bataillon, nombre de ses anciens copains de crapahut pourront s'y remémorer cette vie du djebel, depuis le centre oranais (Frenda, Tiaret, Trézel, Berthelot, Aïn-Djadja, le col des Zarifète, la forêt d'Hafir, Saïda),  le massif de l'Ouarsenis (Ammi-Moussa, Inkerman, Relizane, Zemmora, Perrégaux), les monts des Ksour ( les djebels Tamedda, Tanout, Chemarickh, Koukra, Bou-Leghfad, El Ghelida, Tiamert, Djara, Mzi, le col de Témmasser, les centres militaires: Aïn Sefra, Tiout, Chellâla, Boussemghoun, Noukhila, Méchéria, Géryville),  la frontière marocaine (Marnia, Béni Abir, Béni-Ounif, Sebdou, Tlemcen), où le partage de la vie , entre opérations de ratissage, de bouclage et d'embuscade se succédant, n'était que respect et solide amitié.

              Ce livre, qui comporte de nombreuses notes rétrospectives sur l'Algérie, est destiné à ceux qui ont vécu ces difficiles moments, mais aussi à tous les Français sans limite d'âge, qui veulent savoir comment s'est déroulé cette période cruciale de la décolonisation de ce pays. (Robert HERAIL, correspondant à 'L'Indépendant'- Perpignan).

                       Livre broché de format 15,5 x 23,5 cm, comportant 400 pages et 160 photos (noir / blanc et couleur).

             Son prix: 20 euros + 7 euros de frais d'expédition en colissimo.

              A commander directement à l'auteur par : 

              e-mail: andrehenri3941@orange.fr

             ou par tél: 04 66 20 13 49

     

     

     

     S  O  M  M  A  I  R  E   :

     

    Le camp 'Le Cocq'

    La Traversée

    Frenda

    L'Ouarsenis

    Aïn Sefra

    Boussemghoun

    Le Poste de Noukhila

    Berthelot

    Aïn Djadja

    Béni Abir

    Pour qui, pour quoi?

    Le Bilan

    Les Accords d'Evian

    Le 5 juillet 1830

    La Piraterie Barbaresque

    La Reconnaissance

    La Torture

    Les Français d'Algérie

    Les Porteurs de valises

    Les Pieds-Rouges

    Conclusion.

             

               Quelques courts extraits de ce livre:

              "De la classe 59 1/A, après avoir participé, du 22 au 24 octobre 1958, aux opérations de sélection du Centre de Tarascon (B. du Rhône), je suis appelé, le 4 mars 1959, au camp Le Cocq - CAT/GITTOM (Groupement d'Instruction et de Transit des Troupes d'Outre-mer), à Fréjus, dans le Var, pour y effectuer mon service militaire...

           ... Le  camp Le Cocq se situe route de Bagnols-en-Forêt, sur les hauteurs de la commune de Fréjus, dans le Var... 

           ... Sur le pont, les mieux placés observent les manœuvres d'appareillage. Ce 14 juillet 1959, c'est le temps des congés, des vacances, pour nombre de Français...

           ... la chaleur est étouffante. Le climat de cette région de Frenda est sec et rigoureux en hiver mais la température qui peut passer en-dessous de 0° l'hiver, peut également passer au-dessus de 40° l'été. Il n'y a aucune source dans les parages. L'eau se récupère au robinet de la 'tonne à eau'...

          ... La région d'Ammi-Moussa occupe la partie ouest de la chaîne de montagne de l'Ouarsenis...

          ... Passé la ville de Méchéria, on aperçoit au loin les  trois hauts sommets des djebels qui font penser à Aïn Sefra. Le pays change encore d'aspect. Ici, rien ne pousse, à part quelques arbustes affligeants. C'est la fournaise, au minimum 40 à 45° à l'ombre...

           ... le village d'Aïn Sefra (1070 m.) situé au pied d'une grande dune de sable ocre qui s'étend vers l'Est sur plusieurs kilomètres en direction de Tiout, ceinturé à l'ouest par la djebel Morhad (2 135 m.), au nord par le djebel Aïssa (2 236 m.) et au sud par le djebel Mekter (2 062 m.), en plein cœur des Ksour...

           ... Le ksar de Boussemghoun, situé à 960 mètres d'altitude, s'étend entre deux chaines de montagnes. D'un côté, le djebel Tameda (1993 mètres), de l'autre, le djebel Tanoud (1990 mètres)... 

           ... Alors que nous crapahutons sur le bord d'une falaise, surplombant une immense vallée au fond de laquelle se devine un oued à sec, un bruit sourd et profond nous parvient. Presque aussitôt débouche devant nous, remontant la vallée, un bombardier Douglas B-26 'Invader' au nez vitré, de couleur bleu foncé, pointant ces huit mitrailleuses d'attaque...

          ... la 6è Compagnie est tombée dans une embuscade tendue par les rebelles dans les environs de Géryville, pas très loin de nous. Parmi les appelés il y aurait 15 morts dont deux officiers et 34 blessés. Chez les fellaghas, 14 tués et 1 prisonnier. Des armes sont récupérés... 

           ... La fatigue, accentuée par le froid ou la chaleur, nous laissait dans un grand état de lassitude. J'ai en mémoire l'image de ces retours d'opération où beaucoup d'entre-nous dormaient, recroquevillés sur les banquettes, appuyés les uns sur les autres...

          ... La tempête a soufflé toute la nuit avec violence. Certaines tentes n'ont pas résisté et se sont effondrées. Le Piper a du être maintenu au sol par des cordages...

            ... Opération de ratissage au pied du '1700', près du lieu de notre dernier accrochage. Le commandement voudrait bien voir une section accrocher ce 'commando n° 6' qui, parait-il, serait positionné dans le secteur...  

           ... la nuit sera chaude sous ces tôles ondulées posées à même sur des chevrons, sans aucune isolation thermique. Les bâtiments du Poste de Noukhila, avec ses petites ouvertures ne facilitant pas la circulation de l'air... 

            ... Au pied de l'oued, notre section se positionne rapidement... Le pisteur Ahmed découvre des traces récentes de pas...

           ...Les Européens de Berthelot ne sont pas nombreux mais accueillants. Ils sont dans la crainte d'une 'Algérie algérienne' qui rendrait  caduque toute leur vie passée sur cette terre. On leur a tellement assuré que 'l'Algérie, c'était la FRANCE', surtout avoué par un grand homme comme de GAULLE...

          ... Nous sommes positionnés au droit du Poste de Béni-Ounif. Les camions sont alignés le long de la route qui mène à Colomb Béchar et les hélicos sont-là à l'écart, prêts à nous embarquer si la situation le nécessite...

         ... Le Poste militaire d'Aïn Djadja se situe à 1200 mètres environ d'altitude. Près de celui-ci nous avons le douar mais aucune présence européenne...

         ... Toujours rien. Ce n'est pas qu'on souhaite 'accrocher' mais la tentation de 'casser du fell', depuis la mort de nos camarades, est bien présente en nous...

           ... Nous voilà ratissant des oueds sans rencontrer âme qui vive...

         ... De bonne heure, à la radio, nous apprenons que dans la nuit, le 1er REP, sous les ordres du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, s'est emparé des points stratégiques de la ville d'Alger, à savoir: le Gouvernement Général, l'Hôtel de Ville, la Radio et l'Aéroport. Y aurait-il un parfum de révolte dans l'armée?...

          ... Depuis 3 heures du matin, nous sommes en alerte car le réseau électrifié vient d'être franchi par une forte bande de l'ALN en provenance du Maroc... 21 tués et 56 blessés chez nous, 38 tués et 22 prisonniers chez les rebelles. TINTANO, le chef rebelle, se serait échappé en sacrifiant sa katiba"...

                 ... De retour en métropole, les anciens d'Algérie se sont enfermés dans un grand silence aidé en cela par une France qui s'est, d'une part, désintéressée du sort de l'Algérie et de ses habitants d'origine européenne, et d'autre part, reste indifférente à leurs problèmes...

          ... Sans état d'âme, sans le moindre mouvement de compassion pour les Français enlevés ou assassinés, sûr de son bon droit, de GAULLE est soutenu dans son action par les accords d'Evian qu'il a inspirés et qui lui servent de faire-valoir: "A compter du 19 mars 1962, la France n'a plus de responsabilité en Algérie".

           ... D'abord, lorsque ces médias évoquent 'la pratique de la torture en Algérie par l'Armée française', ils devraient s'obliger à dénoncer ce qui s'est réellement passé dans un camp comme dans l'autre...

           ... Historiquement, 'La France n'a pas colonisé l'Algérie, elle l'a créée', à dit Ferhat Abbas. Car, en 1830, ce pays n'était qu'un territoire peuplé de tribus disparates disséminées sur d'immenses territoires...  

     

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 6 Septembre 2020 à 10:00

    Eh oui sur le colonialisme et la nature de la guerre d'Algérie André HENRI a un niveau de conscience qui ne ferait pas déborder un dé à coudre ! On nous avait enrôlé pour un conflit anachronique,injuste et sans espoir de solution militaire.Un conflit dans lequel la France s'était engagée pour tenter de perpétuer un système social encore plus inégalitaire que celui que nous subissions en métropole. Ce qui reste vrai c'est le titre de l'ouvrage "Jeunesse perdue". 

    Personnellement c'est 26 mois de ma vie qui m'ont été volés même si j'ai conscience de ne pas avoir connu la situation difficile de l'auteur.

    J'étais un peu dans le même secteur que lui, mais un an après.Je n'en tire pas moi non plus les mêmes conclusions. Les Pieds Noirs ont été les instruments du colonialisme avant d'en être les victimes. Ils ont servi de justification à  la guerre et à ses exactions.

    J'ai une autre vision de l'histoire. 

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