• L'Algérie à Evian : l'issue victorieuse du 19 mars 1962 que les nostAlgériques ne digèrent toujours pas *** Evian une eau un limpide un article du quotiden "Le Temps d'Algérie"

    L'Algérie à Evian : l'issue victorieuse du 19 mars 1962 que les nostAlgériques ne digèrent toujours pas

    L'Algérie à Evian : l'issue victorieuse du 19 mars 1962 que les nostAlgériques ne digèrent toujours pas

    C’est l’image-histoire, celle de la délégation algérienne qui a négocié à Evian avec le gouvernement français. Une image et une date qui font encore enrager les nostalgiques de l’ordre colonial: à Béziers, Robert Ménard, maire pro-front national va mettre aujourd'hui les drapeaux en berne après avoir "effacé" l’indésirable date du 19 mars d’une rue de Béziers pour la remplacer par le nom d’un putschiste du 21 avril 1961.

    On voit dans cette image Krim Belkacem, chef de la délégation du GPRA (Gouvernement provisoire de la république) aux négociations d’Evian. Ses accompagnateurs du moment sont Mohamed Seddik Benyahia, Tayeb Boulahrouf, Lakhdar Bentobal, Redha Malek et M’Hamed Yazid.

    L’image a fait le tour du monde. Elle ne marque pourtant pas un "tournant", elle fixe une conclusion. Celle d’un long et douloureux combat des Algériens pour l’indépendance et la libération. Mais aussi celle de négociations dures entre le FLN et la France.

    Le 18 mars 1962, Krim Belkacem, chef de la délégation algérienne et ministre des Affaires extérieures du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et Louis Joxe, ministre des Affaires algériennes de de Gaulle, signaient, après onze jours de discussions à l’Hôtel du Parc, les accords d’Evian, un document de 93 pages et de 2026 mots.

    L'Algérie à Evian : l'issue victorieuse du 19 mars 1962 que les nostAlgériques ne digèrent toujours pas

    Les accords proclament un cessez-le-feu dès le lendemain, 19 mars 1962, devenu en Algérie le "jour de la victoire" (Youm Ennasr)... "Et en France LA VICTOIRE DE LA PAIX" Ils prévoient l'organisation rapide d'un référendum pour que les populations "choisissent leurs destins".

    Une conclusion à laquelle ne se résigneront pas les tueurs de l’OAS (Organisation armée secrète) qui engageront la politique de la terre brûlée en multipliant les tueries et les ratonnades et en créant un climat de haine et de peur qui poussera les français d’Algérie à quitter le pays.

    Le temps des Indigènes 

    54 ans, plus tard, Robert Ménard, maire de Béziers et ex-président de Reporters sans Frontières, n’a toujours pas digéré la "conclusion" du 19 mars, il met les drapeaux en berne, il continue, sur les thématiques du Front National, la guerre perdue pour son "paradis perdu".

    La photo de la délégation algérienne fixe un moment. Celui des "indigènes", d’une humanité de "second collège" qui, à la suite d’un combat dur et sanglant, négocie fermement l’indépendance sans aucune concession sur l’intégrité territoriale.

    Réda Malek, membre de la délégation algérienne, évoquera dans son livre (L'Algérie à Evian. Histoire des négociations secrètes 1956-1962. Paris, Le Seuil 1995) un "psychodrame" et un "feuilleton à rebondissement".

    De "suspension en reprise, de pourparlers publics en conciliabules secrets", les négociations entamées secrètement par l’intermédiaire de la très discrète diplomatie suisse, vont durer une année. Ce n’était pas la première négociation entre le FLN et les autorités françaises. Des discussions secrètes et parfois publiques ont commencé dès 1956.

    Evian était bien une conclusion. Le général de Gaulle, ainsi que le rapporte Yves Courrière, dans sa série sur la guerre d’Algérie, appelait régulièrement Louis Joxe, pour poser la question "Alors, c’est pour bientôt ?".

    Le 19 mars 1962, la France officielle a pris acte de la fin de l’Algérie coloniale.

    Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/03/19/algerie-france-evian-mars61962_n_6899674.html

     

    L'Algérie à Evian : l'issue victorieuse du 19 mars 1962 que les nostAlgériques ne digèrent toujours pas

    Evian, une eau peu limpide

    Un article du quotidien algérien 

     

    L'Algérie à Evian : l'issue victorieuse du 19 mars 1962 que les nostAlgériques ne digèrent toujours pas

    Longtemps, le mythe gouvernemental français aura leurré son monde. «De simples opérations de maintien de l'ordre dans nos départements français d'Afrique du Nord» était la litote officielle servie pour accompagner les cercueils et les blessés de retour en France. Cette fable ne pouvait perdurer et, depuis le 1er Novembre 1954, elle s'émoussa au fil des ans pour laisser place à la vérité, toute crue, d'une guerre de Libération, une guerre qui bottait les fesses à une armée française déjà vaincue lors de la bataille de Diên Biên Phu, moment clé de la guerre d'Indochine en 1954... Puis, vint l'annonce du cessez-le-feu !

    Le 19 mars 1962 à 12 heures, les «gueux» et les «bougnoules» devenaient enfin des êtres humains et pouvaient même boire de leur eau d'Evian… Une eau d'Evian qui aura charrié, entre ici et là-bas, l'esprit harki du courant colonialiste ! Un colonialisme machiavélique et manœuvrier. Le général De Gaulle n'avait-il pas lancé, à Alger, son fameux «Je vous ai compris !» aux colons, militaires et harkis ? Le même De Gaulle n'avait-il pas proposé, à nos combattants des villes et des campagnes, «la paix des braves»? Manœuvres, de part et d'autre, sans résultat car le peuple algérien, martyrisé, exigeait l'Indépendance. Un peuple qui malgré ses harkis continuait d'affirmer sa confiance au FLN et à son bras armé, l'ALN. En France, en 1961, la manifestation pacifique du 17 octobre où des Algériens de la région parisienne furent violemment réprimés par la police du préfet Papon, avait sonné le glas de la politique colonialiste. 

    Des centaines de manifestants ont été tués, blessés, jetés dans la Seine ou portés disparus. La police du ministre Frey et du préfet Papon fut l'alliée de l'innommable OAS et ses crimes perpétrés contre les pourparlers engagés alors à Evian. L'OAS criminelle est encore dans les mémoires. Elle aura avalé son bulletin de naissance mais laisse derrière elle des nostalgiques.
    La guerre qui avait duré près de huit ans laissait sur le carreau, à une heure d'avion, près d'un million de pieds-noirs originaires de France, d'Espagne, d'Italie ou de Malte. Combien de familles françaises comptaient des leurs en Algérie ? Beaucoup, et parmi elles, des Ménard ou des Sanchez qui ont encore cette date en travers de la gorge. C'est pour chouchouter ces nostalgiques que l'actuel maire de Béziers et ancien leader de «Reporters Sans frontières», Robert Ménard, a débaptisé une rue consacrée à la mémoire des accords d'Évian pour lui donner le nom d'un putschiste de l'OAS. C'est dans la même veine que le maire FN de Beaucaire dans le Gard, Julien Sanchez, a lui aussi annoncé qu'il allait débaptiser la rue du 19 Mars 1962, pour lui donner un nom «moins polémique».
    Une polémique qui court, qui court, comme la maladie d'amour chez un Sarkozy qui critiquait, hier, le fait que François Hollande ait choisi, aujourd'hui samedi, de commémorer la fin de la guerre d'Algérie avec «un bon et un mauvais côté de l'Histoire». Enième polémique franchouillarde qui renvoie à une Histoire où il est bel et bien inscrit, pour la postérité, que la France a subi une défaite militaire en Algérie. Cette France, n'en déplaise aux Sarko and Co, est du mauvais côté de l'Histoire et le restera tant que les massacres du 8 Mai 1945 à Sétif, Kherrata et Guelma n'ont pas été reconnus comme crimes coloniaux. Avec de tels événements, comment ne pas boire nos eaux minérales limpides et se dire que l'eau d'Evian est finalement insipide, chez nous !

    A. N.

    SOURCE : http://www.letempsdz.com/index.php/132-actualite/177112-evian,-une-eau-peu-limpide 

     

     

     

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