• L’autre 8 mai 1945 Communiqué de l’ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis)

    L’autre 8 mai 1945  Communiqué de l’ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis)

    L’autre 8 mai 1945 

    Communiqué de l’ANPNPA (25 avril 2015)

    Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis)

    Parmi les signataires nous relevons :

    4acg (Anciens Appelés en Algérie et leurs amis Contre la Guerre)

    Le secrétaire d’Etat français chargé des anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a rendu dimanche 19 avril un hommage aux victimes algériennes de Sétif, soixante-dix ans après le massacre qui a fait entre 8.000 morts, selon des historiens, et 45.000 victimes, selon le pouvoir algérien. L’ANPNPA enregistre ce geste symbolique de manière positive. Elle considère cependant que ce geste demeure insuffisant et ne saurait remplacer la reconnaissance par les plus hautes autorités de l’état des massacres du 8 mai 45 dans l’est algérien, l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la France en Algérie.

    C’est pourquoi l’ANPNPA s’est associée au collectif pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie, et au communiqué suivant :

     

    L’autre 8 mai 1945

    L’autre 8 mai 1945  Communiqué de l’ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis)

    Il est impossible de célébrer les 70 ans de la victoire contre le fascisme sans la volonté d'arracher de l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants.

    Une manifestation pacifique à Sétif, Guelma, Khératta et la région a été réprimée dans le sang ; des dizaines de milliers de civils algériens ont été massacrés par la Police, la Gendarmerie, les milices armées par les autorités locales, l'Armée Française, agissant sur ordre de l'exécutif.

    Amputer notre histoire commune par l'occultation de ce crime d'Etat est une négation du combat contre le colonialisme. Le 14 avril 2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d'Etat de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s'est constitué.

    Outre cette reconnaissance, il demande : l’ouverture de toutes les archives, l'inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l'Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l'Education Nationale comme dans les média publics.

    Après le vote à l'unanimité du Conseil municipal de Paris demandant au chef de l'Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d'Etat, nous appelons à un Rassemblement unitaire le 8 mai 2015, à 15 h, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, à Paris, et devant toutes les mairies de France, car le geste symbolique du secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. Todeschini, à Sétif, demeure très en-deçà de ces revendications.

    Contacts presse : M'hamed Khaki : 06 12 63 63 69 ou Olivier Lecour Grandmaison : 06 14 83 21 20.

    Premiers Signataires : Associations : 4acg (Anciens Appelés en Algérie et leurs amis Contre la Guerre), 17 octobre contre l'oubli, ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie), ADTF (Association Démocratique des Tunisiens en France), ALCAEE (Association de La Communauté Algérienne Établie à l'Étranger), AMF (association des Marocains de France), Amicale des Algériens en Europe du Gard, Amis de l'Algérie de Rennes, ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Association Culturelle les Oranges, ATF (Association des Tunisiens de France), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), Au nom de la Mémoire, Centre d'information Inter-Peuples, Cercle de Résistance, Comité grenoblois de soutien aux réfugiés algériens, Droits Devant!!, Fondation Frantz Fanon, France El-Djazaïr, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), FUIQP (Front Uni de l'Immigration et des Quartiers Populaires), Idle No More Kabylie, LDH (Ligue des Droits de l'Homme), MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), NSPC (Nord Sud Patrimoine Commun), PROMEMO (Provence Mémoire et Monde Ouvrier), Respaix Conscience Musulmane, Réveil des Consciences, Sortir du Colonialisme, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), Syndicats : CNT (Confédération Nationale du Travail), Union Syndicale Solidaires,

    Partis : AL (Alternative Libertaire), EELV (Europe Ecologie Les Verts), Ensemble, PCF (Parti Communiste Français), PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PG (Parti de Gauche).

     

    Sétif, l'autre 8 mai 1945

     

    Alors que les commémorations battent leur plein en France à l'occasion du 8 mai 1945, date de la libération et de la fin de la seconde guerre mondiale, un autre évènement tragique est aussi célébré en Algérie : les massacres de Sétif, de Guelma et Kherrata. Le 8 mai de la même année, les forces coloniales françaises réprimaient dans le sang des rassemblements d'Algériens réclamant la libération du leader Messali Hadj et l'indépendance.

     

     

    Alors que les commémorations battent leur plein en France à l'occasion du 8 mai 1945, date de la libération et de la fin de la seconde guerre mondiale, un autre évènement tragique est aussi célébré en Algérie : les massacres de Sétif, de Guelma et Kherrata. Le 8 mai de la même année, les forces coloniales françaises réprimaient dans le sang des rassemblements d'Algériens réclamant la libération du leader Messali Hadj et l'indépendance.

    Sétif. 1945. Nous sommes le 8 mai. Pour célébrer la victoire des alliés sur les forces nazies, mais aussi pour clamer leur aspiration à la liberté et à l'indépendance, des milliers d'Algériens manifestent et défilent dans les rues algériennes. Vent de panique en France. La contestation et les velléités indépendantistes des foules algériennes sont très vite mal perçues par les autorités coloniales françaises qui n'ont pas compris qu'une nouvelle époque venait de naître, celle de la décolonisation. L'historien Youssef Girard dans un article publié sur Oumma.com, revient sur les circonstances de l'une des plus grandes tragédies de l'histoire algérienne.

     Rafales de mitraillette et couvre-feu

     «Pour célébrer la victoire des Alliés, le 8 mai au matin, les nationalistes Algériens organisèrent des manifestations dans de nombreuses villes du pays : à Blida, Berrouaghia, Sidi Bel Abbès, Saïda, Annaba ou Jijel. Dans ces deux dernières villes les Algériens sortirent des drapeaux et des banderoles sur lesquels il était inscrit : «Vive l’Algérie indépendante», «A bas le colonialisme», «Libérer Messali». Face à cette manifestation de nationalisme algérien, la police intervint et des coups de feu furent tirés». Au cours de la manifestation un drapeau aux couleurs algériennes fut déployé. Voyant ce drapeau et ces banderoles, la police chercha à s’en saisir. Les manifestants refusèrent. En réponse, des rafales de mitraillette furent tirées par un policier français. La manifestation tourna à l’émeute. A 13 heures, le couvre-feu était instauré et à 20 heures l’état de siège était décrété. L’armée, la police et la gendarmerie sillonnèrent les quartiers arabes et les douars de la région, écrit Youssef Girard.

     La responsabilité de De Gaulle

     La violence de l’armée française et des milices européennes fut impitoyable. Exécutions sommaires, massacres de civils, prises d’otages au sein de la population algérienne, viols, bombardements de villages… A Sétif où la loi martiale fut proclamée, tout Algérien ne portant pas le brassard réglementaire était abattu, poursuit l'historien qui cite plusieurs ouvrages de chercheurs algériens. Des armes étaient distribuées aux colons européens qui se constituèrent en milices. Selon Mahfoud Kaddache, « tous les Européens, quelle que soit leur tendance politique se regroupaient face au danger arabe […], elle [la milice] se livra à des représailles contre la population musulmane et à des exécutions sommaires de suspects, de militants des AML, du PPA, des Oulémas et des scouts musulmans algériens ». Politiquement, la responsabilité du général de Gaulle fut engagé, lorsqu'il ordonna au gouvernement « d’afficher publiquement la volonté de la France victorieuse de ne laisser porter aucune atteinte à la souveraineté française en Algérie » et de « prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer tous agissements antifrançais d’une minorité d’agitateurs », le 12 mai 1945.

     Associer les deux commémorations

     Les différents chiffres sur le bilan de ce massacre oscillent d'une fourchette basse, celle du gouvernement français établie à 1165 victimes à celle des autorités algériennes qui évoque celui de 45 000 morts. Les services de renseignements américains avaient rédigé une note parlant d'un bilan situé entre 17 000 et 20 000 morts. Pour le politologue et l'un des spécialistes français du monde arabe, Vincent Geisser, les deux évènements politiques (la Libération et les massacres de Sétif, ndlr), ne doivent et ne peuvent plus être dissociés. «Peut-on commémorer la victoire sur l’idéologie génocidaire du nazisme en la transformant en objet de musée et en oubliant un peu vite que le racisme d’Etat continue à poindre dans nombre de nos sociétés européennes ?», s'interroge-t-il sur sa page Facebook. «De mon point de vue, la commémoration du 8 mai 1945 n’a de sens que si elle se réfère simultanément à la victoire contre le nazisme et aux souvenirs des massacres de Sétif/Guelma, nous incitant à maintenir cette vigilance permanente à l’égard du «racisme légitime» qui traverse nos sociétés dites «civilisées» et savamment distillé par les appareils d’Etat», ajoute-t-il.

     

    « Cercle Jean Moulin : sommaire du 27 avril 2015. Au numéro 19, 20, 21 nous notons 3 articles que nous avions mis en ligne sur notre blog Commémoration du 8 mai 1945 à Rennes concernant les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata »
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