• L'extrémiste Zemmour et les prénoms des Français... Une honte supplémentaire !!!

    ZEMMOUR :

     « Votre prénom

     est une insulte à la France » 

     

    Assez !

     

    Marine Le Pen

    doit se soumettre

    à une analyse psychiatrique

    Je crois que vous devriez

    commencer par ZEMMOUR

    Audrey Pulvar demande aux chaînes

     de télévision d'arrêter d'inviter

     Éric Zemmour

    Le 16 septembre dernier, Éric Zemmour était invité sur le plateau des Terriens du dimanche. Lors de l’émission, le polémiste a eu des propos très violents envers la quasi-totalité des chroniqueurs de l’émission, mais plus particulièrement à l’encontre d’Hapsatou Sy. L’auteur du Suicide français lui a notamment reproché de porter un prénom à consonance africaine. Des propos que la journaliste n’accepte pas, à raison. Dans cette sordide affaire, Audrey Pulvar a choisi son clan. L’ex-présentatrice s’en est pris aux émissions de télévision qui donnent la parole à Éric Zemmour sur leur plateau, dans un message posté sur Twitter le 18 septembre. 

    Audrey PULVAR : « Combien de temps les médias français continueront-t-ils à donner libre antenne au racisme de Zemmour au motif de faire du buzz ? Honte à vous, dirigeant.e.s de médias qui avez manifestement oublié le sens des mots “responsabilité éditoriale”. Y-a-t-il un CSA dans la salle ? », a-t-elle déclaré dans son message.

    Un Uber pour Tobrouk 

    Histoire du Maghreb

    Cyril 

    Historien et politiste, spécialisé sur le Maghreb, je vous offre un voyage sans détour ni retour dans ce "Uber pour Tobrouk" pour une actualité souvent brûlante mais si passionnante ! Bonne route à tous :

    Eric: « Ta Gaule » ! 

    On pourrait penser à un remake fantaisiste du « Prénom » le film d’Alexandre de La Patellière et de Matthieu Delaporte sorti en 2012 avec Patrick Bruel et Valérie Benguigui.  

    Mais on est plus près d’un dîner de cons basé sur un nouveau débat stérile qui demande pourtant quelques éclaircissements. 

    Eric Zemmour- protagoniste de l’affaire- continue de se surpasser dans l’art de la polémique gratuite faussement irrévérencieuse et provocatrice.  

    Devenu l’icone d’une nouvelle « pensée unique » ultra-droitière et démagogue, le journaliste du « Figaro », devenu chroniqueur TV puis essayiste à succès (près de 300 000 ventes pour son « Suicide français » sorti en 2014) a encore fait parler de lui. Et une nouvelle fois sur le plateau de Thierry Ardisson. 

    Habitué aux salles de tribunal pour certaines de ses diatribes (il fut condamné à 2000 euros d’amendes en 2011 pour provocation à la haine raciale après ses propos chez Thierry Ardisson : « Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. »),le polémiste s’en est pris une nouvelle fois aux descendants d’immigrés africains, dans un échange houleux l’opposant à la chroniqueuse Hapsatou Sy dans l’émission, « Les Terriens du dimanche ».  

    « C’est votre prénom qui est une insulte à la France » avant d’ajouter : « La France n’est pas une terre vierge, c’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France«  L’attaque fut brève et a suffisamment choqué la jeune femme d’origine sénégalaise pour qu’elle poste la vidéo sur son compte Instagram.  

    Or, la question de l’intégration par le prénom n’est pas nouveau… notamment chez Zemmour. 

    Cet argument est devenu un disque rayé lancé en 2010 dans son « Mélancholie française » où il soulignait déjà la problématique de prénoms dits « étrangers » à la culture judéo-chrétienne pour justifier les problèmes d’intégration des enfants originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne depuis une trentaine d’années. Avec toujours ce prisme ethnoculturel.

    Le champion olympique de marathon en 1956 Ali Mimoun devenu Alain après sa conversion au catholicisme.

    Or si on excepte l’immense Ali Mimoun devenu Alain en rencontrant Sainte Thérèse de Lisieux comme il avait rencontré le général de Gaulle à Monte Cassino, l’immense majorité des enfants d’immigrés originaire du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne portent des noms d’origine musulmane c’est un fait. Mais beaucoup de ses prénoms appartiennent aux trois religions monothéistes et sont donc compatible à la vision zemmouresque de l’intégration : Issa (Jésus), Maryam (Marie), Jonas (Joseph), Moussa (Moise)… 

    Mais les prénoms n’ont jamais été un des piliers de l’identité française et républicaine, n’en déplaisent à ses supporters partisans d’une assimilation étriquée et totalement fantasmée dans une France encore marquée par les attaques terroristes islamistes. 

    Eric Zemmour falsifie une nouvelle fois l’histoire pour défendre ses propos. Sur un plateau de télévision, il évoque une loi de Napoléon 1er exigeant un prénom « français » à chaque nouveau-né. 

    La fameuse loi qu’évoque  Zemmour existe bel et bien. C’est la loi n°2614 du 11 Germinal an XI, ou plus simplement du 1er avril 1803, « relative aux prénoms et aux changements de noms ». Elle a effectivement été abolie en 1993 mais voici ce que disait son titre premier, article 1 : 

    « A compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne, pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l’état civil destinés à constater la naissance des enfants ; et il est interdit aux officiels publics d’en admettre aucun autre dans leurs actes ».  

    Les seuls qui subirent un durcissement de la Loi contrairement au travail accompli par la Révolution française pour les sortir du « ghetto » pour les incorporer dans la « Grande Nation civique »… furent les Juifs ! En effet, les dignitaires Juifs demandèrent à Napoléon de revenir au Code civil… en vain 

    Napoléon ignore cette demande ; le 17 mars 1808, une loi vient durcir considérablement le statut des Juifs,  dont la vie privée ou professionnelle devient soumise à une série d’autorisations. Le 20 juillet, deuxième lame : un décret impérial prévoit que dans les trois mois, tous les Juifs de France sont tenus de changer de prénom et de nom de famille. L’article 3 est limpide : « ne seront point admis comme nom de famille aucun nom tiré de l’Ancien Testament (…) Pourront être pris comme prénoms ceux autorisés par la loi du 11 Germinal an XI » – celle qu’évoquait donc Éric Zemmour comme un modèle à suivre. 

    Alger, Notre-Dame d’Afrique. Une fête de famille vers 1900 à l’Ermitage, propriété d’Isaac Oualid. Archive familiale de Liliane Temime-Girard

    Le député Galandou Diouf serrant la main à un sergent des Tirailleurs sénégalais en 1930.

    Car ironie de l’histoire, Eric Zemmour, au discours fleurant bon le « nos ancêtres les gaulois » si chers aux Hussards de la République dans une France en pleine renaissance, ne descend pas d’Armorique ou de Lugdunum. Ses parents, venus à l’indépendance de l’Algérie en 1962 comme 80 % des Juifs d’Algérie, descendent directement des tribus berbères judéisés d’Algérie (Zemmour étant le nom de plusieurs villages de la région de Soukh Arass, à l’est du pays). Loin de Vercingétorix ou de Clovis, les ancêtres d’Eric ont bénéficié des accords Crémieux en 1870 donnant aux 35 000 Juifs d’Algérie, les mêmes droits et devoirs que les citoyens de métropole (les Musulmans ayant refusé la citoyenneté pour ne pas abandonner la loi coranique). Mais à l’époque point question de prénom… 

    Pas plus qu’au Sénégal-pays du père de « la si peu Française » Hapsatou où les « Quatre communes (Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar) obtinrent le 29 septembre 1916 le droit de posséder des représentants. Des députés aux prénoms si celtiques que Blaise Diagne (jusque là ça peut aller) mais surtout Galandou Diouf ou encore Lamine Gueye ont siégé à la Chambre pendant que leurs fils combattaient dans les tranchées… pour la « Mère-patrie ».  

    Dans une période de doute, de perte de confiance en soi, on pourrait espérer mieux de la part d’un sois-disant intellectuel qu’une sortie aussi ridicule et nuisible au bien-vivre ensemble et à la beauté d’une nation en perpétuelle questionnement. 

    Après tout personne n’avait demandé le prénom des quelques 190 Tirailleurs sénégalais lâchement massacrés en 1940 par les Allemands à Chasselay… au nom d’une certaine idée de la France loin de celle de Marcel (Déat), de Jacques (Doriot) et de tant d’autres « Gaulois »…

     

    L'extrémiste Zemmour et les prénoms des Français... Une honte supplémentaire !!!

    Contre Zemmour

    Communiqué de la LICRA 

     

    L'extrémiste Zemmour et les prénoms des Français... Une honte supplémentaire !!!

    AFP PHOTO/JOEL SAGET

    Eric Zemmour a fait sa rentrée, tout le monde a pu le constater. À chaque fois un peu plus, il se radicalise. 

    S’adressant à l’animatrice Hapsatou Sy, il a déclaré dans l’émission de Thierry Ardisson « Salut les Terriens » : «Votre mère a eu tort de vous appeler ainsi. Elle aurait dû prendre un prénom du calendrier et vous appeler Corinne par exemple, ça vous irait très bien.». Cette dernière a également rendu public un extrait coupé au montage dans lequel Eric Zemmour poursuivait ainsi : «C’est votre prénom qui est une insulte à la France. La France n’est pas une terre vierge. C’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France.».

    La question des prénoms est une vieille antienne qui hante les livres, les aigreurs et les articles d’Eric Zemmour et il fait déjà fait le coup il y a un an dans des termes quasi identiques réclamant des « prénoms chrétiens » pour tout le monde.

    Face à de tels propos, nous avons une responsabilité : combattre l’idéologie véhiculée par Eric Zemmour et y répondre avec les arguments de la raison, de l’Histoire et de l’universalisme. Nous ne devons pas nous laisser endormir par ce discours de haine lancinant qui gagne du terrain et et forge l’opinion faute de combattants pour lui barrer la route. Il nous faut reprendre un à un les outils de la critique qui sont à notre portée et dont la société a trop souvent abandonné l’usage pour disqualifier Eric Zemmour, démontrer l’inanité de son propos, dire la dangerosité et la violence de son discours et montrer au plus grand nombre les effets délétères de cette escroquerie intellectuelle.

    Combattre Zemmour, c’est tout d’abord rappeler qu’il est un « troll », qui n’existe et ne vit que par la polémique et l’intox. Ceux qui l’invitent à des émissions à des heures de grande écoute, ceux qui remplissent les vitrines des librairies avec ses livres, ceux qui chroniquent ses débordements quotidiens participent à son succès, son audience et il faut le dire, profitent avec lui cyniquement des revenus générés par sa petite entreprise réac.

    Combattre Zemmour, c’est expliquer qu’il a une vision carcérale de l’identité qui vise à enfermer la France dans des racines falsifiées et une histoire instrumentalisée à des fins de propagande identitaire. La France de Zemmour n’a jamais existé, sauf dans l’esprit de ceux qui l’ont placée, un jour, au bord de l’abîme en désignant les bons et les mauvais français comme lui distribue les bons et les mauvais prénoms.

    Combattre Zemmour, c’est rappeler qu’il souhaite promouvoir la répétition immuable du même, dans une France figée par le calendrier des saints catholiques et bannir, jusque dans l’état civil, toute forme de diversité, de mixité mais aussi de libre choix. Son objectif est de réduire la France à des racines uniques, monocolores et éternelles, à l’image de Robert Ménard auteur d’une proposition de loi sur la « francisation » des prénoms.

    Son obsession pour les prénoms est la même que celle qui faisait écumer de rage Charles Maurras devant les noms d’origine juive de certains commerçants de Paris. Son obsession à vouloir passer les prénoms à l’acide identitaire est la manifestation d’un nationalisme de l’état civil qui, sous couvert d’assimilation, est une machine infernale à générer une culture victimaire qui fait le bonheur des Indigènes de la République. Son obsession pour les prénoms, c’est en réalité une machine à discriminer, à jeter à la face de tous ceux qui n’ont pas le prénom désiré par Zemmour le fait qu’ils sont des Français de seconde zone. Au prétexte de vouloir prétendument intégrer les français issus de l’immigration, il offre aux racistes tout le kit argumentaire pour les exclure.

    L’attachement à la France, à ses valeurs et à ses principes n’est pas liée au prénom et à son degré d’ancienneté, de prétendue « francité » ou à son rang dans le petit calendrier certifié conforme par Eric Zemmour et son orchestre. Il est facile pour lui, confortablement installé sur les plateaux de télévision, de déverser sa haine sans contradicteurs. Mais face à la réalité ce que qu’est la France, sa parole est réduite au néant : qu’il aille expliquer, dans les yeux, à Latifa Ibn Ziaten que son fils Imad, militaire de l’armée française assassiné par Mohamed Merah, serait une « insulte à la France ». Qu’il explique aux survivants de l’Hypercacher que Lassana Bathy, leur sauveur, serait un salaud à cause de son prénom « pas assez Français ». Qu’il se rende à la maison d’Izieu pour expliquer que Miron Zlatin, qui cachait des enfants juifs avec son épouse Sabine, serait un mauvais français parce qu’il n’avait pas « francisé » son prénom. Comme le lui a rappelé le préfet Frédéric Potier, DILCRAH, qu’il regarde la liste des militaires français morts pour la France et qui selon lui sont la honte de notre Histoire : ils s’appellent Heiarii, Dejdiv, Svilen, Beitcha, Heimana, Facrou, Gerhardus, Kisan, Mohammed, Goran, Jozsef, Eugen, Melam, Ihor, Djiakariaou, Kamel, Alan, Attoumani, Patelise, Simah, Harrifou, Gregorio. Leurs prénoms incarnent, n’en déplaise à Eric Zemmour, l’Histoire et l’honneur de la France.

    Mario Stasi, Président de la LICRA

    SOURCE : http://www.licra.org/contre-zemmour 

     

     

    "Vive la France !" : François Morel répond (sans le nommer) à Eric Zemmour après ses propos face à Hapsatou Sy 

     

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  • Commentaires

    2
    Mercredi 26 Septembre à 07:40

    Merci Bordeflume : j'ai  mis la vidéo que tu m'as signalée en ligne.

    1
    Mercredi 26 Septembre à 01:20

    Je te signale -un peu tardivement- la très émouivante intervention de François Morel à France-Interle 22 septembre qui répond à l'ignoble Zemour...sans le nommer, mais avec un tel brio que toute la rédaction manifeste son émotion:

    https://www.francetvinfo.fr/politique/eric-zemmour/vive-la-france-francois-morel-repond-a-eric-zemmour-sans-le-nommer-apres-ses-propos-face-a-hapsatou-sy_2950879.html#xtor=EPR-2

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