• L’histoire indigne de l’OAS suivi de Monseigneur Jean Scotto : Un évêque révolutionnaire algérien

    L’histoire indigne de l’OAS suivi de Monseigneur Jean Scotto : Un évêque révolutionnaire algérien

    L’histoire indigne de l’OAS

    «Je ne regrette rien », « Ma vie pour la patrie ! », « Le sang de l’Algérie », «Fors l’honneur»… les mémoires et témoignages des anciens membres de l’OAS semblent bien tous du même tonneau. Il n’y a rien à regretter, la lutte menée pour la sauvegarde de l’Algérie française était nécessaire, l’action de l’OAS fut héroïque et sans tache, De Gaulle fut un traître à vouer aux gémonies… voici le credo toujours professé des années après la fin des évènements. Conscient de l’échec évident du maintien d’une «Algérie française» et de l’impossibilité d’une résurrection de cette dernière, les membres de l’OAS se parent souvent des oripeaux des combattants des causes perdues, partisans des valeurs chevaleresques de l’honneur et de la parole donnée face à la roueries gaulliennes et à la barbarie du FLN.
    S’il y aurait effectivement beaucoup à dire sur la politique effectivement manœuvrière de De Gaulle, qui a clairement instrumentalisé l’activisme pied-noir et l’acharnement des cadres de l’Armée française à vouloir gagner un combat symbolique contre le FLN, ce n’est pas pour autant qu’il faut qualifier de « chevaleresque » ce qu’a commis l’OAS durant les dernières années de la Guerre d’Algérie. Le livre d’Alain Ruscio, Nostalgérie. L’interminable histoire de l’OAS, fait un portrait au vitriol de l’Organisation armée secrète.

    L’histoire indigne de l’OAS suivi de Monseigneur Jean Scotto : Un évêque révolutionnaire algérien

    Il n’y a rien de chevaleresque dans ce qu’a accompli l’OAS : ses principales cibles ont été… des civils désarmés et sans défense, abattus froidement dans leur domicile, sur leur lieu de travail, dans la rue et même dans hôpitaux et dispensaires – à savoir des lieux considérés comme « sanctuarisés » par rapport aux logiques guerrières. Certes le nombre de victimes de l’OAS, eu égard au bilan épouvantable de la Guerre d’Algérie, est assez limité : environ 2200 morts en Algérie et 71 morts en métropole ; le nombre de blessés, victimes notamment de plasticage et de jets de grenades, s’élève sans doute à 5000 personnes sur le sol algérien et à 394 blessés en métropole. Pourtant le choix des cibles et la manière de procéder eurent un poids décisif sur les dernières années de la guerre.

    Spirale obsidionale

    Tout d’abord sur la communauté européenne en Algérie : en assassinant des leaders syndicaux pacifistes, ou des hommes politiques comme le chef de la SFIO locale William Levy etc., l’OAS a visé à éliminer tous les partisans pieds-noirs d’une reconnaissance de la revendication indépendantiste algérienne. À lire les pages de Nostalgérie on perçoit la spirale obsidionale qui touche les grandes villes algériennes, où toute posture un tant soit peu modérée est passible d’une dénonciation et d’une exécution rapide. C’est bien le sens du slogan de l’OAS : «l’OAS frappe où elle veut quand elle veut». En agissant de la sorte – par des décisions prises au sommet ou du fait d’initiatives « locales » –, l’OAS visait à une homogénéisation politique totale de la population européenne sur laquelle ne pourrait pas s’appuyer De Gaulle. Sur ce point, l’OAS semble avoir atteint son objectif quand on constate que les référendums sur le sort de l’Algérie voulus pas De Gaulle ont à chaque fois vu les Français d’Algérie refuser l’auto-détermination du pays avec de larges majorités. La popularité de l’organisation auprès des populations françaises d’Algérie parait indéniable et ce jusqu’au bout.

    Sur ce dernier point, l’écart avec l’attitude des Français de la métropole est bien différent. Et d’une certaine manière les agissements de l’OAS et de certains « ultras » partisans de l’Algérie française ont incité de nombreux Français à réviser leur regard sur l’Algérie française, voire sur les pieds-noirs de moins en moins considérés positivement : en janvier 1962, une majorité des métropolitains (53 %) ne se sentaient plus solidaires de leurs compatriotes d’Algérie. Et l’on sait que lors de l’exode de 1962, les pieds-noirs ne furent pas accueillis avec beaucoup de chaleur loin de là. Le racket et les extorsions auxquels recourrait l’OAS, les assassinats du pied-noir communiste Alfred Locussol ou du maire d’Évian Camille Blanc voire la tentative de meurtre sur De Gaulle à Pont-sur-Seine… tout ceci explique la haine croissante des Français mais aussi l’impopularité croissante de la cause de l’Algérie française dans l’opinion publique métropolitaine.

    On peut s’interroger sur les objectifs d’une stratégie aussi absurde que suicidaire. Manifestement l’OAS pensait briser le processus d’accès à l’indépendance de l’Algérie en accroissant les tensions entre les communautés sur le sol algérien et en imposant un changement de personnel politique dans la métropole en assassinant De Gaulle. Et après les Accords d’Évian signés en mars 1962, il s’agissait d’empêcher le transfert du pouvoir en relançant les hostilités entre l’armée française et l’ALN par des provocations. Rétrospectivement de tels scénarios semblent irréalistes mais lors des événements ils ne l’étaient peut-être moins. Alain Ruscio est arrivé à la conclusion que l’OAS jouissait de soutiens au sein de la droite mais aussi de la gauche non-communiste française, notamment parmi les députés. Mais surtout il montre qu’un certain Valéry Giscard d’Estaing était manifestement un des informateurs de l’OAS jusqu’au sein du conseil des ministres. Conviction de sa part ? Opportunisme politique visant à profiter d’un effondrement du gaullisme ? On ne le saura jamais. C’est en tout cas dans un tel contexte de connivence que les dirigeants de l’OAS pensaient avoir une carte à jouer.

    Un rôle désastreux pour les pieds-noirs eux-mêmes

    Il n’en demeure pas moins que les tares de l’organisation ne pouvaient la faire réussir. Composée de groupes d’hommes hétéroclites de par leurs origines – civils ou militaires –, de par leurs convictions politiques – fascisantes ou républicaines –, l’OAS semble avoir clairement manqué d’une direction compétente, écartelée qu’elle était entre les dirigeants de Madrid, ceux d’Alger et l’OAS Métropole dirigée par le sinistre André Canal. Malgré la volonté du général Salan, aux origines de l’organisation, d’éviter les ratonnades et les exactions aveugles sur les musulmans, le vieux fond colonial anti-arabe prédomina. Ceci explique pourquoi 85 % des victimes de l’OAS furent des musulmans subissant une politique d’«épuration» des quartiers, notamment à Oran. Il est significatif d’ailleurs que c’est dans cette même ville qu’eut lieu en juillet 1962, un épouvantable massacre d’européens effectuées par des hommes du FLN et par des civils algériens.
    Le sentiment d’Alain Ruscio sur les conséquences funestes des derniers méfaits de l’OAS s’inspire un peu de celui de l’abbé Scotto auquel il donne la parole trente ans après la fin de la Guerre d’Algérie qui ne pouvait se résoudre à pardonner à l’OAS : « je l’accuse non seulement de ses crimes contre les Algériens, mais je l’accuse d’avoir tué mon peuple pied-noir ». Il faisait ici référence aux départs en masse des Européens à partir de 1962. L’accusation est peut-être excessive tant les Français d’Algérie ont longtemps refusé toute perspective d’une égalité réelle avec les «indigènes». Et qu’en face, la direction du FLN s’est bien satisfaite des départs des pieds-noirs toute à son projet d’une Algérie « arabe » et « musulmane ». Mais le rôle désastreux de l’OAS dans le destin dramatique des pieds-noirs est patent à la lecture du livre d’Alain Ruscio.

    Baptiste Eychart 

    Alain Ruscio, Nostalgie. L’interminable histoire de l’OAS

    Éditions la Découverte, 316 pages, 21 €.

    Source       : http://www.les-lettres-francaises.fr/2016/06/lhistoire-indigne-de-loas/ 

    L’histoire indigne de l’OAS suivi de Monseigneur Jean Scotto : Un évêque révolutionnaire algérien

    Monseigneur Jean Scotto : Un évêque révolutionnaire algérien

    L’histoire indigne de l’OAS suivi de Monseigneur Jean Scotto : Un évêque révolutionnaire algérien

     

    « Aimer exige le respect de l’autre avec toute sa différence.
    Aimer exige de considérer l’autre dans son éminente dignité d’homme.
    Aimer exige que les droits de l’autre soient reconnus et honorés.
     ».

    Jean Scotto

    L’abbé Scotto a prononcé ces paroles trente ans après la fin de la Guerre d’Algérie disant qu’il ne pouvait se résoudre à pardonner à l’OAS : « je l’accuse non seulement de ses crimes contre les Algériens, mais je l’accuse d’avoir tué mon peuple pied-noir » 

    Au moment où certains voies poussent à des affrontements dans ce monde, des extrémistes s’élèvent pour diviser les hommes, créant l’adversité, suscitant des réactions parfois violentes et l’appel aux meurtres, voici que l’Algérie, terre des hommes, terre d’amour et de tolérance, s’apprête à inhumer Pierre Chaulet, un de ses dignes fils, dans sa terre natale conformément à sa volonté, dans le cimetières chrétien d’El Mouradia, aux côtés d’Henri Maillot, Français d’Algérie, aspirant déserteur des rangs de l’armée française, un autre résistant anticolonialiste, grand révolutionnaire lui aussi, Moudjahid de la guerre de libération, qui a été torturé et achevé sous une rafale des gendarmes français après avoir été fait prisonnier au maquis .

    Quelques jours avant d’intégrer le maquis du côté de la région de Chlef, il adressa une lettre aux rédactions de journaux où il écrit « Au moment où le peuple algérien s’est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur »

    Le décès du professeur Pierre Chaulet qui a voué toute sa vie de militant révolutionnaire et de citoyen à son pays, l’Algérie à qui nous avons consacré un hommage particulier sur ce site, nous interpelle pour rappeler le souvenir d’un autre grand révolutionnaire algérien , de souche européenne également, mort lui aussi pour ses idées et pour l’Algérie libre et indépendante. Il s’agit de Monseigneur Jean Scotto disparu il y a près de vingt ans. Ce dernier a consacré l’essentiel de sa vie pour mener son combat sous le régimes colonial en aidant les plus faibles et les plus démunis ensuite en s’engageant résolument aux cotés de la révolution algérienne et des maquisards qu’il a hébergé, transporté soigné, soutenu et sauvé les vies en grand nombre.

    Le souvenir de cet exceptionnel homme de l’église chrétienne catholique, nous ramène à cette évocation pour le faire connaitre à de nombreux citoyens pour ne pas dire à la majorité qui ignorent ces faits, pour dire que parfois aussi, même dans leurs convictions différentes , dans l’adversité et l’opposition ou bien d’autres choses qui séparent ou qui rapprochent, il sont tous mus pour un seul et même objectif car leurs cœurs battent pour le même idéal qui est celui de l’Algérie leur mère commune.

    C’est ce qu’il fut de Monseigneur Jean Scotto qui a dédié toute sa vie à l’Algérie et à son peuple. Nous empruntons quelques lignes au site de « l’église catholique d’Algérie » pour éclairer ce qu’était cet homme.

    CURÉ PIED-NOIR 

    « Fils d’un cafetier d’Hussein-Dey, il entre tout jeune au séminaire et sera prêtre le 29 Juin 1936. Il est alors nommé vicaire d’une paroisse du centre de la ville d’Alger. Au début de la guerre de 1939-1945, il échappe de peu à la captivité. A la reprise des hostilités après l’entrée en scène des américains, il s’engage et participe au débarquement en Provence le 15 Août 1944. Ses actions courageuses lui vaudront la Croix de Guerre et la Légion d’Honneur. Avant de revenir en Algérie, il découvre, au cours d’un séjour à Paris les nouveaux courants de l’animation religieuses de l’Église.
    Puis il reprend ses activités de prêtre d’abord à Birmandreis. En 1948, il est nommé curé d’Hussein-Dey où il se trouve lors du déclenchement de la Révolution. Ses relations avec des chrétiens engagés pour la cause algérienne font qu’il est rapidement mis en contact avec des membres dirigeants de la Révolution. Par exemple, dès décembre 1954, il cache Salah Louanchi. Très vite il a des démêlés avec les autorités militaires françaises, d’autant qu’il cherche à faire comprendre aux chrétiens la nécessité de l’Indépendance.
     

    En 1955, il est nommé curé de Bâb-el-Oued où son action continue. Il prend parti contre toutes les injustices et se préoccupe des difficultés de la population. C’est ainsi qu’en Décembre 1957 il met une des deux églises de sa paroisse à la disposition de sinistrés, suite à une crue dans le quartier. En 1958, il prend parti contre les manifestations Algérie française et continue de dénoncer tortures et vengeances. Il est plusieurs fois perquisitionné.
    En 1961, il est nommé curé d’El-Harrach et prend, à l’Indépendance, la nationalité algérienne. En 1963, il est chargé de la paroisse de Belcourt où il promeut toutes sortes d’œuvres sociales (alphabétisation, ouvroir pour les jeunes filles, etc.). Lorsqu’en 1967 se déroulent des élections municipales, il est élu malgré lui à 100% à l’A.P.C. de son quartier.

    Monseigneur Scotto, évêque de Constantine 

    En 1970, il est évêque de Constantine et Annaba : c’est dire qu’il est, du point de vue religieux, le successeur de saint Augustin. Son engagement pour la promotion du pays continue d’animer toutes ses actions et il se concrétise au-delà même du territoire national lorsqu’il s’en va participer au Congrès Mondial des Chrétiens pour la Palestine, à la suite de quoi il est chaleureusement reçu par Yasser Arafat lui-même.
    Cependant son plus grand désir est de rentrer dans l’ombre en retrouvant son cher quartier de Belcourt. Sa démission, plusieurs fois déposée, est acceptée en 1983. Le revoici au milieu de ce peuple qu’il aime tant. Un infarctus le terrasse alors qu’il partait visiter sa famille en France où il meurt en septembre 1993 au moment où un certain nombre de personnalités commençait à engager pour lui un processus de candidature au Prix Nobel de la Paix.
    "Combien de gens en détresse tu as cachés, à combien as-tu procuré des moyens de fuir la torture et la mort pendant la Révolution ? J’espère que ton sens de l’hospitalité, ton amour pour nous algériens et pour ton pays l’Algérie, ton partage dans la douleur comme dans la joie seront récompensés là où tu es" : le témoignage, parmi tant d’autres, d’un citoyen à l’occasion de sa disparition pour honorer cet homme de foi et de conviction au service de notre cher pays. »
    Nos vœux les plus chers seraient qu’un jour, de grandes places, des établissements ou des institutions officielles portent les noms de ces valeureux algériens, qui n’ont jà aucun moment hésité dans le choix de leur combat ou de leurs idées pour se ranger résolument au coté du peuple algérien et d’être de tous les combats au profit du seul pays qui est le leur c’est-à-dire l’Algérie.
    Une pensée à tous nos chouhada parmi lesquels figure Fernand Yveton et à tous ces autres algériens, disparus ou vivants encore, qui on consacré leurs vies à leur pays »
    .

    SOURCE : http://www.setif.info/article7061.html

     

    « Dans la bibliothèque fachosphère il y a un livre qui s’appelle « J’accuse de Gaulle » que je vous déconseille VIVEMENT... Je préfère relire « J’accuse le général Massu » de Jules Roy.2017 : année importante pour la Mémoire écrit un adhérent de la FNACA il a sans doute raison… car un vent mauvais risque de se lever… »
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