• L’historien Joseph Pinard : En 1936 « Les musulmans étaient ce qu’on appelait des “invisibles” L’après Charlie Besançon : à l’école La laïcité par l’exemple

    L’historien Joseph Pinard : En 1936 « Les musulmans étaient ce qu’on appelait des “invisibles”  L’après Charlie Besançon : à l’école  La laïcité par l’exemple

    Joseph Pinard est agrégé d’histoire. Photo Ludovic LAUDE

    L’historien Joseph Pinard : En 1936 «Les musulmans étaient ce qu’on appelait des “invisibles”

    L’historien Joseph Pinard : En 1936 « Les musulmans étaient ce qu’on appelait des “invisibles”  L’après Charlie Besançon : à l’école  La laïcité par l’exemple

    L’historien Joseph Pinard : En 1936 « Les musulmans étaient ce qu’on appelait des “invisibles”  L’après Charlie Besançon : à l’école  La laïcité par l’exemple

    L’après Charlie Besançon : à l’école

    La laïcité par l’exemple

    Les suggestions de l’historien Joseph Pinard pour la formation des enseignants. À partir d’un fait précis

    Besançon. La Chambre des députés, le 6 juin 1936. Le Front populaire vient de gagner les élections. À peine installé, Léon Blum, le nouveau Président du conseil (des ministres) subit à la Chambre une violente attaque sur ses origines. De la part de Xavier Vallat, député d’extrême-droite, futur « commissaire aux questions juives » sous Vichy.

    « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif », lâche Vallat. Au « perchoir » de la Chambre, son président, le radical Edouard Herriot, une figure de la IIIe République, réplique aussitôt : « M. Vallat, je ne connais dans ce pays, ni juifs comme vous dites, ni protestants, ni catholiques. Je ne connais que des Français ».

    Cette scène, Joseph Pinard l’a reprise et commentée dans un de ses ouvrages, paru en 1997, « Antisémitisme en Franche-Comté, de l’affaire Dreyfus à nos jours » (1). « Il serait bien utile, je pense, que l’extrait du Journal Officiel consacré aux débats du 6 juin 1936, soit étudié dans le cadre de la formation des enseignants », suggère-t-il.

    Cette idée lui trottait dans la tête depuis un bon moment. Puis elle lui est apparue comme une évidence après les attentats de Paris. Lui, l’ancien de Normale Sup’, qui dirigea à Besançon le centre de formation des profs de collèges pour toute la Franche-Comté.

    Mais, en relisant les mots d’Herriot après ces massacres, l’historien a aussi pris conscience, davantage que dans un autre contexte, d’une sorte de «chaînon manquant» dans la rhétorique de ce personnage symbole de la République. « S’il avait vécu aujourd’hui, dans son énumération, Herriot aurait forcément mentionné les musulmans.»

    Les trois pères

    En 1936, cet oubli était courant. « Les musulmans étaient ce qu’on appelait des “invisibles”. Surtout ceux d’Algérie » (pourtant française depuis déjà un siècle à l’époque), « et ils n’avaient même pas le droit de vote », relève Joseph Pinard. Il fait alors le lien avec une plaquette d’inspiration, disons, «citoyenne», « Les Nord-Africains à Besançon, de la Libération à la guerre d’Algérie » (2).

    Ce document, il en fut l’un des initiateurs et rédacteurs, en 1997. Une façon de valoriser l’apport de ces populations immigrées dans la vie locale, économique notamment. Alors que leurs conditions d’existence sont souvent difficiles.

    « Il est important de rendre compte de l’histoire des gens privés d’histoire, précisément», souligne le Bisontin. En phase avec les mots et le vécu de l’historien Benjamin Stora, ce spécialiste de l’immigration, né dans la communauté juive de Constantine, en Algérie.

    Joseph Pinard songe aussi à ces trois catholiques comtois qui ont ouvert des chemins pour rapprocher les peuples et les religions au XXe siècle : les pères André Chays, Pierre Chaillet et Jean Flory. Croyants, œcuméniques, résistants.

    Partir d’Herriot corrigeant Vallat, évoquer le « vivre ensemble » à travers la laïcité, la lutte contre l’antisémitisme et toute forme de racisme. Le tout, à partir d’exemples locaux, car la proximité « parle » aux élèves. Telles sont les préconisations du Bisontin (3). Déjà parvenues sur le bureau du recteur. L’après-Charlie, ça commence aujourd’hui.

    (1) Publié chez Cêtre à Besançon, ce livre de 300 pages est épuisé. (2) Des exemplaires de cette plaquette d’une cinquantaine de pages sont disponibles à la mairie de Besançon. (3) Sur ces thèmes, Joseph Pinard est l’invité de l’émission « L’Histoire en marche », de Jean Lebrun, sur France Inter, ce vendredi 6 février de 13 h 30 à 14 h (et non vendredi dernier comme annoncé dans notre journal à la suite d’une erreur de programmation).

    Joël MAMET

    SOURCE : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2015/02/05/a-l-ecole-la-laicite-par-l-exemple 

     

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