• L’OAS et la France coloniale célébrées *** Roger Hillel a porté plainte contre les nostalgiques du colonialisme en Algérie

    L'OAS et la France coloniale célébrées

     Roger Hillel a porté plainte

    contre les nostalgiques du colonialisme en Algérie

    L’OAS et la France coloniale célébrées

    Georges BARTOLI / Fedephoto

    L’ouvrage de notre confrère Roger Hillel retrace

     le combat d’associations contre la réécriture locale

     de l’histoire franco-algérienne.

    « C’est une bataille que nous avons perdue », mesure sans désespérer Roger Hillel. Dans son livre la Triade nostalgérique, le journaliste au Travailleur catalan revient sur les étapes clés qui ont à ses yeux fait du Perpignan d’aujourd’hui « la capitale de l’Algérie française ». En 2003, une stèle est érigée à la gloire des criminels de l’OAS dans le cimetière communal nord. En 2007, un mur des Français d’Algérie disparus, truffé d’erreurs, est édifié. En 2012, enfin, le Centre national de documentation des Français d’Algérie, qui donne une vision « édulcorée, frelatée et incomplète de l’histoire », est inauguré. « Dans les deux derniers cas, nous avons fait face au Cercle algérianiste des Pyrénées-Orientales, qui était à la manœuvre et a complètement tourné le dos à l’histoire scientifique. Ces nostalgiques de la colonisation ont transformé leur mémoire en histoire officielle, avec la complicité des institutions. »

    L’ancien professeur d’université raconte dans son récit comment le collectif citoyen Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, et l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis, dont il fait partie, ont tenté, mètre après mètre, de s’opposer non pas au devoir de mémoire, mais à la sacralisation d’une vision unilatérale des événements allant de 1830 à 1962. « Pour être efficaces et pleinement utiles, nous nous sommes rendu compte qu’il fallait absolument recourir aux travaux des historiens plutôt que de s’affronter sur le terrain des idéologies. Nous avons tout fait pour dépassionner le débat, avec des spécialistes de tous bords, pour en finir avec les guerres de mémoire, et honorer toutes les victimes. Mais nos efforts ont sans cesse été repoussés par la municipalité », regrette-t-il.

    Paul Alduy, maire de la ville de 1959 à 1993, parlait déjà en son temps de la « légitimité » des opérations terroristes de l’OAS. Son fils Jean-Paul Alduy (UDF, puis UMP, puis UDI), maire de 1993 à 2009, a lui aussi courtisé l’électorat pied-noir le plus réactionnaire. « Mais c’est vraiment son premier adjoint, et maire actuel, Jean-Marc Pujol (UMP), qui a permis au Cercle algérianiste de se livrer à une surenchère mémorielle », analyse Roger Hillel. L’élu visé, qui avait balayé d’un revers de main la possibilité d’un comité scientifique pluriel pour le Centre de documentation, sous le prétexte fallacieux que recourir, en partie, à des historiens communistes, c’est « comme si on me demandait d’intégrer des anciens nazis repentis pour parler du IIIe Reich », met aujourd’hui en berne les drapeaux de la mairie de Perpignan tous les 19 mars, date anniversaire de la fin des combats entre l’armée française et le FLN.

    La première partie de cette « triade » a été inaugurée dans le secret en 2003 à l’initiative de l’Adimad (1) avec le soutien de la municipalité. Le Mrap et la LDH, entre autres, l’apprennent en 2006. Et tombent des nues en voyant cette stèle dédiée « aux fusillés, aux combattants pour que vive l’Algérie française ». Y sont gravés les noms d’une centaine d’activistes de l’OAS, considérés comme « martyrs » et « résistants » par les nostalgériques. L’action de collectifs progressistes contre ce monument, et ses jumeaux de Marignane et Aix-en-Provence, obtiendra des modifications, mais jamais leur retrait complet.

    Le cas du mur en hommage aux Français d’Algérie disparus est moins scandaleux. Pensé pour les civils pieds-noirs morts durant le conflit, « il aurait pu pleurer toutes les victimes de la guerre, mais possède pleinement sa légitimité, et vient soulager la douleur réelle de tous ceux qui ont perdu des proches », argumente Roger Hillel. Mais là où le bât blesse, c’est que des noms de membres de l’OAS y figurent quand celui du communiste Maurice Audin est absent. « Plus surprenant encore, il compte environ 40% d’erreurs, selon le calcul de l’historien Jean-Jacques Jordi, pourtant loin d’être hostile au Cercle algérianiste. À peu près 900 noms ont été gravés abusivement, dont ceux de personnes qui ont survécu à la guerre ! Ceux-là, nous les avons fait retirer », poursuit Roger. Les promoteurs du mur payent ici leur aversion totale pour les historiens, et entachent un monument pourtant utile. Ils maintiennent encore aujourd’hui cette liste, sous prétexte qu’elle émane du ministère des Affaires étrangères, qui, pour sa part, précise qu’elle ne peut « être considérée comme officielle ».

    Le tour de force final est arrivé avec le Centre de l’œuvre française en Algérie, depuis rebaptisé pour voir le jour dans le couvent Sainte-Claire, « ancienne prison où est emprisonnée l’histoire », déplore Roger Hillel. À l’intérieur, il a eu un haut-le-cœur. La présence française en Algérie y est « glorifiée » sans contre-point de vue. On y célèbre la conquête de l’Algérie « sans parler des massacres, sans parler des dépossessions foncières, sans parler du Code de l’indigénat ! La vitrine sur les huit années de guerre est partielle et ne mentionne même pas l’OAS ».Ce centre fut inauguré en présence de Gérard Longuet, ancien fondateur du groupuscule d’extrême droite Occident, à l’époque ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, qui avait tenu à faire passer un message contre ce qu’il appelle « la repentance ».

    « À Perpignan, dans le sud, et dans le reste de la France, tout cela participe à la réhabilitation des idées colonialistes dans un climat où droite et extrême droite se concurrencent. C’est extrêmement grave ! Partout, ce modèle, en Algérie, en Afrique du Sud, en Irlande du Nord, en Israël, n’a apporté que des drames terribles et mené les peuples dans le mur », conclut Roger Hillel.

    L’OAS et la France coloniale célébrées 

    Roger Hillel a écrit un livre qui montre la falsification de l’histoire par les nostalgiques du colonialisme français en Algérie: La triade Nostalgérique. Ce livre lui vaut d’être violemment attaqué par ceux qui, avec la mairie de Perpignan, ont mis le drapeau français en berne le 19 mars, jour du cessez-le-feu en Algérie. Les nostalgériques ont dénoncé  Roger Hillel comme un «hypocrite » et « un Homme de Haine ». Roger a porté plainte  en justice pour insulte et 13 organisations le soutiennent dont l’AFPS66. La date du procès n’est pas encore fixée.

    Nous nous sentons tous insultés par les attaques dont il est l’objet. Au travers de Roger Hillel, c’est le combat contre toutes les formes du colonialisme, toujours d’actualité, qui est attaqué.

             Tout comme notre action contre le colonialisme israélien en Palestine, n’a rien à voir avec l’anti sémitisme (nous l'avons toujours combattu), il n’y a évidemment pas la moindre haine dans le livre de Roger Hillel contre les Français et les européens qui ont vécu en Algérie. Ils ont été à l’heure de l’exil eux aussi  des victimes.

             Ce n’est pas la présence de ces hommes et de ces femmes sut le sol algérien qui était en cause. Ce qui était en cause, c’était la présence en Algérie d’un système colonial d’occupation militaire, de racisme et d’oppression. C’est cela que le peuple algérien a combattu.

              Mais le système colonial français était prêt à tout pour défendre ses privilèges et ses profits. Il a savamment divisé les diverses communautés vivant en Algérie en instituant la discrimination sociale, raciale et religieuse. Diviser pour mieux régner… Voila où était l’hypocrisie et la haine.

    L’Algérie d’hier et la Palestine aujourd’hui

            Un théoricien du mouvement ouvrier disait que lorsque l’histoire se répète, c’est pour tourner à la farce ou à la tragédie. Les nostagériques de la mairie de Perpignan, aimeraient faire bégayer l’histoire. Ils s’obstinent. : ils ont planté au cimetière de Perpignan une stèle honorant des terroristes de l’OAS. Ils voudraient que la roue de l'histoire tourne à l’envers. Nous sommes ici du côté de la farce, mais elle ne devrait plus faire rire personne…

    Hélas en  Palestine, l’histoire du colonialisme se répète aussi, mais là- bas c'est sous forme de tragédie : au camp palestinien de Yarmouk en Syrie où vivaient plus de 500 000 réfugiés, à Gaza, à Jenine, à Hébron. Depuis la Naqba, l’histoire du colonialisme en Palestine est comme  un chapelet de sang s’étirant à l’infini.

          Nous avons raison de nous opposer à tous les colonialismes, aux nostalgiques et aux nostalgériques. Le colonialisme est toujours une atteinte à notre humanité commune. Quant à nous, ce n’est pas la haine qui nous guide, mais au contraire la recherche de la paix et de la justice entre les peuples. C’est pourquoi nous sommes aux côtés de Roger Hillel.

     J. Perez

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    http://francepalestine66.blogspot.fr/2015/09/video-de-la-conference-de-presse-contre.html?view=timeslide&m=1

     

     

     

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