• La chronique de Jacques Pilet : le fossé avant la guerre

    La chronique de Jacques Pilet :

     le fossé avant la guerre ?

    La chronique de Jacques Pilet :   le fossé avant la guerre

    Jacques Pilet est né le 18 octobre 1943 à La Tour-de-Peilz, canton de Vaud, Suisse est un journaliste et créateur de journaux suisse.

    Stupeur devant l’horreur. Gêne devant le déferlement des télés. Qui attisent le voyeurisme, parlent sans savoir, blablatent et font blablater en vain.
    La honte devant les politiciens de l’opposition qui sont tous sortis en pagaille au moment où seule l’émotion digne aurait dû s’exprimer. Quel désastre. Quel ridicule aussi : qui peut croire qu’un gouvernement différent serait à l’abri de tels attentats?
    Il est vrai que la municipalité de Nice, dont Christian Estrosi est le chantre déchaîné, aurait pu interdire l’accès de la promenade des Anglais aux véhicules avec des obstacles, aurait aussi pu renoncer aux feux. Tempêter contre l’Elysée n’est ici qu’une manœuvre préélectorale.
    Le pouvoir, quant à lui, a perdu la confiance des Français. Non sans raison. Nombre de mesures ont été prises, il est vrai. Mais tant de lacunes subsistent encore. Un rapport parlementaire a mis en lumière la gabegie des services de police et de renseignements qui ne communiquent pas entre eux et analysent mal les tuyaux qu’ils obtiennent. Le ministre de l’Intérieur y a prêté peu d’attention. Il annonce la mobilisation de 12 000 réservistes qui joueront les plantons dans les endroits sensibles. Pourquoi pas ? Mais ils n’auraient pas arrêté le camion fou.

    Il serait temps aussi d’examiner la toile de fond de ces tragédies qui ont fait 250 morts en dix-huit mois. Tous les musulmans, loin de là, ne sont pas des terroristes potentiels. Mais tous ces criminels se revendiquent de l’islam. Presque tous sont Arabes.
    Que s’est-il passé alors que, pendant des décennies, ces communautés ne paraissaient nullement tentées par la violence ?
    Une forme haineuse de cette religion s’est répandue sous l’impulsion de l’Arabie saoudite: le salafisme. Les milliers de mosquées ainsi financées ont posé le paysage. En France et ailleurs. C’est sur ce terreau que Daech a pu diffuser sa propagande auprès de jeunes gens en révolte, très divers, tous tentés par le nihilisme prometteur du salut. Le tueur de masse niçois était un voyou violent, perturbé.
    Empêtré dans ses problèmes, il a voulu en finir et a trouvé dans la logorrhée djihadiste l’occasion, croyait-il, de se grandir. D’après les traces de son ordinateur et ses voisins, il se serait radicalisé en quinze jours ! La leçon: point n’est besoin d’ordres venus de Syrie, de réseaux organisés, pour faire très mal. L’heure est aux solitaires, récupérés ensuite par l’organisation terroriste.

    Prétendre riposter en larguant quelques bombes de plus sur Raqqa est dérisoire. Ou contre-productif. L’offensive, notamment française, aussi compréhensible qu’elle ait été, ne fait qu’envenimer l’abcès. L’EI recule sur le terrain mais étend ses métastases ailleurs. Cela alors qu’Occidentaux et Russes, même pas unis, se retrouvent bien seuls dans cette guerre. La puissante armée saoudite n’y touche guère. Beaucoup de musulmans y voient le prolongement des opérations militaires en Afghanistan, en Irak, en Syrie et en Afrique. Comment croire que l’Ouest viendra à bout des conflits qui déchirent d’abord le monde musulman ?
    Renforcer le système sécuritaire, bien sûr. Mais la France devra s’interroger sur sa réalité sociologique. Dix pour cent de la population sont Arabes. Une part s’est vraiment intégrée. Un autre pan est resté dans l’ombre. Sans institutions. Sans voix. Dans un environnement marginalisé et frustrant. Face à une méfiance et une hostilité qui ne cessent de monter dans de hauts cris.

    Un fossé apparaît, longtemps ignoré. C’est une vieille histoire qui remonte: l’héritage d’une guerre d’Algérie jamais digérée, avec un nœud de reproches croisés, de culpabilités rentrées, de haines enfouies. L’antagonisme n’est pas qu’une dimension religieuse, le passé colonial empoisonne encore la relation entre Français et Arabes.
    Redoutable engrenage. L’exigence sécuritaire, la méfiance des citoyens, la menace des politiciens qui rêvent d’enfermer les basanés ombrageux, tout cela s’impose, dit-on, comme la seule réponse possible. Dès lors la peur monte des deux côtés, les regards mutuels changent. La cassure se creuse. Non dite, non reconnue, non débattue.

    Qui le dira? Qui agira ? Sûrement pas les actuels prétendants au trône qui se chamaillent sans la moindre hauteur de vue.
    Si rien n’est fait, dans la durée, dans la profondeur, pour bâtir des ponts, aller à la racine des maux, le pire est à venir. Il s’appelle une guerre civile larvée.

    jacques.pilet@ringier.ch 

     

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    La chronique de Jacques Pilet :   le fossé avant la guerre

    Cette guerre menée depuis 2001 en Afghanistan a fait des centaines de milliers de victimes toutes aussi innocentes, toutes aussi civiles… que les victimes de Nice… mais de cela peu de monde en parle en France ?  et surtout pas la France officielle

    Syrie : La France bombarde des enfants

    Au moins 256 civils syriens dont plusieurs dizaines d’enfants ont été tués mardi 19 juillet dans des frappes de la coalition internationale menée par Washington. Les frappes ont été effectuées par  l’aviation française dans le village de Toukhar, dans le nord de Manbij.

    «Les habitants fuyaient les combats dans le village d’al-Toukhar lorsque les attaques aériennes ont eu lieu à l’aube», a indiqué à l’AFP, Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

    Le ministère syrien des Affaires étrangères appelle les Nations Unies à condamner « le massacre sanglant dans le village de Toukhar, dans le nord de Manbij, où des dizaines de civils ont été tués, dont la plupart sont des enfants, des femmes et des vieillards ».

    Le document contient un appel invitant la communauté internationale à condamner fermement « le massacre sanglant dans le village de Toukhar, dans le nord de Manbij, où des dizaines de civils ont été tués, dont la plupart sont des enfants, des femmes et des vieillards ». Le ministère syrien précise que les frappes aériennes ont été menées par l’aviation française, qui fait partie de la coalition antiterroriste internationale menée par les Etats-Unis.

    Nous vous rappelons que ce n’est pas la première fois que la coalition internationale menée par les USA bombarde des civils en Syrie. Déjà lundi, au moins 21 civils ont perdu la vie dans des raids aériens de la coalition internationale sur Manbij et al-Toukhar.

    https://www.facebook.com/jacques.jausseran 

     

     

    « Nous faire peur et nous diviser. Quand les racistes deviennent les idiots utiles de Daesh... Halte à la guerre ! Halte à l’état de guerre. Leurs bombes, nos morts »
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