• La Mairie de Paris communiquait en 2015 : "Le 8 mai 1945 : Paris était une fête... Toutefois, il ne faut pas oublier l'autre 8 mai 1945... à Sétif et Guelma

     

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    Le 8 mai 1945 : Paris était une fête

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    Le 8 mai 1945, les Alliés l'emportent définitivement sur l'Allemagne nazie. Une date que la France commémore depuis 1953 et qui reste le souvenir d'un moment de liesse populaire sans exemple dans l'histoire de la capitale. Retour en images sur ces heures de fêtes au son de l'accordéon.

    Pour comprendre la joie qui saisit les Parisiens le 8 mai 1945, il faut commencer par un retour en arrière. Retracer les heures noires qui donnent tout son relief à cette fête.

      L’occupation

    La IIIe République était un régime instable, vulnérable dans son pacifisme face à l'impérialisme Allemand. A la fin des années 1930, Hitler tente plusieurs coups de force, s’arroge l’Autriche, prend  la Tchécoslovaquie, envahit la Pologne. Quand la France lui déclare finalement la guerre, la débâcle est immédiate.

     

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    Parade de l'armée allemande sur les Champs-Elysées (Bundesarchiv Bild)

    Très vite, la Wehrmacht entre dans Paris et prend possession de la capitale. Le drapeau tricolore est remplacé par des oriflammes nazis, l’armée du Reich défile sur les Champs-Elysée. L’Abwehr prend ses quartiers à l’Hôtel Lutétia et la Gestapo rue Lauriston.

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    Occupation allemande. Sortie de métro. Paris, 1942. © Laure Albin Guillot / Roger-Viollet 

    Pendant quatre années, les Parisiens vont vivre à l’heure allemande. Etoiles jaunes, rationnement, raffles, exécutions sommaires, panneaux de signalisation en allemand. Un long chemin de croix.

      La Libération de Paris

    En août 1944, alors que les troupes alliées progressent dans le bocage normand, Paris se soulève.

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    Libération de Paris. FFI en action à la fenêtre de la Préfecture de Police, 25 août 1944.    © LAPI / Roger-Viollet

    Avec à leur tête Rol-Tanguy et Jacques Chaban-Delmas, les insurgés encerclent les positions de l’ennemi. Ils sont peu nombreux, mal équipés, manquent de tout, surtout de munitions. Mais l’enthousiasme leur permet de tenir.

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    Libération de Paris. Tanks français, place de l'Hôtel de Ville. Août 1944.    © Roger-Viollet

    Bientôt, la 2e DB du Général Leclerc fait une percée. Les Allemands envisagent de faire sauter la capitale. Finalement le général Von Choltitz capitule. Le 25 août, le général De Gaulle arrive et depuis les balcons de l’Hôtel de Ville prononce son fameux discours : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

    Le 8 mai 1945

    La guerre se poursuit pourtant, plus loin vers l’Est. Et ce n’est que le 2 mai 1945 que Berlin tombe enfin. Le 7 mai, le maréchal allemand Alfred Jodl signe sa reddition à Reims. Pour complaire à Staline, une nouvelle reddition est signée à Berlin le 8 mai.

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    Manifestation sur les Champs-Elysées pour la Victoire. Paris, 8 mai 1945.    © LAPI / Roger-Viollet 

    Dans le monde entier, la joie explose. A Paris notamment, le peuple descend dans la rue. Il fait beau, garçons et filles se mêlent dans une démonstration de bonheur collectif qui n’a pas d’exemple. 50 ans plus tard, la France championne du monde de football réunira à son tour des foules immenses sur les Champs-Elysées. Mais rien à voir avec ce soulagement, cet embrasement qui s'emparent des Parisiens après quatre années de crainte et de soumission.

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    Manifestants brandissant une caricature d'Hitler pour célébrer la Victoire. Paris. 8 mai 1945.    © Roger-Viollet

    On s’amuse et on moque l'occupant d'hier en promenant des caricatures du chancelier criminel.

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    Manifestation place de l'Opéra pour la Victoire. Paris. 8 mai 1945.    © LAPI / Roger-Viollet

    Sur la Place de l’Opéra, une foule compacte s’est massée. On y brandit des images où l'on reconnait les grands hommes du moment. De Gaulle, qui de Londres a dirigé la France Libre.  Roosevelt, le Président du New Deal, l’homme au trois mandats consécutifs qui est mort le 12 avril. Staline aussi, qui a vaincu à Stalingrad avec son armée rouge et versé le plus lourd tribut dans cette guerre, puisque l'URSS compte plus de 20 millions de morts. Enfin, Churchill qui avait promis du sang, de la sueur et des larmes à son peuple, mais qui avait également dit : " L’Angleterre s’écroule dans l’ordre et la France se relève dans le désordre.

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    Bal improvisé dans une rue. Paris. 8 mai 1945.    © LAPI / Roger-Viollet

    Dans quelques mois, les blocs de l’Est et de l’Ouest deviendront des ennemis irréconciliables, un mur traversera Berlin. Mais on n’en est pas là. On s’amuse. En improvisant des bals dans la rue. Un accordéon et c’est parti.

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    Les magasins du Printemps décorés. Paris. 8 mai 1945. Photo colorisée.    © LAPI / Roger-Viollet

    Même les magasins du Printemps s’étaient pavoisés pour l’occasion.

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    Toutefois, il ne faut pas oublier que le 8 mai 1945, dans le Constantinois, en Algérie française, des émeutes nationalistes sont réprimées dans le sang à Sétif et Guelma. Des événements qui sonnent le début de violences qui finiront pas une autre guerre : la guerre d'Algérie.

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    Comme chaque année, des Français (pas tous) associeront la commémoration de deux événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 : la victoire des Alliés sur le fascisme d’une part, les massacres du Nord-Constantinois de l’autre.

    Communiqué commun 

    L’AUTRE 8 MAI 1945

    Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants.

    Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Kherrata et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, les milices armées par les autorités locales, l’Armée Française, agissant sur ordre de l’exécutif. C’est après cette répression massive que l’on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes Européennes.

    Amputer notre histoire commune par l’occultation de ce crime d’Etat ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire. Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était « injuste » et « niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes », il faut qu’il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945.Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. Todeschini, demeure très en-deçà de cette demande.

    En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l’unanimité au chef de l’Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d’Etat. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, de Nanterre et d’Ivry-sur-Seine. Le 14 avril 2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s’est constitué. Outre cette reconnaissance, il demande : l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Education Nationale comme dans les médias publics.

    RASSEMBLEMENT UNITAIRE
    8 mai 2016 à 16h00
    Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris
     

    Organisations appelant à ce rassemblement (au 1er Mai 2016)

    Associations : 4 ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la guerre ), ACCA (Association Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie), AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique), AMDH-Paris-IDF (Association Marocaine des Droits Humains Paris /Ile de France), APCV (Association pour la Promotion des Cultures et du Voyage) , Association culturelle Les Oranges, Association Rennes-Sétif, Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis), Au nom de la Mémoire, ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), CANVA (Coordination Action Non- Violente de l’ Arche), Cercle de Résistance (Collectif – Paris), CMF (Collectif des musulmans de France), Collectif ni Guerre ni Etat de Guerre, Comité Justice et Vérité pour Charonne, CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), Droits devant !!, Europalestine, Emancipation, FARR (Franco-Algériens Républicains Rassemblés), FASTI (Fédération des Associations avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), Les Amis de l’Algérie (Rennes), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Réfractaires non-violents à la guerre d’ Algérie de 1959 à 63, Sortir du Colonialisme, UJFP (Union Juive pour la Paix) ...

     Syndicats : CNT (Confédération Nationale du Travail, Union Syndicale Solidaires,

     Partis Politiques : Alternative Libertaire, EELV (Europe Ecologie Les Verts), Ensemble, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PG (Parti de Gauche).

    C'était le 8 mai 2015 rappelons-nous

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    « La réhabilitation des généraux putschistes, en 1982 avec le recours à l’article 49.3. Cet article sera-t-il utilisé concernant "la Loi Travail" ?50 nuances de (vert-de) gris »
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