• La mission civilisatrice de la France en Algérie *** « On ne civilise pas les gens à coups de gégène et de guillotine ».

     

     

    La mission civilisatrice de la France

     en Algérie

    La mission civilisatrice de la France en Algérie *** « On ne civilise pas les gens à coups de gégène  et de guillotine ».

    « On ne civilise pas les gens à coups de gégène

    et de guillotine ».

    La mission civilisatrice de la France en Algérie *** « On ne civilise pas les gens à coups de gégène  et de guillotine ».

     

     

    Cette contribution est une réponse aux élucubrations islamophobes et racistes de Véronique Jacquier, Docteure en criminologie licenciée en psychologie. 

    Les historiens de l’époque coloniale  se sont évertués à brosser un tableau sombre de l’époque ottomane de l’Algérie, pour légitimer l’horrible colonisation, et la présence française en Algérie. Ils vont alors répandre un certain nombre d’idées pour le moins erronées, voire mensongères, dont : L’Algérie n’était qu’un repaire de corsaires vivant et s’enrichissant surtout du pillage de l’Europe, thèse trompeuse que Véronique Jacquier est venue claironner, écoutons-là :

    « La France a colonisé l’Algérie pour mettre fin à la piraterie barbaresque et à l’esclavage en Méditerranée, pratiqués à l’époque celle elle par les musulmans ». Bien entendu elle profitera pour y ajouter sa toute islamophobe :

    « En 1830, l’Algérie c’était rien du tout ». Voilà en résumé le point de vue de Véronique Jaquier pour occulter la barbarie et les saccages des français. C'est souvent par ce genre de beaux discours qu'on tente de tromper les françaises et les français qui ne sont pas responsables de la folie des hommes politiques et militaires, en maquillant des vérités pas belles à dire ou à entendre, pour justifier les crimes contre l’humanité et les génocides commis par la France en Algérie.

    Les archives et la mémoire sont là pour contredire cette docteure en criminologie licenciée en psychologie, devenue circonstanciellement historienne le temps de cracher son venin trompeur et mensonger, en oubliant volontairement le témoignage du lieutenant-colonel Lucien-François de Montagnac, officier durant la conquête d’Algérie (Lettres d’un soldat, 15 mars 1843) :

     - « Toutes les populations qui n'acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d'âge ni de sexe: l'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis le pied. Voilà comment il faut faire la guerre aux algériens : tuer tous les hommes jusqu'à l'âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens.

    Faut-il rappeler à la véronique jaquier que la France s’est livrée au nom de ce qu’elle considère toute honte bue une mission civilisatrice, à une guerre bactériologique en empoisonnant les puits, sans parler de la destruction systématique des cultures. Le général Thomas-Robert Bugeaud (1784-1849), par exemple, organisa de façon systématique le massacre de populations civiles en enfermant les gens dans des grottes afin de les gazer en les enfumant. Il se vantait même de chercher à exterminer les Arabes: « C’est la guerre continue jusqu’à extermination… Il faut fumer l’Arabe! »

    Véronique Jaquier faites-vous semblant d’ignorer aussi que des tribus entières arabes et berbères, furent rayées de la carte. Alors que la population algérienne était estimée à quelque trois millions en mille huit cent trente, elle n'en comptait plus que deux millions en mille huit cent quarante-cinq. Aujourd'hui, on n'hésiterait guère à parler d'une forme de génocide. En mille huit cent quarante-trois, le général Bugeaud reçut la grande croix de la Légion d'honneur, puis fut fait maréchal de France en récompense de ses loyaux services criminelles. Convenez que ce genre de reconnaissance nationale est un déshonneur qui déshonore beaucoup plus que le déshonneur.

    Quant à la colonisation française proprement dite, elle peut étre résumée à travers la déclaration du général Louis Juchault de Lamoricière : 

    - « En vue d'atteindre notre objectif, il est nécessaire de faire appel aux colons européens, et ce, parce que nous ne pouvons en aucun cas faire totalement confiance aux algériens. Ces derniers profiteront de la première occasion pour se soulever contre nous. La soumission des Arabes à notre autorité ne constitue qu'une phase transitoire nécessaire entre la guerre d'occupation et la véritable conquête. La seule chose qui nous permette d'espérer pouvoir un jour affermir nos pas en Algérie, c'est de peupler ce pays par des colons chrétiens. Pour cela, nous nous devons de tout mettre en œuvre pour attirer le plus grand nombre de colons immédiatement en Algérie et les encourager à s'y établir en leur attribuant des terres dès leur arrivée ».

    Ainsi les colons firent main basse en expropriant les terres des algériens, comme les pirates évoqués par véronique jacquier pour blanchir un ethnocide commis au nom d’une colonisation, prétendument pour mettre fin à la piraterie barbaresque et à l’esclavage en Méditerranée pratiqué à l’époque par des musulmans.

    A agissant en vrais pirates,  les colons français firent main basse en expropriant les terres des algériens, Alexis de Tocqueville ne s'empêchait pas de dire: « Quoi qu'il en soit, on peut dire d'une manière générale que toutes les libertés politiques doivent être suspendues en Algérie.» comme la plupart de ses contemporains, il se faisait l'avocat de mesures radicales dans la conquête de l'Algérie. Cette conquête lui apparaissait à l'époque comme une nécessité pour maintenir la France dans son entreprise d'expansion coloniale, sans se demander quel pouvait être l’avenir d’un pays livré à l’injustice et où aboutirait cette cascade de violences et d’injustices, sinon à la révolte des algériens.

    L'idéologie de l'époque trouvait en partie sa justification dans la présumée « supériorité de la race française» sur la « race algérienne dite indigène ». Jules Ferry, l'un des fondateurs de l'éducation moderne française à l'origine des grandes lois scolaires républicaines instituant la gratuité, l'obligation et la laïcité de l'école, avait déclaré à ce sujet, le 28 juillet 1885, lors d'un débat à la Chambre des députés:

    « Messieurs, Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Jules Ferry ignorait alors qu’il arrivera un jour où cette présumée race inférieure, viendra sauver la France d’une piraterie barbaresque pratiquée non par des musulmans, mais par un fascisme qui a mis la France à feu et à sang ».

    Jules Ferry  était convaincu que la France avait une « mission civilisatrice en Algérie ». Une mission accomplie il faut le préciser, avec la guillotine, la gégène et autres moyens de tortures, une rapine incalculable, une injustice débordante, et une école de deux collèges indigne d’une nation qui se targue civilisée et civilisatrice. Pour rappel, C'est sous son autorité que le fameux Code de l’indigénat fut promulgué le douze juin dix-huit-cent quatre-vingt et un, pour s’approprier l’homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n’était pas le droit, c’en est la négation. La France fit pire en imposant à l'Algérie (ainsi qu'à toutes ses autres colonies) le Code de l’indigénat qui correspondrait aujourd'hui à une forme déguisée d’esclavage des populations autochtones, car elle les dépouillait de toute leur identité.

    Véronique Jacquier, je préfère m’arrêter ici, bien que l’histoire de la colonisation française de l’Algérie, est douloureusement longue, si longue que tous les murs de votre pays ne suffiront pour l’écrire.

     Alors parler de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie.

    Le 14 Juillet 2020

    Nourredine BELMOUHOUB

    Défenseur des droits de l’homme. 

     

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  • Commentaires

    2
    Pellissier Claude
    Samedi 18 Juillet à 13:40
    Les mensonges pour faire accepter la colonisation ne manquaient pas. J'ai appris à l'école primaire vers 1950 que la France était intervenue parce que le Dey d'Alger avait souffleté notre ambassadeur.
    On m'a dit plus tard qu'il avait osé réclamer le paiement d'une livraison de blé faite des décennies plus tôt.
    1
    Samedi 18 Juillet à 10:11

    Je crois me rappeler que la conquête de l'Algérie a commencé en 1830 sous Charles X et qu'elle n'a aboli l'esclabage qu'en 1848 ! Jusque là la traite des Nègres avait été rationalisé avec le commerce triangulaire. 

    Les Etats-Unis, champions de l'anticolonialisme, ont continué à profiter de l'esclavage des Noirs bien après 1848 ! Et ils n'ont fini par leur accorder leurs droits civiques qu'il y a peu.

    Reconnaissons que les Barbaresques ottomans réduisaient, circonstances aggravantes, en esclavage, les Blancs des bateaux qu'ils arraisonnaient.

    Les puissances impérialistes, comme la Belgique, la France, avaient remplacé l'esclavage par le travail forcé. Evidemment il y avait une nuance !

    Quant au routes, ponts, chemins de fer, hôpitaux, écoles, ports... on sait que ce sont les gros colons et les généraux d e l'armée française qui pelle et pics en main et brouette à portée, qui les ont construits sous le regard paresseux des autochtones.

    Reconnaissons cependant que ces routes, chemins de fer, ports....permettaient d'exporter vers la puissance colonisatrice les productions algériennes.

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