• La Paix des mémoires n’est pas pour demain...

     

    Suite à mon article d’hier « Emmanuel Macron va s'occuper des harkis » voici les points de vue de deux médias, le premier est français et de tendance d’extrême droite « Boulevard Voltaire » le second est algérien «Algérie  Patriotique»  j’en déduis que la Paix des mémoires n’est pas pour demain...

    Michel Dandelot

     

    Emmanuel Macron veut s’occuper

     des harkis. Enfin ?

    Pour les plus jeunes ou pour ceux qui n’auraient pas vécu comme nous, à côté du célèbre camp de harkis de Bias, près de Villeneuve-sur-Lot, un petit cours d’histoire est nécessaire. Les harkis sont des combattants algériens supplétifs de l’armée française qui combattirent contre le FLN pendant la guerre d’Algérie. À l’indépendance, en 1962, des milliers d’entre eux étaient massacrés par les combattants du FLN qui les considéraient comme des traîtres, tandis que les plus chanceux purent gagner la métropole. D’abord « accueillis » dans des camps dans des conditions très souvent indignes, leur intégration ne fut pas toujours facile, malgré toute une série de lois, et tous nos Présidents (sans exception) se sont penchés sur leur sort pendant cinquante ans : reconnaissance comme anciens combattants, mesures sociales spécifiques, etc.

    Emmanuel Macron s’inscrit dans cette tradition, comme vient de l’annoncer, au Journal du dimanche, Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès du ministre des Armées. Il pourrait annoncer, le 25 septembre prochain – journée qui leur est consacrée -, une série de dispositions en leur faveur. Le Président et le gouvernement s’appuient sur un rapport du préfet Ceaux remis au ministre en juillet. Parmi les mesures annoncées, un fonds de 40 millions d’euros, le vote d’une résolution par le Parlement et un meilleur enseignement du rôle des harkis pendant la guerre d’Algérie.

    Mais à la base, ici par exemple, autour de Villeneuve-sur-Lot, où la communauté harkie est toujours bien implantée, ce rapport a été très mal reçu. L’un des responsables du Comité national de liaison des harkis (CNLH), le Villeneuvois Mohamed Badi déclarait, en juillet, lors d’une réunion à Sainte-Livrade-sur-Lot :

    « Ce rapport est inacceptable et le groupe de travail ne se reconnaît pas dedans. Il n’y a eu aucun débat, aucune concertation. On est mis devant le fait accompli. Aucun crédit supplémentaire n’est affecté afin de satisfaire à nos demandes de réparation. Cela reste du social. Nous demandions simplement de reconnaître l’abandon des harkis en territoire ennemi à travers une loi qui est exécutoire. Mais le rapport ne propose qu’une simple résolution qui, elle, ne l’est pas. »

    On peut comprendre la situation tragique des harkis et imaginer facilement la double peine qui fut la leur : rejetés là-bas et regardés de travers par certains ici. On constate aussi à quel point cette mémoire douloureuse de la guerre d’Algérie est à fleur de peau, surtout quand la France a accueilli, dans le même temps, une immigration algérienne importante.

    Qu’une partie de la solution passe par un enseignement moins idéologique de la guerre d’Algérie et de la colonisation, c’est indéniable, mais le candidat Macron n’avait guère montré la voie en parlant de « crime contre l’humanité ».

    Mais il serait temps, plus de cinquante ans après, de tourner la page, pourvu qu’elle soit écrite avec rigueur, justice et nuances. Ce qui n’est pas encore le cas. Cela permettrait peut-être d’envisager d’autres problèmes que ne soulèvent ni les associations de harkis ni le gouvernement.

    En effet, à côté d’exemples d’intégration exceptionnels (et, à Villeneuve-sur-Lot, on en connaît beaucoup, de la chanteuse Chimène Badi à d’autres, plus discrets, mais tout aussi réussis), la communauté harkie a elle aussi été touchée par le djihadisme. C’est ce que soulignait Jérôme Fourquet, citant le cas de Mehdi Nemmouche, dans une interview à Causeur : « Il y a un nombre non négligeable de descendants de harkis parmi les radicalisés. »

    Et puis il y a la persistance du rejet des harkis par les Algériens, y compris les Algériens installés en France : songeons à cette conseillère départementale LREM de 29 ans, Mounia Haddad, qui a été séquestrée deux jours durant par sa famille d’origine algérienne qui n’acceptait pas son projet de mariage avec un descendant de harki… Et cela n’a rien d’étonnant quand, sur le sujet épineux du retour des harkis en Algérie, on entend le ministre des moudjahidines, Tayeb Zitouni, déclarer : « Les traîtres n’ont pas de place sur le sol algérien. »

    En fait, le vrai problème des harkis, aujourd’hui, il est peut-être là.

    SOURCE : http://www.bvoltaire.fr/emmanuel-macron-veut-soccuper-des-harkis-enfin/ 

    Pieds-noirs et harkis : quand l’imposture s’ajoute aux crimes contre l’humanité

    Manifestation de pieds-noirs à Toulon lors de la venue d'Emmanuel Macron. D. R. 

    Par Kaddour Naïmi – L’oligarchie dominant la France relance encore la question des harkis, des pieds-noirs et autres ex-représentants colonialistes, en évoquant des «droits» à récupérer. C’est ajouter au crime contre l’humanité, en l’occurrence contre le peuple algérien et sa terre, l’imposture.

    En effet, qui étaient donc les harkis et les pieds-noirs dans leur grande majorité et essentiellement ? Les seconds étaient des profiteurs du système colonial et les premiers ses supplétifs indigènes, profitant, eux aussi, à leur manière, du même système colonial.

    Quant à ceux qui évoquent les «bienfaits» du colonialisme, donnant comme preuves les écoles, les lignes de chemin de fer, les routes, les barrages d’eau, les hôpitaux, les industries, l’agriculture, la «culture», etc., ceux-là oublient, ou feignent oublier, que toutes ces réalisations furent décidées et concrétisées d’abord, et principalement, pour servir les intérêts de l’oligarchie colonialiste de France et de ses représentants en Algérie.

    Faut-il encore rappeler ce qu’était le système colonial français en Algérie ? Massacres de populations avec tentative de génocide total, à la manière des Européens en Amérique contre les populations autochtones ; ensuite, asservissement de la population survivante, en faisant «suer le burnous» des travailleurs et en traquant, torturant et assassinant les révoltés contre l’occupation coloniale et ses crimes ; enfin, une guerre totale pour empêcher un peuple de conquérir son indépendance, et cela par les bombes au napalm, la torture systématique, les assassinats de dirigeants, les massacres de civils soutenant la lutte de libération nationale, etc. La présence de la «France» en Algérie, c’est-à-dire de sa composante colonialiste, c’est d’abord du sang et des larmes, ensuite de la sueur et encore des larmes et du sang. Après tout cela, les descendants de ces auteurs de crimes contre l’humanité osent encore réclamer des droits.

    Comment expliquer cette insolente imposture sinon par le fait que le peuple algérien, à travers son Etat, a montré de la compréhension et de la clémence ? De la compréhension et de la clémence envers les colonialistes exploiteurs, tortionnaires, tueurs et leurs infâmes soutiens.

    Alors que le peuple algérien, à travers son Etat, aurait dû réclamer ses droits légitimes afin que les descendants de l’oligarchie coloniale ne puissent pas ajouter au crime contre l’humanité l’imposture, en réclamant des indemnités, des compensations et des dédommagements pour tous les actes et crimes du colonialisme : agression contre le peuple et le pays, massacres de populations entières, accaparement de terres et de ses ressources naturelles, exploitation de la sueur du peuple, guerre d’extermination contre lui, napalm contre sa végétation et ses montagnes, etc. A combien s’élèverait le montant ?

    Pourquoi l’Allemagne a-t-elle reconnu ses crimes contre les juifs – environ 6 millions de victimes de confession juive durant le laps de temps qu’a duré la domination nazie – et a octroyé des indemnités financières à Israël tandis que l’oligarchie de France, plutôt que d’agir de la même manière envers le peuple algérien – quelque 10 millions de victimes pendant 132 ans d’occupation – a le culot scandaleux d’évoquer des «compensations» pour ses supplétifs harkis et ses pieds-noirs d’origine européenne (ou française) ? Que dirait-on de représentants de l’oligarchie allemande actuelle qui réclamerait des «droits» en France pour leurs concitoyens qui ont dominé et exploité le peuple de France et pour les «collabos» autochtones qui les ont servis ?

    Cette oligarchie française, non seulement réclame des «droits» illégitimes, mais a l’infamie de ne pas reconnaître de manière publique et entière ses crimes contre le peuple algérien, qui ont tous les caractéristiques de crimes contre l’humanité. Et les représentants de cette oligarchie ont l’odieuse hypocrisie de parler de réconciliation, en oubliant également leurs actions néocolonialistes qui continuent aujourd’hui pour maintenir une forme de domination sur l’Algérie et son peuple. Décidément, les oligarchies colonialistes ne voient que leurs égoïstes et illégitimes intérêts de castes, en ignorant avec un insolent mépris les droits légitimes d’un peuple qu’ils ont odieusement exploité et massacré.

    Si les représentants de cette oligarchie colonialiste persistent dans leur prétention à des «droits», alors que le peuple algérien, à travers son Etat, leur présente la facture de 132 ans de méfaits et de crimes colonialistes.

    K. N. 

    PS. : Le lecteur aura noté qu’il est question de l’oligarchie de France, passée et présente et de ses suppôts d’origine européenne ou algérienne, et non pas du peuple de France, lequel est, lui aussi, d’une certaine manière, victime de cette même oligarchie.

    Le lecteur qui penserait que ce texte serait violent devrait d’abord se rappeler ce que fut la violence en acte du colonialisme en Algérie. Ces considérations ne sont nourries par aucun dérisoire ressentiment ; leur souci est seulement de rappeler les faits concrets et de les considérer du point de vue de la justice et de la raison humaines. 

    SOURCE : https://www.algeriepatriotique.com/2018/08/19/pieds-noirs-et-harkis-quand-limposture-sajoute-aux-crimes-contre-lhumanite/ 

     

    « Finalement il ne fait pas bon d’avoir été du mauvais côté de l’HistoireComment "Le Monde” a relancé le débat sur la torture en Algérie *** Par Florence Beaugé »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 20 Août à 15:05

    Des crimes de guerre ? Mais c'est la guerre elle même qui est un crime. Celle que l'on a engagée en 1830 pour envahir l'Algérie, celle qu'on a menée de 1954 à 1962 pour tenter de perpétuer un système injuste, le colonialisme, fondé sur le racisme, et qui est une forme aggravée de l'exploitation capitaliste.

    Et les harkis dans cette affaire ? la responsabilité première de la France est de les avoir enrôlés pour prendre les armes contre leurs frères.

    Et n'oublions pas non plus les appelés du contingent également incorporés pour participer à cette guerre. Ils n'avaient pas le droit de vote mais ils avaient le devoir d'obtempérer quand on les envoyait en Algérie. Ce n'est pas que l'institution militaire qui est en cause mais le pouvoir politique dont elle dépendait.

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