• " La République cassée en deux " : Macron aurait désigné le responsable des troubles

     

    La jeunesse en proie à une révolte ? C’est en tout cas ce que craindrait l’exécutif. Alors que les manifestations contre le racisme se poursuivent, le Monde révèle des propos privés d’Emmanuel Macron qui accuse l’enseignement supérieur d’avoir poussé à la division, suscitant l’indignation chez des universitaires.

    En marge des manifestations contre le racisme et les violences policières qui se déroulent non seulement en France, mais à travers le monde, Emmanuel Macron doit s’exprimer à ce sujet, ce dimanche 14 juin, depuis l’Élysée.

    Acteurs clés de ces manifestations, les jeunes, plus que jamais désireux de justice. Un désir qui effraie au Sommet de l’Etat, lequel craint un «conflit de générations» révèle Le Monde dans un article du 11 juin. Un conflit dû non seulement au confinement et à ses conséquences, mais aussi à la vague de protestations actuelle contre le racisme qui n’est pas prête de s’arrêter. Après le rassemblement du 2 juin devant le Palais de justice, un nouvel appel à manifester a été lancé par le comité «Vérité et Justice pour Adama», ce samedi 13 juin.

    Une opposition au gouvernement et aux autorités, qui touche d’autant plus la jeunesse qu’elle est largement connectée aux réseaux sociaux, vecteurs d’informations concernant les luttes contre les violences policières, le racisme, les violences conjugales, le sexisme, l’homophobie et bien d’autres.

    Si la vidéo de l’interpellation de George Floyd a relancé la lutte contre le racisme et les bavures policières, le combat perdure pourtant depuis des années. De nombreux militants pointent du doigt l’inaction du gouvernement, notamment concernant les agissements de la police à l’encontre d’une partie de la population, et en particulier les personnes de couleur.

    La faute au «monde universitaire»

    Mais pour Emmanuel Macron, cette division a été causée par certaines élites, notamment le « monde universitaire » :

    «Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux», a estimé Emmanuel Macron dans un cadre privé, cité dans le Monde.

    Des mots qui n’ont pas tardé à faire réagir. Un sociologue connu pour défendre les thèses de l’«antiracisme politique» est monté au créneau :

     

    Eric Fassin, sociologue

    Pour Emmanuel Macron, «une partie des élites» (le monde universitaire) corrompt la jeunesse (racisée ?) Avec l'intersectionnalité. Peut-on en conclure qu'une autre partie (les élites dirigeantes) corrompt le troisième âge (blanc ?) Avec son néolibéralisme autoritaire ? 

    Le confinement, pénalisant pour les jeunes

    C’est aussi le déconfinement qui suscite les craintes d’Emmanuel Macron, à en croire le Monde. Il estime que le confinement a pénalisé les jeunes, qui voient dorénavant un avenir incertain se profiler. Leurs études interrompues, des examens ratés et de grandes difficultés pour ceux qui comptaient se lancer sur le marché du travail. Un sentiment d’incertitude qui accentue ce risque de conflit générationnel, le confinement ayant été mis en place avant tout pour protéger l’ancienne génération, plus exposée au coronavirus.

    «On a fait vivre à la jeunesse quelque chose de terrible à travers le confinement: on a interrompu leurs études, ils ont des angoisses sur leurs examens, leurs diplômes et leur entrée dans l’emploi. Il est normal qu’ils trouvent dans la lutte contre le racisme un idéal, un universalisme», a estimé Emmanuel Macron.

    A toi, l'enseignant.e

     

    PAR CAROLINE DE HAAS 

    Merci. Du fond du cœur 

     

    À toi, la maîtresse du grand, qui a mis seulement quelques jours à t’adapter à la crise et nous envoie trois fois par semaine des choses à faire (et les corrections) pour qu’il ne perde pas le fil. Tu pars à la retraite dans quelques jours et tu m'impressionnes.

    A toi, la maîtresse de la petite, qui a envoyé plein d'activités pédagogiques et a lancé des concours de tour Kapla entre les enfants pour maintenir le lien. 

    A toi, l’école qui a organisé un planning impossible pour leur permettre de retourner un jour ou deux à l’école, voir leurs ami.e.s et retrouver les enseignantes.  

    A toi, la maîtresse chargée de l’enseignement à distance, qui a envoyé une histoire lue à voix haute lorsque ma fille était hospitalisée. 

    A toi, la directrice de l’école qui m’a appelé pour me rassurer et avec laquelle on a parlé de vos galères.

    A toi, l’autre directrice, qui m’a engueulée le premier jour de rentrée par que j’étais en retard (coeur sur toi). 

    A toi, enseignante au collège, qui nous raconte comment tu jongles entre ton petit et tes élèves.

    A toi, enseignante en primaire, qui nous racontait la stupéfaction devant les annonces contradictoires et incompréhensibles du gouvernement.  

    A toi, enseignant à l’université, dont les élèves t’expliquaient qu’ils étaient en fin de forfait et pouvaient pas se connecter au cours en ligne. 

    A toi, prof en couple avec une enseignante, vivant dans un deux pièces (mais y a le Wifi que dans une des deux).

    A vous toutes et tous, qui avez fait comme vous pouviez, avec parfois une connexion internet aléatoire ou un ordinateur vraiment trop vieux.

    A vous toutes et tous, qui avez été parents en même temps qu'enseignant.e.s et qui avez du faire l'école à la maison en plus de l'école à distance.

    A vous toutes et tous, à qui on a demandé de changer de métier du jour au lendemain, dans une période de stress intense, et qui avez assuré. Vous êtes des super-héros et héroïnes.

    A toutes celles et ceux aussi qui ont craqué, décroché, lâché prise. Ça arrive. Et c’est pas grave. Prenez soin de vous et revenez en forme.

    Je voulais simplement vous dire merci. Je suis tellement choquée des propos entendus ces derniers jours. Tellement en colère. 

    L’offensive organisée de quelques éditorialistes et du gouvernement contre les enseignant.e.s en dit plus sur eux que sur vous. Cela raconte le mépris qu’ils ont des êtres humains.

    Alors je voulais vous le dire : ils ont tort. Nous avons été des millions partout en France à vous voir vous agiter, vous adapter et à vous engager. Je n’oublierai pas.

    A vous toutes et tous : merci. Du fond du cœur. 

     

     

    « Déconfinement, toujours pas le droit de faire la fête !!! Mais le gouvernement, lui fait la bombe...Justice pour Adama : immense Marseillaise place de la République »
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  • Commentaires

    1
    Samedi 13 Juin à 08:39

    Mais que signifie ce galimatias employé par Macron ? Il est pour moi incompréhensible ! Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément a écrit Boileau. Eh bien là ce n'est pas le cas.

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