• La République ou la mort ! Communiqué de l'Union des Familles Laïques (UFAL)

    La République ou la mort !

    Communiqué

     de l'Union des Familles Laïques

    (UFAL) 

    À nouveau nous nous inclinons devant la mémoire d’une victime du terrorisme islamiste, aujourd’hui celle de Jacques Hamel.

    À l’effroi de l’abject assassinat dont il a été victime succède la bêtise de nombreuses réactions qui vont dans le sens de ce que souhaitent nos ennemis : nous diviser.
    Non Monsieur le Président de la République, ce ne sont pas « les catholiques qui ont été frappés » mais un citoyen lâchement assassiné alors qu’il célébrait le culte dont il était prêtre, et donc à travers lui c’est la liberté de culte qui est visée, et donc encore une fois la République laïque.
    Comme pour les assassinats de Charlie Hebdo, qui visaient la liberté de la presse, et de l’Hyper Cacher, qui visaient les juifs, ce sont toujours des crimes abjects contre des femmes et des hommes, choisis parfois pour ce qu’ils symbolisent, mais toujours victimes de ce qu’ils sont tous : des membres de l’humanité qui vivent sur des territoires empreints de démocratie et d’universalisme.

    Le diagnostic est toujours le même, le fanatisme est en guerre contre la République pour ses principes et ses valeurs. C’est bien la liberté de conscience, d’où découle la liberté de culte, qui est la cible d’un totalitarisme politico-religieux.
    Laïques, nous défendons le libre exercice des cultes aussi énergiquement que la liberté de critiquer les religions ou de s’en moquer.
    Lorsque l’on apprend que l’un des deux suspects aurait passé 10 mois en prison avant d’être placé sous contrôle judiciaire avec obligation du port d’un bracelet électronique, la colère réclame des comptes.

    Nous n’attendons pas du Président de la République qu’il reçoive « tous les cultes, car nous devons être ensemble » mais qu’il rassemble le peuple entier sans référence aux appartenances particulières et applique la loi qui dispose que la République garantit le libre exercice des cultes.
    La République est attaquée et elle doit se défendre et protéger les siens.
    Elle est souveraine et n’a pas à demander l’autorisation à Bruxelles ou quiconque de mobiliser les moyens nécessaires pour agir, notamment financiers.
    Les citoyens et les familles doivent s’engager et ne pas tout attendre de l’État ou des Collectivités locales, elles y sont prêtes avec les associations à leur côté, sous réserve qu’elles ne doivent pas passer leur temps à trouver des moyens pour pouvoir agir.
    Mais il faut un État qui assure le cadre Républicain, c’est-à-dire qui garantisse l’instruction, permette l’émancipation, assure la sécurité sociale et ne transige plus avec les principes de liberté, d’égalité et de laïcité et la valeur de fraternité.
    Si cela n’est pas possible, alors la République n’est plus.
    Nous attendons du Président de la République et de son Gouvernement qu’ils se montrent à la hauteur de cet enjeu vital.

    Non au détournement clérical

     des hommages à Jacques Hamel :

    défendons les principes de la République,

    pas les valeurs religieuses !

    Comme l’UFAL l’avait souligné dès le 27 juillet 2016, par l’assassinat terroriste de Jacques Hamel, prêtre catholique qui célébrait son culte, ce ne sont pas seulement « les catholiques qui ont été frappés », mais « la liberté de culte qui [était] visée, et donc encore une fois la République laïque ».

    Il est donc particulièrement choquant que dans son discours d’hommage du 27 juillet 2017, le nouveau Président de la République n’ait pas une seule fois prononcé le mot « laïcité », ni évoqué les principes de la République. C’est pourtant la laïcité qui constitue le meilleur rempart aux guerres de religion, la liberté l’égalité et la fraternité qui cimentent notre République, au-delà des diverses options philosophiques ou religieuses des citoyens. Il était du devoir de M. Macron de le rappeler, non de réduire les fondements de la République à des valeurs spirituelles, et de rendre un hommage appuyé à « la fraternité et la charité de l’Église de France » – alors que seuls 4 % des Français vont à la messe.

    Cet abandon délibéré des principes par la plus haute Autorité de l’État n’a pu que faciliter le dérapage clérical et réactionnaire de l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, qui n’a pas hésité à assimiler les attentats terroristes à l’IVG ou à l’aide à la fin de vie. De tels propos avaient été tenus après les attentats de janvier 2015, plus crûment, par l’évêque aux armées, Luc Ravel (promu depuis archevêque de Strasbourg). Exactement comme les partisans, terroristes ou non, de l’instauration de la « charia », ces cléricaux n’hésitent pas à proclamer la supériorité de la morale religieuse sur la loi : soit une régression de 112 ans par rapport à la loi de séparation des Églises et de l’État.

    L’UFAL proteste contre cette récupération cléricale, facilitée par les Pouvoirs publics, d’un hommage qui aurait dû rester républicain et humaniste. La République laïque, c’est bien autre chose que la réunion des responsables des cultes (monothéistes). Le libre exercice des cultes est une des composantes de la laïcité républicaine, non une référence de la République à quelque valeur religieuse particulière que ce soit. Jacques Hamel n’est un « martyr » que pour ceux qui partagent sa foi : pour tous les Français, il doit rester d’abord une victime d’un terrorisme qui combat la République.

    Nous insistons : nous attendons du Président de la République et de son Gouvernement qu’ils se montrent à la hauteur de cet enjeu vital. 

     

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  • Commentaires

    1
    Gavoury J-F
    Vendredi 28 Juillet à 23:23

    Je reprends volontiers à mon compte ces mots d'Hervé Gattegno :

    "Comme il y a des fanatismes religieux, il y a un extrémisme laïque auquel il faut résister parce qu'il charrie aussi de l'intolérance et qu'il dévoie l'esprit même de la laïcité."

    Jean-François Gavoury

     

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