• La stèle sort de l'oubli les appelés tués en Algérie

    La stèle sort de l'oubli les appelés tués

     en Algérie

    La stèle sort de l'oubli les appelés tués   en Algérie

    Les soldats du GCNA (Groupement de compagnie nomade d'Algérie) dans le nord-ouest de l'Algérie en 1956. Certains d'entre eux, comme Jean-Claude Calvez (en haut à droite) seront enlevés et exécutés par l'ALN. | GRM Vendée

    À Paris, une stèle honore depuis peu une vingtaine d'appelés du contingent, dont cinq originaires de l'Ouest, exécutés en novembre 1956 en Algérie. Pendant des années, les autorités françaises et algériennes ont passé sous silence les conditions de leur mort.

    Novembre 1956

    Depuis plusieurs mois, le Groupement de compagnies nomades d'Algérie (GCNA), une unité mixte composée d'appelés métropolitains et de « supplétifs » algériens, crapahute dans le nord-ouest du pays. Ratissage, contrôles, arrestations, accrochages : le secteur est particulièrement exposé.

    En cette nuit de Toussaint, une compagnie du GCNA campe dans une ferme, à proximité du village des Abdellys. Vers 1 h, un commando de l'Armée de libération nationale (ALN) surgit et capture 44 soldats (20 appelés et 24 « supplétifs »).

    L'alerte n'est donnée qu'à 6 h du matin. Le commando et ses otages, encordés les uns aux autres, à moitié nus, sont déjà loin. Ils se dirigent semble-t-il vers le Maroc, où l'ALN dispose de bases de repli. « Vraisemblablement, les prisonniers devaient servir de monnaie d'échange après l'enlèvement de Ben Bella, l'un des leaders du Front de libération nationale » explique Claude Herbiet, auteur d'un ouvrage sur cette tragique affaire.

    L'armée française traque les ravisseurs sans répit pendant plusieurs jours. En vain. Les vingt appelés ont disparu. Cinq d'entre eux sont originaires de l'Ouest : Albert Bouvry (Loire-Atlantique), Claude Brisseau (Sarthe), Jean-Claude Calvez (Finistère), Georges David (Loire-Atlantique) et Michel Gaborit (Vendée). Deux mois après l'enlèvement, à la veille de Noël, leurs familles reçoivent un joli cadeau : une lettre écrite de la main des otages, datée du 7 novembre. Peu importe si ces courriers ont été dictés par l'ALN, ils redonnent un brin d'espoir aux familles. « Chers parents, écrit par exemple le Vendéen Michel Gaborit, je suis prisonnier au Maroc. Mais vous pouvez vous consoler car je suis bien… Nous sommes comme si nous étions chez nous [...]. »

    Vingt lettres, puis plus rien. Pas une trace, pas un indice, pas une information. Les jours, les mois, les années s'écoulent avec toujours la même angoisse, les mêmes questions : où sont-ils ? Sont-ils toujours en vie ? S'ils sont vraiment prisonniers au Maroc, négocie-t-on vraiment leur libération ? Les parents sollicitent les autorités militaires, les élus, les ministères. Sans réponse. Le sort des vingt militaires des Abdellys demeure un mystère.

    « Le sentiment d'abandon est tel que certaines familles font appel à des charlatans. Y compris des radiesthésistes », raconte Claude Herbiet dans son livre. À Froidfond, en Vendée, les rumeurs les plus folles vont bon train : « On disait que mon cousin avait déserté, relate Janine Bangy, cousine de Michel Gaborit. Qu'il s'était remarié. Qu'il habitait Nantes et qu'il revenait voir sa mère le soir en cachette. »

    « Ses parents sont morts sans savoir »

    En 1962, la guerre d'Algérie se termine enfin. L'ALN ne détient plus de prisonniers. Le mince espoir de voir revenir les vingt disparus est anéanti. Deux ans plus tard, le 25 mars 1963, ils sont déclarés « Morts pour la France ». Avec citations et décorations pour faire passer la pilule. « Nous avons eu du mal à accepter la mort de Michel, poursuit Janine Bangy, sa cousine. Nous voulions croire qu'il était blessé quelque part. Et puis, nous nous sommes retrouvés avec notre chagrin et nos questions sans même pouvoir nous recueillir devant une tombe. Pas facile de faire son deuil dans ces conditions. Les parents de Michel sont morts sans savoir. »

    La vérité va surgir une quarantaine d'années plus tard, grâce à la ténacité de deux hommes : Claude Herbiet, un historien amateur. Et Christophe Weber, un journaliste d'investigation. Leurs recherches sont compliquées. L'armée française reste fidèle à sa réputation de grande muette. L'Algérie traîne des pieds pour délivrer des visas.

    « Tout le monde a peur de remuer un océan de boue », explique Claude Herbiet. Pourtant là-bas, les langues commencent à se délier. Enfin autorisé à s'y rendre, Christophe Weber retrouve des témoins du drame, qui lui racontent l'insoutenable : le 9 novembre 1956, cerné par l'armée française qui les traquait, le commando de l'ALN a exécuté les vingt appelés et jeté leurs corps dans le gouffre de Ras-el-Oued.

    « Disparus en mission », le documentaire de Weber sort sur Arte et France 5 en 2007… en deuxième partie de soirée. Qu'importe : les familles des vingt disparus connaissent enfin la vérité. Dans un premier temps, elles demandent le rapatriement des corps en France. Et un hommage solennel aux Invalides. « Impossible, estime Claude Herbiet. Les corps ont disparu au fond du gouffre. Et la nature a fait son œuvre. » Un voyage sur les lieux du drame est également envisagé. « Mais les familles ont refusé, poursuit Claude Herbiet. Les gens sont trop âgés pour un tel périple. Et puis il y a l'émotion. »

    Alors, l'idée d'une stèle a surgi. Une stèle sobre, en marbre rose, avec les vingt noms « de ces pauvres gamins sans sépulture » gravés en lettres d'or. Là encore, les choses sont compliquées. Il ne faut pas froisser les susceptibilités. Le monument a été finalement inauguré le 31 octobre dans un carré du Père Lachaise à Paris. « Avec cette stèle, affirme Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État chargé des Anciens combattants, c'est une identité, un nom, presqu'un visage, que chacun de ces vingt disparus morts pour la France va retrouver. »

    Pour Janine, la cousine du Vendéen Michel Gaborit, comme pour les familles des dix-neuf autres disparus des Abdellys, la guerre d'Algérie est enfin terminée.

    SOURCE : http://www.ouest-france.fr/culture/histoire/la-stele-sort-de-loubli-les-appeles-tues-en-algerie-3894215

     

    Rinxent : au Père Lachaise, une stèle en mémoire

    des disparus des Abdellys

    Depuis plus de dix ans, Jean Clabaux se bat pour honorer la mémoire de son frère, porté disparu en mission en Algérie. Un combat qui a pris fin le 31 octobre 2015

     

    La stèle sort de l'oubli les appelés tués   en Algérie

    Cette stèle a été inaugurée le 31 octobre 2015  

    La ténacité des familles a fini par payer. Des dizaines de courriers, des centaines de mails, de coups de téléphone... L’inauguration de cette stèle au Père Lachaise  sonne comme une victoire pour les ayants droit.

    Comme un épilogue aussi, même si un sentiment d’inachevé reste dans l’esprit des familles.

    Il y a huit ans, nous relations la quête de Jean Clabaux, retraité originaire de Rinxent, pour connaître la vérité sur la mort de son frère Michel, disparu pendant la guerre d’Algérie avec 19 de ses camarades, alors qu’ils étaient prisonniers des soldats de l’Armée de Libération Nationale (ALN).

    Kidnappés dans leur propre campement

    Dans la nuit du 31 au 1er novembre 1956, Michel Clabaux et son unité, la Compagnie nomade, sont kidnappés dans leur propre campement, par l’ALN. Nous sommes dans la plaine des Abdellys, pas très loin du Maroc. Faits prisonniers, les Français sont emmenés par leurs ravisseurs, qui les cachent dans cette région aride, escarpée et montagneuse (Tlemcen), harcelés par l’armée française qui voulait retrouver ses soldats. C’est au bout d’une huitaine de jours de captivité que l’effroyable devait se produire. Les 20 soldats français étaient égorgés et jetés dans un gouffre, une faille très profonde appelée “Ras el Oued”. Mais ça, on ne le saura que des décennies plus tard. Car aucun des deux camps n’a cherché à connaître la vérité sur ce drame. Ou, s’il le connaissait, n’a pas souhaité la divulguer. Du coup, les familles des disparus, si elles étaient bien conscientes que leurs fils étaient morts en Algérie, n’ont jamais su le pourquoi du comment.

    «Mes parents, décédés depuis longtemps, n’ont jamais connu les circonstances de la disparition de leur fils Michel », confirme Jean. C’est au milieu des années 2000, grâce à l’effort conjugué de plusieurs familles, de journalistes, d’historiens et d’écrivains, que l’écheveau de cette tragédie s’est peu à peu démêlé.

    SOURCE : http://www.lasemainedansleboulonnais.fr/a-la-une/rinxent-au-pere-lachaise-une-stele-en-memoire-des-ia669b0n153148

     

    « Aujourd’hui près de 50 % de Français (es) 22 millions ne votent pas, volontairement, et pourtant le droit de vote n’a pas été obtenu facilement surtout pour les femmes…Communiqué LDH concernant les élections *** Le Cercle Jean Moulin sort ses archives »
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