• LE 25 AOÛT 1958 La nuit où la France s'était embrasée

    François Hollande : "Pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal"

    Emmanuel Macron : "La colonisation est un crime contre l'humanité"

    Alors revenons à un épisode de la colonisation et plus précisément de la guerre d’Algérie.


    Si l'expression David contre Goliath pouvait être illustrée par des événements des temps modernes, c'est la guerre de libération algérienne qui lui donnerait la plénitude de son sens…Et pourtant c’est David qui a gagné !!!


    LE 25 AOÛT 1958

    La nuit où la France s'était embrasée

    La contribution de l'émigration a été déterminante dans la guerre

     de Libération nationale

     

    Pour desserrer l'étau sur l'ALN qui menait une guerre contre une armée de 400 000 hommes, la Fédération de France du FLN a frappé au coeur de la métropole.

    Si l'expression David contre Goliath pouvait être illustrée par des événements des temps modernes, c'est la guerre de libération algérienne qui lui donnerait la plénitude de son sens.
    Voilà un peuple qui, pauvre, affamé et réduit volontairement à l'ignorance décide d'arracher sa liberté par la lutte armée. Et après tant de soulèvements et une résistance qui n'a jamais faibli durant 132 ans d'occupation de peuplement, d'expropriation, de violence, de mépris, il a sonné le glas de l'ordre obscur du colonialisme.
    Le 1er Novembre 1954, sa jeune avant-garde nationaliste a donc fait parler la poudre dans tous les coins du pays pour recouvrer l'indépendance de la terre et l'identité des ancêtres. Elle exauçait ainsi les faibles plaintes des Algériens qui étaient arrivés à la conviction que la délivrance n'allait pas venir des palabres parlementaires, mais par le feu, le sang, la révolution.
    Neuf ans plus tôt, en effet, le 8 mai 1945, pendant que les Parisiens fêtaient leur délivrance du joug allemande leurs soldats mitraillaient sans discernement des manifestants indépendantistes sur la rive sud de la Méditerranée. Le massacre avait fait 45.000 morts dans diverses villes d'Algérie, qui réclamaient une réponse proportionnelle à sa barbarie.
    Se battre cependant contre l'une des plus grandes puissances militaires et contre un Etat des plus avancés pouvait apparaître comme un acte de folie suicidaire. Or, les responsables du Front et l'Armée de Libération nationale étaient tout sauf fous. Comme ils l'avaient démontré durant les sept ans qui ont suivi, ils possédaient le génie et la détermination des révolutionnaires aguerris et savaient parfaitement atteindre leurs objectifs.
    Ainsi, ils avaient planifié des actions où les fusils n'étaient que des instruments au service de la politique, puis concentré leurs tirs sur les points faibles de l'hydre à sept têtes de la colonisation pour l'abattre définitivement.
    En face, la France avait déployé 400.000 hommes et des moyens colossaux pour venir à bout d'une insurrection dotée d'un équipement léger et d'un peuple de neuf millions d'habitants perclus de misère. Ces forces susceptibles de mener un conflit mondial avaient alors pratiqué toute les formes de la guerre totale: bombardements intensifs des villages, napalm, terres brûlées, torture, punitions collectives, camps de concentration, condamnations à mort en série...
    Le rouleau compresseur infernal cherchait à écraser non seulement l'ALN mais réduire par la terreur la population. Il fallait donc que «la peur change de camp» pour paraphraser la formule de feu Réda Malek et c'est Ferhat Abbas qui, du Caire, a annoncé en juin 1958 la nouvelle stratégie. «Si le général de Gaule poursuit la politique de ses prédécesseurs sur le problème algérien, le FLN portera la lutte sur le sol français.» Et bien sûr il l'a fait sans laisser aux combattants algériens un autre choix que de mettre leur menace à exécution. Dans la soirée du 25 au 26 août 1958, une cascade d'attentats spectaculaires avait secoué le territoire et enflammé le ciel de la France métropolitaine. En une nuit, dès zéro heure, des dépôts de pétrole ont été ainsi brûlés à Marseille et à Narbonne avant qu'une avalanche d'incendies n'enflamme Lavéra, La Mède, Saint-Louis, les Aygalades, Cap Pinède, Port de Marseille, Mourepiane.
    A Paris, c'est la préfecture de police qui a été visée et trois policiers ont été abattus. Dans les faubourgs de la ville où d'autres policiers ont été tués, plusieurs opérations coordonnées ont frappé de nombreuses cibles dont une fabrique de munitions. A Toulouse, deux cuves contenant 1.200.000 litres de carburant ont été soufflées. A Port-la-Nouvelle, dix citernes de huit millions de litres de fuel ont été transformées en brasier. Le Havre au nord et Alès au sud ont aussi été ébranlées par les explosions d'une raffinerie et d'un réservoir de combustible.
    En parallèle, à Cagnes-sur-Mer, une voie ferrée a été sabotée provoquant le déraillement d'un train et une forêt a été incendiée dans le Var pour donner plus d'ampleur à l'offensive.
    La stratégie consistait, selon Mohamed Ghaffir, dit Moh Clichy, un des responsables de la Fédération de France, à: «1- frapper les réserves de carburant; 2- prolonger sur le territoire français la guerre que l'ALN mène méthodiquement en Algérie.» Jusqu'au 27 septembre 1958, la Fédération de France a mené un combat héroïque en organisant de multiples coups d'éclats pour desserrer l'étau sur l'ALN à l'intérieur et promouvoir l'idée de l'indépendance dans le monde entier. «Les bilans officiels établis entre le 25 août et le 27 septembre ont dénombré 56 sabotages et 242 attaques contre 181 objectifs», écrivait Mohamed Ghaffir il y a de cela douze ans dans les colonnes de L'Expression. «Les opérations ont fait 82 martyrs et 188 blessés.»
    En règle générale, la contribution de l'émigration a été déterminante, selon lui, en matière de financement de l'effort de guerre, mais aussi par le nombre de partisans qui avaient rejoint le maquis. Sur le plan politique, elle a permis «la sensibilisation de l'opinion française et internationale et la formation des cadres dans les prisons et les camps de France.»
    Aujourd'hui, la Fédération de France, écrit-il encore, «demande uniquement sa place dans l'Histoire et à ne pas être marginalisée comme c'est le cas depuis 1962».

    SOURCE : http://www.lexpressiondz.com/actualite/274274-la-nuit-ou-la-france-s-etait-embrasee.html 

    « Des monuments déboulonnés, d’autres recouverts d’une bâche noire… mais les Américains n’ont rien innové… Il y a 55 ans c'était aussi les Algériens Baignade surveillée, par Pierre Joxe »
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