• Le 5 juillet prochain, comme chaque année des associations de rapatriés d’Algérie vont commémorer la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran. (Commentaires)

    Le 5 juillet prochain, comme chaque année des associations de rapatriés d’Algérie vont commémorer la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran. Ces commémorations auront lieu à Paris  (devant les colonnes du mémorial quai Branly) et à l’Arc de Triomphe, ainsi qu'à Béziers, Aix-en-Provence, Marignane, Marseille, Alicante (Espagne), nous avons reçu l’article ci-dessous de Jacques CROS concernant la commémoration de Béziers suivi des témoignages de Pierre DAUM et Guy Bonifacio. 


     De la constance chez Ménard

    Le 5 juillet prochain, comme chaque année des associations de rapatriés d’Algérie vont commémorer le massacre du 5 juillet 1962 à Oran. (Commentaires)

    Comme chaque année le maire de Béziers organise une cérémonie le 5 juillet en mémoire des tragiques événements qui se sont déroulés à Oran en 1962. Rappelons les faits : des centaines d’Européens qui vivaient dans cette ville ou dans les alentours ont été massacrés et certains ont disparu sans même qu’on ait retrouvé les  corps. 

    Quelle est la situation en Algérie ce 5 juillet 1962 ? Les électeurs appelés aux urnes se sont largement prononcés pour l’indépendance du pays. Le dépouillement avait eu lieu le 3 juillet et l’indépendance de l’Algérie était proclamée 132 ans jour pour jour après la prise d’Alger par l’expédition française commandée par Bourmont. 

    Je n’ai que quelques éléments d’appréciation sur cette tuerie d’Oran. Ce que je sais c’est qu’elle avait été précédée par une violence insupportable exercée par des commandos pro-OAS. Personnellement fin avril j’étais libérable et nous devions embarquer à Oran le 23 avril 1962 soit un mois après le cessez-le-feu. 

    La ville était à feu et à sang. Nous entendions les rafales des armes automatiques depuis le District de Transit où nous attendions de pouvoir prendre le bateau pour être rapatriés. Elles étaient ponctuées de coups secs, canon, mortier, je ne sais pas. Nous avons été emmenés en convoi sécurisé. Une colonne de camions avec, un half-track devant, un half-track derrière et un hélicoptère au-dessus nous a conduits jusqu’à Mers-el-Kébir en faisant le tour du Murdjajo, la montagne qui domine Oran. 

    Ainsi succédant à 132 ans de colonialisme, illustré sur la jetée du port d’Oran par l’inscription ICI LA FRANCE, les esprits n’étaient pas acquis à l’idée qu’une page de l’histoire se tournait. Naturellement ce sont des personnes qui n’étaient pas activistes qui ont été victimes des massacres perpétrés le 5 juillet. 

    Oui, bien sûr c’est de massacres qu’il faut parler et qu’il faut situer dans le contexte d’une guerre qui en a vu de nombreux autres. Aussi je m’interroge : comment commémorer le drame du 5 juillet 1962 ? Mon opinion c’est qu’il ne faut pas faire l’impasse sur tout ce qui l’a rendu possible. 

    Or précisément pour ce 5 juillet 2017 le maire de Béziers appelle à un rassemblement avec les associations d’Anciens Combattants et leurs drapeaux. On se croirait revenu au temps de la conquête militaire et de l’occupation du pays par une armée étrangère. 

    Et devinez où ce rassemblement doit avoir lieu. Comme chaque années, au cimetière neuf de Béziers et devant à coup sûr la stèle qui rend hommage à quatre assassins de l’OAS. Cela pose un autre problème, celui du respect de la justice en France. Est-il normal qu’un monument ait pu être érigé en l’honneur de quatre individus jugés, condamnés et exécutés au titre des crimes qu’ils ont commis ? Est-il légitime qu’une cérémonie qui a un caractère officiel ait lieu en un tel endroit ? 

    Les morts d’Oran ont été les instruments puis les victimes du colonialisme. A présent ils servent une idéologie sur laquelle l’histoire a tranché. Ni la politique menée en Algérie au temps de son occupation ni les tentatives de l’OAS de la perpétuer ne peuvent être réhabilitées. 

    Point positif, Elie Aboud ne sera sûrement pas présent cette année devant la stèle de la honte mais gageons que la personne qui lui a succédé comme député de la sixième circonscription de Béziers le remplacera !

    Jacques CROS

    Source : http://cessenon.centerblog.net/6572086-de-la-constance-chez-menard

     

    Etudes biaisées, mémoire sélective

    par Pierre Daum

    Le 5 juillet prochain, comme chaque année des associations de rapatriés d’Algérie vont commémorer le massacre du 5 juillet 1962 à Oran. (Commentaires)

    Le drame du 5 juillet 1962 à Oran reste peu connu en France, sauf parmi les rapatriés d’Algérie, qui en font un élément fondamental de leur mémoire. Souvent en instrumentalisant cette terrible journée pour justifier, a posteriori, l’impossibilité pour eux de « vivre avec les Arabes ». Dans les reportages sur les pieds-noirs revient régulièrement une phrase : « Après le 5 juillet à Oran, on a compris qu’ils ne voulaient pas de nous, qu’on devait partir ! » Or, depuis un demi-siècle, ne circule en France que leur version, alimentée par les récits terrifiés de ceux qui ont vécu cette journée – ou de ceux qui en ont simplement entendu parler : « J’ai mon cousin qui y était, il m’a raconté... »Au début des années 1980, la revue pied-noire L’Echo de l’Oranie entreprit un important travail de collecte de cette mémoire, publié dans un ouvrage en trois volumes, L’Agonie d’Oran, sous la direction de Geneviève de Ternant (éd. Gandini, Nice, 1985-2001).
    Les seuls historiens à avoir travaillé sur le sujet, Jean Monneret et Jean-Jacques Jordi, ont ceci de particulier d’être tous les deux non seulement nés en Algérie, mais idéologiquement marqués par la défense des pieds-noirs, considérés comme les éternelles victimes du Front de libération nationale (FLN), des « Arabes », du général de Gaulle, des médias, etc. Leurs travaux s’appuient essentiellement sur des récits de pieds-noirs et sur les archives militaires de l’armée française.

    Aucun ne semble avoir songé à se rendre en Algérie afin de confronter ses sources aux témoignages des Algériens. Il en résulte des études tronquées, pleines de fausses interprétations, et systématiquement orientées vers la théorie selon laquelle les pieds-noirs ont été obligés de partir, car c’était « la valise ou le cercueil . Or, après deux semaines de fuite affolée, les départs des Français d’Oran ralentirent considérablement. « Dès août, le sentiment de sécurité était totalement revenu », se souvient M. Guy Bonifacio, qui n’a jamais quitté sa ville natale. En 1965, Oran comptait encore plus de vingt mille pieds-noirs.

    Pierre DAUM

    Le 5 juillet prochain, comme chaque année des associations de rapatriés d’Algérie vont commémorer le massacre du 5 juillet 1962 à Oran. (Commentaires)

    Oran, un certain 5 juillet 1962

    Sur la tragédie d’Oran

    Témoignage de Guy Bonifacio

    À Oran, Guy Bonifacio, un comptable français qui vit toujours en Algérie où il est né le 29 février 1940, évoque la sanglante journée du jeudi 5 juillet 1962 à l’occasion de laquelle la foule arabe s’est précipitée sur les Pieds-Noirs pour des raisons qu’on n’a toujours pas éclairées.

    « Il y avait du banditisme derrière ces événements, assure-t-il. Et cette violence a été très circonscrite. Du jour au lendemain, tout est retombé. À nouveau on a pu se promener tranquillement dans Oran. »

    À l’entendre, beaucoup de choses ont été fantasmées autour de cette affaire dont il ne minimise cependant pas l’horreur. « J’ai un ami qui y aurait laissé la vie si un journaliste américain n’était pas entré par hasard dans le commissariat de police où il avait été emprisonné… Je ne sais pas ce que faisait là ce journaliste américain, mais les Algériens n’ont pas osé le tuer devant témoin. »

    À un demi-siècle de distance, le déroulement de ce Bloody Thursday continue d’être enveloppé d’ombre. Combien de morts du côté européen ? Et combien parmi les musulmans soupçonnés par la foule d’être favorables aux Français ? Certains témoins ont évoqué quelques dizaines de morts, d’autres quelques centaines. Des historiens porteurs d’une mémoire pied-noire toujours à fleur de peau ont dénombré jusqu’à 3000 morts et disparus parmi les 100000 Européens qui n’avaient pas quitté Oran en juillet 1962.

    Un an plus tôt, les Pieds-Noirs étaient 200000 dans la capitale de l’Ouest algérien. Ce déchaînement de violence le jour de la proclamation de l’Indépendance aurait fait fuir ceux qui étaient prêts à rester dans l’Algérie nouvelle.

    Guy Bonifacio ne voit pas les choses ainsi. « C’est vrai que c’était difficile pour nous de supporter l’anarchie dans laquelle était tombée l’Algérie. Mais c’était aussi difficile pour les Algériens. » Pour expliquer les raisons pour lesquelles les deux communautés ont pu sembler irréconciliables, Guy Bonifacio rappelle les attentats de l’OAS, la politique de la terre brûlée, le sabotage des infrastructures, les crimes dans les quartiers musulmans d’Oran.

    Même les Européens qui avaient la réputation d’être des partisans de l’indépendance étaient menacés. Guy Bonifacio se souvient d’un de ses voisins, français, dont les activistes de l’OAS voulaient faire sauter la maison. Ils avaient volé un camion-citerne dans une station-service et l’avaient garé devant chez lui. « Heureusement, mon père et un autre voisin se sont rendus compte du manège. Avant que l’artificier n’ait eu le temps d’arriver, ils sont montés dans le camion et l’ont ramené à la station-service. »

    La responsabilité de l’armée française

    Guy Bonifacio a eu connaissance de ces événements de juillet 1962 par sa sœur Michèle. À l’époque, il faisait des études en France, après son baccalauréat scientifique obtenu en juin 1960 au lycée Ardaillon.

    « Je suis rentré en Algérie le 5 août 1962. La communication d’un côté et de l’autre de la Méditerranée était très confuse. L’OAS avait fait sauter les installations téléphoniques à Oran, je n’ai même pas pu prévenir mes parents de mon retour. Et de mon côté, je n’avais pas entendu parler des massacres de juillet.

    Je suis arrivé par avion. Durant le trajet en bus, pour aller de l’aéroport à la ville, j’ai été surpris d’entendre de la musique arabe qui fusait de partout. C’est en arrivant chez moi que j’ai appris qu’il y avait eu une fusillade du côté de la place d’armes le 5 juillet. Ma sœur m’a tout raconté Les coups de feu qu’elle a entendus vers midi… La panique… Les rafles… Les gens parqués par lots, voués à la mort… C’est en écoutant la radio qu’elle avait suivi ces événements.

    Elle m’a aussi parlé de témoins qui avaient vu les militaires français fermer les portes des casernes et s’enfermer dedans… J’ai eu l’occasion d’en rencontrer plusieurs par la suite… L’armée française porte une lourde responsabilité dans cette affaire. Car quand le général Katz s’est enfin décidé à intervenir et à sortir avec des chars vers 17 heures, le calme est très vite revenu. »

    SOURCE : http://temoignagechretien.fr/articles/oran-un-certain-5-juillet-1962

     

    « Simone Veil est connue principalement pour avoir obtenu la légalisation de l’avortement, rescapée de la Shoah mais elle a aussi sauvé des prisonnières pendant la guerre d’AlgérieLETTRE OUVERTE AU PRESIDENT MACRON »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter