• Le livre de Dalila Kerchouche « Mon père ce harki » commenté par Jacques Cros... Et le témoignage de Dalila Kerchouche dans l'émission de Thierry Ardisson

     

     Jacques Cros, un appelé anticolonialiste de la guerre d’Algérie a lu le livre de Dalila Kerchouche « Mon père ce harki », dans un premier temps je fus surpris d’autant plus qu’il a commenté ce livre dans deux articles mis en ligne sur son site, alors j’ai voulu comprendre… Lorsque j’ai visionné l’émission de Thierry Ardisson recevant Dalila Kerchouche, j’ai compris que son livre relate une histoire inimaginable et remarquable... car ce père n’est pas un harki qui peut être considéré comme traître par les Algériens puisqu’il a aidé le FLN, alors j’ai décidé, à mon tour, de mettre en ligne les commentaires de Jacques Cros ainsi que l’émission de Thierry Ardisson que vous pourrez visionner à la fin.

    Michel Dandelot

    Mon père ce harki

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/rub-algerie-.html 

    Le livre de Dalila Kerchouche « Mon père ce harki » commenté par Jacques Cros... Et le témoignage de Dalila Kerchouche dans l'émission de Thierry Ardisson

    J’ai entrepris la lecture de ce livre de Dalila Kerchouche. Elle raconte ce qu’ont vécu ses parents rapatriés en France après l’indépendance de l’Algérie transitant par différents camps de harkis où elle-même est née en 1973. S’appuyant sur les souvenirs familiaux elle a enquêté sur le drame de cet itinéraire. 

    Les souffrances endurées par ces gens ne sont certainement pas discutables. La reconstitution en France du système colonial qui avait cours en Algérie est à juste titre mise en accusation. Par contre l’analyse politique de ce qui était le fondement du système n’est pas développée. 

    En particulier est évacuée l’impasse dans laquelle se trouvait le peuple algérien. On ne pouvait espérer régler ce problème par de bons sentiments. La fin de l’Algérie française était inéluctable. 

    L’espoir que la « fidélité » des harkis à la France serait récompensée s’est heurté au racisme qui était dominant dans les consciences. Cela devrait éclairer notre réflexion sur ce à quoi on s’expose en se soumettant à l’oppresseur. 

    Dalila Kerchouche est allée en Algérie où elle a ses racines. Elle a pu prendre connaissance de ce qu’était la vie des Algériens pendant l’occupation française et pendant la guerre d’indépendance. Elle dresse un portrait sans concession de ce qu’étaient pour les autochtones les conséquences du colonialisme. 

    Le FLN n’a pas respecté les Accords d’Evian concernant le sort des harkis ? Il est probable qu’il y a eu des représailles à l’encontre de ceux qui avaient pris les armes contre leur propre camp. D’autant que les « Marsiens », ceux qui se sont révélés «fellaghas » après le 19 mars seulement, avaient besoin de se construire une image positive. L’ampleur de l’élimination physique des harkis est par ailleurs controversée même si c’est une réalité. 

    Dalila Kerchouche a réussi, comme l’ensemble des membres de sa fratrie, à s’en sortir. Un de ses frères a toutefois connu une fin misérable. Elle a pu utiliser l’ascenseur social que constitue le système éducatif français pour atteindre un niveau intellectuel et social enviable. 

    Elle a toutefois relevé la permanence du racisme ambiant dont a été victime son frère. C’est que le racisme et la xénophobie permettent aux laissés pour compte de la promotion sociale de se consoler ! Et justement ceux qui ont gravi les échelons du succès ne sont pas les plus nombreux. Qu’ils n’oublient pas la situation d’échec de la majorité des autres, qu’ils soient d’origine européenne ou maghrébine. 

    « Mon père ce harki », compléments

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6572573--mon-pere-ce-harki-complements 

    Le livre de Dalila Kerchouche « Mon père ce harki » commenté par Jacques Cros... Et le témoignage de Dalila Kerchouche dans l'émission de Thierry Ardisson

    J’ai achevé la lecture du livre de Dalila Kerchouche « Mon père ce harki ». J’ai donc eu des détails sur ce qu’était la vie des harkis dans les camps où ils ont été parqués, celui de Bias, dans le Lot-et-Garonne en particulier, où a longtemps séjourné la famille Kerchouche. C’est d’ailleurs dans ce camp qu’est née l’auteure.

    Les harkis arrivent dans un pays fort différent de celui qu’ils ont quitté. Le climat, la langue, le mode de vie… leur sont étrangers. Pèse sur eux la culpabilité plus ou moins forte dans leur esprit du choix qu’ils ont fait de rallier la France dans la guerre d’indépendance qui a été engagée par les Algériens.

    Nous apprenons qu’ils ont pu ici et là être la cible de représailles de la part des militants de la structure en France du FLN. Si le drame n’a pas eu la même ampleur que pour ceux restés au pays elle a conduit les harkis à être sur leur garde.

    L’ambiance dans les camps est tributaire de son chef. C’est souvent un Pied Noir qui reconduit dans l’exercice de ses responsabilités l’état d’esprit qui était celui qui avait cours dans l’Algérie française. Les harkis ne sont pas des Français comme les autres, ce qui correspond en fait à la position des autorités du pays. S’ajoutent à cela la corruption qui s’instaure rapidement de la part de ceux qui ont un pouvoir élémentaire.

    Le froid, la faim, le désœuvrement… génèrent des tensions qui ne sont pas sans conséquences au sein des familles et de la communauté de harkis tout entière. La violence s’installe, faite de manifestations diverses. Coups, alcoolisme, prostitution, dérives psychiques…

    L’attitude des Français est variable. Certains, comme Juliette Diet, cette Lozérienne, a marqué Dalila Kerchouche par la sympathie qu’elle a manifestée pour ses voisins, les résidents du camp de la Loubière situé à une vingtaine de kilomètres de Mende D’autres ailleurs sont cités qui ont été en bonne entente avec les exilés.

    Dalila Kerchouche fait un voyage en Algérie dans la région d’où ses parents sont originaires. Elle y arrive peu de temps après la décennie noire qui a conditionné de manière si négative l’histoire récente du pays. Elle y prend connaissance de la misère qui persiste dans les campagnes avec le statut des femmes reléguées par la tradition au bas de l’échelle sociale.

    Elle a un jugement sévère sur le colonialisme qui a spolié les autochtones au bénéfice des colons. Elle constate des similitudes dans les effets de la guerre civile et ceux de la guerre contre la France. Ces conflits ont amené l’insécurité pour les Algériens et elle voit dans le ralliement des harkis à la puissance coloniale les moyens de protéger leurs familles. C’est que les sévices exercés ne sont pas l’exclusivité d’un seul des belligérants même si les moyens de l’armée française lui assurent la première place dans les exactions.

    Les harkis peuvent jouer double-jeu et, ralliés officiellement à la France, sont susceptibles d’aider le FLN. C’est semble-t-il le cas du père de Mme Kerchouche laquelle, au cours de son séjour en Algérie, trouve des réponses à des questions auxquelles il n’avait jamais répondu. Elle retrace son itinéraire au sein de la tribu des Beni Boudouane dominée par le Bachaga Boualam, francophile très engagé.

    Souhaitons qu’en Algérie comme en France le pouvoir de l’argent soit éliminé et que cette victoire sur les forces qui font le malheur des peuples les conduise à une vie paisible et épanouie. 

    Jacques CROS

    Le livre de Dalila Kerchouche « Mon père ce harki » commenté par Jacques Cros... Et le témoignage de Dalila Kerchouche dans l'émission de Thierry Ardisson

     

    Thierry Ardisson reçoit Dalila Kerchouche, journaliste à l'Express, fille de harki pour parler de son livre "Mon père, ce harki" et du problème des harkis vu par les Algériens et par les Français. Elle a voulu refaire le chemin parcouru par ses parents lorsqu'ils sont entrés en France et les horreurs qu'ils ont vécues dans les camps d'"accueil".


     

     


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