• "Le monde sous les bombes : De Guernica à Hiroshima"

    C’était hier, c’est encore aujourd’hui et ça pourrait être pire demain

    NON A LA GUERRE

    "Le monde sous les bombes :

     De Guernica à Hiroshima"

    "Le monde sous les bombes :   De Guernica à Hiroshima"

    La ville de Coventry en ruines, novembre 1940. Version colorisée (Fox Photos/Hulton Archive/Getty Images)

    A l'occasion des 80 ans de Guernica, Sciences-Po a projeté "Le monde sous les bombes : De Guernica à Hiroshima" d'Emmanuel Blanchard et Fabrice Salinié. Un documentaire que TéléObs vous propose de voir ou de revoir.

    "Les progrès technologiques ont accouché de nouvelles promesses ou plutôt de nouvelles illusions. Sous les bombes, c’est toujours la même terreur". La voix de Didier Bezace conclut cet implacable documentaire sur des images de survivants dans les ruines d’Alep. Depuis 1937, rien n’aurait donc changé ? 

    Le 26 avril de cette année-là, en deux heures, 24 bombardiers de la Luftwaffe déversaient 40 tonnes de bombes sur Guernica (7000 habitants), petite ville espagnole apparemment sans grande importance stratégique. La population, paniquée fuit la ville, laissant les troupes de Franco l’occuper. La même année, en Chine, l’invasion japonaise commence par les terribles bombardements de Shanghaï, Nankin et Chongqing, qui détient le triste record de la ville la plus bombardée de la guerre (5000 bombardements et 3000 tonnes de bombes larguées par l'armée japonaise entre 1939 et 1942).

    "Le monde sous les bombes :   De Guernica à Hiroshima"

    Soldat peignant une bombe sur le nez d’un avion. Saipan, Marianas Islands, 1944 (Nara)

    Quatre-vingt ans plus tard, les techniques ont certes évolué mais  les "frappes chirurgicales" font des dégâts pudiquement qualifiés de "collatéraux" et les images de civils morts ou blessés dans une ville en ruine sont toujours les mêmes. Selon les statistiques du collectif Airwars, spécialisé dans le recensement des victimes collatérales de la campagne de frappes internationales en Syrie et en Irak, basées sur un recoupement de sources locales, les raids de la coalition anti-EI en Syrie et en Irak ont fait au minimum 2590 victimes civiles depuis 2014. Le nombre de bombardements ayant causé des morts civiles, évalué à 454 en 2016, atteindrait déjà le chiffre de 245 pour l'année 2017.

    A quoi servent les bombardements

    de populations civiles ? 

    C’est la question que posent les auteurs de ce remarquable documentaire "Le monde sous les bombes : De Guernica à Hiroshima" – prix Terre(s) d’Histoire au Figra 2017 – qui, de Guernica à Hiroshima en passant par Londres, Dresde, Berlin et Tokyo, analyse la théorie née à l’orée de la Seconde Guerre mondiale selon laquelle, en bombardant les populations civiles, on emporte la victoire plus facilement. Les auteurs décortiquent l’engrenage terrifiant qui a mis en mouvement des cerveaux brillants, englouti des richesses inimaginables et tué des millions de civils sans apporter forcément la victoire attendue. Les pays colonisés (Irak, Syrie, Libye, Inde...) servent de laboratoire aux expérimentations des puissances occidentales. En 1911, de son monoplan, l’aviateur italien Giulio Gavotti largue à la main les premières bombes sur des rebelles libyens, et Arthur Harris, futur maître d’œuvre des bombardements britanniques sur les villes allemandes, se vante d’avoir rasé un village entier en quarante-cinq minutes.

    1,5 million de tonnes de bombes en sept ans

    de guerre 

    En sept ans de guerre, 1,5 million de tonnes de bombes ont été larguées sur les populations civiles dans une véritable stratégie d’anéantissement menée par des hommes d’Etat et des militaires mais aussi des savants, physiciens, statisticiens, chimistes ou ingénieurs. S’appuyant sur les travaux historiques les plus récents (Richard Overy, Keith Lowe, Michael Lucken, Thomas Hippler) pour faire revivre le point de vue des bombardés et de ceux qui bombardent, le documentaire nous fait découvrir les acteurs méconnus de cette guerre : le physicien britannique Frederick Lindemann, théoricien des bombardements de civils, le maréchal Arthur Harris ou le général américain Curtis LeMay, qui fit pleuvoir les bombes au napalm sur les villes japonaises, parmi lesquelles Tokyo, où 100000 habitants furent tués en une seule nuit.

    Tabou 

    En dépit de ces échecs et de ces carnages, le bombardement est devenu, depuis, l’arme de tous les futurs conflits. Riche d’archives rares et spectaculaires glanées dans de nombreux pays, ce documentaire éclaire un pan de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale largement tabou et méconnu car il pointe la responsabilité alliée dans le bilan terrible des destructions et l’absurdité des bombardements face à des régimes totalitaires comme l’Allemagne nazie ou le Japon de Hirohito, dont les populations se sont retrouvées prises en otage.

    Le film démontre qu’en 1945, contrairement à une idée reçue, l’usage de la bombe atomique n’était pas nécessaire pour obtenir la capitulation du Japon. Devant l’avance fulgurante des Soviétiques en Mandchourie,  le président Truman a balayé  la piste diplomatique : pas question de se faire voler la victoire par Staline. On connaît la suite. Le 6 août 1945,  80000 morts à Hiroshima, le 9, 70000 à Nagasaki sans compter les victimes de séquelles physiques et psychologiques. Curtis LeMay reconnaîtra plus tard : "si nous avions perdu la guerre,  j’aurais été jugé pour crime contre l’humanité."

    Pour voir le film dans son entier cliquez sur le lien ci-dessous :

    http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20170424.OBS8475/le-monde-sous-les-bombes-de-guernica-a-hiroshima.html

    "Le monde sous les bombes :   De Guernica à Hiroshima"

     

     

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