• Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

     

    Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

     

    Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

    Photo Le Parisien : Logan Nisin, chef du groupe OAS, avait été membre d'Action française Provence, un groupuscule royaliste d'ultradroite. AFP/Bertrand Guay

    Le PNAT requiert que les suspects soient jugés pour « association de malfaiteurs terroriste », rapporte une source judiciaire.

    Leur groupuscule était soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon ou des musulmans : le Parquet national antiterroriste (PNAT) a finalement demandé un procès en correctionnelle pour neuf membres du groupe d’ultradroite surnommé « OAS ».

    Dans son réquisitoire définitif, rendu jeudi 8 avril, le PNAT a demandé que les suspects soient jugés pour « association de malfaiteurs terroriste », six devant le tribunal correctionnel et les trois autres, mineurs au moment des faits, devant le tribunal pour enfants, selon une source judiciaire.

    La décision finale revient désormais aux juges d’instruction d’ici un mois, le chef autoproclamé du groupe, Logan N., étant en détention provisoire.

    « Je n’attendais que ça », s’est réjoui auprès de l’Agence France-Presse Eric Bourlion, l’avocat de Logan N. qui se trouve depuis quatre ans en prison dans l’attente d’être jugé. « A la fin, on lui reproche un délit, c’est un soufflé judiciaire servi trop froid. »

    Suspecté d’avoir voulu s’en prendre

     à Castaner et Mélenchon

    Le groupuscule avait été démantelé en octobre 2017. Logan N., alors âgé de 21 ans, avait été arrêté quelques mois plus tôt, le 28 juin 2017, à la suite d’une enquête menée par la direction générale de la sécurité intérieure et la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire.

    Originaire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et un temps militant en 2016 de l’organisation royaliste d’extrême droite Action française, il avait reconnu devant les enquêteurs avoir fondé un groupuscule sous le nom d’OAS, soit le même sigle que l’Organisation armée secrète, responsable d’une campagne sanglante contre l’indépendance de l’Algérie dans les années 1960. Le groupe ambitionnait d’« enclencher une remigration basée sur la terreur ».

    Il était suspecté d’avoir voulu s’en prendre à l’ancien maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), Christophe Castaner, aujourd’hui président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l’intérieur, ainsi qu’au chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

    Des attaques contre des « kebabs » de Marseille ou le « chantier de la grande mosquée de Vitrolles » avaient également été évoquées.

    L’objectif de faire le « buzz »

    Devant les enquêteurs, Logan N. avait minimisé la portée de ces menaces, affirmant que le groupe avait abandonné ces projets, faute d’avoir « les capacités » de les mettre en œuvre.

    Avec l’OAS et une page Facebook à la gloire du terroriste d’extrême droite norvégien Anders Breivik (qui a tué 77 personnes en juillet 2011) dont il était l’administrateur, il voulait faire le « buzz » dans les milieux nationalistes et obtenir des « like », avait-il avancé.

    Logan N. avait par ailleurs participé aux campagnes présidentielle et législatives 2017 du Front national (FN) dans sa région. Le parti avait assuré qu’il n’avait toutefois jamais été adhérent et condamné ses activités.

    Le dossier avait ensuite pris une tournure politique avec l’annonce de M. Mélenchon de se constituer partie civile, au vu des menaces supposées contre lui, dont il dit n’avoir jamais été informé. Mais la justice lui avait finalement refusé ce statut.

    Plusieurs enquêtes contre des groupuscules antiterroristes

    Au moins quatre autres enquêtes antiterroristes liées à des projets d’action violente de l’ultradroite sont en cours depuis 2017.

    Un an après l’arrestation de Logan N., un autre groupuscule soupçonné de vouloir frapper des cibles musulmanes avait été démantelé. A l’automne 2020, quinze membres ou proches de ce groupe appelé Action des forces opérationnelles (AFO), teinté de survivalisme d’extrême droite, étaient mis en examen dans l’enquête, qui se poursuit. Depuis, un groupuscule, issu d’un groupe Facebook surnommé « Les Barjols » et accusé d’avoir voulu attenter à la vie du président Emmanuel Macron, a été démantelé en 2018.

    Deux autres enquêtes antiterroristes liées à l’ultradroite portent, l’une, sur un groupe proche de l’idéologie néonazie soupçonné de viser des lieux de cultes juifs et musulmans, l’autre, sur un suprémaciste admirateur de l’auteur de l’attentat en 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

    En 2016, déjà, Patrick Calvar, alors patron du renseignement intérieur, avait mis en garde contre une possible « confrontation entre l’ultradroite et le monde musulman », exacerbée par le terrorisme islamiste.

    Le Monde avec AFP

    SOURCE : https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/04/09/le-parquet-antiterroriste-demande-un-proces-contre-le-groupuscule-d-ultradroite-oas_6076113_3224.html 

    Additif 

    Dans un long portrait que Le Monde lui consacre, Logan Alexandre Nisin est décrit comme un chaudronnier intérimaire, célibataire, qui gravite dans les milieux d'extrême droite nationalistes. Il était depuis plusieurs années dans le collimateur des services de renseignement, qui ont renforcé leur surveillance lorsqu'ils se sont rendus compte qu'il était l'administrateur d'un page Facebook qui faisait l'apologie du tueur norvégien Anders Breivik. 

    Proches de groupuscules de l'Œuvre française 

    Logan se serait progressivement rapproché de l'extrême droite pendant son adolescence. Souffrant d'un léger tic au visage (le clignement intempestif d'un oeil), il est alors décrit comme un ado solitaire, bouc émissaire de la cour de récréation de son école de Vitrolles où sont scolarisés de nombreux enfants des cités voisines. Il écoute des groupes de rock ou de rap radicaux comme Kroc Blanc, Goldofaf ou Amalek. Selon Le Monde, il se rapproche des activistes de Jeunesses nationalistes, émanation des identitaires de l'Oeuvre française. Mais un an plus tard, sa branche parisienne (les Jeunesses nationalistes révolutionnaires) est impliquée dans la rixe qui conduira à la mort de Clément Méric, à la suite de quoi le mouvement est dissout par les autorités. 

    Logan entre alors dans un groupuscule marseillais qui s'assume «pétainiste», le Mouvement populaire nouvelle aurore (MPNA). Il participe aux actions publiques et contribue à la gestion du site internet ou de la post-production des vidéos tournées lors de leurs sorties. Mais le groupe s'éparpille en juin 2014, après une action à Marseille. Des militants, dont Logan, lancent des chants xénophobes devant une statue de Missak Manouchian, un poète et résistant communiste arménien, qu'ils recouvrent d'un drap blanc. Deux militants arrêtés ce jour-là sont condamnés, et le groupe s'autodissout. 

    Bref passage au FN

    Le Parquet national antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d’ultradroite OAS

    SOURCE : https://www.20minutes.fr/faits_divers/2153695-20171018-ultra-droite-photo-inspirateur-presume-marion-marechal-pen-circule-toile 

    Logan se rapproche ensuite des royalistes de l'Action française (AF) de la section d'Aix-en-Provence. Il s'inscrit en sociologie, puis en droit. Il participe activement aux tractages ou au actions anti-blocages menées par cette section très estudiantine de l'AF. Il quitte le groupe un an et demi plus tard, après les attentats du 13 novembre 2015, car il trouve l'AF pas assez intransigeante. Enfin, il fait un bref passage par le FN où il participe aux tractages et collages de la campagne présidentielle. 

    À ce stade de sa dérive, les services de renseignement considèrent son profil trop dangereux et décident de l'interpeller. Les enquêteurs retrouvent plusieurs armes au domicile de sa mère, raconte Le Monde : un fusil à pompe Baikal calibre 12 et deux revolvers à poudre de collection, dont il cherchait à modifier les barillets pour pouvoir tirer des munitions modernes. Il s'était aussi doté d'un gilet pare-balles et avait pris des renseignements sur des armureries de l'Yonne et des Vosges. Il aurait également réfléchi à des moyens de se procurer des faux papiers, voire à se fabriquer un lance-flammes. 

    Dans son projet avorté baptisé «OAS», en référence à l'Organisation de l'armée secrète qui avait mené des attentats contre l'indépendance d'Algérie, Logan avait identifié plusieurs cibles: le marché aux puces de Marseille, un restaurant indien d'Aix-en-Provence ou encore des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon ou le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

    En conclusion je vous rappelle mes articles

    de 2017 et 2018

    http://www.micheldandelot1.com/ombre-terroriste-sur-l-ultra-droite-francaise-quand-l-ultradroite-defe-a145595158 

    http://www.micheldandelot1.com/sous-le-titre-aucun-groupuscule-n-a-le-droit-de-se-revendiquer-de-l-oa-a132349188 

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 9 Avril à 17:30

    Voir sur mon blog l'article faisant état de similitudes entre le terrorisme d'extrême droite et le terrorisme inspiré de DAEECH. Lien http://cessenon.centerblog.net/6574436-enquete-sur-l-attentat-terroriste-dejoue

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