• Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

    Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

    Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

    Camus a été le seul intellectuel occidental à dénoncer l'usage de la bombe atomique au lendemain du bombardement d'Hiroshima dans son célèbre éditorial de "Combat".Alors que l'ONU vient d'adopter un traité interdisant les armes nucléaires (boycotté par la France, la Corée du Nord, Israël etc ...) et alors que guerres et conflits ensanglantent la planète, son message est plus que jamais d'actualité.

    " Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

    On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

    En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.

    Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.

    Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

    Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

    Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons.

    Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

    Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. "

    Albert Camus 

    éditorial de "Combat", journal clandestin de la Résistance, du 8 août 1945 

    Quel impact peut avoir le vote par l’ONU

    sur l’interdiction des armes nucléaires ?

    Le vote à l’Assemblée Générale de l’ONU, vendredi 7 juillet 2017, d’un traité interdisant les armes nucléaires reste purement symbolique du fait du boycott des puissances détentrices de l’arme atomique. Il donne cependant espoir aux pro-désarmements.

    Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

    Membre de l’équipage du sous-marin français « Le terrible », armé de seize missiles nucléaires mer-sol, le 5 décembre 2016. / Fred Tanneau / Afp

    « C’est une avancée historique ! » Au bout du fil, Patrice Bouveret, directeur de l’observatoire des armements, se montre optimiste. «La première Assemblée Générale des Nations unies en 1946 prévoyait la mise en place d’une commission en charge d’étudier les problèmes liés à l’énergie atomique. 71 ans après, nous avons fait un pas symbolique, mais important avec ce traité», se satisfait le co-fondateur de ce centre d’expertise indépendant.

    Le traité interdisant les armes nucléaires a été adopté vendredi 7 juillet par 141 États. Il doit désormais être ratifié par 50 pays membres de l’ONU pour entrer en vigueur.

    Mais l’application de cette interdiction reste improbable pour les neuf puissances nucléaires de la planète (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord), et pour cause : aucune d’entre elles n’a accepté d’y participer, invoquant « le réalisme » face à la situation mondiale. Seul pays victime d’attaques nucléaires dans le passé à Hiroshima et Nagasaki en 1945, le Japon n’a pas non plus souhaité prendre part aux négociations du traité.

    Des précédents encourageants

    Un motif d’espoir cependant : au cours des dernières années, les conventions interdisant les armes à sous-munitions ou encore les mines antipersonnel n’ont pas été sans suite, malgré le silence des grandes puissances, dont les États-Unis, la Chine et la Russie.

    La baisse des stocks et des usages de ces armes inspire Patrice Bouveret, qui espère des conséquences similaires sur les bombes atomiques : « Il faut maintenir la pression sur les puissances pour garantir au moins le non-emploi des armes atomiques. Après plus de 2 000 explosions, il n’y a plus d’essais nucléaires à l’air libre sur la planète depuis des décennies, et c’est déjà un progrès énorme ». 

    Malgré la baisse du nombre d’armes atomiques depuis la signature en 1968 du Traité de Non-Prolifération par la quasi-totalité des pays du monde, on estime à près de 15 000 les têtes nucléaires sur la planète. Détenues en majorité par la Russie et les États-Unis, 4 000 d’entre elles seraient fonctionnelles, et auraient plusieurs dizaines de fois la puissance des bombes utilisées au Japon, à la fin de la seconde guerre mondiale.

    En dépit de son enthousiasme, Patrice Bouveret modère ses espoirs : « Les pays concernés sont dans une logique de renforcement militaire, donc nous n’étions pas surpris de leur boycott. Sachant que leur puissance s’appuie sur leur possession de l’arme nucléaire, le désarmement complet prendra encore beaucoup de temps ».

    Noé Michalon

    SOURCE : http://www.la-croix.com/Monde/Quel-impact-vote-lONU-linterdiction-armes-nucleaires-2017-07-07-1200861313 

    Le plaidoyer pour la paix d'Albert Camus après Hiroshima le 8 août 1945

    A Jacques CROS et ses amis qui, tous les ans organisent "Une Marche de la Paix"

     

    Les pacifistes sont-ils devenus inaudibles ?

    Publié le 06/08/2017 à 07:52 par cessenon
     
    Les pacifistes sont-ils devenus inaudibles ?

     

     

    J’ai écouté en podcast  l’émission de France Culture « Du grain à moudre » du jeudi 3 août (lien Réécouter l'émission) qui avait pour thème « Les pacifistes sont-ils devenus inaudibles ? ».

    Il y avait trois intervenants dont Edith Boulanger pour le Mouvement de la Paix. Le mot « pacifisme » a été l’objet d’un échange. Peut-être parce qu’il évoque les Accords de Munich où sous couvert de paix on a laissé se développer tout un processus qui a conduit à la guerre.

    La représentante du Mouvement de la Paix a mis l’accent sur la nécessité de justice comme élément de culture de paix. En fait la situation économique, avec les revendications sociales non satisfaites, est en soi un facteur qui tourne le dos à ce qui est nécessaire. Elle contribue  à l’augmentation des tensions et peut déboucher sur la guerre.

    La non-violence ne saurait être l’acceptation de l’injustice. Ici Gandhi a été cité par un intervenant qui s’est exprimé au titre du MAN (Mouvement d’Action Non-violente) qui avait déclaré en substance : entre la violence et la résignation je choisirais la violence.

    La signature le 7 juillet 2017 du Traité d’interdiction des armes nucléaires obtenue dans le cadre des travaux de l’ONU a été l’objet d’approches différentes. L’aspect positif c’est que le Traité a été voté. L’aspect négatif c’est que les puissances nucléaires, comme la France, continuent à moderniser leur armement atomique.

    On continue à engloutir des sommes faramineuses qui font défaut pour la satisfaction des besoins sociaux. On s’interroge : on espère dissuader qui avec de tels arsenaux ? Sûrement pas les terroristes qui vont continuer leurs crimes sans se considérer concernés par la menace.

    En 1982 les opposants à la course à l’armement nucléaire, SS 20 et fusées Pershing, avaient mobilisé 200 000 personnes. En 2003 les manifestations contre la deuxième guerre du Golfe avaient rassemblé des foules importantes. On a l’impression qu’aujourd’hui on est un peu au point mort.

    Pourtant des actions se déroulent qui intéressent jeunes et moins jeunes, le livre blanc pour la paix notamment. C’est vrai qu’on ne trouve pas toujours le relais qu’on espère auprès des médias.

    Vers la fin de l’émission la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) a été présentée par un responsable du MAN comme une action non-violente susceptible de faire avancer la cause des Palestiniens.

    La visite du président de la République dans un sous-marin nucléaire a été par contre jugée anachronique. Macron s’est enfermé dans la logique d’équilibre de la terreur qui est une impasse. En fait une impasse dangereuse et hors de prix par ces temps où on prône l’austérité !.

    Les horreurs de 14 / 18 avaient fait naître et se développer un courant qui refusait la guerre et le règlement des contentieux par le recours à la force armée. Les pacifistes tels Jaurès s’étaient montrés impuissants à organiser la volonté de paix entre les peuples. Ils étaient pourtant dans une position juste et là aussi on regrettera que les médias n’aient pas aidé à populariser les initiatives prises pour l’anniversaire de son assassinat.

    Le rôle passé et présent des religions à l’égard de la guerre a été rappelé. En règle générale les belligérants se sont efforcés de mettre Dieu dans leur camp. Evidemment, un humoriste avait conclu qu’il jouait double jeu !

    Pourtant la domination militaire ne règle jamais durablement les choses. Elles peuvent faire illusion en donnant un moment répit. Cela conditionne le vaincu pour préparer sa revanche. On l’a vu après la guerre de 70 comme après le Traité de Versailles. Il y a donc tout un chantier à ouvrir et à occuper, comme l’indique le titre de l’émission « Il y a du grain à moudre » !

    Présentement ce dimanche 6 août 2017 nous allons faire notre 18ème Marche de la Paix à Lézignan-la-Cèbe. Le ciel est peut-être avec nous, en tout cas nous n’avons pas la canicule que nous avions les jours précédents. Certes c’est un peu humide !

    Le ciel avec les pacifistes ?

    Publié le 07/08/2017 à 07:29 par cessenon
    Le ciel avec les pacifistes ?

      Photos Paul Barbazange et Martine Ragonnet

    On pourrait le penser tant les journées de canicule qui avaient précédé la Marche de la Paix prévue pour le 6 août à Lézignan-la-Cèbe avaient été l’objet d’inquiétude de la part des organisateurs. Et puis le 5 au soir il avait fait un orage qui avait sensiblement abaissé la température.

    Nous serons presque une trentaine sur le parking situé devant l’école de la Salsepareille vers 10h 15 quand Clara, qui s’est un peu égarée en cherchant le lieu de rendez-vous, nous aura rejoints.

    Ah une voiture de gendarmes de Pézenas vient s’assurer que tout se passe bien ! Mais oui, les pacifistes n’ont rien à voir avec les terroristes !

    Nous allons donc sous la conduite de Ramon Capdevila entreprendre notre marche. Il nous présente Lézignan-la-Cèbe. Le nom de Lézignan viendrait de Licinius  suivi du suffixe anum qui signifie « domaine de ». La Cèbe désigne l’un des productions de la commune réputée également pour ses navets. Tiens justement voici une parcelle sur laquelle des oignons, trop petits pour être commercialisés ont été abandonnés en plein champ.

    On suit le même itinéraire que pour la reconnaissance. Ramon se montre très compétent et très pédagogue. On passe d’abord devant la station de pompage qui alimente Lézignan-la-Cèbe.

    On continue jusqu’à la carrière, aujourd’hui désaffectée où l’on a droit aux explications sur les éruptions volcaniques ainsi que sur la faune qui peuplait cet espace. On a des précisions sur les outils en pierre découverts dans une coulée de boue. Correction effectuée ils dateraient de un million cent-mille ans et sont les plus anciens vestiges d’hominidés recensés en France.

    On avance jusqu’à l’étang qui s’est formé devant un front de taille. Pas très loin niche une colonie de grands-ducs. La proposition de s’approcher n’est pas retenue, c’est qu’il n’est pas sûr qu’ils nous offriraient l’apéritif tandis que nous sommes attendus à la salle polyvalente pour le boire.

    Ah, Ramon nous montre des pierres de basalte incrustées d’olivine qui comporte dans sa variété que couvre ce terme générique des péridots. Plus loin devant un neck il nous explique le mécanisme du volcanisme de type Stromboli.

    On revient sur nos pas et on redescend à Lézignan-la-Cèbe où nous sommes attendus par le premier magistrat de la commune. Il nous dit sa satisfaction de nous accueillir à Lézignan-la-Cèbe. Il souligne l’intérêt que présente pour lui nos préoccupations en matière de paix mise à mal par le contexte que nous connaissons. Raymond Cubells remercie pour l’accueil. Il n’oublie pas d’adresser ses remerciements à Claude et Ramon qui ont contribué au bon déroulement de cette journée. Il offre au maire de Lézignan-la-Cèbe un exemplaire du livre blanc de la paix.

    Un apéritif copieux est présenté sur des tables. Après l’avoir pris nous choisissons de prendre notre pique-nique dans la salle polyvalente. Nous sommes bien là n’ayant pas à déplacer le matériel.

    Naturellement circulent des tas de denrées, solides et liquides, cependant que Raymond fait une analyse détaillée de ce qu’a apporté le Traité signé à l’ONU le 7 juillet dernier. Il y a un échange d’informations et d’appréciations qui circulent  l’occasion de cette 18ème édition de notre traditionnelle Marche de la Paix. Cette initiative a eu lieu encore cette année, longue vie à ce genre d’action.

    Marianne a animé avec son accordéon la fin du pique-nique, jouant notamment « La butte rouge », ‘Gloire au 17ème », « Se Canta »… Il était un peu plus de 15 h quand nous nous sommes quittés, contents d’avoir pu mener à bien cette année encore cette forme originale d’action pour la paix et le désarmement.

    Ah, on ne vous a pas parlé de Misty, la petite chienne de nos amis vosgiens. Elle s’est roulée dans des gafaròts et en a tout le pelage couvert !

    Dernier point, notre photographe a tiré le portrait d’une tourterelle perchée sur un réverbère. Ben oui, elle participait à sa façon à la Marche de la Paix en tant que Colombe de service !

    Jacques CROS

     

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