• LE SAVIEZ-VOUS ? La paix en Algérie a été négociée au Yeti dans le Jura, un chalet de la station des Rousses.

    La paix en Algérie a été négociée au Yeti dans le Jura

    En février 1962, les conditions des accords d’Évian ont été négociées entre émissaires algériens et français, dans un chalet de la station des Rousses. Dans le plus grand secret.

    La paix en Algérie a été négociée au Yéti dans le Jura

    Le bâtiment le Yeti, le long de la route Blanche. Photo René DELOBELLE 

    C’est le préfet du Jura, Pierre Aubert, qui avait été désigné par Michel Debré, le Premier ministre du Général de Gaulle, pour choisir un lieu discret, où se dérouleraient les tractations devant définir les conditions de la paix en Algérie.

    Le préfet a choisi Les Rousses, et le chalet du Yeti. Un gros bâtiment sans grâce, que tout le monde connaissait, mais que personne ne regardait. Son intérêt majeur : être sur la route nationale 5, la route Blanche, qui mène à Genève, où était installée la délégation algérienne. Le gros immeuble appartenait aux Ponts et Chaussées : il accueillait du personnel pour des week-ends en famille, et servait de garage pour les chasse-neige.

    Une sortie de crise discutée durant vingt jours

    Il fallait être discret : les négociateurs étaient une cible potentielle pour l’organisation de l’armée secrète (OAS), et la presse pistait chaque déplacement. Le Progrès du 18 février 1962 raconte “le cache-cache” des journalistes et des délégations, en évoquant la vallée de Joux comme lieu possible des négociations.

    Pendant ce temps, la délégation algérienne équipait sa voiture de luge et de skis, pour jouer les touristes et monter aux Rousses innocemment. Et la délégation française, menée par Louis Joxe, campait dans le chalet, à l’abri des regards.

    Pendant neuf jours et demi, les sept délégués algériens, les trois ministres français (Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie) et leur délégation d’experts, protégés par une vingtaine de policiers, ont âprement discuté d’une sortie de crise acceptable par tous les belligérants.

    Chaque jour, un assistant allait à Morez, acheter le ravitaillement pour la délégation, en expliquant au brave épicier qu’il gérait une colonie de vacances. « Mais quels âges ont vos enfants ? C’est normal qu’ils boivent autant de vin rouge ? », s’était étonné le commerçant…

    T. M.

    SOURCE : http://www.leprogres.fr/lyon/2016/08/22/la-paix-en-algerie-a-ete-negociee-au-yeti-dans-le-jura

    UN COMMENTAIRE

    C’est normal qu’ils boivent autant de vin rouge ? », s’était étonné le commerçant…

    Pour  une  négociation aussi importante, mettant fin à 132 ans de colonisation en Algérie, il fallait bien autant  de  vin  rouge !

    Les Rousses - commémoration du 19 mars 1962 La fin d’une guerre s’est jouée dans un garage du Jura

    Le « Yéti », aux Rousses, aux portes de la Suisse, a abrité en 1962 les négociations ultra-secrètes préalables aux accords d’Evian, qui ont entraîné le cessez-le-feu du 19 mars en Algérie.

     

    LE SAVIEZ-VOUS ? La paix en Algérie a été négociée au Yeti dans le Jura !

    Le bâtiment de l’ancien Yéti situé le long de la route nationale 5 aux Rousses, est toujours utilisé comme garage à chasse-neige. Photo René DELOBELLE 

    C’est un bâtiment qui ne paye pas de mine, et c’est rien de le dire. « Le Yéti », qui porte décidément bien son nom, est certes imposant, mais pas franchement du plus bel aspect… Mais qu’importe. Le lieu se veut avant tout pratique, et depuis des dizaines d’années, il abrite les véhicules et le personnel chargé de l’entretien et de l’exploitation du réseau routier local.

    On l’aura compris. Ce vaste chalet situé aux Rousses n’a rien de bien particulier. Pourtant, c’est là qu’un pan de notre histoire contemporaine s’est joué, c’est là que se sont préparés les accords d’Evian qui ont débouché sur un cessez-le-feu et la fin d’une guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts. Mais avant d’en arriver là, les représentants de l’État français, et ceux du gouvernement provisoire de la République algérienne, ont dû parlementer… Et dans le plus grand secret pour se mettre à l’abri des regards indiscrets, et d’une éventuelle tentative d’attentat.

    Dix jours dans une atmosphère lourde, de roman d’espionnage

    C’est à Pierre Aubert, alors préfet du Jura, qu’a incombé la responsabilité de trouver l’endroit parfait pour ces pourparlers. Dans son livre « Le secret des Rousses », il justifie son choix. « Pour l’opération que j’allais avoir à mener, il présentait à mes yeux de multiples avantages… L’immeuble appartenait au Département et par conséquent le préfet pouvait en disposer facilement… Il était à deux pas de la frontière. Il comportait la possibilité de couchage et de nourriture… Certes le choix pouvait paraître risqué car nous étions en plein sur la route nationale, et au vu de tout le monde, avec un va-et-vient automobile et piétonnier assez intense, mais c’est précisément cette dernière considération qui me poussait à ce choix. »

    Des Algériens déguisés en skieurs

    Et c’est en pleine période de vacances scolaires, entre le samedi 10 février et le lundi 19 février 1962, que Louis Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie, tous trois ministres, négocièrent en secret avec des représentants du Gouvernement provisoire de la République algérienne. Ces derniers, dont Krim Belkacem, arrivaient incognito tous les matins depuis Genève, avec une voiture immatriculée dans le Jura et des skis sur le toit…

    Dans une atmosphère lourde, de roman d’espionnage, les trois ministres français, ainsi qu’une dizaine d’experts et une vingtaine de policiers armés jusqu’aux dents sont restés cloîtrés là pendant 10 jours. « La clandestinité la plus totale était indispensable pour mener à un accord », explique dans une interview télévisée datant de 1972 Robert Buron, un des négociateurs. « C’est seulement dans la nuit du dimanche au lundi que nous avons constaté notre accord, et qu’enfin, pour la première fois, nous nous sommes serré la main… Nous étions les uns et les autres, et en toute bonne foi, convaincus que ce que nous venions de mettre sur pied était dans une large mesure applicable, et pouvait servir à la fois au développement de l’Algérie, et à la paix en France. »

    Vincent Patrin

    « Une cérémonie en présence de représentants des États français et algérien »

    Bernard Mamet Maire des Rousses

    LE SAVIEZ-VOUS ? La paix en Algérie a été négociée au Yeti dans le Jura !

    Photo Philippe TRIAS

       

     

    C'était en 2016 : Nous travaillons sur un projet de création d’une stèle commémorative, que nous prévoyons d’installer à proximité du bâtiment d’ici l’automne prochain. Cette pierre comportera un texte court, rappelant l’histoire des accords secrets qui se sont déroulés ici, et ce sur quoi ils ont abouti. Nous aimerions que son inauguration donne lieu à une cérémonie en présence de représentants des États français et algérien. Nous avons souhaité faire intervenir les services de l’État en ce sens, et le préfet du Jura en a été informé.

    LE SAVIEZ-VOUS ? La paix en Algérie a été négociée au Yeti dans le Jura !

    Aujourd’hui 16 mars 2017 la Mairie des Rousses nous précise que ce projet a pris du retard mais il n’est pas abandonné… 

    LE SAVIEZ-VOUS ? La paix en Algérie a été négociée au Yeti dans le Jura !

    SOURCE : http://www.leprogres.fr/jura/2016/03/20/la-fin-d-une-guerre-s-est-jouee-dans-un-garage-du-jura 

     

    En 1972 : dix ans après les négociations des Rousses

    Dix ans après la signature des accords d'Evian mettant fin au conflit algérien, Robert BURON, ministre des Travaux publics et des transports, l'un des 3 délégués du gouvernement DEBRÉ qui négocièrent ces accords avec les représentants du GPRA, nous fait visiter le chalet "Le Yéti" des Rousses, dans le Jura, où se tinrent les pourparlers préalables , du 10 au 18 Février 1962.

     

     

     

     

     

    « Ma revue de presse : Ce ne sont pas des places de prisons en plus qu'il faut, mais des places dans les hôpitaux psychiatriques Fils du peuple en uniforme, les soldats d’Algérie, lassés 
de la guerre, ont défendu leurs familles et la République. »
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