• Les deux France

    Les deux France

    L'un vient de disparaître dans la discrétion quand l'autre poursuit dans la tonitruance, témoigne Jean-Jacques Gréteau, de Magné (Deux-Sèvres).


     Jean-Louis Crémieux-Brilhac.

    (Photo Archives NR)

    « Il est rare que l'actualité fournisse un tel choc d'images: la mort de Jean-Louis Crémieux-Brilhac traitée avec discrétion par les médias, regrette Jean-Jacques Gréteau, et le point de détail de Jean-Marie Le Pen dont se repaissent à longueur d'émissions radios et télévisions. C'est pourtant un rappel bienvenu de l'illustration du choc frontal des deux France qui, depuis les Lumières, n'ont cessé de s'opposer: l'affaire Dreyfus, le Front populaire, la France libre et Vichy, la guerre d'Algérie, nombreuses furent les occasions d'oppositions frontales, parfois brutales.
    « Jean-Louis Crémieux-Brilhac était un des derniers compagnons de Londres du général de Gaulle. Même s'il n'était pas Compagnon de la Libération, il joua un rôle important auprès du général. Au commissariat national à l'Intérieur, il fut à plusieurs reprises une des voix de la France libre. Voix pondérée s'il en était. Ayant vécu la France libre de l'intérieur, il put ensuite se consacrer à écrire son histoire. Il n'en fut pas un historien parmi d'autres, mais avec Daniel Cordier, il en était le mémorialiste. Cet homme pondéré était un passionné de la France combattante puis de la France libre qui, chez lui, se confondait avec la France. Ce juif était aussi un Juste qui, dès avant la guerre, fut un très jeune adhérent du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et qui, après la guerre, se consacra à l'enseignement supérieur et à la recherche. Ce rigoriste n'admettait pas que l'on travestisse l'histoire et corrigea même sur quelques points les mémoires de guerre du général.
    « Quel contraste avec le fracas des "chambres à gaz point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Que dans la foulée de ce qui n'est pas une provocation mais une conviction, on apprenne que le Front National comprend de nombreux pétainistes ne surprend pas vraiment, mais inquiète plutôt. Cette Europe blanche et « boréale », qu'on nous propose maintenant de construire avec Vladimir Poutine, est d'abord une Europe de l'exclusion. Charles Maurras aussi voulait exclure les métèques, les juifs, les protestants, les francs-maçons, tous de mauvais Français. Le maréchal Pétain voulait exclure: dès octobre 1940, "le statut des juifs" était publié puis celui "sur les ressortissants étrangers de race juive", avant que soit créé le sinistre commissariat général aux questions juives de Xavier Vallat.
    « Que la disparition de Jean-Louis Crémieux-Brilhac serve au moins - s'il en était besoin, mais l'histoire récente montre qu'il en est souvent besoin - à voir où est l'honneur et où est le déshonneur, où est la vraie fraternité du vivre ensemble et où se niche l'exclusion, où se situe le véritable amour de la France, que sa famille y soit depuis cinq siècles comme celle de Crémieux-Brilhac ou depuis mille ans comme le prétend Jean-Marie Le Pen ».

    SOURCE : http://www.centre-presse.fr/article-385800-les-deux-france.html#prettyPhoto

     

    Jean-Louis Crémieux-Brilhac, grande voix

    de la France libre, est mort

    Jean-Louis Crémieux-Brilhac, le 22 décembre 2008, à son domicile parisien. (Photo Stéphane de Sakutin. AFP)

    DISPARITION

    Cet historien de la Seconde Guerre mondiale, ancien résistant, avait 98 ans.

    Jean-Louis Crémieux-Brilhac, haut fonctionnaire, ancien résistant et historien de la France libre, est décédé mercredi à l’âge de 98 ans, a annoncé l’Elysée.

    «La vie de ce grand homme a épousé le siècle, écrit l'Elysée dans un communiqué. Héros de la campagne de France en 1940, il s’évade de son camp de prisonnier pour rallier Londres en 1941. Responsable de la communication de la France Libre, il fut l’un des premiers à dénoncer les chambres à gaz en 1944. Ce patriote engagé croyait au savoir. A la Libération, il a créé la Documentation Française pour fournir à la démocratie les informations et les analyses dont elle a besoin. Auprès de Pierre Mendès-France dont il fut le conseiller, il a joué un rôle décisif dans la modernisation de la science française.»

    Né le 22 janvier 1917 à Colombes, près de Paris, Jean-Louis Crémieux, dit Crémieux-Brilhac (Brilhac était le pseudonyme qu’il avait choisi pendant la guerre), était issu d’une famille juive implantée depuis cinq siècles dans le sud de la France.

    «Sa carrière administrative achevée, il était devenu l’historien de référence de la France Libre, après en avoir été l’un des acteurs. Ses travaux sur "les Français de l’an 40" font autorité. Dans le tumulte de l’histoire, il a vécu une vie exemplaire d’engagement et de devoir, que la République avait reconnue en lui conférant sa plus haute distinction, la Grand’Croix de la Légion d’Honneur en 2014», a rappelé l'Elysée.

    Le Résistant Daniel Cordier a salué la mémoire d’un camarade «très fin, très intelligent et très réservé» : «c’était un homme très libre, très ouvert qui écoutait beaucoup les autres, qui comprenait ultra-rapidement et dont les répliques étaient toujours percutantes».

     

    Crémieux-Brilhac : «Les lettres

    à la BBC ? Un lien avec la France occupée !»

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    Les deux France

    INTERVIEW - De 1940 à 1944, des Français envoyaient des courriers à Londres, telles des bouteilles à la mer. Le jeune résistant, qui avait rejoint de Gaulle, les lisait avec avidité.

    C'est une passionnante incursion dans la France occupée que permet Je vous écris de France. Lettres inédites à la BBC 1940-1944  (Éditions L'Iconoclaste, parution le 5 mai). À la faveur de sa thèse, l'historienne Aurélie Luneau a découvert cette correspondance qui sommeillait à la BBC dans neuf cartons archivés «Letters from France». Des Français, le plus souvent anonymes, y décrivent leur quotidien, confient leurs espoirs, leur découragement et leurs doutes. Ils bravent ainsi la censure, espérant qu'un ami en zone non occupée, jusqu'en novembre 1942, une ambassade, la Croix-Rouge ou le système D feront parvenir la missive à bon port. Se noue ainsi un lien ténu entre Londres et une France à l'heure allemande. «Ces lettres arrivaient de partout, écrites par des gens modestes comme des intellectuels, des poilus de 14 comme des enfants. Elles montrent une population animée par la volonté de résistance civile.

    « Commémoration du 8 mai 1945 à Rennes concernant les massacres de Sétif, Guelma et KherrataPOUR RIRE : Après "les deux France" voici le champion toutes catégories de la deuxième France "Tonton Cristobal est revenu" comme sa fille lui ressemble !!! »
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