• Les hommages à François Nadiras

    Communiqué LDH

    François Nadiras (1941-2017) : Aucun droit, aucune liberté n’échappaient à sa vigilance 

    François Nadiras vient de nous quitter et, avec cette disparition, la LDH perd un grand militant.

    Ce professeur de mathématiques qui a adhéré à la LDH en 1995, au moment où le FN s’est emparé de la mairie de Toulon, n’a cessé de vouloir former et informer, agir et réagir. Avec autant de modestie que de détermination, il s’est engagé tout au long de sa vie dans la défense des droits de l’Homme.

    Dès 2001, il a mis à profit ses connaissances en informatique pour créer le site Internet de la section de Toulon. Au prix d’un travail colossal et toujours rigoureux, il a fait de ce site un outil de référence incontournable pour les adhérents de la LDH mais bien au-delà. Bon nombre de chercheurs, de journalistes, d’historiens… ont salué la richesse de cette bibliothèque à clic ouvert.

    François Nadiras n’a cessé d’œuvrer pour rétablir la vérité historique sur la colonisation de l’Algérie, et cela dans un environnement géographique souvent hostile. Mais la mémoire et l’histoire n’ont pas été ses seuls terrains de lutte. On se souvient de son inlassable énergie pour dénoncer le fichage sous toutes ses formes, la montée des extrêmes ou les discriminations qui frappent les Roms.

    Très récemment encore, et en dépit de soucis de santé récurrents, il continuait de participer aux initiatives visant à défendre les droits des migrants. Aucun droit, aucune liberté n’échappaient à sa vigilance.

    Dans une période où de nombreux repères s’effritent, où la solidarité ne semble plus être de mise, François Nadiras n’a jamais désespéré de l’action associative. Tout en sachant faire preuve de bienveillance et rester à l’écoute de l’autre, il demeurait un homme de convictions, épris de justice et de vérité.

    Il a beaucoup apporté à la LDH et sa disparition nous laisse dans une peine immense. Nous ne l’oublierons pas et saurons faire en sorte que son travail continue, au-delà même de son indéfectible engagement.

    Paris, le 1er septembre 2017

    Sur la disparition de François Nadiras

    Témoignage de Jacques Cros

    Sur la disparition de François Nadiras

    Cessenon, 1er septembre 2017

    J’avais eu la triste nouvelle par mon ami Michel Dandelot. D’autres que moi, plus au fait que je ne le suis, évoqueront son action à la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon et l’importance du site informatique qu’il gérait en conséquence. 

    Ses obsèques étaient prévues pour ce vendredi 1er septembre. Hommage lui sera rendu par ses amis de la LDH. Je vais simplement apporter ici quelques souvenirs de mes contacts que j’ai eus avec François Nadiras. 

    Le premier doit dater de 2010. Je lui avais envoyé par Internet le récit de mes souvenirs de la guerre d’Algérie à laquelle j’ai participé de mars 1960 à avril 1962. Il m’a appelé par téléphone et nous avons eu un premier échange. 

    J’avais ainsi appris qu’il avait un an de moins que moi et qu’il était agrégé de mathématiques. Il m’avait demandé ce qui me paraissait important dans le récit que j’avais joint. Difficile à préciser. Il avait choisi quelques extraits qu’il avait mis en ligne sur son site. 

    Les contacts que nous avons eus ensuite se sont faits le plus souvent par courriels. J’ai eu des informations sur sa santé à l’occasion d’une rencontre que j’avais eue en juillet 2011 avec Jean-François Gavoury, à qui je faisais visiter ainsi qu’à son épouse et sa fille le village de Cessenon d’où je suis originaire. 

    Il m’avait demandé des précisions sur un dessin d’Effel légendé « Après tout ce que nous avons fait pour eux ». On y voit un Arabe assis sous un palmier reniflant une fleur alors que des colons et des militaires manient qui une pelle, qui une brouette, qui un rouleau compresseur, pour construire une route, 

    Une autre fois il s’agissait de donner des renseignements sur une photo qui avait illustré une photo d’un article de mon blog. Elle m’avait été prêtée par un Biterrois, un cheminot, ancien d’Algérie lui aussi,  qui montre une file de femmes maghrébines apportant de l’eau dans des jarres qu’elles tenaient sur leurs têtes, pour ravitailler une unité installée sur un piton. 

    Une autre fois il m’avait demandé de le rappeler pour lui accorder le droit d’utiliser un « gif » sur lequel on voit les Rois Mages creusant un tunnel sous le mur de la honte pour accéder à la crèche où est né Jésus Christ. 

    Le 14 mars 2015, alors que je ramenais Jean-Philippe Aoudia et Jean-François Gavoury de la contre-manifestation que nous avions organisée pour protester contre le changement de nom de la rue du 19 mars 1962, décidé par le maire de Béziers, il avait appelé sur le portable de Jean-François, pour commenter ce qu’il avait entendu à la radio. Le slogan « Algérie française » lancé par Ménard n’avait pas été repris par ses sbires. 

    Le dernier échange que j’avais eu avec François Nadiras est récent. J’avais répondu à un article dans lequel il réclamait que les têtes des Résistants algériens conservées au Musée de l’Homme soient restituées à l’Algérie comme les restes d’un soldat français inhumé à Oran avaient été rapatriés à Argelès-sur-Mer. J’avais fait part de mon sentiment qui est que l’essentiel consiste à dénoncer les souffrances qu’avaient générées le colonialisme et la guerre d’Algérie entreprise pour le maintenir. J’avais reçu de lui un courriel  laconique faisant part de son approbation. 

    Nos condoléances à tous ceux que ce deuil afflige.

    Jacques CROS

    http://cessenon.centerblog.net/6572209-sur-la-disparition-d… 

    François Nadiras, militant de la LDH

     de Toulon, est décédé

    Vendredi, 1er Septembre, 2017

    L'Humanité

    François Nadiras, militant de la Ligue des droits de l’homme (LDH) de Toulon, est décédé à l’âge de 76 ans. Militant discret, il a fait montre d’un grand courage dans un terrain parfois hostile en s’engageant dans un travail de vigie citoyenne en cette terre de forte influence de l’extrême droite. Responsable du site Internet de la LDH-Toulon, il a nourri ses pages Web sans se ménager malgré la maladie incurable dont il était atteint, en faisant par sa rigueur éditoriale un site de référence sur l’histoire coloniale et un carrefour très informé de vigilance contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Le professeur de mathématique agrégé a mené de nombreux combats pour la reconnaissance des victimes de l’OAS, initiant ainsi la création de l’association Anpromevo, et pour la dénonciation de ses sbires de l’Algérie française. L’Humanité présente ses condoléances à sa famille et à ses proches. 

     

    Un homme magnifique nous a quitté

    François Nadiras 

    Militant depuis toujours pour les droits humains et contre toutes les formes d’exclusion, François nous a rejoint, comme ami, dès la création de l’ANPNPA. Homme de culture, homme engagé, de conviction, sa modestie ne trompait personne quant à la rigueur, la pertinence et la clairvoyance de ce qu’il nous a apporté.

    Le site internet sur l’histoire coloniale et post-coloniale (de l’Algérie en premier ressort), site qu’il a crée au sein de la section de la Ligue des Droits de l‘Homme de Toulon et qu’il a alimenté jusqu’au bout, est une bibliothèque de référence, tant pour les historiens que pour les militants anticolonialistes. Hommage à ce travail, un collectif d’historiens s’est mis en place pour poursuivre son œuvre.

    Deux articles sur F. Nadiras : un interview au journal La Marseillaise,

    http://m.lamarseillaise.fr/var/societe/58868-francois-nadiras-on-ne-pouvait-pas-rester-les-bras-ballants-face-au-front-national

    Un billet de Anne Guerin dans Mediapart,

    https://blogs.mediapart.fr/anne-guerin-castell/blog/290817/francois-nadiras-un-site-une-oeuvre 

    Association Nationale

    des Pieds Noirs Progressistes

    et leur Amis

    Les hommages à François Nadiras

    François Nadiras, militant de la LDH

    nous a quitté

    Nous apprenons avec tristesse et émotion la mort de François Nadiras, militant de la Ligue des droits de l’homme, animateur du site internet de la LDH-Toulon.

    François nous a aidé dans le combat pour la reconnaissance de la responsabilité de la France dans le drame vécu par les anciens harkis et leurs famille. Pour cela et pour son soutien militant, nous lui en sommes très reconnaissant.

    L’association harkis et droits de l’Homme présente ses sincères condoléances à Elisabeth, son épouse, et à toute sa famille.

     

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