• Les socialistes semblent occulter la partie la plus importante de la vie de Michel Rocard, les Algériens leur rappellent...

    Les socialistes semblent occulter la partie la plus importante de la vie politique de Michel Rocard, peut-être veulent-ils refuser, comme les autres que la France regarde son passé en face, les Algériens leur rappellent...

    Les socialistes semblent occulter la partie la plus importante de la vie de Michel Rocard, les Algériens leur rappellent...

    Dissident de la guerre coloniale

    Socialiste, Michel Rocard le restera toute sa vie, mais selon une acception qui doit beaucoup à la grande expérience de la jeunesse : l’Algérie. L’insurrection qui s’est déclenchée en 1954 laisse la IVe République empêtrée et bientôt déchirée. Elle fait naître en réaction une génération politique, dans le drame et la scission morale. Comme il s’agit de trois départements français et qu’un million d’Européens vivent là-bas, les forces politiques, communistes compris, n’imaginent pas que la colonie puisse devenir indépendante. On réprime, mais on cherche aussi à négocier.

    Très vite, la gauche se divise. Les uns - Guy Mollet, François Mitterrand - font la guerre. Les autres - Pierre Mendès France, Alain Savary ou Daniel Mayer - veulent un compromis. En 1956, on croit que Mendès France va redevenir président du Conseil et négocier, comme il l’a fait avec les nationalistes vietnamiens en 1954. C’est Guy Mollet qui est désigné. Le jeune Rocard voit ainsi le chef de son parti, la SFIO, mobiliser le contingent, encourager l’action des paras, couvrir la torture. Pour ce militant de culture chrétienne, qui a pris pour ses activités politiques le pseudonyme d’un hérétique de Genève brûlé par Calvin, Michel Servet (il est tenu au devoir de réserve comme fonctionnaire), cette dérive coloniale et cette chute morale sont inconcevables. Au même moment, François Mitterrand est ministre de la Justice et vise Matignon. Pour rester dans le jeu, il applique sans hésiter la politique répressive du gouvernement en Algérie. Contraste entre deux hommes qui ne se connaissent pas mais qu’une conception antagonique de la politique oppose déjà…

    Rocard milite pour la paix en Algérie, il se rend même sur place à la faveur de missions que lui confie l’administration. Le jeune inspecteur des finances, dissident de son propre gouvernement, dénonce dans des rapports le traitement infligé aux populations musulmanes et réfute en quelques phrases la légitimité de la guerre : «L’égalité de tous les citoyens devant la loi, qui est le principe de base de notre Constitution, n’a jamais été pratiquée. L’égalité des devoirs existait, et notamment l’impôt du sang, mais point d’égalité des droits», écrit-il, avant de constater que «sévissait durement une mentalité proche de la ségrégation raciale qui interdisait aux musulmans, sauf exception, l’accès aux fonctions de responsabilités, même mineures, dans leur propre pays». Son rapport sur les regroupements de population pratiqués par la France, publié par le Nouvel Observateur et le Monde, fait scandale et contribue à retourner l’opinion contre la guerre. 

      Michel Rocard, le socialiste opposé à la guerre

    livrée par la France contre le peuple algérien

    L'ancien Premier ministre français Michel Rocard (23 Août 1930 – 2 Juillet 2016)

    L’ancien Premier ministre sous François Mitterrand, Michel Rocard, qui s’est opposé à la guerre qu’avait livrée la France contre le peuple algérien, s’est éteint samedi à l’âge de 85 ans.

    Militant très actif de la gauche française, notamment à la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO), il se dresse contre la politique "algérienne" de Guy Mollet pour entrer en dissidence. En sa qualité de secrétaire des Etudiants socialistes, il est hostile à la guerre menée par sa famille politique contre le peuple algérien et fonde le PSA (Parti socialiste autonome).

    Le 17 février 1959, en sa qualité de fonctionnaire, âgé de 28 ans, il remet un rapport sur les conditions prévalant dans les camps de concentration des Algériens (homme, femmes et enfants) au délégué général en Algérie. 

    Le rapport faisait état d’une réalité ignorée par l’opinion publique concernant plus d’un million d’Algériens, détenus dans des conditions inhumaines dans ces camps, une des tragédies les plus méconnues de la guerre d’Algérie, qui enregistraient une mortalité enfantine effrayante.

    Michel Rocard relatait dans son rapport que, par jour, près de 500 enfants sont menacées de famine. Alerté par l'auteur du rapport, le cabinet du garde des Sceaux du gouvernement de Michel Debré, Edmond Michelet, décide de donner ce rapport à la presse.

    Selon des historiens, ce rapport est à l’origine du manifeste des "121" intellectuels et hommes de culture français contre la "guerre d’Algérie", dans lequel les signataires dénoncent la pratique de la torture et s’engagent à refuser de "prendre les armes contre le peuple algérien".

    Chef de parti, haut fonctionnaire, sénateur, député, ministre et Premier ministre, Michel Rocard, ce "hamster érudit" est resté la référence intellectuelle de la gauche française et son maître à penser.

    Il est considéré comme un modèle d’une génération politique, "compétent, inventif et honnête".  Dans sa dernière interview, un testament politique, accordée à l’hebdomadaire le Point du 23 juin dernier, il a affirmé que la gauche française actuelle est "la plus rétrograde".

    Dans son analyse de la classe politique française, Michel Rocard a estimé que "la démocratie chrétienne avait un projet de société pour toute l’Europe qu’elle a fini par abandonner. Le gaullisme a disparu. Le communisme s’est englouti dans son propre archaïsme et le socialisme porte un projet, mais il n’est plus clair depuis longtemps".

    Pour lui, la France est entrée dans un "déclin profond" à cause de la manière dont la communication est conduite et gérée, soulignant que ce qui compte aujourd’hui "l’attitude des médias".

    Beaucoup lui reconnaissent en tant que leader politique, il a marqué l’histoire de la gauche et en sa qualité de Premier ministre, il a laissé des réformes "précieuses". APS


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    Décès de Michel Rocard : le président Bouteflika
     
    adresse un message de condoléances
     
    à son homologue français

     

    Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé un message de condoléances à son homologue français, François Hollande, suite au décès de l'ancien Premier ministre Michel Rocard, qu'il a qualifié d"ami fidèle" de l'Algérie ayant contribué à bâtir des relations bilatérales "frappées du sceau du respect mutuel".  

    "C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris la triste nouvelle de la disparition de Michel Rocard, ancien Premier ministre et homme d'Etat français, qui a marqué notre époque des empreintes indélébiles et de ses convictions et de son action", a écrit le chef de l'Etat dans son message.

    "Esprit généreux et universel, s'il en est, Michel Rocard a, dans bien des moments, su être en avance sur son époque. Il a gagné une place de choix dans l'histoire de la France et dans celle d'autres nations comme la mienne dont il a su très tôt capter l'aspiration indomptable à la liberté", a-t-il souligné.

    "Homme de lucidité, de courage et d'engagement, il aura été de ceux qui ont précisément compris que la grandeur de la France allait se mesurer à la capacité de ses dirigeants d'inscrire leur attitude dans la cohérence de l'Histoire en allant à la rencontre d'une indépendance que l'Algérie avait gagnée de haute lutte, avant de contribuer à bâtir des relations bilatérales frappées du sceau du respect mutuel", a relevé le chef de l'Etat.

    "Michel Rocard était un homme pragmatique qui s'employait, avec créativité et persévérance, à ouvrir des voies aux dynamiques sociales et aux interactions humaines. Sa ligne de conduite, admirable et exemplaire, a été de penser les situations en fonction du long terme et d'accepter que les solutions soient complexes si les problèmes le sont", a-t-il poursuivi.

    "Michel Rocard, qui a toujours intelligemment appréhendé l'idéologie politique qu'il a contribué à enrichir et à adapter aux exigences de l'évolution humaine a, tout récemment encore, quelques jours à peine avant son grand départ, eu une ultime recommandation à ses contemporains selon laquelle le véritable socialisme c'est l'accès pour tous aux activités de l'esprit", a-t-il souligné.

    "Avec la disparition de Michel Rocard, la France perd un homme de coeur et de raison, l'Algérie un ami fidèle, l'humanité un être d'exception", a encore affirmé le président de la République.

    "Je tiens, en cette douloureuse circonstance, à vous adresser, et à travers vous, à la famille et aux proches du défunt, au nom du peuple et du gouvernement algériens ainsi qu'en mon nom personnel, mes condoléances les plus sincères et nos sentiments de profonde sympathie", a conclu le président Bouteflika. APS

    SOURCE : http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20160703/82497.html

     

    « Nier le génocide arménien sera bientôt passible d'un an de prison et 45000 euros d’amende *** Un ami algérien réagitSi les socialistes semblent occulter la partie de la vie la plus glorieuse de Michel Rocard, les Algériens, eux s’en souviennent et Le Pen (père) aussi… »
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