• Les soldats du refus

     

    Les soldats du refus

     

    Les soldats du refus

    Le témoignage de Jacques CROS

    Paul Hairault, un ancien d’Algérie qui habite à Aiffres dans les Deux-Sèvres, m’a envoyé un document qu’il a retrouvé dans ses archives en faisant du rangement. Il s’agit on le voit, de soldats qui avaient refusé de prendre les armes contre le peuple algérien qui se battait pour son indépendance. 

    Je ne connais de cette galerie de portraits qu’Alban Liechti que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors des obsèques d’un camarade de Cazouls qui était adhérent de l’association ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui). J’ai connu Francis Renda de Sète lors d’une école fédérale du PCF en 1962 mais il ne figure pas sur le document.

    Pour ceux qui ont eu le courage de s’engager dans la voie du refus, les conséquences ont été très lourdes. Il y a eu le plus souvent condamnation à la prison par la justice militaire suivie par l’obligation de faire son service militaire. 

    Il n’y avait pas de mesures d’organisation structurée pour assurer ce mode d’action. Personnellement je n’ai jamais envisagé de m’engager dans un tel refus. Mon état d’esprit était orienté vers la moins mauvaise façon de subir ce à quoi nous ne pouvions échapper. 

    J’ai donc accepté, n’ayant pas d’autre possibilité, une situation pénible, m’efforçant lorsque les circonstances me l’ont permis d’agir contre ce que je vivais. Cela a été le cas à diverses reprises, notamment lors du putsch des généraux en avril 1961 et à l’occasion du 19 mars 1962 qui a été la  journée de cette guerre où j’ai entendu le plus de fusillades. Eh non le cessez-le-feu n’a pas été serein dans le secteur où je me trouvais ! 

    Le document fait état de l’action du Secours ¨Populaire pour venir en aide à ces soldats du refus. Oui cette organisation a contribué, à la mesure de ses possibilités, à atténuer le sort peu enviable qui leur était réservé. 

    S’ils n’avaient aucune chance d’entraîner la masse des appelés dans l’insoumission ils ont eu le mérite de rendre compte d’un courant d’opinion contre cette guerre. Un courant qui est allé grandissant et qui a abouti à la fin du colonialisme et à l’indépendance de l’Algérie. Hommage soit rendu à ces courageux précurseurs ! 

    Jacques CROS 

    SOURCE : http://cessenon.centerblog.net/6572889-les-soldats-du-refus?fbclid=IwAR2Xiq44I860Nj0hXlqIqO1wkIwPld2STp1UkmyN4nVKqhOgviXlno-H5W0 

     

    Les soldats du refus : Ils bénéficièrent d’une amnistie, mais, contrairement aux condamnés de l’OAS auteurs de 2700 victimes françaises et algériennes, ils ne seront pas réhabilités… 

     

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    Le 19 mars 1962 est une date charnière dans l'Histoire de l'Algérie. Tous les ans elle est commémorée. Mais pour des considérations diverses elle est différemment appréciée. Pourtant, c'est la fin d'une guerre et pas seulement. Elle est la fin du colonialisme qui a opprimé beaucoup de peuples. C'était le début d'une nouveau monde.
    Le 19 mars est une occasion pour honorer la mémoire de ceux qui ont combattu pour les idéaux de liberté et d'indépendance. Parmi ceux-là il y a beaucoup de méconnus et d'anonymes dont "les soldats du refus" qui ont refusé de combattre les Algériens dans leur lutte pour l'indépendance de leur pays.
     

    Gilbert avril, un grand humaniste, connait l'amour que je porte à l'Algérie et mon intéressement à la guerre d'Algérie, surtout telle qu'elle s'est déroulée ici en France. De multiples fois il m'a parlé de la guerre fratricide entre le FLN et le MNA à Lille, à Roubaix, à Valenciennes et dans toute la région.
    Ce jour du mois d'avril, il tenait à me faire découvrir un autre aspect de la guerre d'Algérie méconnu tant en France qu'en Algérie. Il s'agit des soldats du refus. Ces soldats qui ont bravé les lois militaires françaises et refusé de prendre les armes contre les Algériens.
    Nous sommes donc allés voir Monsieur Voltaire Develay, à Raismes au sud du département du Nord. Gilbert l'avait averti. J'ai rencontré ce jour là un brave homme qui se porte comme un charme. Il vit dans une belle petite maison avec sa femme. Il était tout heureux de nous voir. Surtout Gilbert, l'une des rares personnes à l'avoir soutenu dans un combat qui n'était pas du tout évident à l'époque. Refuser de porter les armes était dans les années cinquante assimilé à de la haute trahison. Tout de suite Monsieur Develay m'explique que son refus de porter les armes contre les Algériens était tout-à-fait naturel. Il ne comprenait pas pourquoi les combattre, eux qui quelques mois plus tôt, étaient à ses côtés, dans les combats politiques et syndicaux, pour la justice et l'égalité.
    Quand son incorporation avait sonné, il n'avait pas refusé de porter l'uniforme et de s'enrôler comme appelé. Il a rejoint son unité à Téléghma et sur place il a refusé de prendre les armes pour guerroyer contre les maquisards du FLN. Ses misères ont alors commencées. De prison en prison, d'une unité à une autre, rien ne lui fit changer d'avis. Il est resté fidèle à ses convictions et principes. On le traitait de tout et on le méprisait. Ce n'était pas facile. Ni pour lui, ni pour sa famille dans le Nord de la France. Mais les humanistes, ceux qui ont cru en le bien-fondé de son combat étaient là. Une chaine de solidarité s'est organisée avec à sa tête, bien sûr, Gilbert Avril dans le Nord et beaucoup d'autres à travers la France, surtout à Paris où un autre homme s'était fait remarquer par la solidarité qu'il a apporté aux "soldats du refus". Lui, c'est Julien Lauprêtre, le Président du Secours populaire français.  

    Voltaire Develay a refusé de combattre les Algériens dans leur lutte pour l'indépendance : Témoignage. 

     

    Gilbert Avril que l’on voit dans la vidéo est décédé le 22 janvier 2014, à l’âge de 91 ans : toute une vie tournée vers les autres.


     

     Les soldats du refus

     

     

    Gilbert Avril est décédé le 22 janvier 2014. Enfant des corons, né à Vieux-Condé dans le Nord, le 24 décembre 1922, il a consacré la quasi-totalité de son existence à lutter contre l’injustice, consacrant son temps à la solidarité envers les plus humbles. Adolescent, il assiste aux manifestations sociales et politiques de l’entre-deux-guerres, s’y forgeant des convictions et une sensibilité qui l’animeront toute sa vie. En 1943, réfractaire au STO (Service du travail obligatoire), il rejoint la Résistance dans le Valenciennois.
    Instituteur en 1946, il termine sa carrière en 1978 comme principal adjoint de collège. Dès la Libération, il milite dans les mouvements de jeunesse, de promotion de la culture populaire et de la pratique du sport. Le 8 mai 1945, il entre au Secours populaire, né de la fusion de l’Association nationale des victimes du nazisme et du Secours populaire de France. Il est aussitôt chargé du comité d’Hellemmes dans le Nord, puis en 1947 il intègre le comité départemental, devenant l’année suivante secrétaire général de la fédération du Nord. Il s’attache alors à faire prospérer les grandes campagnes du SPF : acquittement des résistants condamnés, aide aux victimes de la répression à Madagascar ou aux mineurs en grève, etc. Son humanisme et son ouverture d’esprit élargissent l’influence de l’association en direction d’autres acteurs sociaux. La fédération du Nord, stimulée par son énergie communicative devient pionnière en matière de solidarité avec les accidentés du travail et les handicapés, de promotion des journées à la mer pour les enfants privés de vacances ou d’aide au développement durable. Dégagé de ses fonctions à la tête de la fédération du Nord, Gilbert Avril assure la liaison avec les autres ONG dans les instances européennes et participe à des missions en Afrique, Amérique du Sud, au Cambodge... Décoré de la légion d’honneur en 1996, Gilbert Avril laisse le souvenir d’un homme bon dont la figure marquera l’action du Secours populaire. 

    SOURCE : https://www.secourspopulaire.fr/gilbert-avril-toute-une-vie-tournee-vers-les-autres#.WUoctFFpzX4

     

     

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