• Les victimes de l'OAS "oubliées"

     

    Les victimes de l'OAS "oubliées"

    Les victimes de l'OAS "oubliées"

    Dans l’éditorial du Monde daté du 22 septembre 2021, on lit : …Emmanuel Macron…déploie une politique cohérente destinée à cicatriser, en France même, les mémoires de la colonisation de la guerre d’Algérie. 

    Le 24 janvier 2020, le Président de la République avait évoqué sa politique mémorielle en ces termes : « Les sujets mémoriels sont au cœur de la vie des nations. Qu’ils soient utilisés, refoulés ou assumés, ils disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique...La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique. Je le sais depuis ma campagne…La guerre d’Algérie c’est ce qui fait la Vè République… » 

    Le 20 septembre 2021, Emmanuel Macron fait ce qu’il a dit ; il rend hommage à des hommes qui ont combattu au côté de l’armée  en Algérie : les harkis. C’est juste et légitime. On pourrait donc s’attendre, dans le cadre d’une politique cohérente destinée à cicatriser les blessures de la guerre d’Algérie en France même, que l’État rende aussi hommage aux 2700 victimes algériennes et françaises, tombées en Algérie et en France aux derniers mois du conflit sous les coups de l’OAS. Or il semble qu’il n’en sera rien. 

    Pour quelle(s) raison(s) l’État n’honore-t-il pas la mémoire des militaires restés au côté de la République lorsqu’elle fut en danger, et assassinés de ce fait par l’OAS ? Pourquoi serait-il plus difficile de rendre hommage aux appelés du contingent et aux officiers supérieurs lâchement abattus par une organisation criminelle, qu’aux membres des forces supplétives de l’armée ?

    Pourquoi priver de tout témoignage officiel de gratitude, les élus, les magistrats, les fonctionnaires assassinés par les membres de l’OAS pour avoir respecté, servi la République et défendu ses valeurs au péril de leur vie ? 

    Ce serait pourtant suivre en cela le complément apporté par l’historien Benjamin Stora à sa recommandation n° 2 de son rapport (page 96/157) remise au service compétent de l’Élysée pour le suivi des sujets mémoriels sur la guerre d’Algérie. 

    Refuser de rendre hommage aux victimes civiles et militaires de l’OAS, c’est refuser de condamner clairement leurs assassins et leurs crimes. Au bout du compte, c’est leur trouver une certaine justification.

    Qu’ils soient utilisés, refoulés ou assumés, ils (les sujets mémoriels) disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays.

    Docteur Jean-Philippe Ould Aoudia
    Président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons.
     

      

     

    « « 17 octobre 1961 ». Lettre ouverte au président de la République6-X-2021 - 10e anniversaire de la Stèle dédiée par la Ville de Paris aux Victimes de l’OAS »
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  • Commentaires

    2
    fidjie94
    Vendredi 8 Octobre 2021 à 22:50

     

    Dans son ouvrage « Choses vues » Victor Hugo évoque ce 20 octobre 1842, d’un bateau à vapeur ayant pour nom le RAMIER, arrivant à quai sur le port d’Alger et d’une foule qui s’amassait autour de plusieurs caisses en bois, à travers les ais de ces caisses on distinguait d’étranges objets, deux longues solives peintes en rouge, d’une échelle de la même couleur, une lourde traverse dans laquelle était emboîtée d’un côté une lame épaisse et énorme, de forme triangulaire. Il dit un spectacle autrement attirant, en effet que le palmier, l’aloès, le figuier, que le soleil et les collines, que la mer et le ciel. Il dit : C’était la civilisation qui arrivait à Alger sous la forme de guillotine. Cela était en remplacement du Yatagan, "Arme d'origine turc, longue lame en forme de sabre utilisée pour la décapitation des condamnés à mort en Algérie" jugé sans doute trop barbare... A l'aube du 11 février 1957, dans ce lugubre silence de la nuit, dans le couloir de la prison Barberousse qui le menait à la guillotine, Fernand Yveton faisait ses derniers pas... Dans cette cour, face à cette immense machine à tuer, face à son bourreau, Maurice Meyssonier, assisté de son fils qu'il initiait au métier, la tête haute, sans un moindre tremblement, Yveton eu cette ultime allocution des plus humble, mais du haut des hauts de la dignité: "La vie d'un homme, la mienne, compte peu... Ce qui compte, c'est l'Algérie, son souvenir et l'Algérie sera libre demain" ce furent ses dernières paroles, il n'avait que 31 ans... A ses côtés, deux têtes avaient rebondi sur le parvis de cette effroyable prison, celle de Mohamed Laknèche et de Mohamed Ouenni, qui ne faisaient que contester l'occupation française, François Mitterand avait refusé leur demande en grâce,  suivi de cette habituelle et terrible phrase, "La justice suivra son cours" Combien de victimes ont subit le même sort, on ne le saura sans doute jamais et leur mémoire mérite amplement d'être honorée.       

     

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    Mercredi 6 Octobre 2021 à 20:42

    Les harkis n'étaient pas plus au service de la France que les appelés du contingent. Ils jouaient  le jeu du colonialisme qui n'avait rien à voir avec l'intérêt de notre pays.

    Je suis pour qu'on n'oublie pas les victimes de l'OAS que je range dans la même case que les victimes de la guerre que nous avons menée pour tenter de perpétuer le colonialisme. Sur le fond l'OASn n'avait pas des objectifs différents que le pouvoir colonial. Et d'ailleurs Salan a été successivement chez des armées en Algérie puis chef de l'OAS.

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