• LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT MACRON

     

     

    26 juin 2017

    FRANCE-EL DJAZAÏR                                                  

              Association d’amitié

                franco-algérienne

        331, Chemin Mas  Barbut

    30129                        REDESSAN 

                                                                                             Monsieur Emmanuel MACRON

                                                                           Président de la République Française

     

     

     

    Monsieur le Président de la République,

     

       Notre association d’amitié a été créée dans le prolongement du combat que nous avons mené contre la loi française du 23 février 2005 sur les soi-disant « bienfaits de la colonisation ».

       A l’occasion de l’élection présidentielle, nos adhérents ont voté au 1er et au 2e tour pour divers candidats, à l’exclusion de la candidate du Front National.

       Attentifs à vos prises de position, nous avons pris connaissance de vos déclarations à la presse algérienne. Ainsi le 4 février 2017, vous avez  déclaré au quotidien El Watan : « Pour la France, l’Algérie est une priorité […]  je veux mettre en avant les projets de coopération, les solutions concrètes entre nos deux pays dans les domaines de l’économie, de l’éducation, de l’innovation technologique, en nous appuyant notamment sur la jeunesse. »

          La dénonciation sans ambiguïté du mal fait par la colonisation à l’Algérie est une des conditions essentielles pour l’établissement de relations solides et durables entre nos deux peuples, entre nos deux pays. C’est pourquoi, nous attendons de votre part la reconnaissance officielle des crimes d’Etat que furent la sanglante répression du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata, le pogrom du 17 octobre 1961 à Paris, l’assassinat de 9 manifestants le 8 février 1962, ainsi que la vérité sur la disparition du jeune mathématicien communiste Maurice Audin.

       La loi du 23 février 2005 doit être abrogée et un Traité de Paix et d’Amitié signé entre l’Algérie et la France comme cela avait été envisagé par les Présidents Bouteflika et Chirac.

       Dans le domaine économique, les relations entre nos deux pays doivent être mutuellement bénéfiques, ce qui implique une intervention résolue de la France auprès de l’Union Européenne pour que soit renégocié l’Accord d’association entre l’Algérie et l’U.E. signé en 2002 et entré en vigueur en 2005, alors que l’Algérie était fragilisée par le terrorisme. Le caractère asymétrique  de cet accord qui impose des conditions léonines telles que les privatisations, a surtout profité aux pays de  l’Union Européenne. Ce déséquilibre s’est encore aggravé depuis la baisse durable du prix des hydrocarbures qui constituent l’essentiel des exportations de l’Algérie.

       Nous pensons que la France doit désormais privilégier non plus ses exportations vers l’Algérie, mais les investissements industriels dans le respect de la règle algérienne du 51/49 ainsi que les transferts de technologies y compris dans le domaine du nucléaire civil.

       Dans les domaines de la recherche et de la culture, il est de l’intérêt de la France et de l’Algérie de développer et faciliter les échanges, les coopérations entre les Etablissements publics de formation, les Universités, les Instituts, le secteur hospitalo-universitaire, les bibliothèques et de mieux faire connaître en France le riche patrimoine culturel algérien, sa foisonnante création artistique et sa riche littérature. Les jumelages entre collectivités doivent être encouragés. L’accès des historiens aux archives doit être facilité.

       Des négociations devraient être entreprises avec l’Algérie afin de rétablir la libre circulation entre nos deux pays.

            La France doit appuyer les initiatives de l’Algérie en faveur de la paix notamment en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et il devra être mis fin aux interventions militaires extérieurs de la France et de l’OTAN. La France doit soutenir les résolutions de l’ONU en faveur de l’autodétermination du Sahara Occidental et d’un Etat palestinien viable dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Enfin, la France et l’Algérie devraient agir de concert pour le désarmement et la non-prolifération nucléaire, pour l’interdiction des armes chimiques et biologiques. Nous pensons que la France doit procéder à la décontamination du Sahara et indemniser les victimes algériennes des essais nucléaires français.

       Cette orientation que nous souhaitons de la politique française à l’égard de l’Algérie qui a été amorcée par les Présidents Chirac et Hollande serait conforme aux intérêts de nos deux pays, de nos deux peuples. Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République de vous engager résolument dans cette voie.

       Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos respectueuses salutations.

     

            Bernard DESCHAMPS                                                              Oucine BENCHOUYEB

    Ancien président-fondateur  de                                             Président de France El Djazaïr

              France El Djazaïr

                Ancien député

     

    « Le 5 juillet prochain, comme chaque année des associations de rapatriés d’Algérie vont commémorer la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran. (Commentaires)Rappelez-vous de notre article « Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu : une plaque sera apposée en hommage aux victimes »
    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter